School Days, Bloody School Days

Bon, je veux bien faire l’effort de jouer à des Visuals Novels comme celui là ou Narcissu (même si le principe est inadapté à une lecture intensive, mais merci Kawa Soft quand même, j’ai passé un bon moment) mais à partir du moment où on sombre dans des histoires typées harem pour finir sur une succession de plan cul, ça ne m’intéresse paaaaas franchement. Du coup, malgré tout, quand on m’a parlé de cet anime qui avait une certaine réputation dans le milieu (Motivation +1), tiré d’un Eroge (ces VN orienté cul, donc) mais sans les scènes H (+ 2), le tout étalé sur 12 épisodes (+3), il n’en fallait pas plus pour tenter le coup.

Aujourd’hui, c’est donc le sulfureux School Days qui passera sur le grill.

Petite précision: Il est, à mes yeux, assez difficile de parler de la série, de sa « réputation » acquise après qu’elle soit terminé au japon sans évoquer sa structure, le contenu de certains passages voir même la finalité qui joue un rôle un peu important. En général, je m’efforce de ne pas spoiler histoire de donner un peu plus envie à un « nouveau venu » qui passerait dans le coin, mais là, c’est un peu un cas de force majeur. Un peu comme Evangelion à l’époque. Je vais pas non plus détailler chaque épisode, mais…Faudra parler de certains points clés.

Les premiers pas dans School Days ne sont pas franchement … rassurant, motivant. Enfin, disons qu’on semble être tombé sur un énième anime un peu cul cul la praline où le héros doit choisir entre 2 nanas comme élu de son calbute cœur. C’est vrai que ça commence comme ça. Et puis, pour être franc, le design pue un peu, c’est générique au possible, le charisme est aux abonnés absents et certains personnages se ressemblent… Du coup j’étais un peu paumé au début parce que je ne connaissais pas encore leurs noms par coeur. A vrai dire, même après 12 épisodes, je ne les connais toujours pas par coeur, parce qu’on a du mal à s’attacher à eux… Et pour en rajouter une couche, durant cette première grosse partie, le fan service est aussi un peu puant: le moins prétexte suffit à montrer un peu de culotte et de décolté, le tout de façon très… artificiel. Ca arrive vraiment quand on ne l’attend pas, genre OUPS, QUOTA DE FANSERVICE CHAUD DEVANT. Du coup, c’est encore plus désagréable qu’à l’accoutumé.

Donc ouais, aux premiers abords, School Days ressemble à un énième anime avec un triangle amoureux: Itô, le mec, veut sortir avec Kotonoha, la seule fille bien formée de la classe. Hélas, il est un peu naze en séduction et se fera aider par sa copine Sekai (et le fera plutôt bien) même si hein, vous l’aurez déjà deviné, développe quand même un petit quelque chose envers Itô. Jusque là, tout va bien. On voit ce petit nouveau couple se développer, passer de bons moments ensemble…

Puis petit à petit, ça commence à dégénérer.

Îto commence à avoir envie de changer de copine, parce qu’en fait Kotonoha n’est pas si bien que ça (elle ne couche au premier soir la bougresse). Pire encore, au lieu de voir une autre fille random dans la classe, il ira taper dans sa voisine de classe, Sekai. Mais là, on ne parle pas juste de sentiments culcul, on va un peu plus loin que ça puisqu’on va carrément aborder la sexualité. Une des forces de l’anime, même si elle montre rapidement ses limites, c’est d’aborder des thèmes comme l’adultère, le fait que chacun peut être une vraie girouette en amour. On ne se contente plus de s’échanger des bisous, on passe à l’étape au dessus. Et ce parti pris, même si ça fera défaut par la suite, est intéressant, apporte un côté un peu « malsain ». Et c’est même pas mal amené en plus.

Cela se met doucement en place, on sent petit à petit la « pression » monter dans ce trio (le désintérêt du héros, son insistance envers Sekai pour coucher avec), les rôles s’inversent jusqu’au moment où les relations semblent atteindre un seuil de non retour, avec quelques scènes franchement sympathiques (En terme de rythme, de mise en scène, d’impact) comme celle où Îto va définitivement rejoindre Sekai sous la pluie, assumant son attirance envers elle. La scène n’est pas « jolie », on n’est pas content pour Îto, c’est en fait le contraire. A partir de ce moment là (à peu près, mais ça marque une étape à mes yeux), Îto confirme mes premières impressions: c’est un bel enculé de service. En parallèle, alors qu’elle nous semble niaise et creuse, on aurait presque de la pitié pour Kotonoha qui va, par la suite, refuser de voir la vérité, de partir sur autre chose. Commence alors une longue descente au enfer…

…Descente aux Enfer qui touche aussi l’anime. C’est un peu le début de la fin. Globalement, je découpe School Days en 3 parties. Et clairement, cette « seconde partie » gâche pas mal l’histoire dans son ensemble. La raison ? L’anime reprend alors une structure propre aux Eroge (logique) en retombant grassement dans le harem pur jus.

Le héros devient subitement le centre d’attention de n’importe quelles filles – ou presque – et finit même par se taper la plupart des prétendantes sans sourciller, les faisant presque passer pour de grosses chaudasses. Du coup, on abandonne le trio d’amoureux, on abandonne cette « montée » dans le drame pour un truc qui à le cul entre 2 chaises: on garde un côté un peu malsain, le malaise provoqué par le choix d’Îto (Donc une ambiance volontairement un peu lourde), mais de l’autre côté, le héros change de partenaire comme de chemises sans vraiment broncher, avec une « légèreté » qui dérange, qui fait tâche. On ne sait plus trop sur quel pied danser, on ne sait pas trop où on va, c’est lourd, on n’y croit pas une seule seconde, on se désintéresse de l’histoire… On sent définitivement trop que c’est un eroge à l’origine et ça lui fait défaut. Vraiment défaut.

Du coup, la suite des évènements qui bouclent la série vont bien trop vite pour se mettre en place correctement: Les petits bouts de scénarios développés à côté n’aboutissent pas forcément de la façon dont on souhaiterait (Le coup des vidéos dans l’infirmerie et de l’humiliation qui s’en suit, qui montre la facette « négative » d’une bonne ambiance entre élève auraient pu aboutir sur quelque chose d’intéressant… Peut être est-ce que le VN est plus complet à ce sujet ?). Et puis, forcément, le retour au triangle amoureux Îto-Sekai-Kotonoha (les autres disparaissent « comme par magie ») parait un peu trop abrupte et tout ce qui mènera à la fin de la série déboule du coup trop rapidement (même si ça tient un minimum debout, mais ça fait « condensé »), parce qu’il fallait rentrer dans le moule des 12 épisodes.

Et merde, quelle fin !

Je m’y attendais un peu. Ce virage à 90 fût sacrément violent, dans tous les sens du terme. Comment ne pas rester insensible à une exécution bien violente du héros, d’une décapitation, d’un éventrage et d’une balade en bateau ? Comment a-t-on pu en arriver à là ? L’idée en soit n’est pas mauvaise, ça a du bon de rentrer un peu dans le lard parfois, mais elle arrive tellement rapidement que ça donne l’impression que c’est…un peu trop gratuit. Ca débarque tellement comme ça dans la seconde partie du dernier épisode que j’ai eu l’impression que c’était une manière un peu trop facile de mettre à terme l’histoire parce qu’on ne savait plus où aller avec le peu de temps qu’il restait. Plus c’est gros mieux ça passe, c’est comme ça qu’on dit, hein ?

Cela dit, au final, c’est un peu ce que l’on attendait secrètement de cet anime, surtout en la mattant en 2011. Parce que soyons un peu réaliste: si aujourd’hui on veut s’intéresser à School Days, à se pencher dessus; c’est bien parce qu’on est conscient, qu’on a entendu ici et là qu’il y a un quelque chose qui ne tourne pas rond (dans le sens « ambiance qui ne colle pas avec la première impression ») dans cette série (ou ce VN je suppose). Ca avait probablement fait son petit effet à l’époque, mais maintenant, on mattera avant tout School Days pour son côté glauque/macabre qui s’en dégage constamment.

A partir de ce point, j’ai senti comme 2 façons de voir la série, 2 façons de la juger.

Dans un premier temps, je vois une série avec un bon potentiel, mais trop limité par son support d’origine. Du coup, l’anime est probablement une adaptation honnête/réussie mais j’aurais aimé qu’il s’en écarte davantage pour faire gagner le tout en crédibilité. Parce que bon, pour résumer ce que j’ai dit plus haut, oui, on a du mal à y croire. Héros creux et tête à claque, passage « harem » sans intérêt et final torché en 2 épisodes, je suis quelque peu resté sur ma faim. Pas mauvais, il y a de bonnes choses, mais l’adaptation aurait dût s’éloigner encore plus de l’original.

De l’autre côté, si on « accepte » ce côté harem/sur-stéréotypé (ses origines, en gros), on peut y voir – et c’est du coup un point de vue aussi intéressant quand même – une certaine satire du genre vidéoludique qui lui a donné naissance. Alors qu’en général, le but de ce genre de « jeu », c’est juste de suivre l’histoire en sautant tout ce qui bouge, le tout se finissant dans la joie et la bonne humeur, School Days montre un peu le revers de la médaille à se comporter comme un enfoiré. On développe de la pitié pour les « victimes » du héros (Toujours désagréable de se faire engrosser par un gars qui se barre juste après vers une autre), un sentiment de haine envers ce dernier, on le voit souffrir petit à petit (en y tirant un certain plaisir, j’avoue) jusqu’à en arriver à un véritable drame à tous les niveaux. C’est surprenant et pas si mauvais que ça.

Une série moyenne, fatalement, mais qui valait quand même le coup. Toute fois, attention à ne pas regarder l’OAV spin of par curiosité, sous peine de s’infliger un gigantesque étron dans les yeux. Oui, je parle de celui où on reprend les personnages de l’anime et qu’on en fait un simili OAV de magical Girl. Si si, magical girl. WTF did I just watch ?

Prend donc une banane pour te forger l’esprit

Oh oui, j’aime le thème du voyage temporel ! Point de départ d’innombrables théories en tout genre et un des gros fantasmes de l’être humain avec l’immortalité, l’idée même de voyager dans le temps me vendra toujours autant de rêve. Univers alternatifs, boucle temporelle où tout est défini à l’avance, paradoxe temporel et j’en passe, les possibilités scénaristiques dans une oeuvre de fiction sont infinies et donnent parfois lieu à des trucs assez géniaux. La trilogie Retour vers le Futur, l’interprétation au sens propre du Paradoxe du grand père dans Futurama, les clins d’oeil aux opus précédents dans MGS3 et son fameux « Time paradox ! » (en vrac et en bref); les exemples ne manquent clairement pas et ne sont pas prêt de manquer. Par contre, IRL, il semblerait qu’un début de réponse a été trouvé pour permettre tout ça: C’est pas vraiment pour tout de suite, voir jamais. Du coup, je vais devoir reporter ma partie de Time Splitters 2 avec Hitler que j’avais prévue pour 2036.

En partant de tout ça, Steins; Gate m’a pas mal intéressé: outre tout ce qui peut concerner les différents personnages et ce qui les entourent, c’est vraiment le thème principal du voyage temporel qui m’a, à lui seul, convaincu de m’intéresser à cette licence. Issue d’un VN visuellement superbe avec un style bien à lui, l’adaptation en anime tient sur 24 épisodes (ouf, de quoi développer un minimum tout ça) et le tout est orchestré par le studio White Fox, assez inconnu au bataillon (Enfin, pour ma part…) et Wikipédia semble un peu confirmer pourquoi: très peu d’oeuvre à leur actif. Du coup, adapter un VN comme Steins Gate était peut être un gros projet pour eux. Ce qui expliquerait 2/3 petits pépins…

Pour en revenir à nos bananes, Steins Gate nous conte l’histoire de Rintaro Okabe, alias Okarin (ou Kyōma Hōōin aussi mais c’est franchement moche à prononcer), jeune scientifique fougueux tout juste majeur, qui passe le plus clair de son temps dans son petit labo improvisé dans son appartement (situé au dessus d’une vieille boutique vendant des téléviseurs) à bidouiller toutes sortes d’inventions, pensant révolutionner un jour la face du monde. Il est accompagné de Daru, le stéréotype de l’otaku un peu obèse sur les bords et toujours à l’affût de caser un sous entendu un peu gras, Mayuri l’amie d’enfance du héros qui n’a d’yeux que pour lui, Ruka la… enfin, le trap de la bande qui ressemble comme 2 gouttes d’eau à une nana; et le tout sera rejoint, entre autre, par Makise Kurisu, une jeune scientifique elle aussi tout juste adulte, un brin tsundere envers le héros d’ailleurs.

Sans rentrer dans les détails, tout part du fait qu’Okarin et sa bande arrivent à créer ne machine non pas à remonter le temps, mais à envoyer des SMS dans le passé grâce à un téléphone connecté à un … micro-onde. C’est déjà un bon début. Et dès qu’on touche au passé, on en subit les conséquences, surtout quand une grosse organisation traîne dans le coin.

Bon, le concept est pas mal bandant, les personnages ne sont pas trop nombreux et le scénario a suffisamment de place pour se développer mais il y a quelque chose qui m’a dérangé assez rapidement… Ouais, je vais directement tailler dans le gras pour virer ce qui ne va pas. Les personnages sont un peu trop stéréotypés, à tous les niveaux. En soit, c’est le dada de la plupart des animes, mais là… ce n’est pas « subtil », ça ne semble pas aller avec le reste. Alors que l’univers et l’ambiance ne s’y prête pas forcément, il a fallu coller à ce fantomatique cahier des charges otaku en nous proposant, en plus de ce qui est précisé plus haut, la grande timide mystérieuse, la nana déguisée en chat et j’en passe, avec la personnalité qui va avec. Oh, si ça peut en rassurer les 2/3 qui liront l’article, on arrive à s’y attacher un minimum et il n’y a rien qui pourrait vraiment rentrer dans la catégorie des anxiogènes (même si on s’en serait bien passé par moment)…

Parce que la grande force de Steins Gate, c’est bien son scénario solide et celui ci a tout de même l’intelligence d’éviter de nous balancer ces clichés à la tronche toutes les 5 minutes. C’est à dire que tôt ou tard, l’histoire, basée sur les voyages temporels rappelons le, trouvera un moyen de contourner ce « problème » de façon subtile et bien trouvée, pour le coup. Ca ne pardonne pas tout, mais eh, c’est bien d’être conscient d’un soucis et de limiter la casse.

En parlant de casse, difficile aussi de ne pas être déçu par l’aspect technique de l’ensemble. Rien de vraiment honteux dans l’absolu mais, peut être est-ce directement en rapport avec le studio qui est derrière tout ça, ça ne …casse pas des briques non plus. Le chara-design reste bon dans l’absolu (j’ai même un peu tendance à le préférer à celui du VN) mais le reste ne rend pas vraiment honneur au style graphique de l’original. On revient finalement à un visuel assez classique d’anime standard, avec en contre partie une qualité de dessin assez variable, une animation assez basique, limite animée avec 3 bouts de ficelles et sans oublier une mise en scène très… fixe, probablement dût à ses origines de Visual Novel. Mais ça rend toujours moyen, ça fait un peu flemmard. A voir avec la récente annonce du film si un peu plus de budget pourrait éventuellement corriger le tir.

Donc ouaip, pas de surprise, on mate Steins Gate surtout pour son scénario. Sans vraiment spoiler, parce que ça se met en place assez rapidement, une de ces grandes forces est d’utiliser la légende urbaine moderne qu’est John Titor. Mais oui, souvenez-vous: c’est une soit disant personne venu du futur (2036 pour être précis) qui a commencé à poster sur un forum des évènements censés se produire dans l’avenir. Rien n’a été confirmé à ce jour, forcément, mais le personnage passionne. Il passionne à un tel point qu’il fait donc parti intégrante de l’histoire de Steins Gate: on y retrouve les grandes lignes de son histoire « présumée vraie » pour apporter une certaine crédibilité à l’anime: c’est même impressionnant de voir à quel point le (les?) scénariste derrière tout ça à su greffer un univers bien à lui, une vraie trame narrative tout autour de cette légende, pour donner naissance à un résultat terriblement accrocheur.

Néanmoins, il est de bon ton de préciser que c’est un anime lent. Certes, rien d’aussi horriblement lent comparé à un certain Kaiji, mais il ne faut pas s’attendre à être tout de suite « à fond » dans l’histoire, notamment avec son premier épisode sans queue ni tête à première vue. En fait, l’anime aime prendre son temps à développer les choses, mettre en place la suite des événements… mais eh, pas trop non plus et surtout on ne s’y ennui jamais (Enfin, perso… mais c’est déjà bon signe). Si, si, je vous jure, ça a beau, parfois, ressembler à un peu de « tranche de vie » avec la vie quotidienne du groupe de scientifique au rabais, il s’y passe quand même toujours un petit quelque chose, un petit détail qui donne envie de voir la suite.

C’est assez passionnant de suivre ce petit groupe dans cette course contre le temps à base de SMS, malgré quelques facilités scénaristiques ici et là. Pas des facilités « mauvaises » en soit, juste du (un poil trop) classique mais tout de même efficace. Mais quand on s’attaque au principe du voyage dans le temps, j’ai envie de dire « normal » et dans un sens, on attend de voir – justement – comment le récit en question va s’approprier les codes du genre (L’effet papillon, la fatalité, etc.).

Le scénario avance donc doucement mais sûrement avec de bons twists et passages forts quand il le faut, relançant souvent avec brio l’intrigue. Mais que l’on ne s’y méprend pas: ce n’est pas non plus un « anime à twist », qui se repose la dessus tel un Lost avec du moe pour accrocher le spectateur. Disons qu’il y a vraiment une belle montée en puissance tout le long de ces 24 épisodes, un récit riche et prenant qui sait nous récompenser comme il se doit, au bon moment. Il y a bien quelques incohérences et trous scénaristiques ici et là (Le VN résout peut être ce problème) mais rien de bien dramatique dans le fond, l’anime m’a justement surpris en restant globalement cohérent et compréhensible du début jusqu’à la fin. Une vraie fin. Joie.

Et quand bien même il ne se repose pas uniquement sur le twist, il faudra tout de même aller jusqu’au bout de l’aventure pour pleinement la savourer, où tous les bouts de scénarios finiront par se recoller entre eux et qu’on se dira « Nom de Zeus, le scénario a tenu debout du début à la fin ! » pour que la boucle (temporelle) soit bouclée. Bien joué, Okarin.

El Psy Congroo !

(Ouais, fallait la faire, alors hein, pouet)

Katawa Shoujo, le coeur a ses raisons

Les Visual Novel, ça a toujours été une étrangeté pour moi. J’ai toujours eu du mal à imaginer un jeu, en apparence, où l’on resterait des heures derrière son écran à être totalement passif en terme de gameplay, en appuyant sur une seule touche dans le but de faire bêtement passer le texte, sans oublier de cliquer sur une option quand un choix se propose à nous, pour varier le déroulement de l’histoire, aussi bonne soit-elle.

Et puis, 90% d’entre eux sont en anglais, donc ça n’aide pas.

Et puis un jour, Kawasoft m’ouvrit les yeux. Plus précisément, j’ai pu me lancer dans le genre grâce à leur traduction dans la langue de Pétain (référence random, c’est cadeau) de Narcissu. Bon, ce premier essai fût en douceur, puisque ce n’était pas un Visual Novel à proprement parlé, mais un Sound Novel, une histoire sans embranchement, en ligne droite. Mais c’était bien. Une histoire somme toute assez touchante de la fuite d’une jeune fille d’un hôpital avec le héros où elle attendait sagement la mort, suite à une maladie incurable, semble-t-il. C’était bien écrit, passionnant et émouvant, le contrat était donc remplit pour ma part, j’en garde un bon souvenir comme dépucelage.

Découvrant la puissance d’un bon texte associé à de belles images et une bonne ost en fond sonore pour une immersion maximale, c’est avec Katawa Shoujo que je me suis laissé tenté pour un deuxième essai dans ce milieu encore bien flou. Puis faut dire, quand on sait que ce projet est entièrement amateur, tout droit sorti de la poubelle du net, 4chan et traduit à nouveau par les petits gars plein de volonté de Kawasoft, ça a de quoi titiller ma curiosité.

Mais attention, Katawa Shoujo n’est pas un projet fini ! Ce qui est dispo, c’est l’acte 1 complet, sorte de grosse intro de quelques heures (et c’est déjà énorme pour une pseudo démo) permettant de se mettre dans le bain et découvrir les bases de l’histoire. Bon, je vais éviter de recopier bêtement ce que tout le monde à dit, mais niveau scénario rien de plus simple: Hisao est un adolescent qui souffre d’arythmie. Il passe un premier temps à l’hôpital pour stabiliser sa situation. Puis, au final, on décide de l’envoyer dans une école spécialisée… dans les enfants handicapés.

Ceux qui ont des problèmes suffisamment important pour ne pas pouvoir suivre normalement les cours dans une école dite « normale ». Donc ce premier acte nous narre les aventures d’Hisao dans un milieu qui lui est totalement nouveau, où il y rencontrera diverses personnes (dont une bonne majorité de filles) ayant divers problèmes plus ou moins graves. Rien que ça.

Bien que cliché dans le fond, Katawa Shoujo est tout de suite plaisant par son défilé de personnages haut en couleur. Oui bien sûr, je vais pas tourner autour du pot, on y retrouve tous les gros poncifs de ce genre d’histoire qui tourne autour des relations entre le héros et les filles qu’il cotoie chaque jour: la timide, la nana un peu autoritaire, celle qui reste calme en toute circonstance, la « je m’en foutiste » et j’en passe, le tout lié à divers handicaps: grande brûlée, pas de bras, pas de jambe, aveugle, sourdre, muette etc.

Mais c’est là que Katawa Shoujo surprend et fait mouche: la qualité d’écriture du récit est telle qu’elle évite le plus souvent les maladresses de narration liés aux handicaps (Genre prendre le sujet trop à la légère/trop au sérieux) et permet une approche crédible du héros dans ce milieu hostile. Il est maladroit, sort parfois les mauvaises répliques au mauvais moment et s’en rend compte, se sent gêné… et c’est ce qui le rend si…identifiable, par rapport au lecteur. Je me suis souvent dit que j’aurais dit/fait pareil que lui. Ou alors, je me suis au moins posé la question, vu certaines situations quelque peu…embarrassantes. Mais ça, pour moi, c’est une force.

Bon pour être honnête, je ne dirais pas non plus que c’est un sans faute. Le style littéraire est parfois (mais rare quand même) un peu lourd (trop de métaphore pour décrire une broutille tue la métaphore, VO incluse), rendant certains passages un peu ennuyeux à suivre. Mais globalement le récit reste léger (ça reste un jeu dans le lequel on tente de se frayer un chemin dans le coeur d’une des étudiantes) mais bien prenant, avec des répliques bien senties (c’est con, mais je kiffe celle du dessus), un rythme correct avec les bons « rebondissements » qui vont avec et des passages plutôt drôles, avec l’élément perturbateur masculin qu’est Kenji. Mais je vous laisse découvrir…

Et comme tout bon VN qui se respecte, les quelques choix que l’on trouve au cours de notre partie auront bel et bien un impact sur son déroulement, offrant divers changements dont, forcément, une fin différente. A ce niveau là, la seule chose que je lui reprocherais, c’est peut être de n’être pas assez « explicite », ou plus précisément, il est difficile, pour ce que j’en ai fait, de vraiment s’orienter de façon précise vers la personne que l’on veut. Ca se joue à des détails parfois trop… « sans importance » à première vue.

Non pas que j’aimerai avoir la soluce sous les yeux pour avancer, mais quand il nous reste peu de fin à débloquer, c’est limite au petit bonheur la chance (et à grand coup de sauvegarde avant chaque choix). Bon en même temps, je me dis que si ça me « dérange » un peu, c’est peut être parce que je suis assez novice dans le genre.

Et puis bon, pour accompagner une bonne écriture et une histoire plutôt accrocheuse, il fallait de belles images. Alors ouais, dans le fond, rien d’extraordinaire dans le chara-design, c’est très classique, le design colle parfaitement aux personnalités qu’on a voulu leur attribuer… Pas de dépaysement en vue. Mais c’est beau, c’est bien dessiné (même si certains personnages semblent avoir eu un peu moins de soin de la part du dessinateur) et expressif; je n’ai vraiment pas eu l’impression d’être devant un pur projet amateur qui s’en ressentirait jusque dans les dessins comme on en trouve partout sur le net. Pour un projet de fans parti de presque rien, c’est plutôt impressionnant.

Concernant la version française, un grand merci à Kawasoft pour leur boulot. Je n’irais pas non plus faire le faux-cul en disant que tout est parfait merci Dieu d’avoir permis cette traduction. Globalement, ça marche du tonnerre dans 90% des cas. Il reste toujours quelques fautes par ci par là et quelques tournures de phrases un peu étrange/maladroite (même en prenant en compte des erreurs de la VO), mais pour quelques mots bancals sur les milliers que l’on voit défiler pendant plusieurs heures, on n’y fait plus vraiment gaffe. Les puristes de la VO iront sans doute trouver suffisamment de faute pour dire qu’il faut jouer en VO obligatoirement (et on a le choix de la langue dans le jeu, ça tombe bien), mais pour une insertion facile dans le monde merveilleux du VN en attendant de pouvoir s’attaquer à un monstre comme Umineko no Naku Koro Ni, c’est déjà un bon début. Et c’est surtout un projet de plus à soutenir pour l’expansion des Visual Novel amateur (et du VN en France grâce à Kawasoft) et ça, j’approuve !

Donc ouais, on peut le dire, Katawa Shoujo, c’est une bonne surprise. Sauf que tout est à prouver dans un avenir proche, le projet n’étant pas fini. Pour ainsi dire, je n’ai pas envie que ça devienne un bête Eroge où le but sera juste de trouver le bout de chemin pour pouvoir se taper la personne que l’on veut dans des CG pleines de positions improbables avec du liquide de la vie sur les brûlures pour satisfaire l’otak’ hardcore. Au pire, on attendra les travaux des fans pour se satisfaire.

Je ne sais pas si c’est prévu mais je prie que non. J’ai envie que KS reste un VN soft, où on pourra se lier d’amitié, voir plus si affinité avec la fille que l’on souhaite – là pas de soucis en vue, c’est ce que j’attends du jeu – mais rien de plus. Une histoire où, si c’est bien géré, on verra notre héros faire face aux handicaps des demoiselles de son école, où comment il fera pour s’y habituer et contourner le problème pour atteindre celle qu’il aime. Le potentiel est fort, la thématique assez novatrice, donc tout reste à faire.

The best is yet to come. Enfin, j’espère.