Honte au roi, bébé

Cher Duke Nukem,

Je pense que j’en suis arrivé à un stade où je ne peux plus accepter tes errements et tes problèmes personnels. Pourtant, nous avions bien commencé tous les deux: je ne t’avais pas remarqué dès le début, je t’ai connu un peu plus tard mais on avait finalement passé un bon moment tous les deux. Tes vannes me faisaient marrer, ça me plaisait de passer du temps avec toi à botter le cul des porco-flics ou même des extraterrestres que l’on a croisé sur la fin, tout en serrant toutes ces nanas sur le passage. J’en garderai un bon souvenir, assurément.

Mais tes derniers exploits qui ont quelque peu fait le tour du monde m’ont fait comprendre certaines choses: tu vieillis mal et j’ai de plus en plus de mal à supporter ton style si… particulier. Pour faire simple: je propose qu’on arrête tout là, il faut savoir s’arrêter et tourner la page. Tu n’es plus dans la course, accepte-le.

Tu m’as fait poireauter longtemps en promettant moult choses: un grand retour après presque 12 ans d’attentes, une saveur oldschool qui changerait un peu de la masse de FPS militaire, un humour corrosif et subversif et j’en passe. Mais ça, c’était sur le papier, car en fin de compte, après l’avoir vu par moi même, tu m’as quelque peu trompé sur la marchandise.

Globalement, tu n’es même pas fun à jouer. Attends, ne jette pas encore cette lettre, il y a quand même quelques petites choses à sauver, car peut être est-ce que ça te fera réagir et d’ici quelques années, on pourra en reparler. Mais sache que beaucoup de chose ne vont pas et sont à revoir.

Pourtant, crois-moi, j’ai bien vu tes efforts et j’apprécie le geste. Des efforts en terme de variété dans ton level-design, dans ta progression et tout ce que ça comprend. Je te voyais faire le pitre dans des phases de plate forme, je te voyais t’amuser à boxer ces mêmes porco-flics en étant réduit à la taille d’un G.I Joe, à te la péter en voiture, à essayer de me faire réfléchir avec quelques énigmes ici et là, ou même m’accrocher dans mon siège avec des gros boss, des phases de jeu scriptées impressionnantes et sur rails.

Mais tout semblait si… artificiel. J’ai l’impression que tu voulais bien faire, que tout partait d’une bonne intention mais c’était plutôt maladroit: tu voulais simplement copier ce que faisait les autres, en oubliant ce qui avait fait ta force par le passé, peut être par peur de passer pour un has-been auprès de la nouvelle génération. Du coup, on dirait que tu as du mal à assumer ton ambition première (le Oldschool, je te rappelle) avec un peu de laisser-aller propre aux FPS récents (Les QTE…) Mais tu n’as définitivement pas le talent pour ça, désolé de te le dire par le biais de cette lettre.

Tu tentes de varier ton jeu mais je n’y ai pris que peu de plaisir parce qu’on sentait que tu maîtrisais mal ton sujet, que tes différentes phases étaient trop courtes pour être vraiment intéressantes. Du coup, on est passé trop rapidement d’un passage à un autre, rien n’a le temps de s’installer entre nous deux et plusieurs fois, j’ai même pesté devant certaines de tes prestations que j’ai trouvé bien inutiles, creuses, ennuyeuses… Comme les fois où tu faisais mumuses sur l’autoroute dans le désert par exemple. De plus, ton histoire ne m’a franchement pas convaincu, sans vouloir enfoncer le clou. Mais…

Je veux dire, j’ai senti que ton humour si particulier tournait en rond, atteignait ses limites. Alors oui, j’aime toujours autant ta voix, celle de Daniel Beretta (alias M. Terminator), certaines répliques me font toujours marrer mais c’est tout. Tu veux tellement en faire des tonnes, tellement sortir des répliques cultes à tout prix que tu en deviens une parodie de ton toi passé. Tes références ici et là font sourire (Oui, oui, j’ai bien vu l’armure d’Halo et ta façon de te moquer du système de carte de couleur des premiers FPS) mais en rien n’excusent la pauvreté du reste.

Certes, tu pourras me dire que l’essentiel entre nous, à savoir les sensations éprouvées durant nos phases de shoot, est toujours là. C’est vrai dans un sens, à ce niveau là, ce n’était pas totalement désagréable ! J’avoue avoir pris du plaisir avec ton fusil à pompe – ainsi que d’autres armes – parce que c’était en partie nerveux, grisant, me rappelant doucement la belle époque. Mais ça cloche toujours.

Ce n’est pas parce que tu ne te trimballes avec deux armes que je ne n’aime plus, si ça peut te rassurer, ça ne m’a pas dérangé. C’est cette gestion chaotique du rythme qui a ruiné le peu d’attirance que j’avais envers toi. Tu aurais su faire durer le plaisir plus longtemps, en cherchant moins à varier ton jeu (car tu sais aussi bien que moi qu’un jeu classique mais bien maitrisé vaut mieux qu’un fourre-tout bordélique tape à l’oeil), ça aurait pu passer… Mais je n’ai pas compris ta logique.

Oh et puis, pendant que j’y suis, tu n’as plus si bonne mine que ça maintenant. Les progrès technologiques font désormais qu’il ne faut pas grand chose pour avoir une bonne gueule. Mais pour une raison que j’ignore, tu as voulu rester avec ce même moteur pendant tant d’années alors que, en restant dans ta logique de t’aligner avec la concurrence, tu aurais pu prendre une seconde (troisième ?) jeunesse…

Du coup, tu n’es pas vraiment agréable à regarder: tu sembles rafistolés de toutes parts, tu es mal optimisé, mal animé et pauvre visuellement. Un petit lifting n’aurait pas été du luxe. Le pire étant que tu enfonces le clou avec un bestiaire lui aussi très pauvre ! Etait-ce trop demander de renouveler tout ça ?

Si ça peut te rassurer, tu n’as pas un si mauvais fond, même si j’ai été un peu trop direct juste avant. Tout n’est pas à jeter, mais tu n’en deviens pas bon pour autant. Je vais être franc: je m’attendais à pire, mais tu n’as été que « juste » médiocre. J’en attendais un peu plus venant de ta part surtout après autant de temps d’attente depuis notre dernière rencontre. Le pire dans tout ça, c’est quand tu m’as donné des nouvelles de toi en attendant ton grand retour: pourquoi tout ce que tu m’avais promis, ce que tu avais tant de fierté à montrer ne se … retrouvent pas aujourd’hui, souris en main ?

As-tu traversé une période de doute, qui t’aurais carrément fait faire marche arrière au point de tout oublier ? Dans le fond, je peux comprendre… mais, te rends-tu compte, 12 ans pour… ça ? Tu m’as fait poireauter tant de temps pour si peu ? En promettant mont et merveilles pour n’avoir que du vent ?

Je t’ai apprécié Duke, mais ça ne peut plus durer, tes derniers exploits n’ont pas été suffisant pour raviver la flamme en moi et j’en suis le premier désolé. De plus, je t’avouerais avoir rencontré quelqu’un d’autre, de plus soigneux, de plus plaisant à regarder, qui m’a fait vivre des instants exaltants et unique tout en promettant une saveur d’antan, chose que je n’ai pas retrouvé chez toi. Tu veux savoir son petit nom ? Il s’appelle RAGE.

Adieu

eLive, le podcast vidéo pour les nuls

Faire des podcasts vidéos, c’est long et fastidieux. Le résultat peut être très gratifiant (surtout quand on finit sur Pressstartbutton), mais il vaut mieux s’armer de patience pour pondre quelque chose qui tient la route. Alors forcément, quand on m’a parlé d’un site qui permettrait de faire quelque chose d’assez proche de façon hyper simplifiée, le tout en ligne et sans encodage (la malédiction du podcasteur vidéo), je ne pouvais que dire…

Montrer »

eLive est donc ce fameux site (encore en bêta – il faut bien le préciser pour comprendre ses petits soucis techniques de jeunesse) qui permet de faire du podcasting facile, en quelque clic. Le principe est très simple en fait: l’idée est d’enregistrer une ou plusieurs voix en même temps comme n’importe quel podcast mais de coller tout ça en temps réel sur une vidéo déjà existante mais sans le moindre réencodage/exportation de fichier derrière (On peut aussi faire que de l’audio only, c’est bien pratique aussi mais là, c’est le côté vidéo qui nous intéresse !).

Dans les faits, on récupère une vidéo Youtube (par exemple, ou même une bête image si besoin est) simplement par le biais de son URL, et on va la faire apparaître quand on veut pendant l’enregistrement audio. L’idée est de lancer la vidéo désirée directement « en arrière plan » (En streaming, quoi), pendant votre enregistrement audio pour commenter sur le tas. Pas de codec qui foire, pas de format incompatible, la puissance du streaming permet de contourner le problème aisément. Mieux encore, il n’y a pas de limite de temps ! Enfin, tout du moins, le record actuel étant de 57H et des bananes haribos.

L’avantage, c’est que:
– Tout se fait de façon fluide, vu qu’on ne retravaille pas vraiment la vidéo en elle-même, seul le son est vraiment enregistré. En tant que sous-avantage, ça permet de faire un podcast en direct, ouvert au public aussi bien en terme de visionnement qu’en terme de participation. Et une fois que tout est terminée, la vidéo est conservée (si on le souhaite) et surtout diffusable instantanément, sans histoire de compte à créer ou autre. Du streaming pure et dure, en somme.
– On peut facilement faire pause/faire des retours arrière/avant dans la vidéo pour s’attarder sur un détail précis si besoin est.
– Et tout s’enchaîne naturellement très vite: passer d’une vidéo à une autre, afficher une image à la volée voir même de faire des annotations style Paint en temps réel. Et mine de rien, c’est déjà pas mal et permet de faire de la présentation simple mais assez classieuse.

Pour être un peu plus clair, le résultat final est une vidéo qui semble être comme n’importe quelle autre, sauf que les différentes pistes sons/sources audios (voix des différents commentateurs + la vidéo de fond) présentes sont parfaitement dissociés, ce qui permet à tout moment:
– De couper totalement le son du/des commentateur(s) présents pour profiter de la vidéo de fond, et vice versa.
– De réajuster le son de la vidéo avec la voix du commentateur (Combien de vidéo du genre classique sont presque inaudibles à cause d’un mauvais mixage sonore ?).

Et c’est ce genre de principe qui rend le montage très efficace: plus de soucis de calage son/vidéo, plus de soucis de mixage; il y a une certaine souplesse dans la création (et la lecture par la suite) que n’a pas systématiquement un gros logiciel de montage. Certes, et posons les problèmes de suite: ça reste limité, on ne peut pas faire de gros montages forcément et tout ce qui est faisable (en terme de réalisation finale) sur eLive est aussi faisable en mieux à côté, mais quand on veut juste faire du commentaire audio de base, c’est juste excellent (même si certains puristes comme moi regretteront, justement, l’impossibilité de sauvegarder la vidéo en elle même sur son pc, du fait de sa nature « pot pourri »).

D’ailleurs, on comprend, entre autre, vite l’intérêt de ce genre de podcast avec la majorité des vidéos présentes sur place: les matchs de jeux vidéo (FPS/Baston et autres genre par la suite, on a sans doute pas tout vu) commentés sont très à la mode, le fameux Ken Bogard en tête de liste oblige.

Et pour faire une subtile transition, j’ai pondu un petit exemple de ce que l’on peut faire:

Au sommaire, accompagné de mon fidèle destrier compagnon Ashton:
Les attentes de cette 2ème partie de l’année 2011 et quelques espoirs (ou non) pour l’E3, qui se déroulera dans un bon gros mois; le tout de manière quasi-improvisé. Donc avec les défauts qui vont avec, tout en restant (trop ?) naturel. Mais même si dans le fond, ce n’est pas tellement ce que je cherche, c’est quand même très très prometteur et sacrément pratique !