School Days, Bloody School Days

Bon, je veux bien faire l’effort de jouer à des Visuals Novels comme celui là ou Narcissu (même si le principe est inadapté à une lecture intensive, mais merci Kawa Soft quand même, j’ai passé un bon moment) mais à partir du moment où on sombre dans des histoires typées harem pour finir sur une succession de plan cul, ça ne m’intéresse paaaaas franchement. Du coup, malgré tout, quand on m’a parlé de cet anime qui avait une certaine réputation dans le milieu (Motivation +1), tiré d’un Eroge (ces VN orienté cul, donc) mais sans les scènes H (+ 2), le tout étalé sur 12 épisodes (+3), il n’en fallait pas plus pour tenter le coup.

Aujourd’hui, c’est donc le sulfureux School Days qui passera sur le grill.

Petite précision: Il est, à mes yeux, assez difficile de parler de la série, de sa « réputation » acquise après qu’elle soit terminé au japon sans évoquer sa structure, le contenu de certains passages voir même la finalité qui joue un rôle un peu important. En général, je m’efforce de ne pas spoiler histoire de donner un peu plus envie à un « nouveau venu » qui passerait dans le coin, mais là, c’est un peu un cas de force majeur. Un peu comme Evangelion à l’époque. Je vais pas non plus détailler chaque épisode, mais…Faudra parler de certains points clés.

Les premiers pas dans School Days ne sont pas franchement … rassurant, motivant. Enfin, disons qu’on semble être tombé sur un énième anime un peu cul cul la praline où le héros doit choisir entre 2 nanas comme élu de son calbute cœur. C’est vrai que ça commence comme ça. Et puis, pour être franc, le design pue un peu, c’est générique au possible, le charisme est aux abonnés absents et certains personnages se ressemblent… Du coup j’étais un peu paumé au début parce que je ne connaissais pas encore leurs noms par coeur. A vrai dire, même après 12 épisodes, je ne les connais toujours pas par coeur, parce qu’on a du mal à s’attacher à eux… Et pour en rajouter une couche, durant cette première grosse partie, le fan service est aussi un peu puant: le moins prétexte suffit à montrer un peu de culotte et de décolté, le tout de façon très… artificiel. Ca arrive vraiment quand on ne l’attend pas, genre OUPS, QUOTA DE FANSERVICE CHAUD DEVANT. Du coup, c’est encore plus désagréable qu’à l’accoutumé.

Donc ouais, aux premiers abords, School Days ressemble à un énième anime avec un triangle amoureux: Itô, le mec, veut sortir avec Kotonoha, la seule fille bien formée de la classe. Hélas, il est un peu naze en séduction et se fera aider par sa copine Sekai (et le fera plutôt bien) même si hein, vous l’aurez déjà deviné, développe quand même un petit quelque chose envers Itô. Jusque là, tout va bien. On voit ce petit nouveau couple se développer, passer de bons moments ensemble…

Puis petit à petit, ça commence à dégénérer.

Îto commence à avoir envie de changer de copine, parce qu’en fait Kotonoha n’est pas si bien que ça (elle ne couche au premier soir la bougresse). Pire encore, au lieu de voir une autre fille random dans la classe, il ira taper dans sa voisine de classe, Sekai. Mais là, on ne parle pas juste de sentiments culcul, on va un peu plus loin que ça puisqu’on va carrément aborder la sexualité. Une des forces de l’anime, même si elle montre rapidement ses limites, c’est d’aborder des thèmes comme l’adultère, le fait que chacun peut être une vraie girouette en amour. On ne se contente plus de s’échanger des bisous, on passe à l’étape au dessus. Et ce parti pris, même si ça fera défaut par la suite, est intéressant, apporte un côté un peu « malsain ». Et c’est même pas mal amené en plus.

Cela se met doucement en place, on sent petit à petit la « pression » monter dans ce trio (le désintérêt du héros, son insistance envers Sekai pour coucher avec), les rôles s’inversent jusqu’au moment où les relations semblent atteindre un seuil de non retour, avec quelques scènes franchement sympathiques (En terme de rythme, de mise en scène, d’impact) comme celle où Îto va définitivement rejoindre Sekai sous la pluie, assumant son attirance envers elle. La scène n’est pas « jolie », on n’est pas content pour Îto, c’est en fait le contraire. A partir de ce moment là (à peu près, mais ça marque une étape à mes yeux), Îto confirme mes premières impressions: c’est un bel enculé de service. En parallèle, alors qu’elle nous semble niaise et creuse, on aurait presque de la pitié pour Kotonoha qui va, par la suite, refuser de voir la vérité, de partir sur autre chose. Commence alors une longue descente au enfer…

…Descente aux Enfer qui touche aussi l’anime. C’est un peu le début de la fin. Globalement, je découpe School Days en 3 parties. Et clairement, cette « seconde partie » gâche pas mal l’histoire dans son ensemble. La raison ? L’anime reprend alors une structure propre aux Eroge (logique) en retombant grassement dans le harem pur jus.

Le héros devient subitement le centre d’attention de n’importe quelles filles – ou presque – et finit même par se taper la plupart des prétendantes sans sourciller, les faisant presque passer pour de grosses chaudasses. Du coup, on abandonne le trio d’amoureux, on abandonne cette « montée » dans le drame pour un truc qui à le cul entre 2 chaises: on garde un côté un peu malsain, le malaise provoqué par le choix d’Îto (Donc une ambiance volontairement un peu lourde), mais de l’autre côté, le héros change de partenaire comme de chemises sans vraiment broncher, avec une « légèreté » qui dérange, qui fait tâche. On ne sait plus trop sur quel pied danser, on ne sait pas trop où on va, c’est lourd, on n’y croit pas une seule seconde, on se désintéresse de l’histoire… On sent définitivement trop que c’est un eroge à l’origine et ça lui fait défaut. Vraiment défaut.

Du coup, la suite des évènements qui bouclent la série vont bien trop vite pour se mettre en place correctement: Les petits bouts de scénarios développés à côté n’aboutissent pas forcément de la façon dont on souhaiterait (Le coup des vidéos dans l’infirmerie et de l’humiliation qui s’en suit, qui montre la facette « négative » d’une bonne ambiance entre élève auraient pu aboutir sur quelque chose d’intéressant… Peut être est-ce que le VN est plus complet à ce sujet ?). Et puis, forcément, le retour au triangle amoureux Îto-Sekai-Kotonoha (les autres disparaissent « comme par magie ») parait un peu trop abrupte et tout ce qui mènera à la fin de la série déboule du coup trop rapidement (même si ça tient un minimum debout, mais ça fait « condensé »), parce qu’il fallait rentrer dans le moule des 12 épisodes.

Et merde, quelle fin !

Je m’y attendais un peu. Ce virage à 90 fût sacrément violent, dans tous les sens du terme. Comment ne pas rester insensible à une exécution bien violente du héros, d’une décapitation, d’un éventrage et d’une balade en bateau ? Comment a-t-on pu en arriver à là ? L’idée en soit n’est pas mauvaise, ça a du bon de rentrer un peu dans le lard parfois, mais elle arrive tellement rapidement que ça donne l’impression que c’est…un peu trop gratuit. Ca débarque tellement comme ça dans la seconde partie du dernier épisode que j’ai eu l’impression que c’était une manière un peu trop facile de mettre à terme l’histoire parce qu’on ne savait plus où aller avec le peu de temps qu’il restait. Plus c’est gros mieux ça passe, c’est comme ça qu’on dit, hein ?

Cela dit, au final, c’est un peu ce que l’on attendait secrètement de cet anime, surtout en la mattant en 2011. Parce que soyons un peu réaliste: si aujourd’hui on veut s’intéresser à School Days, à se pencher dessus; c’est bien parce qu’on est conscient, qu’on a entendu ici et là qu’il y a un quelque chose qui ne tourne pas rond (dans le sens « ambiance qui ne colle pas avec la première impression ») dans cette série (ou ce VN je suppose). Ca avait probablement fait son petit effet à l’époque, mais maintenant, on mattera avant tout School Days pour son côté glauque/macabre qui s’en dégage constamment.

A partir de ce point, j’ai senti comme 2 façons de voir la série, 2 façons de la juger.

Dans un premier temps, je vois une série avec un bon potentiel, mais trop limité par son support d’origine. Du coup, l’anime est probablement une adaptation honnête/réussie mais j’aurais aimé qu’il s’en écarte davantage pour faire gagner le tout en crédibilité. Parce que bon, pour résumer ce que j’ai dit plus haut, oui, on a du mal à y croire. Héros creux et tête à claque, passage « harem » sans intérêt et final torché en 2 épisodes, je suis quelque peu resté sur ma faim. Pas mauvais, il y a de bonnes choses, mais l’adaptation aurait dût s’éloigner encore plus de l’original.

De l’autre côté, si on « accepte » ce côté harem/sur-stéréotypé (ses origines, en gros), on peut y voir – et c’est du coup un point de vue aussi intéressant quand même – une certaine satire du genre vidéoludique qui lui a donné naissance. Alors qu’en général, le but de ce genre de « jeu », c’est juste de suivre l’histoire en sautant tout ce qui bouge, le tout se finissant dans la joie et la bonne humeur, School Days montre un peu le revers de la médaille à se comporter comme un enfoiré. On développe de la pitié pour les « victimes » du héros (Toujours désagréable de se faire engrosser par un gars qui se barre juste après vers une autre), un sentiment de haine envers ce dernier, on le voit souffrir petit à petit (en y tirant un certain plaisir, j’avoue) jusqu’à en arriver à un véritable drame à tous les niveaux. C’est surprenant et pas si mauvais que ça.

Une série moyenne, fatalement, mais qui valait quand même le coup. Toute fois, attention à ne pas regarder l’OAV spin of par curiosité, sous peine de s’infliger un gigantesque étron dans les yeux. Oui, je parle de celui où on reprend les personnages de l’anime et qu’on en fait un simili OAV de magical Girl. Si si, magical girl. WTF did I just watch ?

Orgasme spectral


http://raemz.wordpress.com )

Phoenix Wright a été une très bonne surprise à l’époque, me faisant découvrir comme il se doit, avec un bel enrobage, le fabuleux monde des visual novel/jeu à texte. A moi le monde édulcoré de la justice, avec ces personnages attachants et/ou charismatiques, dans des enquêtes souvent passionnantes, du moins dans ce que j’ai pu en faire. Et fatalement, comme beaucoup de monde, je n’avais qu’une envie : croiser Phoenix Wright dans un des nombreux crossover que sort Capcom, comme Tatsunoko vs Capcom sur Wii ou plus récemment, l’excellent Marvel vs Capcom 3.

Et puis un jour, il est arrivé.

Lunette de soleil en pleine nuit, costard rouge, posture classe et coupe de cheveux improbable en forme de banane ; il parvint en quelques secondes à éclipser Phoenix Wright de mon esprit et à s’imposer comme le personnage numéro 1 dans mes fantasmes vidéoludiques : Du DLC payant pour Marvel vs Capcom 3 ? Si c’est Sissel le prochain sur la liste, je suis prêt à sortir le chéquier.

Sissel, c’est le nom du héros de Ghost Trick, dernière perle aventuresque du studio Capcom, sortie tout récemment sur DS. Son concept est simple : Sissel vient de mourir mais tout n’est pas fini ! Se « réveillant » tout juste sous forme spectrale, il croisera un autre fantôme lui expliquant qu’il a une nuit devant lui avant de disparaître purement et simplement de la surface de la terre. Situation angoissante n’est-ce pas ? Quitte à disparaître, autant rentabiliser cette nuit comme il se doit. Sissel se mettra alors en tête de résoudre l’énigme de sa mort, comprendre pourquoi il a passé l’arme à gauche sans le vouloir et aussi comprendre pourquoi cette étrange (mais charmante) rouquine semble intimement liée à son histoire.

Justement, la découverte de cette jeune fille – qui est sans doute déjà sous l’emprise de la règle 34 – met en place le principal rouage du gameplay de Ghost Trick. Sauver les morts, tout en étant mort ! Bien que la base du gameplay se résume souvent à un simili (mais efficace) point’n’click où il faudra analyser les objets et les faire interagir (comme tout bon fantôme qui se respecte, le déplacement d’objet, ça les connait) dans le bon ordre, c’est surtout dans la forme que Ghost Trick s’avère original et surtout accrocheur comme pas possible. Ce n’est un spoil pour personne, limite une évidence pour le coup, mais la rouquine va s’attirer pas mal d’emmerde et … mourra régulièrement. Mais comme Sissel est un véritable gentleman spectral, il n’hésitera pas à… remonter le temps pour la sauver ! La particularité de ce genre de passage, c’est que l’on revoit, pendant 4 minutes pour être précis, la scène de la mort de la personne à sauver. C’est alors que s’engage une course contre la mort, où il faudra analyser ce retour en arrière, trouver les bons mouvements, le bon enchaînement d’action à effectuer pour changer le destin de la personne en détresse. Et ça marche complètement !

C’est cette pression régulière (bien qu’entrecoupée de passages sans deadline, plus posés, pour souffler 2 secondes) qui donne toute la saveur au jeu. Bien que les situations, en soit, sont assez répétitives (quelqu’un d’important meurt, il faut le sauver sinon ça fout en l’air de scénario et blablabla), Capcom a été suffisamment malin pour varier le déroulement des énigmes pour ne pas trop avoir l’impression de faire constamment la même chose. Il y a un vrai talent pour mettre en scène les différentes morts qui parsèment le jeu. Alors certes, parfois, on en vient à trouver ça « too much ».  Soit, même si ce n’est qu’un détail sans importance, on se dit à répétition « Bordel, le personnage a VRAIMENT pas de chance de s’être trouvé là, à ce moment là » soit – un peu plus problématique – les solutions à ces énigmes sont un peu trop tirées par les cheveux. Ce n’est pas souvent heureusement (Et c’est pas plus mal, ça change des résolutions d’affaire tordues dans les Phoenix Wright), mais dans certains passages limités par le temps, on en vient à s’arracher ses derniers cheveux parce qu’il faut bouger les objets dans un ordre précis et pas instinctivement logique (Logique que l’on ne devine qu’après 4/5 essais forcément) en une poignée de seconde.

Mais la qualité du scénario compense amplement ce petit chipotage. On sent la patte des auteurs (je ne connais pas précisément les noms des gens qui sont derrière tout ça) de Phoenix Wright à chaque instant : des personnages qui ont de la gueule, du charisme, qui sont attachants et drôle à la fois, le tout englobé par un design qui respire le bon goût et un aspect technique plutôt solide. Certes, pour la parenthèse technique, on reste sur DS et son mini écran qui fait que ça pixellise toujours autant, mais eh, on peut pas tout avoir, notamment la version Iphone/Ipad en HD sorti au Japon. Dommage, ça aurait rendu l’aspect visuel plus agréable, surtout avec des animations de qualité, me rappelant ce bon vieux Flashback… Mais c’est déjà pas si mal. Autre regret : les musiques trop discrètes. Ca manque de thèmes vraiment marquants, même si ce que l’on a fait amplement l’affaire, rien de bien désagréable.

Mais pour en revenir à l’aventure de Ghost Trick, elle est rythmée comme il se doit, on ne ressent jamais l’ennui, j’ai toujours eu envie de continuer l’histoire et voir ce qu’il se passera quand la nuit de Sissel sera finie. Le scénario est franchement bon, bien écrit, les personnages principaux assez bien développés et les nombreux twists – parfois un peu tiré par les cheveux aussi, c’est vrai – sont malgré tout toujours bien trouvés et relance formidablement bien le récit pour mon plus grand plaisir.

Alors à ce niveau là, que lui reprocher ? A mes yeux, le déroulement trop dirigiste/linéaire de l’histoire.

C’est une habitude avec moi, mais j’adore tout ce qui est « voyage temporelle », même de 4 minutes en arrière comme dans le cas présent, ça me va. C’est pour ça que j’ai naïvement cru qu’il y aurait plusieurs fins (ou du moins que le jeu aurait pu être développé dans cette optique) où, justement, les changements de destin et les « décisions » que l’on peut prendre par moment aient vraiment un impact sur le scénario. Il aurait été plutôt couillu d’avoir une scène clé dans l’histoire où l’on aurait dû choisir quelqu’un à sauver parmi les 2/3 personnes en péril, les autres ne pouvant être sauvé en même temps. Mettre en place une notion de dilemme dans un récit qui fait la part belle au thème de la mort (Surtout que moi, ça me fait flipper la mort ! Raison de plus de prendre le joueur par les couilles/les ovaires), ça aurait pu (dû ?) donner quelque chose de grandiose.

Mais on a « seulement » un excellent titre. Ca pourrait monter encore plus d’un cran, mais ce n’est déjà pas si mal dans l’absolu. Par contre, ça impactera forcément la durée de vie. Plutôt bonne dans la première partie ; une fois bouclé, l’aventure n’aura strictement aucun intérêt à être rejoué : quel intérêt de refaire une histoire dont on connait déjà le déroulement, le twist final et surtout les solutions aux énigmes ? Ghost Trick est une expérience assez fabuleuse, mais à ne vivre qu’une fois. Mais fabuleuse quand même hein, il serait idiot de passer à côté…

D’autant plus que le jeu a été traduit en français ! Ô joie, Capcom ne nous a pas oubliés sur le coup, limite étonnant après les arnaques du spin of de Phoenix Wright et du futur Okami « 2 », pas traduit dans notre belle langue. Profitez-en alors ! Alors certes, ce n’est pas sans petites coquilles ; mais je n’ai rien vu de choquant dans l’absolu, on est franchement loin de l’adaptation pas mauvaise du tout mais blindée d’erreurs grammaticales (comme mes articles sans doute) de Phoenix Wright 2, tant décriée par les fans.

Ghost Trick est peut être une œuvre culte en devenir, un peu comme ces nombreuses œuvres qui ont bidé à leur sortie et n’étant reconnu à leur juste valeur que par une minorité de connaisseurs. Sûrement même, il est tellement rare de croiser ce genre de jeu sur DS avec un tel niveau de maîtrise qu’il serait fortement regrettable de la laisser passer. Et vu le faible nombre d’exemplaire distribué chez nous, il vaudrait peut être mieux de ne pas trop tarder.