It’s Speed Racer. Speeeeeed raceeeer !

Il arrive parfois d’avoir des aprioris sur tout et n’importe quoi. On s’intéresse vaguement au media en question, sans trop y croire. Puis vint l’épreuve des balles, les critiques. Pas super enthousiastes malgré quelques illuminés qui pensent l’inverse, le peu d’intérêt qu’on pouvait y porter finissait donc par retomber à 0. Puis le temps passe. Une nouvelle occasion de s’intéresser à ce média se présente à nouveau, à tête reposé. On hésite…

Puis un certain facteur X fait son apparition et vous dis de tenter le coup coute que coute. Finalement, curieux et intrigué, on regarde. Et là, la révélation. Claque dans la gueule, coup de cœur immédiat, plaisir énorme, regret de ne pas l’avoir vu plus tôt et incompréhension globale face à la majorité des critiques ; voilà ce qu’on peut ressentir à chaud après avoir vu certains films, dans le cas présent.

Speed Racer en fait partie.

Les frères Vako…Waquosk…ceux qui ont fait la trilogie Matrix n’ont pas une bonne réputation, justement à cause de la saga Matrix. Ca allait trop loin, ça aurait du s’arrêter au premier, etc. C’est un vaste débat dans lequel je ne m’aventurerais pas, ce ni l’endroit, ni le moment pour ça. Un jour, peut être, reviendrais-je dessus, mais seulement si j’ai le courage de rematter l’intégralité de l’œuvre. Forcément, par la suite, les voir adapter un manga des années 60 que personne ne connait chez nous à l’aspect visuel potentiellement douteux à première vue, ça ne donne pas envie de croire en eux, ça ne donne pas envie de leur laisser une seconde chance. Et pourtant ! Speed Racer mérite cette seconde chance, qu’importe si vous avez aimé ou non les tribulations de Neo au préalable.

Je ne vais pas m’étendre sur le scénario, je vais être concret : origine oblige et sous couvert de courses automobiles, c’est un film « pour enfant ». Mwarf, ça m’embête un peu de le considérer comme tel, car très péjoratif pour tout le monde, mais force est de constater que Speed Racer – à l’époque comme aujourd’hui – c’est avant tout un produit culturel pensé pour les jeunes, avec un scénario volontairement basique et cliché. Un bête « shonen » comme on en croise un paquet de nos jours : un héros en quête de reconnaissance avec l’apprentissage qui va avec, un rival, des bons sentiments comme l’amitié et l’importance de la famille et j’en passe ; on navigue donc en terrain connu. Mais je vous vois venir d’ici et vous n’avez pas tellement tort de vous poser la question : savoir qu’à l’origine c’est un manga pour gosse lui pardonne-t-il forcément son faible scénario et sa psychologie simpliste ?

Pas systématiquement, mais dans le cas d’un Speed Racer sous la tutelle des frères Wach…Matrix, le problème est contourné de façon …intelligente. Le mot est peut être fort, mais ces clichés, bien présents, ne sont pourtant jamais envahissant, ils sont suffisamment bien distillés au gré de l’aventure pour ne pas trop se ressentir. Ou du moins, les encaisser en gardant le sourire. L’univers est tellement original, l’aventure est une telle bouffée d’air frais dans le milieu du cinéma qu’on n’y fait franchement pas attention. On se laisse porter dans cet univers démentiel et grisant, d’autant plus que les acteurs sont plutôt justes (même s’ils n’ont pas vraiment de rôles très profonds) et l’humour est toujours présent, sans jamais être lourd. Que l’on ne me dise alors pas que Chim-Chim est imbuvable, c’est assurément le meilleur personnage du film.

Pour être honnête, je trouve l’expression complètement bateau mais il faut reconnaitre qu’il faut avoir encore un peu cette « âme d’enfant » pour profiter du film. Plus simplement, le design ultra coloré et retro de l’œuvre ainsi que cette volonté de mettre en avant le côté esthétique de la mise en scène des courses sont là pour nous émerveiller à chaque instant. Ce n’est pas une excuse pour masquer le reste, ce n’est pas cache misère, c’est là POUR ça, c’est voulu, c’est l’axe central autour duquel tout gravite. Que l’on connaisse ou non l’original, ça aurait peut être été nettement plus sobre, plus classique, plus… banal. Mais, peut être Wachowsky oblige, Speed Racer semble vouloir montrer aux spectateurs tout ce qu’ont les 2 frérots dans le ventre. Même si le postulat de base pue les aprioris douteux (Un Fast and Furious coloré ?), le film les efface à vitesse grand V pour laisser place à un spectacle unique.

Lisible. Malgré la débauche visuelle de couleur et le thème de la course automobile futuriste façon Mario Kart, la lisibilité de l’action du film est juste exemplaire. Jamais on ne se plaindra de passages tremblotant, d’un montage épileptique voir même d’une absence de visibilité à cause de cette profusion de couleur (qui ne sombre jamais dans le mauvais goût d’ailleurs). Je n’y connais pas grand-chose en technique propre au cinéma, comme les différents noms de façon de filmer et autres termes un peu pompeux et obscures pour la masse. Mais j’ai juste envie de dire que Speed Racer est un modèle de clarté, où l’on peut vraiment savourer chaque plan, chaque détail apporté aux décors selon la situation, décuplant alors le plaisir visuel à chaque instant.

Innovant. Parce qu’à chaque instant, justement, le film ne cesse de se montrer particulièrement abouti dans sa technique et surtout cherche toujours à apporter un « petit quelque chose » dans sa mise en scène, comme une volonté de vouloir s’affranchir des codes du genre. Une idée, un concept, une référence ; rien n’est laissé au hasard.

Comment ne pas citer ce clin d’œil appuyé et génialement réalisé aux jeux vidéo de course et leur fameux mode « Ghost » ? Ce mode où l’on affrontait un fantôme du meilleur temps du circuit, dans l’espoir de voir en temps réel sa progression. L’idée est que Speed Racer, le héros, tente de dépasser son défunt frère pilote lors d’une course « de routine ». S’en suit alors une course poursuite « virtuelle » entre un Speed déterminé à battre le record fraternel et le souvenir de son frère matérialisé par ce fantôme. Je vous rassure, c’est l’une des premières scènes du film, pas d’alerte spoiler, donc. De quoi commencer sur les chapeaux de roues cela dit…

Je pourrais aussi aborder la scène d’ouverture où le jeune Speed, encore  à l’école, rêvasse légèrement d’une future vie de pilote de course, au lieu de faire ses maths. A ce moment, plongé dans son rêve accoudé à son bureau, le voilà au fur et à mesure projeté dans une course qui se dessine littéralement sous nos yeux, avec le style crayonné qui avec naturellement avec. Impressionnant… Comme de nombreuses autres scènes du film, en somme. Même les quelques scènes d’action « à pied » sont aussi soignés que le reste et n’hésitent parfois pas à balancer eux aussi leur propre idée pour se démarquer avec brio (Mouvements de caméra audacieux, esthétique subitement très « manga », etc.).

Un Scott Pilgrim avant l’heure, en fait.

Et comme si ça ne suffisait pas, le rythme n’en souffre aucunement. J’aurais éventuellement souhaité voir plus de courses (pourtant pas fan du genre mais c’est tellement bon), mais l’équilibre entre ces courses, les phases de dialogues pour faire avancer l’histoire, les bons sentiments et l’humour enfantin est tellement juste qu’on s’en contentera largement. En fait, à mes yeux, les Wachowsky semblent avoir trouvé la formule idéale pour adapter un manga en film Live. Chapeau.

Speed Racer, c’est un gros trip, pour faire simple. Je l’ai pas regardé pour le scénario (même s’il passe bien) mais juste pour cet esprit bon enfant totalement assumé, convivial dans lequel on se balade constamment avec un grand sourire et surtout cette débauche visuelle à la fois hallucinante et maitrisée. Mais alors, pourquoi un accueil si froid ? Je crois que ça me dépasse, mais peu importe. Même si…

En fait, j’ai parfois l’impression que certains n’ont pas apprécié ce film parce que c’est un… film, en plus de « faire suite » à Matrix Revolution. On aurait mis un gros studio d’animation réputé derrière et on aurait fait un long métrage d’animation tiré de cette série et … j’ai quand même la furieuse impression que pour un résultat similaire mais dessiné, on aurait été nettement plus clément avec lui, voir carrément positif. De la à dire que c’est en partie fondé et plausible, il n’y a qu’un pas que je ne franchirais tout de même pas.

Mais qu’à cela ne tienne, Speed Racer est un bijou, un chef d’œuvre ou je ne sais quel superlatif masturbatoire qu’il conviendra de lui dédier. Mais le pied prit à la vision du film fût grand et c’est bien ce qui compte.

He ho he ho, je souffre au boulot…

N’est-il pas courant et finalement presque normal d’avoir souvent l’impression d’avoir fait le mauvais choix, tel une pilule mal choisie qui définirait notre avenir ? Force est de constater que cela s’applique un peu partout, dans n’importe quel domaine, sans exception. Et quand ça arrive au niveau des études post-Bac, c’est dans une situation assez délicate qu’on se retrouve finalement … Qui n’a jamais ressenti cette sensation assez particulière d’être « étranger » au domaine dans lequel on travaille ? Cette sensation qui nous rappelle, nous fait comprendre qu’on n’a pas grand chose à faire ici même et que quelque part, une meilleure voie, un domaine plus approprié n’attend que nous ?

Certes, il arrive aussi que ça soit quelque chose de passager, que cela ne durera qu’un temps, avant de se rendre compte que finalement tout va bien… Mais là encore, combien de temps faut-il subir les effets d’un désintéressement régulier des études pratiquées ? Manque de bol, il a fallu que ça soit mon tour de boire la tasse…

Il ne m’aura pas fallu longtemps pour comprendre la chose, mais c’était un peu (beaucoup) en retard… Pourtant, je sentais légèrement venir le coup lorsqu’on nous refuse notre premier choix d’orientation post-bac, pour diverses raisons plus ou moins bidons. Manque de bol, ce qui nous branchait le plus venait de nous passer sous le nez… Tant pis, il reste la 2ème solution ! A défaut de faire du dessin pur et dur comme je l’aime secrètement, c’est alors que je me rabats sur le dessin typé industriel… Lors des présentations peu de temps avant le bac, les hommes-sandwich du CPI (ndlr: dessin industriel, vous suivez ?) ont été particulièrement convaincant ! Bon, on allait pas dessiner la Joconde, ni des gens nus (Dommage :niais:), mais on allait quand même faire du dessin et du dessin utile. Autant joindre l’utile à l’agréable, non ?

Donc sur ces bases plutôt motivantes (même si le côté industriel ne me fait pas spécialement trémousser le bambou), avec un Bac en poche, je me suis donc lancé dedans, espérant que tout irait pour le mieux, puisque le dessin était avec moi.

Cruelle désillusion !

En fait, ça n’avait finalement pas grand chose à voir avec ce que l’on nous a promis. Paperasse, paperasse et toujours paperasse, tel est le mot qui définit au mieux ce genre d’étude. Exit le dessin et bienvenue dans le merveilleux monde de la théorie. Bien sûr, on se doutait qu’on allait en avoir, « faut être lucide un minimum… mais quand même, force et de constater qu’au fur et à mesure que les mois passèrent durant la première année de BTS, la donne ne changea presque pas d’un iota. Quelques dessins par ci par là, mais submergés par des tonnes de cours tous aussi… passionnant les uns que les autres. Bien sûr que ça fait partie de nos études, mais c’est un brin décourageant à force. Pas spécialement motivé par cette surdose de boulot et de cours, on relâche petit à petit la soupape de sécurité et on finit par se dire… « Mais qu’est-ce que je fous là au juste ? »

Aie, c’est quand même un peu tard pour se dire qu’on a pris le mauvais chemin. Pourtant, on essaie de se motiver en se disant que ça ne durera pas « longtemps »,
le temps de… 2 longues années. Cela paraît tellement court et atrocement long à la fois…

Puis vient l’heure du stage, sorte de page publicitaire entre 2 années d’études pour promouvoir les bienfaits de la filière choisit et nous remotiver pour l’année suivante. Objectif réussi ! Ou presque… En fait, c’est en entreprise qu’on se rend compte du fossé assez monumental qu’il y a entre les cours et le milieu professionnel. Ca semble parfois évident, mais se retrouver avec des matières en moins, des matières que l’on a déjà jugé comme inutile dans notre cursus, ça fait un bien fou. Et puis, forcément, se retrouver avec des tonnes de paperasses en moins, des cours à ne plus retenir par coeur pour l’obtention d’une triste note, ça fait …bizarre dans un premier temps et ça soulage par la suite. Se sentir réellement impliqué dans son travail en voyant directement les conséquences d’une réussite ou d’un échec, c’est quand même carrément plus motivant pour la suite que n’importe quelles bonnes notes dans son bulletin, qu’on se le dise. C’est donc après un mois et demi de stage fort plaisant qu’on repart sur les sentiers du BTS, avec une certaine motivation qu’on avait pas souvent croisé, à nos côtés…

Jusqu’à la fameuse rentrée de la 2ème année de BTS.

Finalement, le stage n’aura pas changé grand chose. On retrouve les mêmes habitudes de l’an dernier mais multiplié par 2 cette fois ci (puisqu’avec les cours de cette année, il faut revoir et réutiliser régulièrement ceux de l’année précédente), avec en plus un rapport de stage à réaliser, puis une réalisation de projet et sans oublier les fameux examens de fin d’année, histoire d’enfoncer le clou avec un revival du Bac puissance 2, lui aussi. Comme dit précédemment, la différence est finalement trop grande entre un stage et les études, définitivement trop éloigné de ce que peut légitimement proposer mon BTS une fois dans la vie active.

On peut toujours essayer de se rassurer avec les vacances pour éventuellement essayer de souffler un peu et repartir de plus belle, mais quand on a un putain de poil dans la main, c’est tout de suite plus difficile de relancer la machine après 1 semaine et demi d’abstention scolaire. Alors on prie M. Motivation de nous filer un bon gros coup de pouce pour se débarrasser de la flemme et on essaye de repartir dans le droit chemin … du moins jusqu’aux prochaines vacances, d’ici Noël.

Believe !