Podcasters Assemble #3

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Avec un bon gros mois de retard dans ce que nous avions prévu, on commence quand même 2013 avec notre 3ème podcast en grande partie dédié à quelques lectures récentes chez Marvel, malgré une petite touche de Batman, parce qu’on aime tous un peu Batman. Toujours avec Gemini en co-pilote.

Au programme, dans ce podcast qui dure pas loin d’1h40 au total :

Et comme toujours, la version Youtube pour le streaming:

House of M, ou la journée Porte Ouverte chez Magnéto

Après m’être adressé à un public de niche très très restreint (Normal que je ne truste pas les stats, eh) en commentant tous les mois l’actualité du crossover de 2011 en France qu’est Fear Itself, on va passer à quelque chose de nettement plus abordable. Oui, toi, lecteur de comics débutant en Marvel ou ayant même un peu de bouteille (ou m’ayant même emprunté mes bouquins, n’oublie pas de me les rendre), cet article s’adresse à toi ! Ne pars pas tout de suite ! Je vais te parler d’un comics Marvel que j’affectionne tout particulièrement, tout en l’ayant découvert très tard (Merci la réédition de janvier 2012), House of M, le mega crossover comme on dit dans le milieu des super-héros qui date, déjà, de 2005.

House of M, de quoi ça parle, et de quoi ai-je besoin de savoir pour me lancer ?

Dans la grande famille des Vengeurs, la grande équipe de super-héros chez Marvel, il y a Wanda Maximoff, alias la Sorcière Rouge. Puissante mutante, une des plus puissantes même, elle est surtout la fille de Magnéto, le maître du magnétisme, et soeur de Pietro Maximoff, l’autre enfant de Magnéto, aussi connu sous le nom de Quicksilver. Lors du crossover précédent, Avengers Dissassembled (Dont la réédition « seule » est prévue en France pour fin 2012, et déjà disponible dans le Deluxe New Avengers 1), pour diverses raisons qui m’échappent encore, Wanda pète littéralement un câble et tue de nombreuses personnes, dont certains Vengeurs, comme Oeil de Faucon… Même si on sait tous (ou du moins, on l’apprend vite) que la mort chez Marvel n’est qu’une étape sans importance dans la vie d’un personnage, aussi important soit-il.

Suite, à cet évènement, c’est ici que commence House of M. Une fois la situation calmée, il n’en reste pas moins que les conséquences, et une grande réunion chez les Vengeurs, accompagné d’une partie des représentants des X-men, se met rapidement en place: que faut-il faire de la Sorcière Rouge ? Peut-on encore accepter d’avoir une bombe humaine dans les parages, capable de tout raser juste en ayant ses règles en un claquement de doigts, vu sa puissance ? Pour eux, les Vengeurs, la décision était prise: il faut tenter de la raisonner, voir… s’en débarrasser dans le cas échéant. Et voilà donc parti une troupe de super-héros vers Génosha, une ville abandonnée où se trouve actuellement Magnéto et ses 2 enfants, pour tenter de faire avancer les choses… Jusqu’à qu’une lumière blanche envahisse l’endroit. Le résultat ?

Encore un jour se lève sur la Planète Mutante…

Les mutants sont devenus l’espèce dominante sur Terre, les humains (Appelés « Sapiens », en opposition aux Mutants) sont méprisés et la vie de certains super-héros semble totalement changées: par exemple, Miss Marvel n’est plus la super-héroïne de seconde zone, mais est devenue « Captain Marvel »; Peter Parker vit tranquillement avec sa femme Gwen Stacy, son enfant accompagné de Tante May et de son oncle Ben; Steve Rogers n’est pas sous l’emprise du sérum du Super-Soldat et vieillit normalement et j’en passe: Pas de doute possible, nous sommes dans une réalité alternative, où les mutants ont pris le dessus et les rêves de certains super héros semblent avoir été… exaucés. Et on devine rapidement qui en est l’auteur. Et c’est Wolverine qui prend conscience en premier qu’il n’est pas dans son monde (et c’est définitivement le héros de cette histoire par la même occasion) et va rapidement décider de s’attaquer à la source du problème, tout en essayant de s’accommoder à ce nouveau monde radicalement différent.

A la fois la grande force de ce crossover et aussi son principal point faible, c’est la profondeur de son scénario. A ma grande surprise, donc, le titre est extrêmement accessible pour le novice que je suis. Ou du moins, « j’étais » à l’époque de sa sortie (en janvier !), car j’ai bien bossé depuis et je commence à y voir plus clair maintenant dans ce gros bordel qu’est l’univers Marvel. Ici, tout est fait pour d’une part, ne pas trop se sentir largué par les nombreux personnages (On nous résume régulièrement l’essentiel de ce qu’il faut savoir, c’est sympa de leur part) et surtout, par l’absence des chapitres « annexes ».

Pour rappel, lors d’un crossover, il y a l’histoire principal qui tourne selon certains personnages (Ici « House of M »), puis les chapitres annexes qui approfondissent l’histoire en multipliant les points de vue, sans pour autant être indispensable. Juste du gros bonus en somme, toujours agréable à lire quand c’est bien fait. Alors oui, quand même, on sent bien à un certain moment (Dès le deuxième chapitre) un « espace promotionnel », un chapitre qui en plus de poser le contexte et la base de ce qui suivra, nous fera très subtilement du teasing nous incitant (à l’époque, car ce n’est plus le cas « officiellement » de nos jours, les rééditions ne s’occupent que de l’histoire principale) à acheter ces fameux chapitres « annexes ». Donc rien de plus normal que d’enchaîner, parfois, quelques pages qui semblent être là un peu pour meubler, parce que concrètement, elles n’apportent rien, si ce n’est pour arriver aux 20 pages habituelles par chapitre. Mais qu’importe ! Une fois l’intrigue mise en place à coup de panneau publicitaire (ce n’est pas gênant, on peut faire sans, malgré tout, on se sent pas trop frustré contrairement à Fear Itself qui nous tease gentiment et régulièrement la gueule sur les annexes), la machine est lancée, la montée en puissance peut désormais se faire !

Car c’est bien là la grande force de House of M, ce qui fait que j’y ai pris un énorme plaisir: la simplicité de son intrigue, qui ne laisse du coup pas le temps à l’intrigue de s’étirer en longueur, bien au contraire. Certains y voit un défaut, car ça se résume très facilement (tout court) à une bonne grosse baston avec un Wolverine vénère aux commandes… Et c’est vrai. Mais ça en devient une force, car on sait où l’on va, on sait à quoi s’en tenir. Car, hélas, plus je lis de comics de super-héros ces 6 derniers mois, plus je me rends compte que – parfois – les histoires se complexifient inutilement. On part dans un gros délire qui met en place des voyages dans le temps, des délires scientifiques tarabiscotés (Tant de mots incompréhensibles, c’est tellement cool), des personnages sortis d’une pochette surprise après 20 ans d’absence parce qu’il fallait remplir un quota ou que le scénariste manquait d’inspiration, à l’histoire superficiellement complexe (Je suis ton père, mais en fait non c’était mon identité secrète après avoir fusionné avec le Namek qui est le père de ta soeur) et j’en passe.

Parce que House of M, c’est justement tout le contraire. A l’image de son héros – Wolverine – House of M est un crossover très « bourrin », au fond assez simple, mais qui en devient du coup vraiment grisant au fur et à mesure de sa lecture. Wolverine n’a qu’un but: en finir avec la Sorcière Rouge et « retourner » dans son monde. Alors oui, le scénario est prévisible, on devine rapidement son schéma, là où ça veut en venir, mais au moins, pas de mauvaises surprise. On a « juste » ce que l’on veut au vu du postulat de base, et on y prend beaucoup de plaisir: un héros face à un monde illusoire et plus hostile qu’il n’y parait tout en réunissant d’autres super-héros (qui avaient pourtant pris goût à cette nouvelle vie, mais le retour à la réalité pour certains fait très mal) pour mener à bien sa « mission ». J’utilise souvent (trop) cette expression, je le reconnais, mais effectivement, parler de « montée en puissance » n’a jamais été aussi approprié ! Alors certes, on y prend un peu plus de plaisir quand on connaît un minimum les personnages concernant leurs « doubles vies », en voyant la différence entre la « vraie » et celle fantasmée; mais disons que ça donne une sorte de double sens de lecture pour le lecteur débutant: il jouira dans tous les cas d’un récit bien construit et efficace jusqu’au bout, et il le redécouvrira toujours avec plaisir une fois qu’il aura acquis un peu plus de culture Marvel et qu’il pourra y déceler les subtilités du scénario. Que demander de mieux ?

En complément, justement, pour ceux qui ont un peu plus cette culture Marvel, pour prolonger un peu cet univers, la récente réédition de Panini comporte un chapitre bonus sous forme… d’un faux journal papier – « The Pulse, édition spéciale » – qui raconte sous cette forme ce qui se passe en parallèle à notre histoire dans ce monde imaginaire. Ragot, potin, informations people sur les grands de ce monde, rubrique Sport et compagnie; c’est la (grosse) cerise sur cet excellent gâteau, même s’il est du coup un peu moins accessible au vu des personnages/situations abordés.

Et c’était sans compter sur le talent du dessinateur français Olivier Coipel au commande de l’intégralité du récit. Je ne le connaissais pas très bien il y a peu, et je comprends désormais son excellente réputation actuelle, et pourquoi tout le monde se réjouit de sa venue sur Avengers versus X-men: c’est probablement l’un des dessinateurs de comics de super-héros les plus talentueux que j’ai pu voir à ce jour, aux côtés de mon petit chouchou Chris Bachalo, ou même de Kev Walker (un jour, je ferais un Top 7 de mes artistes préférés, le top commence à se dessiner à force). Son trait est d’une telle justesse tout au long du récit (c’est, mine de rien, pas donné à tout le monde d’être parfaitement constant), ses dessins tellement riches en détail (La moindre parcelle de case reste toujours détaillée contrairement à d’autres… comme un certain Romita) et son style tellement reconnaissable et agréable (surtout) qu’il rend tout simplement certains passages… épiques. Je déteste ce mot sur-utilisé, mais je dois reconnaître qu’il est le seul à retranscrire ce que j’ai pu ressentir devant certaines planches tellement elles sont belles à en pleurer et mettent merveilleusement bien en avant certaines scènes d’actions mémorables, frisson à l’appui. Le plus amusant dans tout ça, mais c’est plus personnel, est de constater son progrès entre House of M et, par exemple, la mini-série Avengers: Children’s Crusade (Publiée actuellement dans la revue de pré-publication Avengers chez Panini), où son trait – déjà monstrueux à l’époque – gagne encore en finesse actuellement (les personnages sont mieux proportionnés désormais) et reste encore et toujours un bonheur oculaire à chaque case.

En bref, House of M fût une excellente surprise à tous les niveaux, et m’apparaît d’office comme un indispensable Marvel (Mais eh, je n’apprends rien à personne, hein ?), surtout au vu des conséquences terribles qu’il a eu sur la continuité, encore (et toujours plus) de nos jours, à l’heure où Avengers Versus X-Men entame son cycle. Je ne dirais pas que c’est le point d’entrée parfait pour Marvel (Existe-t-il vraiment ?), mais la base de son scénario est tellement simple et accessible qu’il en devient facile à lire pour tous et donne – justement – très volontiers l’envie d’en savoir plus sur l’univers Marvel. Et ça, c’est la meilleure entrée en la matière qu’on pouvait faire.