Découvrons DC Comics avec… The Dark Knight Returns

Pour être franc, je ressens toujours une certaine crainte envers une oeuvre « ancienne » qu’on aura tendance à plébisciter, comme une oeuvre « culte », « fondatrice », immanquable. Pourquoi ? Parce que qui dit « ancienne » dit surtout, pour moi, « j’arrive après la bataille » et que je redoute souvent de ne pas savoir apprécier l’oeuvre en question à sa juste valeur, de passer à côté du truc. Je ne remets donc pas en cause sa qualité propre, mais  bien ma capacité à l’apprécier X années plus tard. Dans les comics, dont c’est le sujet aujourd’hui, c’est assez flagrant dans la mesure où certaines choses propres au genre ont beaucoup évolué en quelques décennies, rendant de plus en plus difficile la lecture de vieux ouvrages. Narration, profondeur du scénario, découpage, dessin… J’en avais parlé il y a quelques temps avec ma lecture du DC Comics Anthologie sorti chez Urban et ses nombreux récits intéressants sur le papier, mais finalement assez plats et ayant réellement perdu de leur saveur, leur intérêt 30 à 50 ans après. Certes, il y a le contre exemple… qui confirme la règle.

Watchmen a été une bonne claque. Même si je l’ai lu – sans doute – sans réellement comprendre toute la profondeur du récit, son grand âge (1985) ne m’a finalement pas tant rebuté: le dessin est vieillot mais reste regardable et le scénario à base de déconstruction du mythe du super héros fonctionnait encore très bien aujourd’hui. Le découpage et la narration non « conventionnels » par rapport aux comics du genre « mainstream » (Le fameux « 9 cases ») aidant sans doute beaucoup, j’imagine. J’en viens donc naturellement à une autre oeuvre emblématique de la même décennie, un « immanquable » quand on aime le personnage m’a-t-on dit, de part sa grande qualité globale et son auto-suffisance vis à vis de son univers. Aujourd’hui, parlons de The Dark Knight Returns.

Nous sommes en 1986. Afin de clore une certaine époque dite « révolue » pour l’industrie des comics mainstream de super-héros, il fallait « passer à autre chose ». Il fallait faire monter le média à un stade supérieur, lui montrer qu’il pouvait développer une certaine richesse vis à vis des autres arts, montrer qu’on pouvait écrire quelque chose d’adulte avec des gars qui s’habillaient en slip pour sauver le monde. Et puis, d’une certaine manière, afin « d’accompagner » le reboot de l’univers DC de 1985 (Crisis on Infinite Earths, qui remettait à zéro 50 ans (déjà !) de continuité en annihilant un peu (mais pas pour longtemps) le concept casse gueule des terres parallèles); The Dark Knight Returns finissait à sa manière les 50 ans de Batman, avec une sorte de « chant du signe » du personnage, avant d’avoir son pseudo reboot quelques années après avec Batman Year One, qu’on peut définitivement prendre comme le nouveau point d’entrée dans cet univers. Evidemment, il est toujours utile de préciser que, au delà des acronymes identiques, Rises n’a strictement aucun rapport avec Returns.

Au commande, Frank Miller, autant dans le scénario, que dans le dessin. Ça vous dit forcément quelque chose… Artiste controversé pour ses avis politiques, il a réalisé quelques travaux plus connus du grand public grâce (Encore et toujours) aux adaptations cinés comme 300 par Zack Snyder ou l’excellent Sin City. Et plus récemment avec Terreur Sainte, comics de super-héros dans lequel un pseudo « clone » de Batman part affronter les méchants terroristes d’Al-Quaïda (Et dont ce faux Batman devait être le vrai à l’origine, mais DC Comics ayant refusé tout lien avec son héros fétiche pour ne pas salir son image). Autant dire de suite qu’on a droit à une patte graphique et scénaristique somme toute assez… particulière (Sombre, violente, barrée), pas toujours parfaite, mais tout de même maîtrisé et surtout très intéressante, dont on ne l’imaginait pas forcément applicable à Batman tel qu’on le connaît dans notre culture populaire.

Dans les grandes lignes, The Dark Knight Returns, c’est un Bruce Wayne qui approche doucement mais sûrement de la soixantaine et qui a abandonné le costume de Batman depuis 10 ans. D’un côté, malgré le contexte de la guerre froide, les super-héros n’ont officiellement plus le droit de continuer leurs activités et de l’autre, Bruce Wayne fût quelque peu brisé par la mort de Jason Todd, le second Robin dans la chronologie officielle. Pourtant, depuis quelques temps, Gotham City sombre jour après jour dans la criminalité, notamment avec l’apparition d’une bande de plus en plus imposante qui se font appeler « les Mutants » (Mais qui n’ont rien aucuns « pouvoirs »). Règlement de compte, agressions en pleine rue, voir meurtres totalement gratuits, la terreur prospère et la police locale se trouve rapidement impuissante, malgré la présence du charismatique mais vieillissant commissaire Gordon. Finalement lassé de s’être mis au placard, et pour quelques autres raisons, Bruce Wayne retrouve le goût de la justice et décide de reprendre le costume de Batman malgré son âge pour redresser Gotham et imposer sa loi. Hélas, ça ne sera pas au goût de tout le monde, notamment vis à vis des conséquences de ce grand retour sur la population, et certaines mesures seront prises pour stopper l’homme chauve souris.

The Dark Knight Returns est un récit adulte et sombre – comme on peut forcément l’attendre d’un Batman – mais sans fioritures, sans excentricités issues de l’Âge d’Argent; glauque et violent. Mais c’est surtout un récit qui tourne autour d’un Bruce Wayne – l’homme, et non le super-héros – vieillit, encore plus mentalement perturbé à la fois par la mort de ses parents dans les années 40 (dont la vision lui revient constamment et l’obsède) et de celle de Robin; qui se pose sans cesse des questions sur lui-même, le tout dans un Gotham crasseux et pourri jusqu’à la moelle. Si notre Batman aura ses quelques moments de gloire, de « classe » et trouvera un certain réconfort avec sa rencontre avec la jeune Carrie qui lui voue un culte; c’est avant tout un récit qui met le héros dans une position « délicate », où il n’est plus vraiment aimé, où il n’est plus tellement dans la course malgré sa soif de justice presque pathologique et se montre prêt à tout pour ses convictions… quitte à se retourner contre ses propres amis, ou à adopter la mentalité de ce qu’il combattait par la passé (On ne sait pas tellement si ce qu’il fait est vraiment bon dans le fond, vu que c’est régler « la violence par la violence »).

Miller oblige j’imagine, le récit va toujours plus loin dans la démesure au fil des chapitres et les quelques idées couillues (surtout en se remettant dans le contexte de 1986) sont plutôt surprenantes – mais réussies, apportant quelques choses au récit – pour une production qu’on imagine souvent pour les jeunes/superficielle (Ou mainstream, si on préfère). Il y a un certain « double sens » de lecture dût à ce contexte qui ne le rend pas si accessible de prime abord… Mais c’est un peu ça qui rend l’écriture très bonne, clairement au dessus du lot. Sa réputation n’est pas volée ! Les personnages sont suffisamment développés pour être intéressants (avec un Joker terrifiant), les réflexions intérieures de Bruce tout comme les dialogues sonnent souvent juste et l’histoire monte progressivement vers un final explosif – malgré quelques petits soucis de narration ici et là.

En effet, elle se fait parfois un peu trop verbeuse, cherchant peut être à « trop en faire » et fini même par desservir un peu l’histoire, avec quelques passages un brin longuet où l’on sent que l’on essaie de « gagner un peu de temps ». Peut être est-ce là encore le poids des années qui biaise mon jugement, avec ses 4 chapitres (seulement !) qui composent l’histoire, mais des chapitres excédant… les 40 pages, là où aujourd’hui, on tombe régulièrement à 20 (et que j’en ai fatalement pris l’habitude), il n’y a pas cette même « gestion du rythme ». Décalage temporel, tout ça.

Sombre toutefois, mais Batman n’oublie pas non plus « ses origines », son passé. Pas que j’ai envie de taper sur l’autre TDKR, mais ce Batman n’oublie pas qu’il est le Batman des comics, et n’oublie donc pas « l’univers » qui l’entoure, sous prétexte d’une histoire hors continuité et plus adulte que d’habitude. Ainsi, à ma grand surprise, il est fort appréciable de trouver la présence de plusieurs personnages emblématiques (En nombre limité tout de même) de son univers à la fois « propre » (Le Joker, Double Face) et partagé avec l’univers DC (Superman et autres références à la Ligue de Justice), afin qu’ils apportent chacun leur pierre à l’édifice d’un Batman vieillissant, l’accompagnant peu à peu dans sa déchéance. Le récit n’en restera pas moins centré sur Batman, mais ça permet de construire un background intéressant – puisque replacé en contexte de guerre froide – au sein d’un univers assez familier – mais tout de même auto-suffisant comme dit plus haut, tout à fait accessible pour le néophyte à 2/3 détails près.

Finalement, la plus grosse difficulté pour rentrer totalement dans le récit, c’est à mes yeux le dessin. Il n’est pas forcément devenu moche – certaines planches sont superbes (L’ambiance poisseuse de Gotham est presque palpable), il n’a pas « simplement » vieillit comme pourrait l’être celui de Watchmen, il est juste… spécial et irrégulier par nature. Certaines planches surprennent par leur sens du détail, quand d’autres ne semblent pas mériter des mêmes soins, souffrent d’un découpage un peu trop chargé (Les quelques passages « TV » par exemple, et leurs multiples petites cases) ou que l’action ne semble pas toujours très claire. Parfois, quelques cases bien placées supplémentaires auraient bien aidé la narration… Ce n’est pas systématique (et dramatique dans l’absolu), mais il faut savoir où est-ce que l’on met les pieds. 26 ans après, quand même.

Dans tous les cas, The Dark Knight Returns fût donc un très bon comics jusqu’au bout et une approche plutôt originale pour ma part du personnage. Peut être pas le chef d’oeuvre absolu auquel je pouvais m’attendre – faute peut être à mon jeune âge qui n’a pas pu en profiter à l’époque – mais qui conserve tout de même une certaine aura et un scénario toujours accrocheur et percutant malgré son âge (La Miller Touch, en somme) et ses quelques maladresses. Un immanquable quand même ? Absolument, je comprends mieux pourquoi il fait parti des « piliers » de l’histoire de Batou… malgré une édition française par Urban Comics de très grande classe – certes, rien à redire dans l’absolu – mais fatalement très onéreuse pour le moment (Seule la version avec le DVD/BR est disponible pour 28€, la version low-cost arrivera en Mars prochain).

Un petit mot pour parler aussi de l’adaptation animée, au passage:

Dans la même veine que la plupart des nombreuses adaptations de grands arcs de DC Comics, The Dark Knight Returns est plutôt réussi… dans sa première partie pour le moment. Pour une fois, l’histoire a été découpé en 2 films d’1h20 chacun, et seulement le premier est disponible à l’heure actuelle. Evidemment, précisons tout de même que si l’histoire suit celle du comics dans ses grandes lignes, la séparation en 2 films n’en fait pas une adaptation « copiée-collée » pour autant: l’essentiel est là, et les nombreux changements/rajouts sont plutôt bien vus dans l’ensemble et rattrapent même parfois les quelques « problèmes » de l’original (Les scènes d’action trop courtes et pas toujours limpide du comics passent particulièrement bien à l’écran).

Certes, on perd certains aspects intéressants en échange (les monologues de Bruce, qui développait énormément la psychologie du personnage; l’ensemble globalement « édulcoré ») et la réalisation – globalement bonne quand même – aurait pu mériter un peu plus de soin (une animation de qualité comme dans Batman/Superman Apokalypse aurait été un plus) pour qu’elle fasse un peu moins « épisode de série TV » … mais l’ensemble est tout même convaincant et annonce un final sous les meilleurs auspices, surtout quand on repense au comics, et sa seconde partie pas mal surprenante. D’autant plus que pour le coup, le design si spécial de Miller est plutôt bien respecté, contrairement à Batman Year One qui avait repris plutôt celui de la série TV des années 90 (Mais c’est bien aussi). Et comme souvent avec la Warner, la version française assure vraiment bien, avec un Batman limite plus charismatique en VF avec sa voix rocailleuse si particulière, mais si hypnotisante; et on retrouve à nouveau avec plaisir les comédiens de doublage habituel pour Gordon et Alfred. Banco !

Podcasters Assemble #2 : Spéciale New 52

Aujourd’hui, toujours avec Gemini et moi-même, podcast spécialement dédié à notre seconde vague personnelle de lecture des titres comics issus de la vaste opération marketing qu’est le New 52, ou le redémarrage de l’univers DC pour accueillir un tout nouveau public !

Au programme, dans ce podcast qui dure pas loin de 2h au complet :

Et comme toujours, la version Youtube pour le streaming:

Découvrons DC Comics avec… l’univers du Green Lantern

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un super héros de l’univers DC Comics qui ne m’a jamais vraiment attiré par le passé (Ce n’est pas le plus vendeur il faut dire), mais qui pourtant possède beaucoup de qualité, un univers particulièrement développé  et un très grand potentiel à de multiples niveaux : je parle bien sûr du Green Lantern, le héros tout de vert vêtu qui tient une place plutôt importante dans le DC Universe (moins aux yeux du grand public) au côté de ses potes Batman et Superman, et fait même parti de la Ligue de Justice. 

Je le concède, comme j’ai pu le dire, le héros n’est pas particulièrement vendeur et il est difficile d’en parler positivement sans subir des remarques sur son look un peu… particulier. C’est totalement le cas quand on y repense et qu’on prend un peu de recul. Clairement, Green Lantern et son univers, c’est quelque chose d’assez kitsh dans l’esprit, avec des couleurs parfois vives, limite fluos (les costumes des Green Lantern et leurs confrères d’autres couleurs) et aux designs parfois un peu folkloriques quand on commence à visiter les fins fonds de l’espace. Mais c’est en grande parti assumé.

Au travers de quelques lectures récentes, je vais vous expliquer par où commencer, pourquoi il faut lui donner sa chance, qu’il possède un grand potentiel et que cet univers mérite amplement sa place comme « pierre angulaire » de l’univers DC. Il faut savoir qu’il existe plusieurs Green Lantern « humains » qui travaillent sur la Terre – ils sont quatre, et on parfois chacun leurs séries de comics – et les récits qui vont suivre tourneront autour d’un seul, le principal Green Lantern de l’univers DC: Hal Jordan, qui est – historiquement – le 2ème Green Lantern, et le premier à avoir ce design qu’on connaît presque tous. Un peu perdu ? Voici un peu d’histoire:

Née en Septembre 1959, le Green Lantern version Hal Jordan fût crée pour relancer la franchise auprès des jeunes de l’époque, dans une période où les super héros n’avait plus franchement la cote. Afin de marquer davantage le coup, comme pour d’autre de ses héros comme Flash, DC Comics repart sur une base nouvelle et oublie (temporairement) la première vague de héros conçu dans les années 30 et 40. Ce Green lantern post seconde guerre mondiale n’a donc plus grand chose à voir avec le premier: ce dernier tirait ses pouvoirs de la magie, là où le second les tire d’une origine dite extraterrestre. 

Pour résumer, notre Hal Jordan, c’est un pilote de l’armée américaine, qui reçoit le pouvoir de l’anneau vert de la part d’un extraterrestre mourant (Abin Sur), un membre des Green Lantern, peu après son crash sur notre bonne vieille Terre. « Des » Green lantern ? Car Green Lantern n’est pas un nom de personnage, mais bien le nom représentant toute une corporation spatiale, chargée de veiller au bon fonctionnement de l’univers. Une police de l’espace, si vous préférez. Dirigés par des entités supérieures et immortelles, chaque secteur de l’univers est donc contrôlé par un ou plusieurs Green Lantern des différentes menaces qui arrivent un peu tous les jours, comics oblige. Me regardez pas comme ça, c’est du scénario des années 60, j’y peux rien ! Mais justement !

M’étant mis aux comics assez récemment, je n’avais qu’une vision assez limitée du personnage. Le côté « je cache mon identité avec un masque ridicule et riquiqui », sa couleur prédominante un peu criarde ou même l’apriori de base « Ohlala, il se bat avec une bague, qu’est-ce que c’est que cette idée ? C’est une gonzesse ou quoi ? »… Oui je sais, apriori, ça rime souvent avec connerie. Mais alors, vint un certain élément déclencheur… Comme pour beaucoup de licence en comics, mes premiers pas se font… au cinéma.

En 2011, sort l’adaptation de Green Lantern au cinéma et… ce n’était pas très bon. Bon, c’est sûr, on a connu mieux comme premier contact (même si le film n’est pas non plus catastrophique, c’est juste un film de super héros sans génie, sans saveur particulière), mais à défaut de m’avoir fait passer un excellent moment – n’est pas Joss Whedon qui veut – il m’aura au moins mis à jour concernant ce personnage si particulier de l’univers DC. Et il m’aura appris quelque chose, une chose que je ne voyais pas avant et qui m’a totalement donné envie de connaître le personnage: la nature de ses pouvoirs.

Elément important pour un super héros, le Green Lantern  possède probablement un des meilleurs pouvoirs que j’ai pu voir jusque là, et je pèse mes mots. Pour ainsi dire, il me vend du rêve ! Plus fort qu’une super vitesse, plus fort que le pouvoir de voler, plus fort qu’une bat carte de crédit; je parle bien sûr de son anneau tout vert, là, qui lui confère le pouvoir de la volonté. Ca paraît pompeux dit comme ça (Et encore, je vous épargne la liste des significations des autres couleurs), mais en pratique, c’est assez géant. En fait, il peut tout simplement matérialiser tout ce qui lui passe par l’esprit pour se battre, ou simplement l’aider dans sa tâche. Pour le fun, il pourra te faire apparaître une main géante pour arrêter un avion en plein vol. En combat singulier ? Si l’envie (et la volonté, on a compris) lui prends, un Green lantern peut faire apparaître une épée, une masse géante, voir même une bonne grosse machine gun des familles ! On peut reprocher pleins de chose au film, mais pas le fait d’avoir démontrer un minimum le potentiel du personnage, car ça donnait envie d’en savoir plus.

Hélas, comme souvent avec les grosses séries de comics, prendre le train en marche est assez ardu. Pas impossible non plus (sinon je n’écrirais pas cet article), mais il va falloir s’accrocher un peu, persévérer voir même, montrer un peu de … volonté ! Oui, elle était facile. Mais c’est vrai ! Et ça vaut clairement le coup, j’ai parfois lu des passages complètement dingues autant visuellement qu’au niveau de ce qu’il s’y passe, m’amenant à une certaine conclusion, pour ceux qui connaissent: parfois, l’univers du Green Lantern est presque l’équivalent d’un bon Gurren Lagann dans l’animation japonaise, avec cette culture de l’action démesurée, totalement over the top, qui semble toujours vouloir aller plus loin. Au moins, on ne peut pas lui reprocher de ne pas exploiter correctement le pouvoir de ses héros !

Pour se faire, voici une petite frise chronologique sous spoiler à ma sauce des quelques bouquins dispo en France (La publication a toujours été assez confidentielle chez nous, pas assez vendeur encore une fois) que j’ai pu lire (il en manque 2/3 mais négligeables à mes yeux et vous aurez ici ce que l’on risque souvent de vous conseiller); expliquant un peu comme aborder tout ça. Je vous donne mon avis (et explications si nécessaire) sur la plupart juste après.

Show »

Tout d’abord, commençons par la dernière (et peut être la plus difficile à appréhender) publication concernant le Green Lantern chez Panini, Green Lantern Rebirth.

Dans les faits, Renaissance est une bonne histoire. Pour comprendre un peu son emplacement dans la chronologie DC Comics, il faut revenir en 1994 avec le crossover Zero Hour. Alors, je vais être très synthétique, allons à l’essentiel (parce que c’est déjà assez chaud à suivre comme ça, hein): Hal Jordan, possédé par une puissante entité maléfique, est devenu le grand méchant de l’univers DC (Il a même rasé sa ville natale dans sa folie, le ouf). Tout ceci se terminait par le sacrifice de notre héros (En se suicidant dans le soleil, parait-il), le faisant disparaître durant quelques années. Mais comme les mythes ne meurent jamais, mais se réinventent, il réapparu dans une pseudo forme … fantomatique, en 1999. Cherchez pas à comprendre, les comics, la drogue, toussa. « Renaissance » ou « Rebirth » en VO, est donc la saga censée ressusciter une bonne fois pour toute Hal Jordan et lui faire reprendre sa place de Green Lantern number one. Suite à cette résurrection – à cette saga – une nouvelle série Green lantern est alors crée, repartant au sacro saint numéro 1. Enfin, vous savez compris comment ça marchait là.

Vous y voyez plus claire ? Là où je veux en venir, c’est que cette saga, certes importante, certes bien faite… N’est pas la plus accessible. On peut quand même comprendre l’essentiel de ce qu’il s’y passe, mais il manque tout de même pas mal d’information, notamment concernant les nombreux personnages qui y apparaissent, leurs rôles et lien avec le héros, pour totalement la savourer. Car on se trouve réellement dans la fin d’un cycle, d’une époque… un cycle qui a mis un peu plus de 10 ans à se terminer, passant par 3 grandes étapes, avant de repartir de plus belle.

Après, ça n’empêche pas d’y trouver de grandes qualités pour les plus motivés: c’est déjà un récit bien construit (mais dense) avec une vraie montée en puissance dans son scénario et dans l’action. Passé un certain stade, l’histoire met littéralement la seconde, devient plus limpide pour le novice et le plaisir de lecture se fait terriblement sentir tant on découvre un super héros au potentiel jusque là insoupçonné, mais jubilatoire. Le dessin n’est d’ailleurs pas en reste, avec un trait précis, richement détaillé et une coloration superbe; mettant encore plus en avant les scènes de bravoure typique des comics de super héros.

Et le récit n’en manque pas, tout comme – malgré tout – des moments calmes pour se poser efficacement avant de repartir au combat: c’est du pur comics de super héros, mais c’est ce que l’on aime ici. Et puis, ça permet même de découvrir un petit peu plus l’univers DC, ce qu’il y a tout autour du Green Lantern, avec les apparitions de la Ligue de Justice, et de leurs relations avec Hal Jordan (dont un Batman peu sympathique envers ce dernier et un Green Arrow plus utile et badass qu’il n’y paraît.) Une lecture recommandée dans le fond… mais pas tout de suite. Ca reste quand même une étape importante, oui, mais allez-y avec un peu de bouteille Green Lanternesque quand même avant.

No Fear

Là, on rentre dans le « vif » du sujet, ce que je considère comme une valeur sûr et surtout le point d’entrée idéal, au cas où vous ne l’auriez pas compris via ma frise: Geoff Johns présente Green Lantern, « Sans Peur », de son petit nom en France aux éditions Urban Comics. Geoff Johns est un scénariste américain travaillant principalement pour DC Comics, qui a énormément contribué à l’univers DC de ces dernières années. Et dans notre cas, on lui a surtout demandé de reprendre en main la série Green Lantern, avec le parcours décrit plus haut en mettant en place la mini-série « Renaissance » suivi du redémarrage. C’est ici que notre aventure commence… Et je dois dire que ce fût une très agréable surprise.

Je dois reconnaître que c’est un redémarrage de grande classe, qui caresse réellement le novice dans le sens du poil et lui permet de découvrir cet univers sans aucun soucis. Tout est un minimum expliqué au lecteur (Même les origines nous sont rappelés en quelques pages !), on apprend rapidement qui est qui dans l’entourage d’Hal Jordan pour bien replacer le contexte, sans non plus passer plusieurs chapitres à poser les bases (un minimum quand même, mais pas trop), et à attendre patiemment qu’on passe à l’action. Alors oui, sachez-le, on ne fait pas totalement table rase du passé… Mais c’est suffisamment subtil pour ne pas avoir l’impression qu’on nous fout une pancarte « Eh, okay, on est dans le #1 là, mais n’oublie pas de lire ce qui s’est passé avant ! » en pleine milieu de la lecture (et les petites pages explicatives d’Urban sont un bonus très appréciable !).

C’est justement le point fort de ce premier tome: un excellent dosage de tout ce qu’il faut pour rentrer dans cet univers sans laisser le fan de longue date sur le carreau, et forcément un bon rythme de croisière. Alors oui, ça reste avant tout du comics « pur jus », avec les valeurs qui accompagnent naturellement ce genre de héros, des ennemis typique de ce genre de production, comme le terrifiant Homme Requin ! Ca ne vole pas extrêmement haut dans l’absolu, mais c’est franchement efficace. On alterne très vite entre les scènes d’actions où le Green Lantern laissera libre court à son imagination débordante, offrant quelques passages excellents, tout comme des moments qui développent suffisamment et intelligemment bien le scénario et les relations entre les personnages (Surtout pour Hal qui a du mal à se remettre dans la peau d’un Green Lantern), pour quand même faire avancer les choses.

Le seul bémol qui me vient à l’esprit, c’est la partie dessin. Un trait globalement bon, une bonne mise en page, mais l’irrégularité dans le trait de certains dessinateurs, voir même les changements de ces derniers effectués un peu en cours de route (malheureusement une habitude dans le milieu) gâchent un peu le plaisir de lecture (on est un peu perdant au change par moment). Rien de bien dramatique dans l’absolu, mais on aura aimé quelque chose de plus… homogène. Mais à part ça, ce premier tome signe un quasi sans faute pour peu qu’on aime le genre super héroïque « de base ». Et d’ailleurs, le second tome est sorti !

Green Lantern Showcase: War of The Green Lantern

Paf, bond dans le temps de quelques années, et nous voilà en 2010 du point de vue éditorial de DC Comics, avec le dernier crossover entre les séries Green Lantern, crossover qui mettra en place quelques conflits internes au sein des GL et de leurs supérieurs, sans oublier une pincée de menace ennemie qui va profiter de l’occasion pour s’incruster. Classique, mais toujours aussi efficace.

A défaut d’avoir énormément de choix, il peut constituer aussi un certain point d’entrée dans cet univers, néanmoins de manière un peu plus violente et direct, mais bordel, qu’est-ce que ça valait le coup ! Si certains points du scénario me paraissent toujours obscures à la relecture (malgré les nombreuses notes (encore et toujours) d’Urban qui nous permettent d’en apprendre beaucoup sur l’univers de GL), c’est véritablement l’arc qu’il vous faut pour vous convaincre du potentiel monstrueux de la licence en terme d’action débridée (Si le titre n’était pas assez explicite…), de passages totalement fous, faisant passer le bouquin précédent pour un gentil somnifère.

Certes, quelques idées de scénarios pourraient en faire tiquer certains, mais pour peu que le côté kitsh de la licence ne gêne pas trop et qu’on cherche – on va pas se voiler la face – un comics peut être mainstream et brainless, mais bourrés de testostérone propre au genre, ça fonctionne totalement (Et ça fait du bien de temps en temps). Oui parfois ça fait un peu sentaï sur les bords avec toutes ces transformations, ces couleurs un peu fluo, ces monstres belliqueux de partout dans l’espace, mais c’est ça qui est bon !

Une lecture chaudement recommandée, forcément.

Green Lantern – Sinestro (New 52)

Alors attention, si le récit est effectivement excellent à mes yeux (Un scénario très cool, de l’action très Green lanternesque et un dessin superbe, le combo des gagnants), il n’est pas si accessible qu’on pourrait le croire ! Comme je l’ai expliqué avant, DC Comics a effectué un reboot de son univers via l’opération « New 52« . Sauf que pour certaines séries du catalogue DC, c’est… légèrement passé à la trappe. Pourquoi ? Comment ? Qui sont-ils ? Quels sont leurs réseaux ? La raison m’est étrangère, mais il faut savoir que pour l’univers Green Lantern, pas grand chose n’a redémarré, surtout concernant la série principale Green Lantern, ici chroniqué.

Sinestro, nom du premier arc en 6 chapitres de cette série, prend place directement après la fin de la Guerre des Green Lantern, ni plus, ni moins. Alors oui, pour atténuer mon jugement, on peut comprendre assez facilement les grandes lignes de cet arc, un peu comme pour n’importe comics j’ai envie de dire. Mais on « perd quelque chose » au passage, on perd un peu de sens dans les relations entre les personnages et notamment entre le héros et son mentor et à la fois ennemi de toujours, Sinestro, l’homme à la magnifique moustache, avec qui il se voit contraint de faire équipe pour l’aider à faire une mission ingrate… et non sans risque.

A mes yeux, à défaut de lire le « Geoff Johns présente » comme la meilleure porte d’entrée, je ne saurais conseiller éventuellement la lecture conjointe des 2 Showcases comme « premiers pas musclés », puis d’enchainer avec le premier tome des nouvelles aventures d’Hal Jordan. Avec ça, tel un Passe-Partout, vous aurez désormais suffisamment de clés en main pour tenter l’aventure…

Et pour le moment, c’est une aventure que je ne regrette pas d’avoir entamé !

Podcasters Assemble #1

Après un premier essai un peu difficile, Gemini et moi retentons l’expérience du podcast audio entièrement dédié aux comics ! Cette fois-ci, pas mal de Batman (Mais on ne parle même pas du dernier film) et de super collants (très orienté DC Comics), mais pas que ! Dans l’épisode du jour, qui dure un peu plus d’un heure et 30 minutes au total, on va donc parler:

Et le podcast en version Youtube, avec quelques images pour agrémenter le tout:

 Il reste encore pas mal de boulot dans la forme (Toujours utile de mettre des petits jingles entre les sujets pour « souffler », mais manque de pot, on oublie toujours de bien faire oralement la transition), des hésitations, des répétitions (surtout pour moi, je le reconnais), mais on y travaille !

Découvrons DC Comics avec… le DC Comics Anthologie

Vous avez envie de lire des comics de super héros issus de l’univers DC Comics ? Vous êtes plus Batman qu’Iron Man ? Mais vous ne savez pas quoi lire, et/ou n’êtes d’office pas attirés par les récits trop vieux ? Je vais peut être pouvoir vous aider par cette série d’article qui leurs sont dédiés (Estampillés « Découvrons DC Comics avec… » suivi de l’œuvre/univers traitée) et qui devrait perdurer sur le long terme sur le blog (ça dépendra bêtement de ce que j’achète). Comprendre par là qu’en gros, dans le fond, ce seront simplement des articles sur mes dernières lectures dans le monde merveilleux des comics de l’univers DC Comics (que je découvre à peine), mais aussi conçus dans le but « d’aider » (toutes proportions gardées, je n’ai aucune prétention) des lecteurs de passages à y voir un peu plus clair dans les récentes parutions françaises (principalement Urban, puisqu’ils ont désormais les droits de publication de DC Comics, mais il y aura tout de même un petit peu de Panini dans le lot).

Outre une critique de (ou des) œuvre(s) en question, j’essaierais d’expliquer un minimum le contexte de la chose, ce qu’il faut savoir pour le prendre en main, son accessibilité quand on débute un peu comme moi, autour d’un thème ou personnage particulier. Evidemment, je ne parlerais que des sorties librairies et non du kiosque (Les magazines de « prépublications ») sauf cas contraire (il y en aura un peu, c’est vrai) et forcément en VF. Parce que bon, sinon, j’ai pas fini. Et oui, d’autres ont sans doute fait des choses similaires, mais laissez moi alimenter mon blog comme je peux.

Je commencerais par ce que j’estime être le meilleur point d’entrée, même s’il n’est pas… sans risque (mais plutôt « logique » aussi), le recueil DC Comics Anthologie. Par la suite, histoire de faire un peu de teasing, je reviendrais sur le « prologue » de la Renaissance DC (ou les New 52 en VO) Flashpoint, la première partie du run de Grant Morrison sur Batman, un tour d’horizon de quelques publications autour du Green Lantern ou même la fascinante et surprenante Batwoman. Enfin, une bonne partie de la production Urban, vu que je prends presque tout ce qui sort… La Passion !

Le DC Comics Anthologie, c’est un bon pavé de 288 pages contentant 16 récits sur les super-héros de la firme, de 1939 à 2011. Véritable voyage à travers le temps, parsemé d’anecdotes et d’explication sur l’évolution de la firme et du genre au fils des années, ce bouquin permettra à tous de se plonger dans tous ces univers qui ont permis de construire le genre.

…Bon, ca va, je crois que j’ai assez bien résumé la fiche produit trouvable sur n’importe quelle site.

J’avais une vraie envie de découvrir un peu toute cette histoire, parce que je n’y avais pas mis les pieds avant… 2011, de manière « sérieuse », « motivée » et « impliquée ». Les comics et moi, c’est vraiment tout récent et quand on regarde tout ça de loin, c’est quand même pas franchement évident de savoir par quoi commencer. Cette anthologie tombe plutôt bien du coup (Il est FAIT pour être accessible, c’est son but), et son prix le rend encore plus attractif, il n’en fallait pas plus pour me faire sortir la bat-carte de crédit ! Et je dois dire que… je suis assez partagé le concernant. Je dirais même plus, j’ai vraiment du mal à le juger convenablement. Je vous explique tout ça juste en dessous, mais je peux d’ors et déjà résumer la chose par « C’est un bouquin où il faut vraiment savoir dans quoi on mets les pieds ».

Alors en soit, intrinsèquement, c’est un très bon bouquin, difficile de remettre ça en cause. C’est complet, on a vraiment de bons « échantillons » de chaque période, afin de se faire une bonne idée de ce qu’il se faisait à chaque époque. L’aspect éditorial cher à Urban Comics (Principalement reconnu pour sa volonté de donner moult explications dans ses publications pour que le lecteur soit aussi à l’aise que possible, et le contrat est excellemment bien remplit à ce niveau) est toujours présent et on en apprend vraiment beaucoup sur la firme, comme de nombreuses mini-biographies des grands auteurs impliqués, scénaristes et dessinateurs qui ont travaillé sur chaque récits qui parsèment le livre. De plus, d’un point de vue purement matériel, le livre est superbe.

Outre l’excellente illustration du divin Alex Ross (mais qui peut déplaire par son hyper réalisme), on a surtout affaire à un livre très solide, au papier mat de qualité dosée; même si certains récits (surtout les plus récents) se savourent un peu plus sur du papier glacé (Je pense surtout au chapitre de Justice League « 2011 », plus terne en terme de couleur que le volume relié propre à cette série sorti plus tard). Et plus simplement, j’ai pris du plaisir à lire certaines histoires – surtout dans les plus récentes – me donnant une vision plus précise que j’avais de tel ou tel personnage. Je pense principalement à ce même Justice League, au récit dédié au Joker qui revient sur ses origines ou le travail d’Alan Moore (mais pas que) sur le Green Lantern dans les années 70, dont la mythologie moderne de cette même licence continue toujours de se baser dessus, ce qui force quand même un peu le respect.

Mais, de l’autre côté, il y a quand même un soucis un poil gênant. Ca peut sembler évident aux yeux de certains, mais une majorité des récits présents ont forcément… très mal vieilli. Alors ce n’est pas forcément le dessin qui cloche, il peut encore passer (ou être supportable, comme vous voulez) selon les récits malgré le coup de vieux évident, mais c’est vraiment le fond de l’histoire, la qualité du scénario et des dialogues qui ont souvent mal vécu le poids des années. Il faut quand même se rendre compte qu’à proprement parler, il faut au moins avoir lu la moitié des 16 récits proposés pour commencer – et seulement commencer – à lire quelque chose de vraiment « intéressant ». Bon je n’ai rien contre les vieux récits, surtout que la qualité ne vient pas forcément de façon chronologique, il y a aussi du lourd voir du mauvais dans les plus récents (Je pense à celui sur Wonderwoman, imbuvable et mal dessiné… et pourtant de 2005 !).

Je ne veux donc pas rabaisser des histoires qui ont 60 ans derrière elles, mais il faut quand même reconnaître que c’est très difficile à lire de nos jours, encore plus – justement – pour quelqu’un qui n’a pas eu de contact avec ce genre de production depuis longtemps voir jamais. La narration est particulièrement pénible, notamment avec cette omniprésence du narrateur dans chaque case pour expliquer ce qu’il s’y passe (Alors que de nos jours, tout se fait par le visuel, on prend le temps de montrer le personnage marcher un minimum et pas à le faire téléporter d’un décor à un autre d’une case à l’autre). Et puis il y a tout simplement ces scénarios très basiques qui empêchent de rentrer un peu dans le récit.

D’accord, aujourd’hui, on ne peut pas dire que les comics de super héros soient systématiquement profonds, bien écrits et intelligents; c’est même souvent assez manichéen (ou volontairement brainless). Mais ici, à l’époque pour la plupart, tout se boucle en une poignée de pages, voir même de cases, vu que le plus gros de l’action est… raconté par le narrateur lourdingue. Aujourd’hui, ça nous paraît tout simplement « expédié » dans tous les sens du terme alors que dans les récents comics, on prend un minimum le temps d’expliquer les choses, de s’étaler pour avoir un peu de consistance. Une histoire actuelle qui se développerait sur 4*20 pages (par exemple) serait facilement condensée en 30 pages (grand maximum !) dans les années 50.

C’est l’impression que j’ai eu quand j’ai lu le pourtant célèbre « Flash of Two Worlds « , le premier comics qui mettaient en place le principe des univers parallèles via la rencontre du Flash des comics des années 40 et celui fraîchement crée des années 60. Dans les faits, le récit n’est pas profond, pas suffisamment développé et surtout résumé à des combats contre des super vilains délirants typique de l’époque du Silver Age, mais qui passent toujours très mal aujourd’hui. De manière générale, même si une idée paraît « bonne » pour l’époque, on souffrira toujours de cette narration lourde, d’un scénario et de scènes idiotes (Toujours drôle de la voir la Justice League faire une fête dans sa base, et voir Wonderwoman faire le ménage juste avant) couplé à des dialogues pas toujours très inspirés mais à contrario très orientés, comme l’atteste un personnage parlant à Wonderwoman des USA, comme un des « derniers bastions de la démocratie et de la liberté de la femme » de façon totalement gratuite et inutile dans la conversation. Je ne dis pas que la propagande n’existe plus dans les comics, mais c’est un poil plus subtil maintenant, je pense.

Bref, on ne ressent pas grand chose pendant une grande partie de la lecture de ce livre. Tout du moins, pour être moins négatif, on ne peut plus prendre ces récits au premier degré, tel qu’ils l’avaient été pensé à l’époque. Si on lit ce livre, c’est vraiment pour le côté historique de la chose, constater par soit même que le genre a beaucoup évolué dans sa forme (certes, moins dans le fond, mais suffisamment pour lui donner une seconde jeunesse). Ca va peut être en hérisser certains, mais je vois le livre comme un très bon livre d’histoire de la bd américaine sous l’angle DC Comics, et non comme un pur recueil de comics. Ce n’est absolument pas péjoratif et c’est intéressant à lire malgré tout, afin de voir comment DC Comics à développer son immense univers remplit de collants. Mais oui, c’est bien un livre où il faut savoir exactement où on met les pieds.