Podcasters Assemble !

Pour une fois, en dehors de mes habituelles vidéos (qui devraient revenir incessamment sous peu, quand l’inspiration me reviendra – je ne lâche pas l’affaire mais là je suis en panne sèche), je retente le coup du podcast audio avec cette fois-ci l’ami Gemini pour m’assister dans ce podcast numéro #0 sobrement appelé « Podcasters Assemble » (Pas sûr que le terme « podcasters » existe, mais ça sonne bien) dédié – surprise ! – à notre passion commune, les comics, et en particulier de Super-Héros. On ne sait pas s’il y aura suite, c’est surtout pour le fun qu’on l’a fait.

Bon, autant le dire tout de suite, nous avons eu des soucis de micros, des passages où l’on s’étalait un peu trop, je manque de rythme tellement j’ai pas l’habitude de parler sans mon prompteur habituel et une qualité sonore qui s’est faite hara-kiri sur à 30min de la fin (Why, Skype, Why); mais on ne voulait pas non plus jeter toute cette sueur et ces larmes à la poubelle malgré tout. Je ne dis pas non plus qu’il faut tout excuser, mais vous êtes prévenus.

Le lien pour télécharger le podcast complet qui dure un peu moins de 2h tout de même (On ne pensait pas faire aussi long, eh), ainsi que, pour les moins motivés:

Et concernant cette même section, je l’ai sub-divisé aussi, sait-on jamais:

Ainsi qu’une version vidéo dont la partie vidéo n’a évidemment aucun intérêt à proprement parler, c’est juste pour  profiter d’un streaming (avec de zolies images en fond quand même !).

Gainax et le Secret d’une Bonne Série

Vingt et un ans.

C’est le nombre d’année qu’il m’aura fallu pour découvrir enfin le premier anime d’un studio ayant une renommée qu’on ne présente plus de nos jours. Gainax. Evangelion, Gurren lagann, Kare Kano, Fuli Culi Panty and Stocking, forcément ! Et j’en passe. Studio que tout le monde, connaissant un minimum le monde de l’animation japonaise, a forcément entendu parler au moins une fois dans sa vie. Pour son style particulier, pour ses œuvres singulières, sortant un peu de la masse, reconnaissables entre mille. C’est donc un peu en partant de cet état de fait et poussé aux fesses par les mérites d’une obscure personne que j’ai décidé de colmater ma culture japanim’ avec Nadia et le Secret de L’eau Bleue, première série tv du studio. Et force est de constater que ce voyage dans le temps de 21 ans aura été fort agréable, malgré un coup de vieux prévisible et inévitable.

Nadia et le Secret de l’Eau Bleue, c’est l’histoire de Jean, un jeune inventeur français (Et ça fait plaisir !) en tout genre qui rencontre Nadia, une jolie jeune fille mais esclave d’un cirque au cœur de notre ville représentative aux yeux du reste du monde : Paris. Nadia n’a qu’une seule envie : découvrir ses vrais parents, puisqu’orpheline et prisonnière du cirque. Quant à Jean, il souhaiterait explorer le monde grâce à ses inventions, surtout dans le domaine de l’aviation.

Bingo, ça tombe bien : Jean découvre que Nadia, en plus de vouloir partir pour l’Afrique pour retrouver ses racines, est poursuivit par d’obscures personnes mal intentionnées cherchant à dérober le bijou que porte Nadia, une étrange pierre précieuse qui brille quand le danger rôde, tel Spiderman et son Spider-sens. L’occasion était trop belle : Jean embarque Nadia sur son prototype d’avion (pour rappel, nous sommes en 1889, l’avion n’existe pas encore officiellement) et vont tenter de rejoindre l’autre continent par tous les moyens. A partir de là commence leurs péripéties, entre rencontres étranges, exploration à travers le monde et révélation sur le passé de chacun.

Et c’est ça qui m’a rapidement plu dans cette série.

Cette aventure avec un grand A, ces références à des œuvres comme 20 000 lieux sous les mers ou même Moby-Dick ; cette ambiance « fin du 19ème/début du 20ème siècle » typique avec ces nombreuses inventions en tout genre, notamment  pour l’aviation et cette fameuse quête de l’homme qui veut dompter le ciel. C’est tellement peu courant de croiser ça dans le paysage audiovisuel que ça fait un bien fou, c’est une grosse bouffée d’air frais qu’offre la série après quelques épisodes pour se mettre dans le bain.

Les personnages ont de la gueule (le design 90’ a toujours autant de charme et techniquement, la série tient encore globalement la route, malgré ses quelques errances coréennes), on s’y attache toujours un peu pour X raisons parce que la Gainax a réussi à suffisamment bien les développer pour qu’ils soient tous utiles, intéressants, drôles et possèdent tous leur « moment de gloire » au moins une fois dans la série. Et mine de rien, c’est déjà un très bon point, ça donne toujours l’envie de suivre leurs aventures, de savoir où ils vont atterrir cette fois ci et par quel moyen ils vont s’en sortir.

Il est vrai qu’à première vue, on peut redouter un côté enfantin, un peu neuneu de la chose avec une aventure assez superficielle (surtout avec le postulat de base « Nadia & Jean contre les méchants qui les poursuivent ») mais … Nadia sait cultiver les moments forts en émotions. Sans verser dans le mélo non plus – le ton de la série restant globalement léger – la série aborde de nombreux thèmes assez matures en fait. La vie, la mort, la nature et l’impact de l’homme dessus, le sens des responsabilités et j’en passe ; tout est intelligemment développé pour apporter son lot de passage pas mal mémorable, qui dévoile une série plus adulte et un scénario plus complexe qu’il n’y paraît. Mais, justement…

La série n’a pas une construction parfaite. Preuve d’un premier essai encore hésitant, Nadia souffre d’un problème de rythme évident. Sans trop spoiler, j’ai surtout noté une grosse baisse de rythme (et de qualité, fatalement) pendant une dizaine d’épisode à partir de l’épisode 23. Baisse où il ne s’y passait pas grand-chose, où l’on changeait d’ambiance un peu trop radicalement après la grande réussite des épisodes précédents et de leur montée en puissance. Et accessoirement, Dieu que je déteste les épisodes chantants, ça devrait être proscrit dans les séries TV.

C’est encore plus flagrant quand on passe aux derniers épisodes, juste après cette baisse donc, qui remonte RAPIDEMENT (trop, à mes yeux, 5 épisodes après du vide pour tout conclure dans les normes, c’est trop peu) le niveau de la série à un stade presque épique. Ca prend une tournure intéressante, riche en rebondissements, en révélations et en scènes marquantes. Une bonne grosse montée en puissance qu’on n’avait pas vu depuis trop longtemps au sein de la série et c’est un peu ça le reproche que je peux lui faire : c’est quand même sacrément abrupte au niveau du rythme, on passe vraiment du tout au rien en peu d’épisode, l’intrigue a du mal à correctement se mettre en place.

D’ailleurs, en parlant de tout ça, quand on regarde cette série maintenant et surtout après avoir englouti Evangelion, on sent clairement les bases de celui-ci. Que ça soit dans la façon de traiter certains aspects des personnages ou la tournure que prend le scénario arrivé à un certain stade de la série, on sent clairement la future patte du studio… A noter tout de même une fin réussie dans le cas présent, loin du mindfuck sous acide d’un Evangelion. Guère originale, mais bien orchestrée, comme on la souhaitait secrètement au fur et à mesure des 38 épisodes précédents : Gainax fait dans le conventionnel, mais le fait franchement bien. On aurait aimé rester un peu plus longtemps avec Nadia et Jean, mais eh, relativisons un peu parce que dans le fond, je préfère ça au lieu de la surexploitation un peu honteuse d’Evangelion.

En parallèle à ça, série datant des années 90 oblige, la VF est franchement aléatoire. Ou plus simplement : on y retrouve des voix principales pas mauvaises en soit, plutôt bien joués  mais dès qu’on s’attaque aux personnages moins importants, c’est le grand festival du n’importe quoi. On se retrouve avec un comédien de doublage pour faire 10 personnages « non important » mais qu’on reconnaît au bout de 5 secondes et des voix stéréotypés complètement hors de propos pour des personnages quand même un minimum important. Au hasard… NEMO. Non, pas l’obscure personne précédemment cité (même si…), mais la VF du courageux capitaine prête sérieusement à rire. Une voix légèrement pincée du nez, très surjoué au point d’en devenir ridicule (Une sorte d’air « hautain » très cliché), j’en venais presque à me foutre de sa gueule une fois sa scène « clé » terminée, en l’imitant facilement. Bien que ce genre de soucis n’est pas un cas isolé (hélas), globalement, ça passe assez bien et on finit par s’y faire (même si ça ne s’améliore pas non plus mais ça a le mérite d’être pareil du début à la fin).

A noter, pour le fun qu’il y a un point commun entre ces 2 personnages :

Montrer »


(A gauche, le Capitaine Nemo de Nadia, à droite,
Lord Genome de Gurren Lagann)

Ils ont le même doubleur français et … Il est méconnaissable dans Gurren Lagann par rapport à son rôle dans Nadia. Comme quoi, 20 ans de carrière dans les pattes entre le doublage de ces 2 séries, ça a quand même du bon, tant le fossé est énorme.

Et puis, pour boucler cet aparté concernant la version française, un point qu’il me semble important de souligner : Nadia ne sortira sans doute jamais en DVD chez nous pour pleins de raisons. Elle existe pourtant au Japon et aux USA (Non censuré ?) mais ça semble très mal barré pour une sortie chez nous. Œuvre des années 90 oblige, comme pour la VF, elle a subit la vague de censure à la truelle lors de son arrivée chez nous : censure du sang, censure de maillots de bain, censure de sous entendu un peu dur pour les enfants de 10 ans ; le montage TV est un pur massacre comme on en voyait souvent à côté (Ah, Dragon Ball, St Seya et Ken le Survivant…). Mais…  Pour je ne sais quelle raison, un miracle est arrivé. Pour sa dernière diffusion à la TV (il me semble), Game One – la chaine qui aujourd’hui se résume à KikoololTV ou NarutoTV pour les intimes – veut marquer un « grand coup ». Le temps de 4 soirées fin Avril – début Mai 2001, la chaîne diffusera l’intégrale de la série Nadia en version… restaurée.

Toujours en VF mais pas de générique français (et c’est pas une grosse perte), réinsertion de TOUTES les scènes coupés avec VOST quand il le faut (même si passer de VF à VOST au sein d’un même épisode, ça fait bizarre), rectification des erreurs de montages (soit de la VF, soit de la VO même) et j’en passe ; c’est un véritable travail d’orfèvre que j’ai découvert récemment, un travail qui impose un respect monstre face à cette unique personne qui a passé à l’époque de nombreuses nuits blanches pour satisfaire les fans, et uniquement eux. Le résultat était juste là pour sa diffusion TV et n’a jamais été rediffusé depuis ni même repris pour une quelconque édition DVD. Et c’est ainsi que l’on peut découvrir Nadia aujourd’hui.

Oui, on passe dans l’illégalité dans un sens (vu que les DVD n’existent pas et les rares VHS sont de toute façon issus de la version TV « charcutée » ) et d’un point de vue technique, on ne devra que se contenter que d’un « VHSRip » de ces 4 soirées (trouvable facilement en torrent donc) mais rien que pour saluer l’effort fournit par la chaîne il y a 10 ans de cela, ça vaut clairement le coup de mater la série en VF/VOST aléatoire. C’est un bien pour un mal. Mais à coup sûr un geste que je ne regrette pas. On peut d’ailleurs trouver un historique de tout ce travail de restauration assez unique sur le site officiel du monteur : http://www.fenarinarsa.com/nadia/

Au final, Nadia et le Secret de l’Eau Bleue est une série à laquelle on peut reprocher pas mal de chose, soyons honnête. En partie dû à son âge, forcément, mais aussi dans sa forme pure et dure, perfectible, sentant clairement les premiers pas difficiles d’un studio encore tout jeune. Mais force est de constater qu’il reste avant tout une série franchement plaisante, de part son thème exotique, qui fait du bien même aujourd’hui quand on voit les thèmes abordés dans les animes récents. Je ne parle pas, et donc ne remet pas en cause, forcément de la qualité de ces animes, mais plutôt d’un certain état d’esprit radicalement différent d’il y a 21 ans.

Logique me dira-t-on, mais je regrette que des animes tels que Nadia n’aient pas plus de descendants à l’heure actuelle. Ce côté « grande aventure », où l’on aime suivre nos jeunes (et moins jeunes) héros au travers d’un monde qui fait parfois rêver avec une certaine profondeur scénaristique, de bons personnages pas mal développés (dont pas grand monde n’est à jeter) ; c’est quand même bien rare. Sans doute pas inexistant, mais difficile d’en croiser maintenant.

Mais qu’à cela ne tienne, la série mérite encore d’être vu aujourd’hui. Parce qu’elle regorge encore de qualité et qu’il est toujours intéressant de voir l’évolution d’un studio d’animation japonaise. Mais un peu comme le disait l’homme bicolore concernant Six Feet Under : ne tardez pas trop quand même, la série commence franchement à vieillir.

Six Feet Under: à 2 pas du Paradis

Changeons à nouveau un peu d’air dans cette huitième critique vidéo avec non pas un énième jeu-vidéo ni un énième manga/anime mais, afin d’explorer un milieu encore nouveau pour ma part, le monde de la série TV. Et pas n’importe laquelle !

Fort de son succès, poussé par d’obscures personnes ici et là, c’est Six Feet Under qui a le droit à son petit podcast garanti sans spoil. Une série de haut vol (malgré certains aspects m’ayant déçu), qui mérite plutôt bien la réputation qu’elle a. En tout cas, pour ma part, il y aura un avant et un après Six Feet Under. Et c’est déjà pas si mal.

Je dois reconnaître que l’exercice est quand même un peu plus difficile que les autres, les grandes envolées lyriques (que l’on croise sur le net, en particulier à l’encontre de cette série) à base de grandes tirades et de métaphores en tout genre pour souligner la puissance du scénario, la richesse des personnages et j’en passe, ce n’est définitivement pas ma tasse de thé. Et éviter les spoils n’aident pas, ça aurait été l’occasion rêvée de bien s’étaler mais j’ai voulu rendre ça accessible au plus grand nombre…

Et en bonus, si besoin est, une version audio est disponible ici.