Podcasters Assemble #2 : Spéciale New 52

Aujourd’hui, toujours avec Gemini et moi-même, podcast spécialement dédié à notre seconde vague personnelle de lecture des titres comics issus de la vaste opération marketing qu’est le New 52, ou le redémarrage de l’univers DC pour accueillir un tout nouveau public !

Au programme, dans ce podcast qui dure pas loin de 2h au complet :

Et comme toujours, la version Youtube pour le streaming:

Mar-veeeeel, ton univers incompréhensiiiiible…

Ca fait longtemps que j’aimerai me lancer pleinement dans l’univers si riche, si dense, si… infini qu’est l’univers MARVEL. Mais hélas, difficile de s’y retrouver. Entre séries qui perdurent depuis plusieurs dizaines d’années et qui s’entrecroisent avec d’autres, les reboots incessants et spins of de toute part sans oublier la parution française aléatoire; difficile de s’insérer dans ce joyeux bordel sans perdre un minimum le néophyte en quête de super héros (Je pense que je vais devoir sérieusement mettre une croix sur Civil War et tout ce qui l’entoure, c’est définitivement hors de ma portée). Un néophyte comme moi, qui s’est toujours intéressé à cette branche de la BD, mais sans jamais oser y aller, préférant se contenter des « produits dérivés » tels que les JV, films et autres adaptations en tout genre.  Ce ne sont pas les « meilleurs versions » ni les originaux, mais c’est facile à suivre dût à leur format imposé et au public visé et pour se mettre doucement dans le bain, c’est juste ce qu’il faut, à défaut de mieux.

Mais même en procédant comme ça, c’est frustrant. Frustrant parce que si on veut un « produit dérivé », il faut avoir du potentiel commercial. Quand on a envie de découvrir un personnage plutôt obscure, force est de constater qu’on est sacrément mal lotie, surtout en France : Comme moi, vous avez joué à Marvel vs Capcom 3 et vous avez été intrigué par le personnage de Modok ? N’espérer pas le retrouver dans un quelconque produit dérivé mettant en scène son histoire, ce n’est fatalement pas assez vendeur pour le mettre en avant. Et surtout, bonne chance pour retrouver ses aventures en comic, je ne suis même pas sûr que ça existe en France. Ou alors, comme une bonne partie des comics sorties chez nous : c’est sortie sous forme de magazine (bi)mensuel il y a 10 ans et plus, le genre de truc difficilement trouvable de nos jours.

Alors la solution est simple, pour les noobs : ne pas viser « trop haut » (vouloir lire les gros classiques qui tâchent) et essayer de profiter du vaste univers qu’est Marvel. Spin of, reboot, One-Shot, tels sont les mots clés à retenir dans votre recherche pour satisfaire votre envie de super-collant. Ca fait quand même référence à quelques anciennes aventures qui ne seront plus jamais disponibles, voir qui ne l’ont jamais été chez nous ? Il suffit de prendre son courage à 2 mains (parce que sinon, on ne lit presque RIEN) et d’aller fouiner Wikipédia et surtout Marvel-World, la gigantesque encyclopédie de cet univers, incroyablement riche et intégralement en français. Okay, on n’aura quand même pas lu la BD en elle-même, mais on ne sera pas totalement largué et ce n’est déjà pas si mal.

Petit compte rendu de mes premiers pas (Eh oui, il n’est jamais trop tard, surtout ayant toujours eu un gros penchant Manga, ça n’aide pas) dans l’univers de Marvel…

Spiderman Noir T1 & 2

J’ouvre le bal avec un super héros que j’apprécie, même si … comme avec un peu tout le monde, je le connais mal. Mais disons que j’ai grave kiffé le dessin animé du début des 90’ et les 2 premiers films m’ont bien plu, surtout le premier. Le 3ème ? Pas vu, mais apparemment c’est pas une grosse perte.

Pour rappel, le concept de la série Noir est simple : transposer l’univers Marvel à l’époque des années 30, soit peu avant la seconde guerre mondiale, toujours d’actualité dans cet univers alternatif. Pour Spiderman, on retrouve toujours un Peter Parker voulant devenir journaliste mais en partie, cette fois-ci, pour mettre à l’amende le gros caïd du coin, qui règne en maître sur la ville. D’autant qu’il est, SURPRISE, potentiellement responsable de la mort de son oncle, comme dans l’original.

Mais là où est tout l’intérêt de la chose, c’est de transposer finalement les grandes lignes de l’univers de Spiderman dans un monde très… sombre, noir (Forcément !), à l’ambiance très « Polar», assurément. Les années 30 sont superbement retranscrites et on prend un vrai plaisir à suivre Spiderman régler ses compte chez les mafieux, le rythme étant bien réglé et le scénario efficace. L’ambiance est excellente, visuellement le comic en jette pas mal aussi, notamment les variantes du costume de Spiderman, classieuse à souhait.

Evidemment, il fallait un peu s’en douter et ce n’est pas un défaut en soit, mais on ne retrouve pas exactement les personnages de l’univers de Spiderman (Marvel) exactement tel qu’on les connait, bêtement replacé dans le contexte des années 30. Comprendre par là qu’il ne faut pas s’étonner de ne pas recroiser un Dr. Octopus armé de multiples bras tel qu’on le connait, ou un Sandman malléable comme dans Spiderman 3. Justement, pour l’exemple, « Sandman » est un personnage juste « reconnu » pour sa force brute, vu qu’il est surnommé « Le marchand de Sable ». Mais pour le coup, c’est justement un grand plaisir de les croiser et de voir de quelle manière leurs histoires vont être remaniées pour coller à cette nouvelle ambiance. Et puis, il y a des nazis !

En somme, Spiderman Noir fait bien son boulot. La série n’est pas fini, j’attends impatiemment la suite car les bases sont très bonnes (ambiance, respect de l’univers d’origine) mais si j’avais un « défaut », quelque chose à lui reprocher, ça serait juste d’être finalement assez classique dans son déroulement. On reconnait de suite la touche Spiderman, mais j’aurais peut être souhaité un petit peu plus que ça, un peu plus de…folie ? A voir dans les prochains tomes.

Iron Man Noir T1

Parce que Spiderman Noir m’a donc convaincu du potentiel de transposer tout ces univers dans les années 30 featuring Nazi, il n’en fallait pas plus pour me convaincre d’essayer une autre variante de cette collection.

J’ai bien aimé les films Iron Man. Pas extraordinaire, pas du grand cinéma, mais c’était bien réalisé, bien « fun » pour du film de super héros et Robert Dowey Jr. dégage une classe monstrueuse : c’est décidé, Iron Man Noir dans mes fesses. D’autant plus qu’on m’annonce que ce voyage dans le temps transforme notre bon vieux Tony Stark en Indiana Jones improvisé au temps des nazis, à la veille de la seconde guerre mondiale. Comment y résister ?

Il faut reconnaître que l’histoire tient sur un ticket de métro. Tony Stark, grand aventurier qui raconte ses exploits dans les magazines « Marvels » (ahah) histoire de vendre du rêve pour faire oublier à la populace les prémices de la guerre, part à la recherche d’Atlantis, la cité engloutie. En route, il croisera des méchants nazis qui veulent à tout prix récupérer les informations de cette cité perdu et de ce qu’elle contient pour assouvir leur soif de dominatioooooooon du monde. That’s all ? Oui.

Et faut admettre que ça marche assez bien !  Le coté aventure à la Indiana Jones – qui est très juste au passage – est très plaisant : Tony Stark reste toujours l’homme séducteur, l’homme qui prend sans cesse des risques, défie avec classe ses ennemis ; l’inventeur hors pair qui te crée des armures de combats même dans les années 30, tel qu’on l’a connu par ses aventures classiques. Même le côté Iron Man pur (En armure quoi) fait plaisir : là on retourne à quelque chose de plus conventionnel, d’assez basique (Baston et gros moments de bravoure) mais eh, tabasser du nazis en armure de combat steampunk, c’est toujours avec plaisir, j’en redemanderai presque ! D’autant plus que pour ne rien gâcher, le dessin est fort joli, c’est détaillé et le design assure (même si ma préférence va aux dessins de l’armure de Stark (délicieusement retro) que des humains à proprement parler (mais qui ont de la gueule)).

Du tout bon ?

En fait, le problème – comic oblige je dirais dans un sens – tout va très vite. Bien trop vite même. C’est tellement condensé – sans être forcément désagréable – que tout s’enchaine sans qu’on ait le temps de vraiment s’installer au sein de l’histoire. Dans un sens, c’est bien, on ne s’ennui pas une seule seconde que ça soit l’aspect « Indiana Jones » que la partie Iron Man chez les nazis – bien qu’expédié en quelques pages. Mais, justement, pour le coup, ça donne aussi la sensation qu’il n’y a pas de profondeur au récit. S’attacher aux personnages ? Impossible, ça va bien trop vite. Développer le background des personnages, voir même juste du héros ? Trop peu de page pour se faire, pas le temps, faut que ça avance.

Pour le coup, je ne sais pas s’il y aura une suite, je ne me suis pas renseigné. Disons que le récit à un début et une fin, et pourrait très bien se finir la dessus, c’est « déjà ça ». Mais ça serait gâcher un bon potentiel… Car qu’on se le dise, c’était bien plaisant ! Ca fait office de bonne intro à cette vision alternative du héros, ça sent bon l’aventure et Iron Man casse la gueule à des nazis… malgré un certain manque de consistance évident.

Deadpool

On passe désormais à un personnage que j’aime beaucoup, mais, paradoxalement, que je connais très peu. On entend parler de lui à droite à gauche avec son apparition honteuse dans le film X-Men Wolverine ou sa première apparition dans la licence Marvel vs Capcom avec le troisième opus. Mais si on a envie de le connaître, c’est bien pour sa personnalité particulière ! On l’aime parce qu’il est légèrement timbré sur les bords car ayant survécu à une expérience ratée qui cherchait à lui donner le même facteur régénérant de Wolverine… Et surtout que, lié au point précédent, les différents auteurs se sont mis d’accord sur un aspect assez essentiel au personnage : le 4ème mur. Cette « technique » scénaristique qui permet au personnage de la fiction en question d’être conscient qu’il n’est pas réel et nous le fait savoir régulièrement.

Deadpool est « conscient » qu’il est dans une BD (ou dans un jeu vidéo pour Marvel vs Capcom 3) et s’en amuse régulièrement. Il va commenter l’action comme s’il était à la place du lecteur, lancera quelques blagues pour « nous » tout en faisant des comparaisons de sa situation avec un peu tout et n’importe quoi propre à notre culture pop’.

Donc, début Mars, Panini Comics passe la seconde : l’année 2011 sera sous le signe de Deadpool. Je n’ai pas le planning exact sous les yeux, mais pour le moment, en l’espace de 6 mois, 5 comics différents sont sortis chez nous et quand on sait à quoi point la distribution est chaotique en France, c’est presque un miracle. Petit passage en revu de ces comics – à un près – que je ne pouvais pas louper, gros fanboy en devenir que je suis.

Deadpool Collectif T1
(Wave of Mutilation, Part 1 & 2)

Hélas, soyons direct, ce numéro là est plutôt mauvais. Dans le fond, la base était bonne, propice à pleins de moments fendards tout en plaçant 2/3 blagues bien senties. Cette base ? Les PIRATES. Deadpool, sur un coup de tête, décide de se lancer dans une vie de pirate. Il s’achète un vieux rafiot et part à l’aventure avec son vieux compagnon Bob. Inévitablement, il finira par croiser d’autres « pirates » (Ou mercenaires des mers, mais aucune différence pour Deadpool) et les ennuis vont commencer blablabla.

Déjà ce qui choque et nous fait dire que ça commence mal, c’est le dessin. C’est assez laid. C’est mal dessiné. Des personnages comme Deadpool passent à peu près car ils ont des combinaisons, des costumes qui limitent le niveau de détails mais d’autres personnages à côté (Humains « classiques » on va dire) s’en tirent affreusement mal. On dirait un travail inachevé, les ombres sont faites n’importe comment, tout est très anguleux, c’est vraiment, vraiment pas très agréable à regarder…

Il n’y a pas grand-chose à dire dessus pour être franc. Outre le dessin, même le récit n’est pas génial. Le début est sympathique, oui. On sent un certain potentiel (comme toujours avec Deadpool) mais c’est toujours très mal exploité. L’humour ne fait pas vraiment mouche, les répliques sont un peu nazes et l’histoire n’est guère passionnante. On arrive à la fin, Deadpool s’est débarrassé des méchants pirates en même pas 50 pages, tout ça pour finir sur un « c’est tout ? ».

Heureusement que ça ne m’a pas couté plus de 4€, bien que j’attends le numéro 2 avec une certaine impatience, vu qu’au moins, les auteurs/scénaristes changent à chaque numéro. J’ai confiance !

Deadpool Corps, le club des cinq T1
(Prelude to Deadpool Corps)

Cinq Deadpool pour le prix d’un ? Le concept vend un peu du rêve.

Deadpool, celui qu’on aime tant. Miss Deadpool, la version gonflée aux boobs et à la Pony Tail, Kidpool, la version 10 ans du héros, encore plus incontrôlable que l’original. Dogpool, une version canine du pauvre… et Headpool, la version… tronquée on va dire, du mercenaire.

Pour une raison encore inconnue mais parait-il très importante (laissez moi deviner : sauver le monde ?), Deadpool part dans les dimensions respectives de chaque personnages (Pour les non habitués comme moi, parait que le principe des dimensions est limite banal chez Marvel) pour réunir toute sa bande. Rien que ça.

L’idée principale est que chaque chapitre, correspond au recrutement des différents membres de l’équipe (5 donc, le dernier étant la réunion finale avant le début de la vraie mission). 5 chapitres, qui seront réalisés par un dessinateur différent, multipliant alors les styles de dessins et l’ambiance qu’il s’en dégage. On alterne donc régulièrement entre passage très serious business (Le premier chapitre avec le General America et Miss Deadpool) et le grand n’importe quoi volontairement fendard : Je dois reconnaître que voir l’institut du professeur Xavier en mode « garderie » d’enfant (vu que c’est là qu’on y trouve Kidpool, mais aussi la version Kidz de Wolverine, Cyclope et compagnie) était particulièrement drôle.

Quant au dernier chapitre, j’y reviendrai plus tard…

Problème principal de cette itération aux multiples facettes: l’avoir sortie, tout en étant conscient qu’il manque des numéros consacrés à Deadpool dans la parution française. J’ai beau avoir plutôt apprécié le bouquin dans sa globalité (j’y reviendrais aussi), ce n’est pas très intelligent de sortir un comic qui fait souvent référence à un autre comic jamais sorti chez nous. Ce qui fait qu’on est un peu perdu… L’exemple le plus probant reste tout simplement le premier chapitre, qui met directement en place des personnages apparemment déjà connu, mais dont, pour nous pauvre français, reste un mystère presque complet. Marvel World, je t’invoque !

…Mais le pire, c’est que la traduction française en est consciente.

Pour faire simple : à l’origine, lors de certains dialogues, la VO n’hésite pas à placer dans une petite case annexe à quel numéro/comic, le personnage/dialogue en question fait référence, histoire de placer à peu près la chronologie de l’œuvre. Problème, comme dit avant, certains numéros mentionnés dans cette VF ne sont jamais sortis chez nous… Alors que faire ?

Un peu à la manière d’un troll subtilement placé, les traducteurs se sont amusés à « en rajouter », à commenter ces petites annotations. Ou, pour citer un exemple concret, Headpool (la tête volante) nous raconte qu’il a vu Deadpool dans la dimension Zombi :

–  « La dernière fois, je t’ai vu dans la dimension Zombi* »
Case annexe : « *Cette histoire, c’est dans une série pas encore publiée en France… Alors vous avez le droit de râler.»

Rien d’extraordinaire en soit, mais ça m’a fait quelque peu marrer. Un peu jaune dans un sens, mais vaut mieux en rire qu’autre chose… Parce que le reste de la VF tient franchement bien la route ! Okay, certains changements de références en feront rager plus d’un (Je suppose, mais ça doit être pareil que dans le milieu de la Japanim’), mais, dans l’optique de garder le même « impact » humoristique en français, c’est quelque peu nécessaire, même si ça fait bizarre de voir apparaitre le nom d’un célèbre groupe de musique français des années 80 dans un comic tout récent…

Et puis, il y a ce fameux dernier chapitre. En fait, je crois que c’est à cause de lui que je n’arrive pas à être totalement emballé. Comment peut-on l’être en même temps ? Incompréhensible scénaristiquement et surtout… surtout…n’ayons pas peur des mots, dégueulasse graphiquement. Alors que, malgré les styles différents, les précédents chapitres étaient agréable à l’œil (surtout celui de Headpool, superbe), ce dernier est un véritable doigt d’honneur aux règles du bon goût, histoire de boucler le tome sur les chapeaux de roue. Troll volontaire ? Je me pose sérieusement la question.

J’aurais aimé poster une image de ce chapitre, mais c’est difficile d’en trouver une correcte. Etonnant ? Disons que, pour visualiser le truc, ce n’est pas du dessin classique qu’on retrouve, mais de la CG. De l’image de synthèse. Pour. DE. LA. BD ?

Permettez-moi, je reviens.

Je disais donc. C’est affreux. L’excellent design des personnages, même si variable, mis en place juste avant est ruiné en quelques pages. Les CG sont d’un niveau pitoyable et nous font revenir facilement 15 ans en arrière, à l’époque des CG bas de gamme, torché, sans aucun respect pour le lecteur. Je n’arrive décidément pas à comprendre un tel choix. Comment ça a pu passer ?

Malgré tout, Deadpool Corps reste sympathique. Ces petits soucis de compréhensions et ce dernier chapitre dégueulasse gâche quand même le plaisir de la lecture, mais on y passe un bon moment. C’est parfois très drôle, varié, le concept est prenant et le dessin est parfois magnifique… Disons que, là encore, c’est une intro correcte, dont tout le potentiel prendra tout son intérêt dans le tome 2, qu’on espère avoir rapidement ici.

Et si possible, sortez les précédents numéros chez nous, ça serait sympa.

Deadpool : Il faut soigner le soldat Wilson
(Deadpool : Wade Wilson’s War)

Encore du Deadpool ? Oui, mais pour l’occasion, je laisse le meilleur pour la fin, assurément.

Deadpool, Il faut soigner le soldat Wilson est un comic qui revisite encore une fois l’histoire du célèbre mercenaire, mais sous forme de One Shot. Pas de lien avec d’autres comics à proprement parlé, on peut y aller sans risque… Même si c’est toujours intéressant de regarder qui est qui, dans les personnages cités, quand même propre à l’univers Marvel.

On y retrouve un Deadpool comme on les aime, au meilleur de sa forme je serais tenté de dire (surtout après les 2 précédentes lectures) : Humour, beaucoup d’action, des phrases percutantes, des références bien senties, la totale en gros.

Deadpool est au tribunal, étant accusé, avec ses comparses, d’avoir tués un paquet d’innocent. S’en suit alors une série de flash back un peu dans le désordre où, petit à petit, la version des faits de chacun semble quelque peu incohérente entre elles. Qui a raison, qui a tort ?

Au fur et à mesure de l’histoire, Deadpool nous raconte son passé, ses liens avec ses camarades de jeux,  sa version des faits concernant ce massacre d’innocent et ce qui les aurait poussé à faire ça. Toujours aussi conscient qu’il est dans une BD, il prend un malin plaisir à se jouer de nous. Nous raconte-t-il la vérité ou nous mène-t-il en bateau ? C’est finalement ça qui fait qu’on aime ce comic : Un Deadpool qui ne perd jamais le Nord même devant la justice, une histoire volontairement touffue, où s’entremêle vrai et faux flashback pour mieux semer la confusion jusqu’au grand final et surtout, en bonus, une bonne dose de 4ème mur brisé à grand coup de savate comme je les aime.

Il y a un vrai talent dans l’écriture (et dans la traduction par la même occasion, chapeau) pour rendre le personnage accessible à nous, les débutants en Marvel et toujours aussi irrésistible et fidèle à ses principes. Les références et les gags s’enchainent sans que ça paraisse ajouté à la va vite pour remplir un quelconque cahier des charge, on sourit voir rigole franchement des pitreries du mercenaire amoché.

Deadpool, Il faut soigner le soldat Wilson est assurément le meilleur comic dédié au personnage paru cette année. Ce n’était peut être pas bien difficile vu la concurrence (et ce n’est pas totalement faux) mais ce qui est sûr, c’est qu’il est bourré de qualité et passe très bien auprès d’un néophyte comme moi. Une vraie bonne surprise que j’aurais finalement peut être aimé voir prolongé sur un 2ème tome (du moins, en terme de qualité d’écriture, j’en veux plus souvent) mais eh, c’est déjà pas si mal qu’il remplisse très bien son rôle.

Adjugé vendu : Deadpool a obtenu un fan de plus.

 

It’s MAHVEL, baby !

Vu l’allure à laquelle j’avançais (ou vu comment la flemme me dominait), je pensais ne jamais sortir cette vidéo, même si je l’avais « annoncé » dans un des précédents articles. Mais question de principe oblige… Surtout quand il faut parler d’un petit coup de coeur maison dans le jeu vidéo, parce qu’un peu de pub ne fait pas de mal, même si le jeu n’en avait pas spécialement besoin.

Mais à GHZ, on est comme ça, on aime les choses et on veut le faire savoir !

Et comme d’hab, une version audio au cas où.

Enfin du bon désherbant capillaire !

La période oldschool dans le jeu vidéo, ce n’est définitivement plus ma tasse de thé. Difficulté artificielle à base d’apprentissage forcé du level design d’un niveau (ce qui comprend les patterns et emplacements des ennemis) sans la moindre courbe de progression, pour éviter de crever au bout de 5 minutes sur un niveau qui en dure 20, sans le moindre checkpoint ou point de sauvegarde.

Certains apprécieront et appelleront ça l’essence du gaming, moi j’appellerais ça une fausse excuse. Parce qu’à l’époque, on faisait avec les moyens du bord, qu’on pouvait tout se permettre car tout était à inventer et que par la même occasion, on ne savait pas vraiment gérer la difficulté, absence de sauvegarde et durée de vie ultra réduite oblige. Fallait bien trouver un moyen de transformer les 1h de jeu en plusieurs semaines d’acharnement sadomasochiste.

Mais par miracle, il arrive que certains développeurs aient quelque peu compris le problème, voir même, aient réussi à proposer un entre deux entre modernité et difficulté oldschool, histoire de satisfaire un maximum de monde. Et ma foi, Super Meat Boy marche franchement bien dans une telle optique.

A l’origine un vulgaire jeu Flash, Super Meat Boy est devenu un jeu XBLA (dans un premier temps) tout en restant un jeu de plate forme 2D (dans tous les sens du terme) profondément sadique, vicelard, putassier, dans lequel le but est de sauver Bondage Girl – enlevée par l’infâme Dr. Fœtus – la petite copine de Meat Boy, le héros du jeu. Rien que ça. S’en suit alors une succession de – très – court niveau à l’ancienne (On commence le niveau et il faut rejoindre la dulcinée en question), dans lesquels on retrouvera une multitude de piège allant de la scie circulaire à de la lave qui grimpe continuellement, des piques bien aiguisés, des lance-missiles à tête chercheuses et j’en passe ; avec un soupçon de boss géant pour achever le tout.

La conséquence de tout ça ? Le jeu est extrêmement difficile, tout en étant extrêmement basique dans ses mécaniques de jeu. Mais le pire, c’est qu’on en redemande, parce que c’est aussi extrêmement efficace.

Basique, parce qu’au final, à quelques variantes près, le seul bouton que vous utiliserez – ou du moins la seule action réellement possible – c’est… sauter. Du mono-bouton, ou presque. On saute, on esquive les ennemis, les pièges ; on récupère des clés en plein vol pour enclencher certains mécanismes ; on re-saute au dessus d’un immense vide en prenant appui sur un mur et on trace une ultime fois jusqu’à la fin du niveau où notre dulcinée nous attend. Sportif mine de rien.

Difficile, parce que le degré d’exigence en terme de précision est plutôt élevé. Soyons honnête, pour se conditionner devant la quasi-totalité des niveaux du jeu : vos premiers essais ne seront que de misérables échecs, finissant généralement dans le vide ou dans les pièges – méticuleusement placés là où on ne les attend pas – le tout accompagné de bonnes giclées de sang, en provenance direct de notre héros en guise de papier peint. Les développeurs ont même poussé le vice en faisant en sorte que les traces de sang ne disparaissent pas d’un essai à un autre, s’accumulant alors jusqu’à temps qu’on termine le niveau. Pire encore, lors du replay final – après l’accomplissement d’un niveau donc – les ~20 dernières tentatives sont enregistrées et superposées pour un festival de suicide de Kirby ensanglantés, pour ne voir qu’un seul survivant arriver jusqu’au bout. C’est à la fois humiliant et fascinant. Mais oui, on aime toujours.

Efficace, car tout le jeu est construit de façon à accrocher le joueur et, malgré sa difficulté hors norme dans tous les cas, à limiter au maximum sa frustration. Ca ne paie pas de mine comme ça, mais les développeurs ont eu quelques idées franchement bien vues. Si la difficulté passe super bien, c’est parce que tout va très, très vite ; les niveaux étant terriblement courts. On a à peine le temps de mourir… qu’une seconde après, on est déjà reparti sur les chapeaux de roue, à retenter ce qui nous semblait infaisable, la rage aux lèvres. Pas de temps de chargement (Ou alors, ce sont les « 1 seconde » dont je parlais), une mort n’entrainera jamais de Game Over, de retour au menu principal, de chargement et de retour à la case départ niveau progression. Les niveaux n’excédant jamais la minute en terme de longueur, on n’aurait presque jamais le temps de souffler, de détester un niveau, de pester réellement contre lui. On recommence une partie en un clin d’œil – sauvegarde entre chaque niveau aidant – la souffrance ne dépassant jamais la minute. Même si parfois, on a l’impression de vivre la minute la plus longue de notre existence, vu comment elle est éprouvante.

Finalement, et c’est assez paradoxal j’en conviendrai, son plus gros défaut – à mes yeux – et d’avoir une jouabilité trop… précise. Comprendre par là qu’il y a tellement de paramètres à prendre en compte lors d’un saut, d’un enchainement de saut en esquivant moult pièges que … même en maitrisant le gameplay et en connaissant le niveau par cœur, il est quasi-impossible de faire 2 fois la même action au même moment.

Sauter plus ou moins haut en maintenant plus ou moins le bouton de saut … tout en dosant la vitesse du personnage avec le stick droit ainsi qu’avec une gâchette pour sprinter… pour juste tenter d’atteindre le mur d’en face à un endroit très précis… sans se prendre un missile LE TOUT en esquivant dans un ultime répit une scie circulaire juste sous nos pieds… Oui, on peut le dire, ça relève parfois du miracle. Surtout dans certains niveaux très avancés.

Un Splosion Man était exigeant/difficile, avec tout de même un minimum de marge pour pas trop se la jouer hardcore. A ce niveau là, Super Meat Boy est absolument impitoyable. Si pendant une grosse – quand même, n’ayez pas peur – partie du jeu, ça ne reste pas tellement gênant, sur la fin on en vient vraiment à s’arracher les ultimes cheveux qu’il pouvait nous rester sur le crâne tellement les déplacements du personnage doivent être hyper précis, sous peine d’enchaîner une trentaine de mort à la suite, sans vraiment avancer. Il faut quand même savoir un minimum où on met les pieds…

Mais au final, malgré cette sueur dégoulinante de nos mains et de notre front, on y revient sans cesse, telle une véritable drogue, parce que le concept est con comme la lune, qu’on comprend tout de suite ce qu’il faut faire et que ça va tellement vite qu’on n’a pas envie (pas le temps ?) d’abandonner avant de finir le niveau en cours. Et des niveaux, il y en a un paquet, le jeu étant particulièrement généreux à ce niveau là. A l’époque de sa sortie, 9€ pour 300 niveaux avec en prime du DLC gratos à venir, c’est définitivement l’affaire du siècle. Et même maintenant, où le prix sur 360 est repassé à 14€, il les vaut clairement.

Et encore, je n’ai pas abordé les autres points positifs… En vrac, Super Meat Boy, c’est un univers attachant malgré son côté « gentiment gore » avec une patte graphique très flash mais pas trop, coloré, qui se renouvelle sans cesse. Rien de tel pour éviter la monotonie quand on enchaîne des dizaines de niveau à la suite, tellement c’est addictif. Les musiques sont excellentes, dynamisent l’action de fort belle manière et insufflent même parfois une dimension épique à nos tentatives de survivre en milieu hostile !

Et surtout, c’est bourré d’humour con-con (mais qui fait toujours mouche) et de références aux jeux vidéo comme on les aime tant. Ne soyez pas surpris de croiser en personnage jouable le héros de Braid, celui de la série Bit Trip et autres références du jeu indépendant (Sans parler des personnages exclusifs à la version PC qui sort dans une semaine, comme le héros de VVVVVV, Minecraft ou le crabe de Half-life, ça donnerait presque envie de craquer à nouveau…).

Si comme moi, vous êtes fâché avec les anciens jeux de plate forme hardcore de votre jeunesse parce que vous êtes définitivement trop vieux pour ces conneries mais que le genre vous manque quand même terriblement (Et ça se comprend), Super Meat Boy est hautement recommandé. Oui, même s’il y a des chances que vous ne finissiez jamais le jeu.

Et je m’excuse pour ceux qui seraient tombés sur l’ébauche de cet article il y a quelques heures de cela (Mon erreur s’étant FORCEMENT encré dans certains agrégateurs, fuck), suite à une fourberie signée WordPress qui met en ligne un BROUILLON. Promis, il sera puni comme il se doit.