Max Payne, mini réjouissance

Max Payne, ça fait un peu partie de mes jeux cultes, mes best game ever perso dans le domaine du jeu vidéo. Oui quand même, rien que ça.  Pourtant, ça paye pas de mine… L’histoire est assez convenue (blabla flic, ripoux, drogue et sexe), le jeu se résume assez bien à une simulation de plongeon au ralenti (avec la première apparition du Bullet Time dans un jeu vidéo) dans une pluie de douille ensanglantée et le héros était … charismatique dans un sens (quand même !) mais terriblement… statique. Bref, dans le jeu, il a 2 expressions, résumées par cette image :

Mais ce qui faisait la grande force du jeu, c’était son ambiance sombre, malsaine, avec un New York remplit de junkies, de politiciens pourris jusqu’à la moelle, de drogue en libre circulation, de putes etc. Comme quoi, pour faire un bon jeu, il faut décidément pas grand chose… Pas que j’attendais ce jour avec impatience, mais c’est avec une certaine curiosité que le projet « Max Payne » en film m’a poussé à m’y intéresser et à finalement aller le voir. Tout commençait plutôt bien (enfin, personnellement…).

C’est finalement à Mark Wahlberg d’endosser le rôle du justicier ténébreux dépressif, Max Payne le bien nommé. Pourquoi pas. J’ai rien contre l’acteur, je sais presque pas dans quoi il a joué, mais ça je m’en fou un peu. L’important, c’est Max Payne. Puis une fois le héros choisit, vient la terrible épreuve de la bande annonce…

Alors, l’ambiance du film est comment ? L’acteur joue comment ? On dirait le jeu vidéo avec des vrais bonshommes dedans ?

Pas loin. A ma grande surprise, la bande annonce a « eu la bonne idée » d’emprunter une des caractéristiques du jeu, point de vue narration : le format « Comic ».

Sorte de « BD animé », la bande annonce, intégralement en français, m’a tout de suite rassuré. On y retrouve notre bon vieux Max, sa femme morte, la drogue, le sang, une pointe de Bullet Time… Bref, « tout » y est… La musique, l’ambiance, les répliques et le très bon doublage français… Sauf que forcément, comme toutes bandes-annonces qui se respectent:
– On nous montre les meilleurs scènes du film…
– Rien n’indique si le film en lui même sera bien rythmé, les scènes de la BA sont généralement montées de façon à ce que l’on croit que ça pète dans tout les sens toutes les 5 minutes (d’autant plus que Max Payne à la base, c’est UN PEU un jeu d’action où ça pète toutes les 30 secondes.).

Sauf que c’est pas le cas. Le film commence pas trop mal. Certes, on est rapidement déçu que ça ne commence pas exactement pareil que dans le jeu vidéo (le jeu commence avec un Max, armé, sur un immeuble avec des flics aux trousses), avec une scène où Max Payne, plongé dans l’eau glacé, nous sort son petit monologue pour nous mettre dans le bain et dans l’ambiance. Tant pis, ça passe quand même car l’esprit, l’idée est la même : tout ceci n’est finalement qu’un aperçu de la « fin » du film/jeu vidéo, avant de passer dans une sorte de « flashback » géant nous ramenant quelques jours plus tôt, pour tout nous raconter, avant de revenir à nouveau sur la scène de départ. C’est déjà ça de gagné pour une adaptation de ce calibre. Puis les minutes passent, le scénario se dévoile et forcément, on commence peu à peu à être déçu.

Bien que le scénario reste « grosso merdo » le même que le jeu vidéo (une histoire de drogue prévu pour l’armée qui finit entre de mauvaises mains), quand on est fan de ce dernier, on ne peut qu’être déçu du manque de fidélité de ce que l’on a à l’écran. Alors quand même, on est content de voir que le minimum syndical est là, comme Max Payne qui a sensiblement la même histoire, la présence de BB, Mona Sax (bien que trop maquillée pouf-style), l’histoire de la drogue « Valkyrie » et quelques passages « clés » du jeu… Mais ça ne suffit pas.

On est constamment tiraillé entre le « C‘est cool, il y a ce moment là dans le jeu, ce personnage là aussi ! » et le « Pourquoi ça se passe comme ça ? Pourquoi ils ont pas fait comme dans le jeu vidéo ? Pourquoi j’ai déjà plus de Popcorn après 10 minutes de film ?« . Ça fait plaisir de voir qu’ils n’ont pas oublié la scène de la mort de la femme de Max (bien que rapidement expédiée…) mais c’est aussi regrettable que le passage Lupino (le passage dans le Ragnarock, la boite de nuit) soit aussi rapidement torché ou que Max Payne du film soit trop « humain » (pas assez cynique, dépressif) par rapport à la machine à tuer sans âme du jeu. Tant pis, on s’y fait, parce qu’il faut bien que ça soit compatible avec le grand public.

Justement, c’est là que le film s’emmêle les pinceaux. Coté « Polar » (la partie grand public en gros), on a quelque chose de très convenu finalement, avec son lot de cliché, de scènes prévisibles (toujours les mêmes types de personnages avec le gentil keupin du héros qui meurt, le traître, la bonasse qui se fait flinguer etc.) qu’on a un peu vu et revu 10 fois. Normal dans un jeu vidéo qui s’inspirait des films policiers… Un jeu qui s’inspire de polar transformé en polar lui même, faut-il s’étonner de voir un tas de cliché ? Probablement pas… Malheureusement, ce ne sont pas les scènes d’actions qui rattraperont le tout, étant donné qu’elles se comptent sur les doigts d’une seule main en piteuse état. Très brèves, essayant avec plus ou moins de brio de combler la platitude du scénario avec quelques tentatives foireuse de sortir du Bullet Time parce que c’est comme ça dans le jeu… Sorte de clin d’oeil forcé du réalisateur, pour plaire aux fans. Mais ça le fait moyen. Ça passe, mais on s’attendait à mieux.

Finalement, c’est comme ça que je vais résumer le film. Ça passe, mais on s’attendait à mieux. On se doutait bien que ça ne serait pas une adaptation 100% fidèle du jeu, mais on regrette quand même que finalement, le côté « jeu vidéo » soit aussi peu poussé (autant y aller franchement niveau référence et clin d’oeil…) alors que malgré tout, le côté « Polar » soit aussi basique et trop respectueux des clichés du genre, qui ne laisse pas, ou presque, de surprises aux spectateur. On se retrouve finalement avec un film qui a le cul entre 2 chaises comme on dit, qui n’assume pas totalement son origine, en ayant du mal à s’accorder avec le type cinématographique auquel il est lié.

Pourtant… j’ai aimé le film quand même. Ça se laisse regarder malgré tout, on y passe, j’estime, un moment pas désagréable, sans doute parce que je connais (et je chéris dans un sens) Max Payne, le jeu de 2001… Le scénario est convenue, l’action peu présente, mais il se laisse suivre. Un avis biaisé peut être, mais l’essentiel est là, je me suis pas emmerdé et je crois bien que c’est l’essentiel…

Mais le film ne restera pas dans les annales, très clairement.