Podcasters Assemble #3

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Avec un bon gros mois de retard dans ce que nous avions prévu, on commence quand même 2013 avec notre 3ème podcast en grande partie dédié à quelques lectures récentes chez Marvel, malgré une petite touche de Batman, parce qu’on aime tous un peu Batman. Toujours avec Gemini en co-pilote.

Au programme, dans ce podcast qui dure pas loin d’1h40 au total :

Et comme toujours, la version Youtube pour le streaming:

Dessinateurs, rassemblement !

Aujourd’hui, on va parler toujours un peu plus de comics, mais attendez, ne partez pas ! Pas de reviews pour le coup (j’avoue être en panne d’inspiration, alors que les lectures s’entassent un peu trop dans un coin de ma piaule, bonjour le paradoxe) mais un petit coup de projecteur sur une poignée d’élu de l’industrie des hommes en slip concernant un des principaux composants du genre: le dessin, évidemment. Comme ça, sans raison, je vais vous parler de mes artistes préférés, sujet d’article Ô combien classique et un peu facile, mais toujours sympa quand c’est bien fait. Mais je suis mal placé pour me juger, hein.

Il n’y a pas totalement d’ordre (On parle d’une esthétique, d’un style, d’un talent; ça peut difficilement se graduer quand on dépasse les 3 choix), c’est un peu balancé « au pif »… même si le dernier cité est un peu mon artiste préféré. Bien évidemment, pour la petite précision: quand je fais la mini liste des « travaux » du dessinateur en question, elle n’est pas forcément exhaustive, c’est plus ou moins ce que j’ai lu, compte lire, me viennent à l’esprit… 

Terry Dodson

Pour commencer, on va parler d’un cas un peu « spécial ». Dans le sens où je ne l’ai pas découvert de façon « régulière », à longtemps travailler sur une série de comics. Soit parce que je l’ai prise « trop tard » en route (et donc loupé le début de son taff), soit parce que les lois du marché sont impénétrables et qu’il avait juste signé pour un ou deux chapitres avant de se rebarrer ailleurs, histoire sans doute d’arrondir les fins de mois. Rien de plus rageant que de baver à chaque page et se rendre compte qu’au chapitre suivant, sentir la débandade.

Terry Dodson a pourtant un style dont je suis très rapidement devenu fan. Style qui dégage une certaine légèreté, qui ne sonne pas « mainstream » selon les séries avec un design qui se démarque bien de la masse. C’est souvent classe, bien coloré et bien dessiné (malgré quelques petites baisses de régime par moment). Bon okay, difficile de passer sous silence sa principale « spécialité », qu’on devine rapidement en tapant son nom sous Google Image: le monsieur est un spécialiste de la demoiselle aux formes généreuses, même si les hommes ont aussi droit à son superbe coup de crayon.

Mais il faut avant tout reconnaître qu’il sait dessiner la gente féminine mieux que quiconque, avec un charme dévastateur. Et pas en référence à ce qu’on pense ! Mais il arrive à faire dégager quelque chose rien que par le sourire et le regard ravageurs de ses héroïnes, à la fois Marvel, DC ou totalement originales (Pour des affiches, ou BD européennes); comme ça tout le monde est content. Evidemment, je vous conseil chaudement de suivre son Deviantart, histoire de se rincer les yeux de temps en temps, ça n’a jamais tué personne.


Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

–  Comme je l’ai dis, personnellement, je n’ai pas lu quelque chose de « durable » de sa part, ni même en grande quantité du coup. mais j’ai pu l’apercevoir dans quelques chapitres de la série Uncanny X-men, ou plus récemment, la série (très moyenne au passage) Defenders, toujours chez Marvel. Sinon, on le voit quand même régulièrement faire des couvertures alternatives pour pas mal de comics Marvel/DC. On se contente de ce qu’il y a…
– Il a donc aussi pondu, en duo avec le français Denis Pierre Fillipi la BD européenne en 2 tomes Songes, qui me fait de l’oeil depuis quelques temps, justement pour le plaisir de parcourir du Terry Dodson en long, en large et en travers. Si seulement je n’avais pas autant de mal avec les prix pratiqués pour du « Franco-belge »…

Alex Ross

Changement radical de style cette fois-ci, encore moins conventionnel et moins centré sur mesdames – sans pour autant être moins agréable – que Dodson,  on ne peut rester indifférent devant l’immensité du talent d’Alex Ross. Ce qui peut « choquer », ne pas plaire à tous ? Son hyper réalisme, avec des personnages terriblement détaillés, vivants et qui semblent « proches » de nous. Encore plus quand on s’attaque au monde des super héros et cette impression permanente que ça pourrait parfois se passer « dans notre monde », où une certaine crédibilité se fait ressentir.

Ca peut être assez paradoxal dans un genre qui cherche avant tout à s’éloigner un peu de la réalité, d’être « dans son monde », qui ne se soucis pas d’avoir cette « crédibilité » physique dans ses personnages; mais le résultat est détonnant, quasi unique et fonctionne du tonnerre. Sentiment encore plus renforcé par la colorisation, véritable peinture au sein d’une « simple » bande dessinée de mecs en slips parés à sauver le monde. A vrai dire, ce style de colorisation me paraît totalement indissociable du personnage, je n’arrive pas à concevoir – et ne veux pas voir ! – l’art d’Alex Ross avec une colorisation « informatique », forcément plus « froide »… ou n’importe quel autre type de colorisation.

Pour chipoter, je dirais que l’inconvénient d’une telle technique, c’est que ce que l’on gagne en beauté « pure », on le perd en dynamisme. Le résultat est d’une beauté, on perdrait presque 5 minutes par page pour analyser le soucis du détail, mais l’action paraît plus « molle » que les standards plus « classique ».  Mais au final, les 2 « visions » de la chose peuvent-ils réellement cohabiter ? Vous avez 3h.

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

–  Bien qu’un poil moins bon d’espéré, je citerais avant tout (et c’est aussi parce que je n’ai lu que ça de lui, en travail « continu ») le très chouette Kingdom Come, dont j’avais chanté les louanges envers sa vision virile et classieuse de Superman dans mon article sur mes waïfu comics.
Marvels, que je n’ai pas lu, mais apparemment un indispensable, qui montrait déjà toute la puissance du bonhomme en 1994 !

 

Jim Lee

Comme je suis un débutant en terme de comics (mais ça commence à venir), je ne connaissais pas Jim Lee pas plus tard qu’il y a environ 6 mois, correspondant à la sortie du recueil VF de Justice League version 2011, où Jim Lee reprenait donc les rennes du titre relancé au numéro 1 lors de l’opération marketing « New 52 », pour relancer tout l’univers DC sur de nouvelles bases spécialement (ou presque) pour les débutants comme moi. Pour un titre aussi fort que Justice League (C’était le premier numéro à sortir sur les 52 au total, donc forcément…), il fallait absolument quelqu’un de talentueux derrière, quelqu’un qui pouvait faire du titre un fer de lance de cette nouvelle « collection ».

Et là, la claque. Une claque monumentale. Si on peut toujours reprocher 2/3 détails ici et là, c’est justement cette profusion de détail dans chaque case, cette richesse visuelle, ce dynamisme, cette perfection complètement dingue qui m’a mis sur le cul. Les premiers affrontements entre Batman et le Green Lantern, puis plus tard avec Superman sont toujours impressionnants et d’une beauté folle. Jim Lee arrive même à rendre Aquaman super badass ! Le genre de truc que je n’imaginais même pas il y a 6 mois. Le pire, c’est que le niveau ne faiblit pour le moment pas parmi les 6 chapitres qui compose ce tome 1 déjà d’anthologie, et que la suite a l’air du même acabit.

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

–  Pas grand chose pour ma part, si ce n’est évidemment Justice League des New 52, le seul travail régulier que j’ai pu lire de lui. Mais je m’en souviendrais pour une excellente première fois.

Chris Bachalo

Après un artiste talentueux, mais plus « classique » dans son approche, retour à un dessinateur bien barré, qui a un style bien à lui, Chris Bachalo. Là encore, son style peut déplaire: c’est tellement stylisé que certains personnages ne ressemblent plus tellement à ce que l’on croise habituellement.  Je veux dire: Les poses un peu excentriques, les proportions pas toujours très « réalistes » (Même si on parle de comic-book), ses personnages hyper expressifs (Son Wolverine est toujours fabuleux quand il s’énerve !), ses dessins très riches en détail, en dynamisme… Parfois un poil trop, on arrive même à perdre légèrement le fil !

Mais c’est justement là sa grande force (Malgré tout), c’est une vraie bouffée d’air frais dans la masse avec son style très « punchy » et pourtant si maîtrisé, à quelques exceptions près. J’aime bien les styles plus « classiques » (mais tout aussi bien dessinés) quand même, mais ça fait du bien de temps en temps. Un parfait complément, en somme. Evidemment, suivre son actu sur son site directement rend plus beau et assure la réussite sociale.

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

Wolverine and the X-men, son petit chef d’oeuvre actuel… quand il bosse dessus. Pas toujours régulier, mais il a su donner le coup d’envoi d’une excellente série jusque là et chaque chapitre estampillé Bachalo est un vrai régal.
– Quelques chapitres sur la série Avengers lors de Fear Itself; pas grand chose dans l’absolu, mais son dynamisme et son esthétique ont réussi à faire passer la pillule d’un arc mollasson.
– Prochainement sur la série Uncanny… quelque chose, on n’a pas encore le nom complet de la série en question, mais juste du teasing à base de « Uncanny », qui fait forcément penser à Uncanny X-men. Dans tous les cas, nouvelle série avec Chris Bachalo au dessin = vendu !  

Salvador Larocca

Il arrive souvent que l’on n’arrive vraiment pas à comprendre les critiques de certains, vis à vis de certaines choses. J’veux dire: ce qui est critiqué n’est sans doute pas parfait à vos yeux, mais vous y trouvez suffisamment de qualité pour en ressortir un sentiment positif. Et, sur certains points, on se dit qu’il est difficile d’en redire quelque chose, parce qu’il y a un « minimum objectif » à nos yeux. Et pourtant, ici et là, les critiques fusent, vous plongeant dans une incompréhension certaine. Pourquoi tant de haine ?

Salvador Larocca fait parti de ces artistes étrangement mal aimés à ce que je lis mais qui possède pourtant un style des plus agréables que je connaisse, un style bien personnel et reconnaissable entre mille. Un style quelque peu réaliste, très « net » (On sent bien sûr le côté dessin purement « informatisé »); souvent précis et bien dessiné, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Je n’ai lu que la série Invincible Iron Man (Sur laquelle il a officié de très nombreuses années accompagné du scénariste qui divise Matt Fraction), mais il m’a toujours laissé une bonne impression: peut être que ça passerait mal sur d’autres séries (imaginons, Thor par exemple, et son côté mystique/naturel), mais appliqué à un récit typé techno-thriller, avec tout ce que ça implique (Niveau technologique, j’entends), ça donne un résultat superbe. Des armures rutilantes, un Tony Stark à la fois charmeur, humain et tiraillé par ses démons intérieurs (Que serait un héros Marvel sans qu’il se fasse régulièrement pourrir ?); le tout accompagné par une coloration « pétante », donnant beaucoup de vie à l’ensemble, je tombe irrémédiablement sous le charme.

On pourra toujours chipoter sur le rendu des « sourires » des personnages à cause du style réaliste, mais ça reste mineur à mes yeux. En fait, là où ça peut réellement clocher, là où parfois les critiques sont justifiées, c’est à la fois dans l’abus de temps en temps de flou pour « représenter l’action » et que le coloriste entre en jeu et foire parfois ses aplats de couleurs. On se retrouve avec un ombrage un peu dégueulasse sur le visage des personnages, posé n’importe comment; et le côté « colorisation informatique » ressort un peu trop, du coup. Mais ça ne pèse pas lourd dans la balance..

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

Invincible Iron Man, dont le premier volume librairie du run de Fraction/Larocca est sorti récemment en VF aux éditions Panini Comics. Et 300 pages de Larocca, bordel, quel bonheur mes amis. On le retrouvera lors du reboot Marvel Now pour la série Cable & X-Force, et ça s’annonce techniquement plutôt pas mal, comme d’hab.
– Plus vieille, et que je n’ai pas lu, il est aussi connu pour son run sur X-Treme X-men. Si ça ressort un jour en librairie, je veux bien me laisser tenter rien que pour le plaisir de mater du Larocca…

John Romita Jr.

Alors lui, d’une certaine manière, c’est un peu « tout l’inverse ». John Romita Jr. est un « ancien », qui a un paquet d’année derrière lui (Sachant que le Senior faisait aussi du comics dans les années 60, c’est une affaire de famille) et certains diront qu’il a fait son temps. Peut être n’est-ce pas faux. Car son style peut rebuter, clairement. Il est très… particulier, et, sans doute dû à sa longue carrière, il est surtout irrégulier.

Particulier, parce que le style du Romita n’est pas fait pour être « beau ». Ca peut sembler bizarre comme argument alors que je parle de mes dessinateurs favoris dans l’industrie du comics, mais force est de constater que sa façon de dessiner ne peut pas donner quelque chose de vraiment « joli ». Ces personnages peuvent avoir de l’allure (j’y reviendrais), mais jamais je ne me suis dit « Tel personnage pue le charisme, la beauté (dans le cas d’une femme par exemple) sous les traits de Romita ». Jamais le trait n’est « parfait », jamais on ne restera bouche bée devant la beauté « pure » d’une planche tel qu’on peut l’être devant le travail d’un Alex Ross par exemple. Alors pourquoi ? Pourquoi j’apprécie son style ? Pourquoi je le défendrais toujours ? John Romita Jr. est un artiste qui arrive, malgré ses imperfections et son style bâtard, à insuffler à la fois beaucoup de dynamisme dans ses planches et à rendre certains passages « vivants ».

Je m’explique. Longtemps habitués aux mangas de ma jeunesse, le passage au comics a été « difficile »: l’action est souvent molle, très statique, de part l’habituelle absence de traits dynamiques qu’on retrouve dans l’école d’en face. A contrario, c’est souvent très beau, et/ou la coloration apporte de vrai plus dans l’ambiance dégagée par certaines histoires. A défaut d’être beau, le style de Romita arrive souvent à bien retranscrire la violence des coups lors d’actions musclées, à faire ressentir une certaine intensité, donner du mouvement à un type de production souvent « figé ». Mieux encore, accompagné d’un bon coloriste, il arrive à bien retranscrire l’aspect crade, sombre de certaines licences, cf son travail sur Kick Ass avec son aspect gore très représenté.

Malgré tout, pour en revenir au deuxième point que j’avais énoncé plus haut: c’est un artiste irrégulier. Beaucoup demandé dans cette industrie, on sent très clairement, parfois,  son absence de volonté, un manque de temps flagrant pour peaufiner proprement son travail. Les traits deviennent très hésitants, les détails manquent de page en page pour finir parfois dans une bouillie de coup de crayon presque génantes pour le lecteur. On sent qu’il est bon, on sent/sait qu’il a du talent, mais c’est toujours un peu triste de le voir de moins en moins arriver à suivre le rythme…

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

Kick Ass 1 et 2, de Mark Millar (forcément) où l’on voit un peu plus sa capacité à fournir du travail de qualité quand on lui laisse du temps.
– Le run de Mark Millar (Encore !) sur Wolverine, dans la saga « Ennemi d’état« . Sorti récemment en VF, 300 pages pour 16€. Un régal, autant au niveau du scénario (Millar oblige) et un Romita au top (à quelques imperfections près), what else ?
World War Hulk, où comment symboliser au mieux ce que je tente de décrire juste avant: oui, c’est bourrin, c’est du Hulk, mais un Hulk qui a une patate monstre, une démesure totale… avec pourtant un vrai fond. Une belle réussite.
– Sur Captain America tout récemment, là encore pour le reboot Marvel Now. Et ça s’annonce aussi bien, avec une coloration au poil.

Olivier Coipel

Le top tier. Le divin chauve. Et français aussi ! C’est un peu le comble d’un tel classement que de choisir un dessinateur français bossant désormais dans l’industrie des comics. Mais c’est totalement mérité et on lui pardonnera sans mal de nous avoir un peu « quitté ». Parce qu’il faut l’admettre, l’univers Marvel n’a jamais aussi beau que sous son trait !

En fait, c’est bien simple, à très peu de chose près, son dessin est juste parfait. Mais j’insiste vraiment. Un dessin si juste et précis, un design qui ne sombre jamais dans le mauvais goût où n’importe quel personnage dégage une classe folle (Son Thor, imposant et majestueux), un charme irrésistible (La jeune Jean Grey dans All New X-men), du détail à profusion mais toujours lisible et appliqué (House of M et ses impressionnantes splash pages); c’est juste indécent tant il met une rouste à tous ses confrères US.

Evidemment, on comprendra qu’une telle beauté à un prix, avec un rythme de parution parfois long ou un changement de dessinateur en cours de route, le temps de quelques chapitres, avant de repartir de plus belle (Thor en 2007). Mais comme un bon comics se savoure toujours plus avec un dessin de qualité, l’attente est amplement justifiable. Et du coup, on comprend d’autant plus la quasi hystérie lorsqu’on nous annonce qu’Olivier sera sur tel projet ou simplement la joie de le voir dessiner une « simple » couverture, quelque soit la série en question. La French Touch, assurément.

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Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

House of M parce que ça déchire en soit, et j’en avais parlé ici même. Pour faire simple, entre House of M (2004/5) et ses derniers travaux, on sent qu’il ne cesse de progresser et c’est franchement impressionnant à voir.
Thor, lors de son reboot en 2007 (Que je n’ai pas (encore) lu), ou quelques années plus tard en 2011 lors des premiers numéros de la nouvelle série The Mighty Thor (Matt Fraction au scénario) où, pardonnez moi l’expression, il continue toujours d’envoyer du pâté.
Avengers Vs X-men, qui commence ce mois-ci en VF, dans certains chapitres. J’attends de voir, mais je prépare déjà mes caleçons de rechange.
– Et Siege, que je n’ai pas lu non plus, mais qui me donne une envie supplémentaire de me procurer la ressortie récente en librairie en VF.

Ils auraient pu avoir leur place ici, à 7 choix près:
Steve McNiven, pour son excellent taff sur Civil War, avec son style réaliste mais impeccable.
Guillem March, qui a su donner la forme parfaite à la série controversée Catwoman de 2011.
Humberto Ramos, pour son style « jeune », frais, cartoon et terriblement dynamique sur la série The Amazing Spiderman.
– Joe Madureira
, pour une « variante » d’Humerto Ramos, dont on retrouve sensiblement les mêmes qualités, sur la série Avenging Spiderman en 2011.
Gabriele Dell’Otto, dans le même esprit qu’Alex Ross: un aspect très « peinture », souvent magnifique et font parfois passer certains comics pour un peu plus qu’une simple série mainstream de super héros (Cf Secret War chez Marvel).
Stuart Immonen, pour avoir en partie sauvé Fear Itself du naufrage.
– Et pour finir l’article, J. H. Williams III, qui en plus d’avoir un nom composé qui fait super classe, fait aussi un boulot d’enfer sur Batwoman et (parfois) Batman, cf l’image du dessus.

Let’s read some Comics ! En route pour Fear Itself #5

Toujours à la bourre ! Avant dernière partie avant le grand final (qui ne laissera sans doute personne indifférent, mais pas dans le bon sens du terme) de l’event mou du genou de chez Marvel; en espérant que le suivant sera plus… rigoureux, contrôlé, avec un petit seau « Seal of Quality » dans un coin, car on l’aura bien remarqué au fil des mois: Fear Itself a tendance à méchamment se barrer en sucette, un peu dans tous les sens en exploitant pas vraiment comme il faut ses personnages, pourtant à fort potentiel. Allez, conclusion (sans doute rapide, même s’il y a masse de chose à redire sur ce crossover, je trancherai d’ici là) avant la mi Juin. Bonne lecture !

Commençons d’abord par la checklist du mois d’Avril:

– Fear Itself 6: Composé de Fear Itself #6 et la fin de la série de chapitre « The Home Front »
– Marvel ICONS 14: Composé de New Avengers #16 et Invincible Iron-Man #508 
– Marvel HEROES 14: Composé de Avengers #17 et Journey Into Mystery #627-#628 (Partie I)
– Marvel STARS 14: Composé de Thunderbolts #161 et #162 (Suite et fin)
– X-men 14: Composé du Uncanny X-men #543
– Marvel HEROES Extra 10: Composé de Avengers Academy #15 à #20


Petit diaporama des couvertures françaises – ma préféré étant celle de Fear Itself 6 (Immonen, forcément), et la plus moche celle de Marvel Heroes (le reste n’étant pas non plus d’un niveau extraordinaire):



Fear Itself 6: Faisons simple et court, vu que eh, le schéma de chaque chapitre est sensiblement le même: Un peu de bravoure et quelques répliques bien senties – surtout venant de Steve Rogers engueulant gentiment Odin, un affrontement final qui se prépare petit à petit où l’on voit un peu plus clairement les objectifs de Tony Stark; le tome se laisse suivre avec plaisir, annonce plein de bonnes choses mais se retrouve dans une impasse: comment conclure tout ça en 40 pages, pour le chapitre 7 ? Comme faire quelque chose d’épique – vis à vis  des combats qui s’annoncent sur de multiples fronts, rendre dignement hommage aux personnages tombés au combat et tout simplement faire une fin propre et concise pour passer à la suite ? C’est mathématiquement impossible, et en attendant un avis plus complet, je vous le dis en mille: le #7 confirme bien ce doute.

Ce qui n’aide pas à apprécier un peu plus ce tome pas foncièrement mauvais, c’est la fin des Home Front. Là où ce genre de récit pourrait raconter brièvement des choses intéressantes, en complément de ce que l’on croise à côté, c’est malheureusement l’occasion pour Marvel de faire de l’exploitation honteuse, du meublage pur jus (bon, vous allez me dire, ce n’est pas la première fois). Comprendre par là qu’on va y retrouver de courts récits sans grand intérêt, mettant en scène des personnages dont on n’a pas grand chose à cirer (Blue Marvel ? L’Aigle Américain ?) et dont on ne voit toujours pas le lien avec l’event. Seul le récit lié aux Vengeurs des Grands Lacs tire son épingle du jeu avec un peu d’autodérision (Quand un des personnages s’exclame « On se croirait presque dans un crossover Fear Itself ! » devant l’absurdité de la situation dans laquelle il se trouve), d’humour constant qui fait mouche; à défaut d’apporter grand chose, surtout en aussi peu de page. Ca fait maigre, mais on fait avec ce que l’on a.


New Avengers, poursuit et fini de façon sympathique l’arc Fear Itself. Pas forcément le meilleur du lot, il n’apporte pas grand chose dans le fond, mais il a le mérite de rester constant du début jusqu’à la fin – et ce n’est pas donné à tout le monde, qu’on se le dise. L’occasion pour les scénariste de profiter de ce vide scénaristique pour mettre en avant « pour le fun », un perso qu’on ne voit pas souvent: Daredevil. Je ne le connais pas des masses – je suis désormais sa série récente dans le Marvel Knight, et c’est pas trop mal – mais ce chapitre assure pas mal et rend honneur au charisme du personnage, avec principalement des combats bien mis en scène et jouissifs entre Daredevil et des nazis pour aller sauver les miches de Squirrel Girl (Et un Daredevil armé d’une machine-gun, moi je dis banco) et toujours un dessin redoutable d’efficacité dans l’action, de justesse dans son trait jusqu’au bout.

Iron Man traîne toujours un peu en longueur, et confirme l’impression du précédent: on sent que la série aimerait passer à autre chose (elle est pleine de potentiel et m’a fait passer de très bon moment par le passé, donc hâte de voir la suite des évènements), mais se doit de rester en parallèle à l’histoire principale. Du coup, oui, on en prend toujours pleins les yeux visuellement (une constante depuis que je lis la série et je vais pas m’en plaindre, le dessin est très bon, riche en détail malgré son aspect « informatisé à 200% » et la colorisation souvent au top malgré quelques ratés), c’est dans la forme bien rythmé et maîtrisé – le plaisir est donc toujours là – mais le fond du scénario s’étale encore et toujours trop. Je n’ai d’ailleurs pas encore lu le numéro de mai à l’heure actuelle, mais je sens d’ici le torchage pour boucler l’arc du côté de Stark…


Avengers s’enfonce toujours un peu plus. Pas aussi mauvais que le précédent dans le fond, mais par rapport aux premiers par Dieu Bachalo, on tombe de haut, fatalement. Raclage de fond de tiroir avec un Romita Jr à bout de souffle, le chapitre – qui oppose les Vengeurs une énième fois à Sin, sans la moindre impact sur la suite des évènements – est ponctuellement constitué de choses sympathiques mais sans jamais réellement convaincre. Certaines planches sont presque réussies et dégagent un petit quelque chose: Romita foire toujours autant les personnages dans le fond (surtout les femmes, hélas, tout le monde ne peut pas s’appeler Terry Dodson), mais reste agréable malgré tout par une coloration qui embellit parfois bien le dessin, et toujours cette notion de dynamisme propre au dessinateur qui lui donne un certain cachet. A côté de ça, on sent donc qu’on s’étale toujours autant parce que le scénario manque à l’appel, occasionnant quelques passages assez fun toutefois avec les armures d’Iron Man en mode pilotage automatique dans la tronche de Sin, mais ça ne suffit pas à se faire entièrement pardonner… Heureusement que c’est le dernier chapitre, à la fois estampillé Fear Itself et Romita Jr, d’ailleurs.

Journey Into Mystery semblait pourtant enfin partir dans la bonne direction, ça semblait bouger un peu, mais le temps du #627, un interlude en la compagnie de Mephisto, le soufflet retombe quelque peu et on s’ennuie ferme. En fait, le gros soucis, c’est que cet interlude intervient au « mauvais moment », à un moment où on aimerait que ça avance de bon et pas qu’on nous assène d’un blabla bien pompeux comme il se doit, multipliant les références à l’univers Marvel… que personne ne connaît, laissant donc un peu sur la touche le lecteur. En gros, ça n’a ni queue, ni tête.  Le #628 relève la barre (puisque la suite directe) mais Panini voulant à tout prix meubler son magazine à cause de la réduction de page des chapitres US (On passe de 24 à 20 pages) on se retrouve avec… la moitié du chapitre. Donc ça semble commencer bien, mais ça s’arrête sec en plein milieu. Gé-Nial.


Thunderbolts revient enfin aux sources ! Après un petit passage à vide, avec tout le côté « serious business » qui découle du crossover, les tribulations d’une des équipes Marvel que je préfère prennent un peu de distance avec l’event (et n’en a presque plus rien à voir d’ailleurs, c’est juste la transition avant de virer définitivement le macaron) pour repartir sur une base bien plus fun, décomplexé, comme à la bonne époque où je les ai connu. Une histoire volontairement oldschool, un scénario de comicbook pur jus en somme (mais qui n’est pas forcément un défaut en soi) où on y trouvera le méchant bien connu, Zemos Jr qui profite de la peur installée un peu partout pour balancer une bombe sur Chicago et qui enchaîne sur une étrange invasion de créatures aquatiques, dont les Thunderbolts devront repousser l’assaut. C’est assez « délirant » dans le concept vis à vis de ce que l’on a vu avant, mais c’est une véritable bouffée d’air frais, ça fait du bien de retourner à quelque chose de simple et qui va à l’essentiel, sans trop se prendre au sérieux. Ma foi, beau rattrapage, même si le dessin pèche toujours un peu (N’est pas Kev Walker qui veut).

Uncanny X-men persiste et signe et offre définitivement une bonne saga dans cet event. C’est d’ailleurs un de mes préférés finalement, et je ne pense pas que la fournée de Mai changera quelque chose. Collossus change donc d’apparence, et devient le « disciple » de Cittorak, l’ancien proprio du Fléau. Le chapitre met avant tout en avant les premiers pas de l’homme de métal avec sa nouvelle force (déjà qu’il était bien loti avant) en le faisant directement affronter le Fléau en mode Digne. Bien que le twist de fin soit prévisible et minable (la fuite des Dignes pour le combat final), ce fût un bon chapitre avec un Colossus à la force démesurée et montrant qu’il avait clairement le dessus sur son adversaire, tandis qu’Emma Frost tente de se débarrasser d’Hope avec en bonus l’intervention de Namor dans son légendaire slip de bain… le tout soutenu par un dessin toujours aussi bon, retranscrivant à merveille toute la puissance dégagée par ce combat de titan. Un vrai plaisir à lire.

Avengers Academy est une chouette série. J’ai tenté d’en parler dans le récent podcast que j’ai effectué, mais pour ceux qui l’auraient zappé: c’est plutôt bien écrit et intéressant à suivre, malgré son design un peu kitshos sur les bords, et un concept très proche des X-men: Durant la saga Siège, des ado avec des pouvoirs en quête d’identité avaient été enrolé par Norman Osborn, le grand méchant emblématique, dans le but d’en faire des « super méchants », dans l’idée. Une fois son « règne » fini, que faire de ces jeunes à l’esprit perverti, qui peuvent à tout moment passer dans le côté obscure de la force ? L’Avengers Academy est là. Malgré l’image mentale en pensant à la Star Ac’, c’est une série qui met en place ces jeunes dans une école de « redressement », dirigé par Quicksilver, Tigra et surtout Henry Pym, l’homme Fourmi – dans l’espoir d’en faire de bons vengeurs.

Pendant Fear Itself, l’école se fera grosso modo attaquer par un des Dignes d’un côté et ces nouveaux jeunes vengeurs se verront confrontés à l’impact d’une telle « guerre » sur la population (« On ne peut pas sauver tout le monde ») et des doutes qu’ils peuvent ressentir dans ces moments là (« On est surpuissant, mais on ne peut rien faire face à la situation » ou « C’est la première fois que je tue quelqu’un, je me sens mal »). Et c’est drôlement chouette en fait. On sent – certes – que certaines situations sont tirées par les cheveux pour étaler la sauce, mais c’est suffisamment bien construit, écrit (Ce n’est pas uniquement de la baston, mais on assiste à de bons développements de personnage), et rythmé pour que ça passe tout seul. Le dessin n’a jamais été extraordinaire, mais fait bien son boulot, sans ratage particulier. Et en plus, Panini a eu la bonne idée de publier tous les chapitres liés à cet event en un seul bouquin, parfait pour tout lire d’un traite malgré l’épaisseur du scénario.



Le mois prochain ? Suite et fin de Fear Itself forcément, Iron Man, Ghost Rider, Journey To Mystery, ainsi que l’arc complet dédié à l’event pour la série New Mutant; et les dernières miettes en terme de séries très secondaires dans le second Marvel Monster (Oui, malgré la qualité du premier), dont le sympathique sur le papier (même si je ne me fais pas trop d’illusion non plus) Hulk vs Dracula. De toute, ça peut pas être pire que le chapitre précédent dédié à ce même Dracula, complètement nullissime.

House of M, ou la journée Porte Ouverte chez Magnéto

Après m’être adressé à un public de niche très très restreint (Normal que je ne truste pas les stats, eh) en commentant tous les mois l’actualité du crossover de 2011 en France qu’est Fear Itself, on va passer à quelque chose de nettement plus abordable. Oui, toi, lecteur de comics débutant en Marvel ou ayant même un peu de bouteille (ou m’ayant même emprunté mes bouquins, n’oublie pas de me les rendre), cet article s’adresse à toi ! Ne pars pas tout de suite ! Je vais te parler d’un comics Marvel que j’affectionne tout particulièrement, tout en l’ayant découvert très tard (Merci la réédition de janvier 2012), House of M, le mega crossover comme on dit dans le milieu des super-héros qui date, déjà, de 2005.

House of M, de quoi ça parle, et de quoi ai-je besoin de savoir pour me lancer ?

Dans la grande famille des Vengeurs, la grande équipe de super-héros chez Marvel, il y a Wanda Maximoff, alias la Sorcière Rouge. Puissante mutante, une des plus puissantes même, elle est surtout la fille de Magnéto, le maître du magnétisme, et soeur de Pietro Maximoff, l’autre enfant de Magnéto, aussi connu sous le nom de Quicksilver. Lors du crossover précédent, Avengers Dissassembled (Dont la réédition « seule » est prévue en France pour fin 2012, et déjà disponible dans le Deluxe New Avengers 1), pour diverses raisons qui m’échappent encore, Wanda pète littéralement un câble et tue de nombreuses personnes, dont certains Vengeurs, comme Oeil de Faucon… Même si on sait tous (ou du moins, on l’apprend vite) que la mort chez Marvel n’est qu’une étape sans importance dans la vie d’un personnage, aussi important soit-il.

Suite, à cet évènement, c’est ici que commence House of M. Une fois la situation calmée, il n’en reste pas moins que les conséquences, et une grande réunion chez les Vengeurs, accompagné d’une partie des représentants des X-men, se met rapidement en place: que faut-il faire de la Sorcière Rouge ? Peut-on encore accepter d’avoir une bombe humaine dans les parages, capable de tout raser juste en ayant ses règles en un claquement de doigts, vu sa puissance ? Pour eux, les Vengeurs, la décision était prise: il faut tenter de la raisonner, voir… s’en débarrasser dans le cas échéant. Et voilà donc parti une troupe de super-héros vers Génosha, une ville abandonnée où se trouve actuellement Magnéto et ses 2 enfants, pour tenter de faire avancer les choses… Jusqu’à qu’une lumière blanche envahisse l’endroit. Le résultat ?

Encore un jour se lève sur la Planète Mutante…

Les mutants sont devenus l’espèce dominante sur Terre, les humains (Appelés « Sapiens », en opposition aux Mutants) sont méprisés et la vie de certains super-héros semble totalement changées: par exemple, Miss Marvel n’est plus la super-héroïne de seconde zone, mais est devenue « Captain Marvel »; Peter Parker vit tranquillement avec sa femme Gwen Stacy, son enfant accompagné de Tante May et de son oncle Ben; Steve Rogers n’est pas sous l’emprise du sérum du Super-Soldat et vieillit normalement et j’en passe: Pas de doute possible, nous sommes dans une réalité alternative, où les mutants ont pris le dessus et les rêves de certains super héros semblent avoir été… exaucés. Et on devine rapidement qui en est l’auteur. Et c’est Wolverine qui prend conscience en premier qu’il n’est pas dans son monde (et c’est définitivement le héros de cette histoire par la même occasion) et va rapidement décider de s’attaquer à la source du problème, tout en essayant de s’accommoder à ce nouveau monde radicalement différent.

A la fois la grande force de ce crossover et aussi son principal point faible, c’est la profondeur de son scénario. A ma grande surprise, donc, le titre est extrêmement accessible pour le novice que je suis. Ou du moins, « j’étais » à l’époque de sa sortie (en janvier !), car j’ai bien bossé depuis et je commence à y voir plus clair maintenant dans ce gros bordel qu’est l’univers Marvel. Ici, tout est fait pour d’une part, ne pas trop se sentir largué par les nombreux personnages (On nous résume régulièrement l’essentiel de ce qu’il faut savoir, c’est sympa de leur part) et surtout, par l’absence des chapitres « annexes ».

Pour rappel, lors d’un crossover, il y a l’histoire principal qui tourne selon certains personnages (Ici « House of M »), puis les chapitres annexes qui approfondissent l’histoire en multipliant les points de vue, sans pour autant être indispensable. Juste du gros bonus en somme, toujours agréable à lire quand c’est bien fait. Alors oui, quand même, on sent bien à un certain moment (Dès le deuxième chapitre) un « espace promotionnel », un chapitre qui en plus de poser le contexte et la base de ce qui suivra, nous fera très subtilement du teasing nous incitant (à l’époque, car ce n’est plus le cas « officiellement » de nos jours, les rééditions ne s’occupent que de l’histoire principale) à acheter ces fameux chapitres « annexes ». Donc rien de plus normal que d’enchaîner, parfois, quelques pages qui semblent être là un peu pour meubler, parce que concrètement, elles n’apportent rien, si ce n’est pour arriver aux 20 pages habituelles par chapitre. Mais qu’importe ! Une fois l’intrigue mise en place à coup de panneau publicitaire (ce n’est pas gênant, on peut faire sans, malgré tout, on se sent pas trop frustré contrairement à Fear Itself qui nous tease gentiment et régulièrement la gueule sur les annexes), la machine est lancée, la montée en puissance peut désormais se faire !

Car c’est bien là la grande force de House of M, ce qui fait que j’y ai pris un énorme plaisir: la simplicité de son intrigue, qui ne laisse du coup pas le temps à l’intrigue de s’étirer en longueur, bien au contraire. Certains y voit un défaut, car ça se résume très facilement (tout court) à une bonne grosse baston avec un Wolverine vénère aux commandes… Et c’est vrai. Mais ça en devient une force, car on sait où l’on va, on sait à quoi s’en tenir. Car, hélas, plus je lis de comics de super-héros ces 6 derniers mois, plus je me rends compte que – parfois – les histoires se complexifient inutilement. On part dans un gros délire qui met en place des voyages dans le temps, des délires scientifiques tarabiscotés (Tant de mots incompréhensibles, c’est tellement cool), des personnages sortis d’une pochette surprise après 20 ans d’absence parce qu’il fallait remplir un quota ou que le scénariste manquait d’inspiration, à l’histoire superficiellement complexe (Je suis ton père, mais en fait non c’était mon identité secrète après avoir fusionné avec le Namek qui est le père de ta soeur) et j’en passe.

Parce que House of M, c’est justement tout le contraire. A l’image de son héros – Wolverine – House of M est un crossover très « bourrin », au fond assez simple, mais qui en devient du coup vraiment grisant au fur et à mesure de sa lecture. Wolverine n’a qu’un but: en finir avec la Sorcière Rouge et « retourner » dans son monde. Alors oui, le scénario est prévisible, on devine rapidement son schéma, là où ça veut en venir, mais au moins, pas de mauvaises surprise. On a « juste » ce que l’on veut au vu du postulat de base, et on y prend beaucoup de plaisir: un héros face à un monde illusoire et plus hostile qu’il n’y parait tout en réunissant d’autres super-héros (qui avaient pourtant pris goût à cette nouvelle vie, mais le retour à la réalité pour certains fait très mal) pour mener à bien sa « mission ». J’utilise souvent (trop) cette expression, je le reconnais, mais effectivement, parler de « montée en puissance » n’a jamais été aussi approprié ! Alors certes, on y prend un peu plus de plaisir quand on connaît un minimum les personnages concernant leurs « doubles vies », en voyant la différence entre la « vraie » et celle fantasmée; mais disons que ça donne une sorte de double sens de lecture pour le lecteur débutant: il jouira dans tous les cas d’un récit bien construit et efficace jusqu’au bout, et il le redécouvrira toujours avec plaisir une fois qu’il aura acquis un peu plus de culture Marvel et qu’il pourra y déceler les subtilités du scénario. Que demander de mieux ?

En complément, justement, pour ceux qui ont un peu plus cette culture Marvel, pour prolonger un peu cet univers, la récente réédition de Panini comporte un chapitre bonus sous forme… d’un faux journal papier – « The Pulse, édition spéciale » – qui raconte sous cette forme ce qui se passe en parallèle à notre histoire dans ce monde imaginaire. Ragot, potin, informations people sur les grands de ce monde, rubrique Sport et compagnie; c’est la (grosse) cerise sur cet excellent gâteau, même s’il est du coup un peu moins accessible au vu des personnages/situations abordés.

Et c’était sans compter sur le talent du dessinateur français Olivier Coipel au commande de l’intégralité du récit. Je ne le connaissais pas très bien il y a peu, et je comprends désormais son excellente réputation actuelle, et pourquoi tout le monde se réjouit de sa venue sur Avengers versus X-men: c’est probablement l’un des dessinateurs de comics de super-héros les plus talentueux que j’ai pu voir à ce jour, aux côtés de mon petit chouchou Chris Bachalo, ou même de Kev Walker (un jour, je ferais un Top 7 de mes artistes préférés, le top commence à se dessiner à force). Son trait est d’une telle justesse tout au long du récit (c’est, mine de rien, pas donné à tout le monde d’être parfaitement constant), ses dessins tellement riches en détail (La moindre parcelle de case reste toujours détaillée contrairement à d’autres… comme un certain Romita) et son style tellement reconnaissable et agréable (surtout) qu’il rend tout simplement certains passages… épiques. Je déteste ce mot sur-utilisé, mais je dois reconnaître qu’il est le seul à retranscrire ce que j’ai pu ressentir devant certaines planches tellement elles sont belles à en pleurer et mettent merveilleusement bien en avant certaines scènes d’actions mémorables, frisson à l’appui. Le plus amusant dans tout ça, mais c’est plus personnel, est de constater son progrès entre House of M et, par exemple, la mini-série Avengers: Children’s Crusade (Publiée actuellement dans la revue de pré-publication Avengers chez Panini), où son trait – déjà monstrueux à l’époque – gagne encore en finesse actuellement (les personnages sont mieux proportionnés désormais) et reste encore et toujours un bonheur oculaire à chaque case.

En bref, House of M fût une excellente surprise à tous les niveaux, et m’apparaît d’office comme un indispensable Marvel (Mais eh, je n’apprends rien à personne, hein ?), surtout au vu des conséquences terribles qu’il a eu sur la continuité, encore (et toujours plus) de nos jours, à l’heure où Avengers Versus X-Men entame son cycle. Je ne dirais pas que c’est le point d’entrée parfait pour Marvel (Existe-t-il vraiment ?), mais la base de son scénario est tellement simple et accessible qu’il en devient facile à lire pour tous et donne – justement – très volontiers l’envie d’en savoir plus sur l’univers Marvel. Et ça, c’est la meilleure entrée en la matière qu’on pouvait faire.

Let’s read some Comics ! En route pour Fear Itself #3

Le mois de Février fût un mois chargé pour l’actualité de Fear itself ! 4ème mois d’exploitation pour le maxi crossover et c’est surtout le mois où débarque la principale fournée de Hors-Série liés aux personnages n’ayant pas les « moyens » de s’insérer dans les principaux magazines français. Hélas, comme c’est souvent le cas de manière générale, une telle exploitation, une telle volonté de mettre n’importe quel personnage au coeur du conflit entraîne forcément une qualité très… aléatoire, avec des one-shot/mini séries dans tous les sens. Des histoires qui ne semblent pas avoir de véritable lien avec l’event en question (un comble quand même, on a payé pour avoir un autre point de vue, bordel !) et à la qualité vraiment discutable, du genre « profitons d’un event pour caler une bonne grosse purge par un artiste inconnu ». Mais c’est un peu ça les crossover Marvel, on les lit, mais il n’y a pas que du bons à en tirer.

Bonne lecture !

Entamons alors -je vous préviens tout de suite – ce maxi pavé best-of + avec le tome 3 de Fear itself:

(Contient les chapitres US:  » Fear Itself #4 et Fear Itself : The Worthy  » )

Le concept de Fear itself commence sérieusement à trouver ses limites dans ce numéro. Au risque de me répéter, il est toujours aussi sympa à lire dans le fond, mais ça tourne quelque peu en rond: ça n’avance presque pas. Enfin, si, ça avance, très vite, trop vite ! Mais là encore, on nous fait éternellement poireauter sur la suite des évènements (ceux qui font vraiment avancer le schmilblik, genre la résolution des combats ou l’avancement du scénario en lui même) et dès que ça arrive, eh bien c’est déjà fini. Et le cycle recommence, où au chapitre d’après, ce qui nous intéresse sera bien là mais développé en 5-6 pages pour 15 de résumé/blabla de meublage.

Pourtant, j’insiste, on y prend un certain plaisir. Cette fois-ci, c’est Thor qui revient sur Terre après s’être fait dégagé d’Asgard par son papounet pour avoir voulu prendre la défense des humains, dans les épisodes précédents. Il fini par rejoindre les autres Vengeurs (Steve Rogers, Iron man revenu de Paris; le tout autour de la dépouille de Bucky, qui est bel et bien mort… pour le moment) et explique ce que l’on sait finalement un peu: en créant la peur via ses sbires, le Serpent s’en nourrit pour retrouver sa puissance initiale.

Chose qu’il arrive finalement à faire, histoire de  passer (enfin) la seconde: le voilà rajeunit (c’est le brun de la couverture) et fait apparaître son pseudo palais sur Terre. Thor, qui découvre par la même occasion que le Serpent n’est ni plus ni moins que son oncle, le frère d’Odin donc, tente de régler ses affaires de famille, pendant que Steve part soutenir les Vengeurs déjà en combat à Manhattan contre Sin et qu’Iron Man, désespéré, va tenter de demander renfort à Odin. Faut le comprendre, Odin compte simplement supprimer la race humaine pour pouvoir empêcher tout apport de « peur » envers le Serpent.

Ca a beau avancer un peu trop doucement, ça a le mérite de pas s’attarder longtemps sur des points lourdingues du scénario, avec quelques passages bien sentis (Tony Stark qui craque et replonge dans l’alcool, comme on pouvait s’y attendre via la fin de ses aventures à Paris, très bon passage) et j’avance (lis) vite mais au moins, je m’emmerde pas, contrairement à d’autres séries que je détaillerais plus bas. Car ouais, ce chapitre a beau être un peu foireux sur les bords, il reste carrément au dessus qu’une bonne partie du reste des chapitres annexes. Et puis… le dessin déchire toujours autant, Immonen a un vrai talent et je comprend désormais mieux sa réputation ! C’est peut être aussi ça qui fait qu’on y prend du plaisir. Ca fait maigre consolation, mais merde, c’est beau !

En complément, j’ai aussi pas mal apprécié les minis-bonus à la fin de ce tome, ceux qui servent à faire un petit total de 48 pages. Leur but est simple: en quelques pages, résumer les origines des différents « Dignes », histoire de bien les « replacer dans le contexte ». Ici, c’est au tour de Sin, la fille du Crâne Rouge de raconter brièvement ses origines, mais aussi du Juggernaut (le Fléau en bon français), Titania ainsi que de la Gargouille Grise. Et c’était grave sympa ! Je dirais même plus, c’est un bon complément pour un débutant comme moi qui a loupé les origines de certains personnages, même si c’est forcément très expédié. Mais on a les bases (à peu près) et c’est tout ce qui compte, surtout quand c’est bien fait. Bon, tout n’est pas parfait, car certains personnages et/ou histoires restent un peu obscure (ça ne m’étonne qu’à moitié, mais j’ai pas pigé grand chose des origines de Titania, personnage inintéressant par excellence), mais, c’était vraiment bon de repartir avec quelques bases en plus.

D’ailleurs, pour conclure, celui sur la Gargouille Grise, le super méchant français tout droit sorti des 70′, est excellent ! Car très « second degré » dans l’âme, alors qu’on parle d’un gars qui par la suite, à réduit la population de Paris à un tas de pierre. En vrac, cette gargouille a tout du cliché français: moustache bien rasé et fine, un air hautain mais raffiné, et le tout en prenant une bonne tasse de café au pied de la Tour Eiffel… Pas de doute possible, on a en face de nous l’exemple même du français vu par le reste du monde. Mais c’est ça qui est bon ! On sent une certaine légèreté, les résumés de ses précédents combats nous rappellent à quel point c’est un sous-méchant bien kitsh (bonjour le slip d’ailleurs) et ça le rendrait presque… attachant, sympathique. Du coup, je me demande bien ce que l’avenir (la conclusion, quoi) de cet event lui réserve. Marvel, tu nous le garderas quand même sous le coude, hein ?


(Contient les chapitres US:  » Invincible Iron-Man #506 et New Avengers #14  » )

Paf, formule 2 en 1 gagnante ce mois (dernier) ci !

D’un côté, parce que la série New Avengers débarque enfin dans l’évènement Fear Itself. C’est une série que j’ai découvert un peu comme tous les autres avec le numéro d’Octobre de la revue ICONS et je dois avouer que je kiffe pas mal. Ce n’est pas très profond, c’est assez mainstream dans les histoires (grosses bastons, bons sentiments et supers méchants bien méchants) dans ce que j’ai lu, mais c’est avant tout efficace. Alors actuellement, j’accroche « correctement » au dessin car c’est « bien fait », mais j’ai un peu de mal à adhérer à ce style de dessin qui donne un effet 3D assez particulier. Pourtant, on sent que ce n’est pas réellement de la 3D façon dernier chapitre de Prelude To Deadpool Corps (Dont j’avais vomi mes tripes parlé ici même à l’époque), mais la coloration en donne l’impression. Impression qui reste toujours un peu « bizarre » au fil de la lecture… Mais soit, c’est du bon quand même et toujours très abordable.

Ici, suite à l’arc précédent, le personnage de l’Oiseau Moqueur (Au moins Marvel est original pour le nom de ses persos) avait échappé de justesse à la mort suite à une grave blessure, en utilisant un produit concocté par les nazis (Carrément) redonnant force et vigueur, puisqu’étant un mix entre la formule du Super Soldat (Captain America donc) et la formule d’Infinité, qui donne la jeunesse quasi éternelle, comme l’atteste le non vieillissement de Nick Fury. Petit résumé à part, ce chapitre fait donc la transition entre le retour en grande pompe de l’Oiseau Moqueur et le début des hostilités de Fear itself, où justement, notre oiseau ira mettre à profit ses nouvelles capacités.

L’occasion de cette arrivée dans l’event permet de faire un petit peu le point sur le personnage. Pas vraiment le re-présenter au près du lecteur nouveau, mais le chapitre permet de le développer, montrer un peu son état d’esprit entre sa (presque) mort et son combat. Du coup, la narration adopte – et ça peut sembler un peu facile certes – le style vu auparavant dans Avengers #13, ce style « page entière de dialogue se situant après les faits, avec le personnage concerné qui se confie sur ce qui vient de se passer »; entrecoupé de passages pleins d’action. Et quels passages ! Le dessin qui ne me convient pas à 100% fait quand même sacrément bien son boulot et offre même quelques moments assez jouissif, avec un Oiseau qui découvre sa nouvelle forme surhumaine (Du coup, je me demande à quoi elle servait avant, vu qu’elle n’avait aucun pouvoir) ou un lancé de Wolverine du plus bel effet. Un chapitre à la fois fun dans son action, et « complet » niveau scénario, avec un développement classique/basique de super-héros, mais efficace et bien intégré.

Pour Iron-Man, on reste toujours dans la même ligné que les précédents: du tout bon ! Même si je ne suis quasiment pas aussi emballé que le précédent, les choses prennent une tournure que j’apprécie grandement. D’un côté, Tony Stark continue de supplier Odin de venir l’aider en utilisant sa forge pour créer des armes de destructions massives, car eh, avant d’être un super héros, Tony est un inventeur de génie. Du coup, en commençant son petit bricolage avec les nains d’Asgard, on retrouve une ambiance détenue, « bon enfant » dans un sens où Tony se fait quelque peu insulter par les nains (Parce qu’un humain ne devrait pas se trouver ici, et que ça les emmerde de travailler pour cette race), se bastonne un peu par la suite avec eux (son ivresse n’aide pas à se contrôler, faut dire), avant de finir tous ensemble autour d’une bonne choppe de bière à l’ancienne. En pleine guerre mondiale à côté, ça fait du bien !

En parallèle, c’est Pepper – la jolie rouquine assistante de Stark –  qui prend le relais en prenant l’initiative d’aller elle-même sur Paris pour y constater les dégâts tout en espérant retrouver Tony, qui ne l’a pas vraiment prévenu de son excursion chez les Scandinaves. Du coup, n’ayant pas encore les habitudes ni la carrure d’un Iron Man, Rescue – le nom de code donné à cette Iron Man au féminin –  va découvrir avec horreur l’étendu des dégâts sur Paris et recevoir même la visite surprise des membres de la HAMMER Industries, alias d’autres armures comme Detroy Steel qui s’est fait rétamé en Janvier… le tout sous les yeux de la Gargouille Grise, qui risque fort d’y mettre son grain de sel. Je ne savais pas qu’elle avait eu droit à sa propre armure (un petit tour sur Wikipédia et on en parle plus) et je dois avouer que c’est une idée qui me plaît: je m’étais toujours demandé pourquoi on n’a pas eu moult variante d’Iron-Man, là où les autres en ont toujours 2 ou 3 (Salut Hulk). Bon, je connais pas tout l’univers Marvel, ils existent peut être, mais… Pepper, la légendaire secrétaire de charme de Tony en Iron-Girl ? Je dis banco ! Et du coup, je trouve ça bien sympathique qu’elle prenne part (sans doute pas la première fois, mais eh, laissez moi débuter) à l’action et laisse entre voir de jolies choses, en parallèle à un Stark bien occupé à picoler…

En somme, un pur chapitre de transition donc, qui souffle un peu, mais qui marche totalement.


(Contient les chapitres US:  » Secret Avengers #15, Hulk #37, et Thunderbolts #158 & #159  » )

Grosse ration de chapitre liés à Fear Itself en un seul numéro ! Et globalement, la qualité est là, et s’il y en a pour tous les goûts. Pas aussi bon que le mag’ du dessus, mais quand même plutôt pas mal.

Dans un premier temps, attardons nous sur Secret Avengers #15. Le mois dernier, on s’attardait sur Valkyrie et son utilité dans l’event. Cette fois-ci, c’est au tour de la Veuve Noire, la bimbo de Marvel qui possède le meilleur équivalent qu’elle puisse avoir au cinéma, qui tient le rôle principal. Bucky est mort donc, et c’était son compagnon depuis quelques temps. L’occasion pour Marvel de développer un peu le personnage en lui appliquant directement les conséquence de cette guerre éclaire. Là où c’est intéressant, même si autant « forcé » que la justification de la peur dans Iron-Man #505, c’est le point de vue abordé, qui tacle une grosse tare des comics en général: les personnages qui ressuscitent tous les 3 mois.

En gros, on y parle des journalistes qui jouissent de la mort de Bucky pour faire les gros titres alors qu’à côté, la Veuve Noire (qui n’a jamais aussi bien porté son nom) tente d’expliquer que OK, chez les héros on a tendance à ressusciter un peu trop souvent, mais que ce n’est pas si positif que ça. A force, ça provoque presque une banalisation de la mort et surtout une angoisse permanente chez les proches du héros en question. Peut-on effectuer convenablement le deuil de quelqu’un qui pourrait revenir d’entre les morts le lendemain ? Peut-on avoir réellement la conscience tranquille quand justement, la mort/la vie peut frapper des icônes quand bon leurs semblent ? Ca n’a beau que durer 20 pages, c’est un point de vue plutôt intéressant à l’échelle des comics et rudement bien mis en scène, et on y croirait presque. Alors oui, comme le dit très bien – pour le coup – Comicblog, c’est une tentative un peu grossière de  » se racheter une crédibilité  » (Ils ont trouvé les mots juste), mais ça marche quand même plutôt bien, malgré un dessin un poil irrégulier.

Concernant Hulk, ce n’est pas un chapitre inintéressant, mais au vu du « système » de publication de Panini, il n’est pas franchement accessible pour le novice que je suis. Okay, dans les grandes lignes, ça se laisse suivre (Rulk arrive là où se trouve la Chose et veut aider les Vengeurs, comme on l’a vu avant) mais on est rapidement perdu sur certains points, notamment l’importance de MODOK vis à vis de Rulk, surtout que le chapitre est finalement très centré sur lui (bah oui, dans un sens, on a déjà parlé de Rulk dans les Avengers des mois précédents). Là où Panini entre en jeu ?

Disons qu’en gros: un hors série sort en Novembre regroupant donc une poignée de chapitre de cette série (et uniquement elle). Puis, le chapitre qui suit se retrouve dans le STARS de Janvier ! Là, j’étais un peu paumé déjà. Puis, après ce chapitre, il y a eu un autre hors série du même genre que le précédent. Puis le chapitre d’après se retrouve donc dans le numéro de Février. Bordélique, n’est-ce pas ? Rulk est un personnage qui m’intéresse un minimum et je suis « prêt » à le suivre, mais Panini n’a pas été très malin pour le coup (ou du moins, avait-il vraiment le choix ? ). Je suivrais donc la série si elle reste régulière dans le magazine, mais il faudrait que Panini se décide sérieusement… Dommage, car le dessin a une vraie belle gueule, avec quelques planches superbes.

Ah sinon, on va aussi parler de mes chouchous ! Les Thunderbolts, en voilà une série qu’elle est bien. C’est fun, barré, bien dessiné (même si pour Fear Itself, on perd Kev Walker, qui déchire un peu pour quelqu’un de nettement moins bon) et ça va directement à l’essentiel: c’est ma raison numéro 1 d’acheter le magazine STARS tous les mois, ni plus, ni moins. Après quelques péripéties dans un château nazi, puis en Irak pour éradiquer une armée de zombie (wtf !), l’équipe se voit rapatrié d’urgence sur le RAFT, une des prisons isolé en pleine mer près de Manhattan pour « super vilain ». Pour rappel, le concept des Thunderbolts: des super vilains qu’on tente de réorienter dans la bonne voie en leur faisant faire des missions délicates pour se racheter une conduite, montrer qu’ils ont un bon fond et veulent redevenir des gens sympas. Sauf que tout le monde n’est pas forcément de cet avis et certains prisonniers aimeraient bien se casser…

Ici le chapitre met donc en scène la destruction de la prison du RAFT (parce que le Fléau faisait partie des Thunderbolts et qu’après récupération du Marteau, il s’est barré en foutant le bordel) et de ses conséquences: c’est la panique, toute la mauvaise graine profite logiquement de cet évènement pour se faire la malle et les équipes des T. Bolts sur place tente justement de les arrêter, tout en sauvant les civils du coin. Du chapitre de transition pur et dur, mais globalement bon: il n’y a pas ce côté déjanté habituel, mais c’est aussi le contexte qui veut ça. On suit donc le nettoyage des décombres de la prison par les différents membres des T. Bolts, chacun à leur manière, tout en constatant que certains vilains vont bien profiter de la situation… Et ça se laisse quand même suivre, mais si  j’espère que l’aspect « serious business » de cette situation ne durera pas trop longtemps.

Le seul reproche que je ferais est à Panini qui a coupé (Mais c’est compréhensible dans un sens) en 2 le chapitre 159, qui faisait exceptionnellement ~40 pages, avec quelques « back-up » comme on dit dans le milieu (des mini chapitres sans grandes importances au sein même du chapitre, étrange concept…) qui ne seront présent que dans le numéro suivant. Et pour être franc, je m’en serais bien passé, car ils cassent un peu le rythme d’une très bonne série…


(Contient les chapitres US:  » Avengers #15, Journey Into Mystery #624 & #625  » )

Comment on dit déjà ? Jamais deux sans trois, c’est ça ? Car rebelote, Avengers #15 poursuit sa très bonne lignée avec un chapitre à mes yeux exceptionnel. Et je suis très sérieux. Je crois tout simplement qu’on a obtenu la recette que j’ai toujours souhaité dans un comic de super héros:

– Ici, on suit l’affrontement éclair entre le Hulk possédé et Spider-Woman/Oeil de Faucon/Miss Marvel et – je découvre – Noh-varr, l’extra-terrestre de la race des Kree, le tout au Brésil. Même si prévisible, on devine de toute façon très rapidement l’issu du combat: notre groupe de héros sera très logiquement dépassé et devra même se retirer de la bataille. Donc ouais, le chapitre se résume encore à de la grosse baston mais bordel. Bordel de merde.
Pour résumer: Chris Bachalo.

En version longue: Il est bien gentil le correct Romita Jr, mais il est temps de redonner les clés au véritable maître des lieux. Chris offre une fois de plus, du peu que je connais de lui, une véritable orgie visuelle, et je pèse mes mots. De ma faible expérience en terme de comics, je n’avais pas autant pris mon pied à lire une vingtaine de page parce que c’est un réel bonheur pour les yeux à chaque instant: c’est incroyablement dynamique, le style est unique (et génial), les dessins toujours parfait même au coeur de l’action, là où un bâclage sauvage aurait pu débarquer sans crier gare. Mais non, la perfection dure de la première à la dernière case, les personnages respirent sans cesse la classe (Oeil de Faucon ne cesse de grimper dans mon estime), Spider-Woman y compris (Je n’aime pas trop son costume, j’avoue) et Hulk en impose encore plus sous le trait de Bachalo, on ressent véritablement sa puissance et c’est CA que je veux quand il y a de l’action dans du comics de super-héros. J’en regretterais presque que la couverture soit faite par un autre (et nettement moins bon) dessinateur, mais Panini fait toujours des choix étranges à ce niveau là…

– Et du coup, un découpage parfait. Une narration géniale. Tout est parfaitement dosé. L’action paraît hyper soutenue, c’est des moments de bravoure toutes les 3 cases, c’est intense; tout en disposant ces petits moments de calme qui refont le point sur la situation et l’état d’esprit de nos héros dans un moment particulièrement tendu, ce qui les rend toujours aussi intéressant à lire (en plus de prendre une grosse claque graphique). Chris Bachalo est un excellent dessinateur à tout point de vue, c’est donc confirmé et c’est peut être même en phase de devenir mon numéro 1, rien que ça.

– Déjà abordé dans les précédents chapitres, l’amourette entre Oeil de Faucon et Spider-Woman est un peu la cerise sur le gâteau, le petit point bonus dans un chapitre qui en a jeté méchamment. Ca se résume en quelques cases, mais c’est du coup parfaitement intégré/discret vu la gravité de la situation et développe donc doucement mais sûrement l’idylle, qui j’espère donnera quelque chose de concret.

Bref, sans difficulté le meilleur chapitre depuis le début de l’event.

Sinon, à côté… Journey Into Mystery. Non sérieusement, j’ai toujours du mal à être totalement emballé par cette série. C’est toujours bien foutu, très « carré » dans le fond, mais plus ça avance, plus j’ai du mal à m’insérer dans son univers qui semble un peu déconnecté du reste de l’event… Ce qui est étonnant vu qu’on parle de nos amis des Asgardiens, un peu centre de la bataille contre le Serpent; voir un peu trop loin des super-héros en général. Loki continue toujours son plan qui semble se dérouler sans accroc, en semant la discorde entre les forces mystiques, du genre Mephisto (le Diable de l’univers Marvel) et Hela, la déesse de la Mort, afin de les détourner de ce qui se passe à côté et leur éviter un pacte avec le Serpent. Il y a bien quelques points intéressants (On apprend quelques petites choses concernant les origines du Serpent, toujours sympa) mais j’ai du mal à voir distinctement où ça veut en venir… Du coup, je reste encore et toujours « neutre » vis à vis de cette série.


(Contient les chapitres US:  » Fear Itself : Spiderman #2  » )

Spiderman continue quant à lui sa bonne montée en puissance (ou presque) avec ce 2ème chapitre, même si on regrette déjà le fait qu’il n’y en ait que 3 au final. Car oui, même si on reste toujours dans ce schéma un peu trop classique et surtout pris et repris en boucle depuis le début de Fear itself; la « progression de la peur », sa position au sein des civils marche plutôt bien en fin de compte.

Spiderman est donc aux prises de Vermine (Un homme-rat, comme l’atteste la couverture), un de ses nombreux ennemis qui a profité de la panique pour refaire surface et tenté de se débarrasser de lui. Je redoutais un combat inintéressant vu qu’on connaissait quand même bien à l’avance l’issu du combat, au vu de la situation et la « promesse » du lien avec Ben Grimm, la Chose transformée en Digne depuis le début. Alors bien sûr, dans le fond, il n’y a aucune prise de risque de la part du scénariste, avec un Spiderman fidèle à ses principes: il souffre toujours autant (et c’est particulièrement bien rendu, ma foi), mais fini toujours par se relever, la rage au ventre, presque par désespoir vu l’ampleur de la situation.

Après, le soufflet (le voilà !) retombe un peu par la suite où l’on enchaîne principalement avec le passage dans l’église, où un fou furieux débarque, arme au poing, prêt à faire feu sur tout ce qui bouge. Spiderman débarque et… vous connaissez la suite. C’est toujours bien construit, Spiderman se montre toujours aussi convaincant dans ses arguments, mais à mes yeux, ce passage aurait dû être inversé avec celui de Vermine, ça aurait davantage accentué la montée en puissance (J’veux dire, autant finir la seconde moitié de cette mini-série uniquement par les badguy) , déjà correct malgré tout. Surtout que le #3 est très bon (Ouf !), à ma grande surprise. J’y reviendrais !

Un chapitre un peu trop classique pour le coup (L’effet « histoire en 3 chapitres » ? Dans le sens où l’on met le paquet/les bases dans le premier, le second sert de transition et le dernier conclut comme il se doit ? ) , mais qui reste avant tout assez bon, avec une bonne tension, plutôt maîtrisé; le tout desservi par une patte graphique toujours aussi bonne et agréable. Du coup, j’aimerais bien voir de quoi est capable ce Mike McKone dans autre chose que du Spiderman. Prometteur !


(Contient les chapitres US:  » Uncanny X-men # 540 & #541 «  )

Petite parenthèse:

Ah, les X-men ! Oeuvre en quelque sorte majeur de mon enfance télévisuelle avec l’excellente (enfin, je crois, j’aimerais bien revoir ça) série X-men Evolution ! Je n’ai pas résisté longtemps à l’envie de replonger une bonne fois pour toute dans les comics des hommes X, malgré un marché particulièrement dense et très repoussant pour le lecteur. Ou donner de la tête ? En vrac, on retrouve actuellement, sur le marché français, des séries comme X-men, Uncanny X-men, Astonishing X-men, Generation Hope, Uncanny X-Force, New Mutant, X-men Legacy, Wolverine (+ les duos avec d’autres héros pour des minis séries) et je suis sûr que j’en oublie (De tête, c’est déjà pas mal). Passez moi un aspirine. C’est vraiment trop, hélas, mais j’ai du trancher. Le magazine X-men, si toi aussi tu découvre, regroupe Uncanny X-men (apparemment la meilleur selon certains), New Mutant Et X-men Legacy. A partir du numéro de Décembre, tu peux même prendre le train en marche, comme moi, à peu de chose près: un petit arc se met en place pour Uncanny X-men, tandis que les 2 autres finissent le leur, mais reste à peu près lisible, ou presque. Mais le truc sympa, c’est qu’au numéro de Janvier, ces 2 là disparaissent momentanément pour laisser place à Uncanny et au mini-crossover Schism (Pour un ratio de 3/1 chapitres, plutôt sympa), qui bouleversera l’univers des X-men et blablabla. On verra bien ce que ça donne, je chroniquerai ça d’une traite ici quand ça sera fini.

Donc, cette « augmentation de chapitre » juste pour Uncanny tombait à pique et m’a permis de me mettre dans le bain (On resitue à peu près bien le contexte, c’est facile à suivre), et force est de constater que c’est vachement sympa en fait. Dans le fond, la sauce n’a pas beaucoup évolué depuis mes souvenirs d’Evolution, mais pas grave, j’avoue kiffer les comics de super héros, même quand c’est bien mainstream. En vrac, des super pouvoir à gogo, de l’action survitaminée, toujours cette dualité entre les humains et les mutants (Encore plus avec cette histoire d’Utopia qui accentue bien le clivage) qui cherchent à se faire accepter (et c’est en bonne voie, même s’il y en encore du chemin à faire) et une Kitty Pride devenue subitement super bonasse. Mes souvenirs d’enfance en prennent un coup, mais c’était important de le préciser.

La partie Fear itself est du coup du même tonneau. Sans être indispensable à tout prix, l’histoire sert au moins à quelque chose ici, et on lit ça avec doublement d’intérêt, surtout quand c’est bien fait: on y suit un certain « tournant » dans l’histoire du crossover avec l’opposition entre le Fléau (le frérot de Charles Xavier, jadis ennemi habituel des X-men) et les X-men, dirigé par Cyclope. Le Fléau se pointe en direction de San Francisco et fatalement d’Utopia, la ville des mutants. Du coup, Cyclope tente de faire barrage avec son équipe (Le but étant de retirer le casque du Fléau pour qu’Emma puisse contrôler son esprit), même si c’est évidemment plus ardu que prévu… Bon okay, le schéma commence à lasser, on a compris qu’ils vont perdre.

C’est dommage car c’est quand même globalement bien sympa, ne vous méprenez pas: de l’action avec des X-men déchaînés (c’est cool niveau diversité, notamment le passage avec Hope qui se sert de ses pouvoirs mutants pour retirer de toutes ses forces le casque), du rebondissement sympathique (La possession d’Emma Frost sur la fin – une fois le casque retiré – , twist peut être prometteur), un scénario bien construit (On commence par un Fléau particulièrement menaçant et destructeur, et petit à petit, les renforts arrivent pour le premier assaut des X-men, simple mais efficace) et une très bonne patte graphique, constante, avec un bon style (même si n’est pas Terry Dodson qui veut, auteur de certains des précédents chapitres) et une coloration très classe. Rien de tel pour bien retranscrire la puissance et la fureur du Fléau, car ouais, ça a grave de la gueule mine de rien… mais c’est juste dommage que – quand même – avec du recul, ça se passe toujours de la même façon. Un peu de surprise que diable ! Ça n’aurait pas été de refus.

Ah mais quand même, lot de consolation, on y croise un Namor au sommet de son charisme, avec son légendaire slip de bain. Belle cerise sur le gâteau, n’est-ce pas ?


(Contient les chapitres US:  » Fear Itself: Uncanny X-Force #1-3 et Fear Itself: Wolverine #1-3 » )

Uncanny X-Force, je ne connaissais pas, je découvre donc sur le tas, et c’est plutôt pas mal dans le principe.

Une team « Black-Ops » (des affaires « sales » mais nécessaire qu’on ne donne pas à n’importe qui) composé de Wolverine (en costume noir), Deadpool (en costume blanc !), Psylocke (la touche de féminité du groupe) et Fantomex (Au sympathique design d’ailleurs, j’aime), qui va cette fois-ci s’occuper d’un groupe terroriste Anti-mutants (les Purificateurs) qui vont bien évidemment profiter de la situation pour passer à l’action, en exécutant un mutant en public par exemple. Okay, c’est du vu et revu niveau scénario mais c’est relativement correct comme mini série !

Bon, oui, vous l’avez deviné: le rapport avec l’event ? Faible. Tout comme le scénario. Mais pas (trop) grave, parce que c’est globalement cool à lire. Pas extraordinaire, il manque encore quelques trucs pour vraiment cartonner (Un scénario mieux imbriqué à l’event ? Moins manichéen peut être ?), mais on a une bonne dose d’action (malgré un départ un peu lent), des personnages qui puent la classe, poseurs; un Deadpool limite plus drôle/déjanté que dans sa série régulière, et c’est violent comme on les aime. Basique, mais suffisamment efficace malgré quelques soucis de rythme.

Et puis c’est super beau. Ca a un style très… propre (trop peut être ?), mais c’est hyper carré, toujours soigné et ça a une sacrée gueule (cette coloration !), avec un Deadpool plus resplendissant que jamais ! A la limite, le truc qui me dérange un peu, c’est l’esthétique de la série. Pas qu’elle soit mauvaise, que je la trouve de mauvais goût, mais tout en l’appréciant, voir un Wolverine noir, un Deadpool blanc, Fantomex qui utilise des technologies extraterrestres aux tons violets/rouges en étant lui même en costume blanc et j’en passe;  ça donne une drôle d’impression. Tout en étant super beau. J’en viens à me demander si la série régulière est du même acabit… Mais ça se laisse lire avec plaisir !

Quant à la partie Wolverine…

C’est médiocre. Comme toujours, pas de gros rapport avec l’event. On développe quelque peu la relation qu’entretient Wolverine et sa copine journaliste et ça aurait pu donner lieu à un bon petit point de départ pour une histoire très tournée vers le point de vue des journalistes accompagné de Wolverine par exemple. C’est un peu le cas… mais on retombe vite dans un scénario nettement plus manichéen où Wolverine se voit aux prises d’une vilaine organisation qui veut lâcher une bombe sur Manhattan.

Pourtant, c’est sympa dans le principe, ça aurait été une occasion de faire vivre une aventure un peu « épique », où on alternerait un Wolverine qui donne tout ce qu’il a pour empêcher le largage de la bombe pendant que sa nana fait ce qu’elle peut pour prévenir les autorités, les civiles, organiser une évacuation, un truc comme ça… Et si on en est proche, le résultat peine à convaincre. En fait, de manière générale, cette mini-série sent le bâclé. On n’y croit pas, on s’ennui, l’action manque cruellement et les méchants n’ont pas de charisme et semblent encore et toujours sortis d’une pochette surprise. Et puis c’est laid. Okay, j’ai été méchant, mais la première image (la 2ème dans les miniatures) que j’ai linké plus bas est assez équivoque. C’est mal dessiné, c’est constamment bancal avec quelques trucs réussis, pour beaucoup de ratages, notamment les visages (mais si vous avez cliqué, vous l’aurez remarqué). Et ça gâche beaucoup de chose. J’avoue que j’ai été naïf ! Quand j’ai vu la couverture, ça donnait envie, car c’était beau, ça promettait quelque chose d’épique, pour me répéter, mais j’ai rapidement appris qu’une couverture n’est pas toujours faite par le même dessinateur… Bref, je le saurais maintenant. A oublier de toute urgence.

Du coup, le magazine n’a qu’un demi-intérêt. X-Force est sympathique (sans être transcendant non plus) et Wolverine est un peu pourri. Du coup, ça donne une moyenne… très moyenne. Carrément dispensable oui.


(Contient les chapitres US:  » Fear itself: Deadpool #1  » )

Même si irrégulière (aussi bien en terme de publication française qu’en terme de qualité), je l’aime bien ce Deadpool. C’est un personnage funky, décalé et souvent drôle, qui apporte le petit vent de fraîcheur parfois nécessaire dans l’univers si viril des comics de super héros. Le voir dans sa propre mini-série pour Fear Itself m’a pas mal emballé (le potentiel est grand) et une fois en main… c’est… assez particulier, vis à vis de ce que j’ai eu l’habitude de lire jusque là et à quoi je m’attendais. Pas mauvais pour autant, mais déroutant dans un sens.

Pour faire simple, disons qu’on change un peu de « style d’humour », comparé aux aventures précédentes du même magazine, changement de dessinateur/scénariste pour l’occasion oblige. Même si ça restait très « con-con » avant, on avait quelque chose d’assez « simple », plus conventionnel. Ici on vire carrément dans quelque chose de très… burlesque. Attendez, je vous explique. Les prémices du scénario (aussi maigre soit-il, mais c’est assumé) montre un lien assez faible avec Fear Itself (et ça peut constituer le principal défaut dans un sens) malgré les premières pages qui nous rappellent ce que l’on doit savoir: Alors que c’est le bordel à côté, Deadpool décide de faire croire à un super vilain has been un peu stupide qu’il possède un Marteau magique (comme les Dignes) et qu’il pourra détruire ce que bon lui semblera. Le but de Deadpool étant de se servir de ce subterfuge pour pouvoir l’arrêter à temps et récupérer tout le mérite de cette arrestation finger in the nose. Dans le nez… pas si sûr. Mais ça, ça sera pour le prochain numéro.

Donc on rentre très vite au coeur du sujet et là… Où est-ce que j’ai atterri ?

On vire dans quelque chose de très kitsh visuellement, avec un humour qui part dans tous les sens, ça se prend encore moins au sérieux qu’auparavant. Le scénario n’a donc – ni plus, ni moins – ni queue ni tête, tout semble sorti aléatoirement d’une boite à idée, à commencer par l’ennemi principal de Deadpool, le Morse. Tout droit venu des années 70, il aurait peut être dût y rester… Mais il tranche énormément avec ce que l’on voit habituellement de nos jours, y compris (et encore plus) avec ce qui se passe à côté. C’est donc lui le dindon de la farce de Deadpool, celui qui servira de running gag principal à cette série. Car c’est bien là le côté fendard de la chose (et qui marche pas trop mal): voir comment Deadpool va se moquer de ce benêt de Morse, qui croit dur comme fer être devenu un Digne !

Grosso modo, c’est un chapitre plutôt moyen, mais principalement parce qu’il tranche assez radicalement avec les précédents et on regrette quand même l’absence de véritable lien avec Fear itself, alors que c’est quand même plutôt fun à lire (encore plus par la suite, je vous assure !). D’autant que le dessin n’est pas mauvais, bien que ne mettant pas souvent les persos « humains » (sans masque en gros) sous leurs meilleurs jours, avec presque une volonté de les rendre moche (Je sais que ce n’est pas un canon de beauté mais le Deadpool sans masque est assez horrible). Une introduction pas évidente, mais qui vaut quand même le coup en se forçant un peu…


(Contient les chapitres US:  » Fear Itself: Black Widow, Fear Itself: Monkey King, Fear Itself : FF et Fear Itself: The Homefront #5-7  » )

Alors en vrac, car je ne vais pas m’attarder longtemps dessus vu la qualité globale:

– Pour la Veuve Noire, je ne comprends pas. Oui, c’est mauvais. Ce n’est pas franchement bien dessiné (j’aime pas le style on va dire), et l’histoire n’est strictement pas intéressante. Mis à part le fait que l’histoire tourne autour de terroristes qui officient sur Marseille (!), on n’en a strictement rien à cirer des histoires de la Veuve Noire, moins sexy que jamais à cause de son dessin (allez, la couverture est très cool, mais comme d’hab: c’est un autre dessinateur). Du cliché sur patte (le passage avec le geek, obligé ?) et un coéquipier sorti de nul part et tout naze esthétiquement, font qu’on n’arrive vraiment pas pourquoi ce chapitre existe. En fait, ce sentiment est d’autant plus renforcé (J’ai envie de dire « Le mot est faible » ) quand on repense au Secret Avengers #15. Pourquoi c’est pas LUI, le chapitre dédié à la Veuve Noire ? Pourquoi une histoire intéressante dédié au personnage ne fait pas parti du one-shot spécial event alors que c’était l’occasion ou jamais ? Décidément, certaines choses m’échappent dans les lois du marketing comics…

– Le FF est plutôt bon, mais je me retrouve face à une drôle d’incompréhension. On parle quand même des FF (Future Fondation, le nouveau nom temporaire de la série des 4 Fantastiques), dont un des membres fait parti intégrante de l’histoire de Fear Itself, et… ils ne trouvent à faire qu’un seul chapitre dessus ? Alors peut être que la série en elle même était « trop lancée » pour que l’auteur face une parenthèse F.I (C’est fort probable en fait), mais on sent un drôle de sens des priorités alors qu’il y avait quelque chose à en tirer sur le papier. En vrac, Susanne, Richard ainsi que l‘Homme Dragon, tentent d’arrêter Ben Grimm fraîchement devenu un Digne, chose qu’ils n’arrivent pas à faire malgré les nombreux efforts. Puis vint intervention de l’ex-femme de Ben à la fin, pour tenter de le raisonner. En vain, again. Et puis après… plus rien. Dans les autres chapitres, on ne nous rappelle jamais (pour le moment en tout cas) où se trouve le reste des Fantastiques, alors que c’est leur pote dont il est question… Ca serait comme faire d’un X-men un grand méchant, et ne de voir aucun autre X-men à ses côtés/contre lui pour l’arrêter. Ca n’a aucun sens… Puis ce chapitre arrive trop tard. Il aurait été cool en introduction/première vague, mais 3 mois après, ça fait un peu pavé dans la mare

– Le Monkey King est… je ne trouve pas les mots. C’est pire que tout. Fear itself est en fait l’occasion d’inventer des personnages complètement useless et tout pourri, au design fini avec les pieds et surtout complètement inintéressant au niveau du background. Vous cherchiez un rapport avec l’event pour ce personnage ? Il n’y en a pas. Enfin si, dans l’Avengers Extra du mois de janvier, avec Iron Man 2.0. En fait, le personnage a été introduit aussi vite qu’il est reparti durant les chapitres F.I de l’homme de fer black. On n’y voyait pas vraiment son utilité (en plus du passage dans lequel il se trouve, cf mon article dessus) mais ça aurait pu s’arrêter là, car ça n’en valait pas la peine. Qu’est-ce qu’on pouvait en tirer ? Eh bien on a du se poser la question chez Marvel et il a fallu qu’ils y dédient quand même un chapitre complet pour conter ses origines ! Sur un personnage qu’on ne reverra sans doute plus jamais par la suite (comment peut-on espérer qu’il s’impose, sérieusement ?) et qui ne nous intéressera pas, vu qu’il n’apporte rien de bien concret. Surtout que ses origines, son histoire et compagnie, c’est quand même pas mal bidon (Oui, blabla légende du roi des singes, mais c’est tellement forcé…).

Bref, je m’appelle Marvel et j’ai pondu un bel étron.

-Quant au Homefront, il est … pas si mal, même si là encore: problème en vue. Le soucis vient du fait que, lecteur français comme moi qui prend le train en marche; on ne sait absolument pas à qui ont a affaire, et d’où sort le scénario (Il se place quand ?). On retrouve donc Spider-Girl (je savais pas que ça existait), Amadeus Cho (Le Prince du Pouvoir, wtf ?), la jolie X-23 (Merci MvC3 ! Même si elle a moins de charme ici que dans le jeu…), Power-Man (Le quota ethnique ?) et Thunder-Strike (Le Mini-Thor) ; petit groupe d’ado qui débarque en pleine mer sur un bateau après une téléportation ratée et que se font attaquer de toutes parts par des ennemis sortis de nulle part eux aussi. Et c’est grave le bordel. On est toujours un peu perdu, malgré quelques tentatives de resituer la chose. Mais la resituer où ? Car là encore, ça commence à être lourd, le lien avec F.I est super maigre. Même pas la trace d’un digne ! C’est dommage car sur le coup, l’ambiance « Teen » n’est pas si désagréable, ya un peu d’action avec quelques passages jouissifs (Le combo Power Man/X-23 fait des merveilles, j’en redemande !) et des ennemis badass. Bah ouais, des requins sur patte géants samourais, ça ne court pas les rues ! Mais cette histoire sort tellement de nulle part…


(Contient les chapitres US:  » The Deep #1-4, The Fearsome Four #1-4, the Homefront #3, Tomb of Dracula: Throne of Blood et Heroes For Hire #9-11  »  )

Et finissons donc sur le gros pavé. Le gros pavé qui fâche, ouais. Car comme on pouvait le regretter, les Monsters regroupent les séries qui n’avaient absolument pas la place d’être dans un autre magazine, ni vendues seules, quelque soit la forme. Mais qui dit série « spéciale » (Car mettant en scène des personnages peu courants par exemple), dit aussi, potentiellement, série toute pourrie, car tellement hors sujet que ça en devient du pur remplissage/quota de comics pendant un crossover. Et donc ouais, là où je veux en venir, c’est qu’il y en a ici-même, même s’il y en a un à sauver.

The Deep: La meilleure histoire du pavé, assurément ! Et je regrette vraiment que Panini l’ait publié dans un tel recueil, parmi pleins de trucs pas très bons. Je l’aurais acheté (et absolument pas regretté) sans problème. En gros, c’est surtout – enfin ! – l’histoire de l’équipe de Namor et de Dr Strange (on part donc sur de TRÈS bonnes bases, je kiffe pas mal Namor et son côté macho 200%), accompagnés par la suite du Surfeur d’Argent (yeah !), Lyra, la fille de Hulk (Ah ? Mais why not, design plutôt sympa) et de Loa, la jolie rouquine qui sort de je ne sais où, mais elle est bonne, je valide ! Ca c’est une équipe qui en impose ! Et ça fait plaisir de suivre les aventures d’une équipe charismatique, ce qui n’est pas donné à tout le monde, voir plus bas….

Et tout ce joyeux monde va gentiment se bastonner contre Attuma, un badguy aquatique qui a reçu son marteau pour Noël. Le « Enfin » fait surtout référence au fait qu’on voit souvent Attuma en mode « résumé » à côté, mais qu’aucune série principale ne s’y est penché sérieusement. Du coup, j’étais bien content de le voir à l’oeuvre, surtout avec un roster plus que sympathique chez les gentils. Et c’est donc carrément sympa en fin de compte: on va à l’essentiel, les persos sont charismatiques, le dessin est carrément bon et constant, on a de bonnes castagnes aquatiques (et mine de rien, c’est toujours sympa de changer de milieu pour varier le style de combat), des passages over-the-top avec des monstres géants et du coup, un bon rythme de croisière. On va pas chercher loin, mais c’était rudement efficace. Et puis le Surfeur d’Argent qui surfe sous les mers, c’est toujours rigolo comme concept.

The Fearsome Four: Là encore, pleins de potentiels qui finissent – hélas –  par un beau gâchis. Mais j’insiste. Pourtant, le concept m’a bien plu, en partie tout du moins: l’Homme-Chose (le monstre des marais quoi) se nourrit de la peur des gens et en devient plus dangereux d’heure en heure. Pour l’arrêter dans sa folie naissante, on ne fait pas appel aux héros classiques – plus occupés ailleurs – mais à un groupe qui s’est formé sur le tas: She-Hulk qui passait par là, et Howard The Duck. The Fuckin’ duck ! Je connais pas grand chose de lui, mais je l’aime bien, il est tellement décalé dans l’univers Marvel (pour rappel, dans Civil War, le gouvernement préfère ignorer son existence vu sa nature) qu’il en devient attachant.

Et puis les ennuis commencent… Le groupe est rejoint par 2 autres héros dont je me serais bien passés: Nighthawk, un humain déguisé en super-héros, mais sans la moindre capacité spéciale et surtout… Frankeinstein. Mais qu’est-ce que c’est que cette idée ? Dans tous l’univers Marvel, il n’y avait pas plus… charismatique ? Un personnage qu’on pourrait un peu mieux intégrer que ça ? Car même à ce niveau là, le personnage sort de nul part. Pire encore, le reste du récit vire rapidement dans le n’importe quoi. Mais genre total. Et vas-y que je parle de voyages interdimensionnels dans tous les sens, qu’on y invoque même des personnages de façon totalement random (Psycho-Man ? Pourquoi LUI ? Ou la présence de Spiderman/Hulk/Ghost Rider et Wolverine sur la couverture, qui est assez trompeuse d’ailleurs, ils sont loin d’être importants/utiles/présents) et qu’on te sorte de longs discours sur le courage à ne pas perdre lorsque la peur s’installe, pour finir sur tout sauf ce que l’on pouvait en attendre….  Bref, ça rend le récit totalement confus, bordélique et limite désagréable à lire.

Et dieu que c’est laid, encore une fois. J’ai jamais vu un comic aussi mal branlé à ce niveau, avec des artistes différents toutes les 10 pages sans jamais réussir à pondre un truc convenable. Howard est toujours moche (alors que dans Civil War, son style franco-belge lui allé à ravir), She-Hulk ressemble vraiment à un bonhomme mal gaulé, perdant toute once de sensualité qu’on pouvait parfois lui trouver. Les 2 autres ne s’en sortent pas mieux, mais vu leurs designs à l’origine… Bref, le massacre continue jusqu’au bout, la sensation de torchage est toujours là. Amère déception, le pitch de base était SIMPLE, ça aurait pu donner quelque chose de vraiment sympa avec un bon dessin derrière, mais c’est parti en sucette d’une manière assez violente.

– Dracula: Mais qu’est-ce que ça fout ici ? Quel rapport y a-t-il avec l’univers Marvel ? Oui je suis au courant qu’on aura prochainement droit à un Hulk vs Dracula et ça peut être excellent, pas de soucis la dessus, mais ce chapitre introductif au personnage…. ne sert à rien. La raison est simple: alors qu’on aurait pu se contenter d’un chapitre racontant la vie de Dracula à notre époque, à quelques heures des évènèments de Fear itself, avec un résumé de son histoire, ses rencontres avec les autres super -héros (imaginons) par le passé et tout, et tout… On le voit brièvement dans son château, discutant avec un de ses sbires, puis il lui raconte son histoire, sa naissance (en soit, pourquoi pas). Mais… à l’époque des samourais. Première incompréhension. Alors on persévère, on se dit qu’on va voir le lien assez rapidement avec l’event, parce que sinon, quel intérêt ? Et on arrive à la dernière page et là, le constat: c’était pas très bien dessiné, l’histoire n’a donc strictement aucun rapport avec Marvel/Fear Itself et ce n’est même pas intéressant malgré tout (Pour résumer, Dracula c’est juste un samourai qui se fait mordre par un vampire, wouhou !). Le remplissage à son meilleur, en somme.

En fait, et c’est sans doute ça dans le fond, il est possible que ce one-shot fût rétroactivement intégré dans l’univers Marvel pour pouvoir faire la mini série suivante avec Hulk. En gros, l’idée de ce one-shot n’était pas de parler d’un Dracula dans l’univers Marvel, mais d’un Dracula random au pays des samouraïs. Puis l’histoire a été récupérée/bricolée à droite à gauche par la suite pour qu’elle puisse être refourguée durant l’event. Donc ouais, en gros, Panini aurait du la zapper, c’est ennuyeux et ça n’apporte rien, encore plus dans un gros pavé comme ça, où l’on aurait sans doute mieux remplit ces ~30 pages de vide.

– Homefront : « Cardiac ». Centré sur un personnage que je ne connais pas, le chapitre se lit aussi vite qu’il s’oublie. Dans le fond, tout n’est pas à jeter – à commencer par le dessin, très joli mais ça dure même pas 10 pages, on ne sait pas trop à qui on a affaire et à peine on a le temps de s’installer qu’il faut repartir. Ça sent le projet rushé (mais bien dessiné quand même) pour meubler à mort. Dommage.

– Heroes For Hire : J’avais eu un petit aperçu de cette équipe durant la période Civil War et je n’avais guère accroché au concept. C’est assez… particulier. Surtout niveau design. Rebelotte, c’est pareil ici, et ça passe encore moins bien, parce que tous les crossover ne peuvent pas tous avoir le même niveau qu’un Civil War, eh. Ce n’est (encore une fois, ça commence à être lassant) pas super bien dessiné (Il y a une sorte de style 90′ pas super agréable qui s’en dégage), l’histoire n’est pas bien intéressante même si elle montre un peu plus ce dont on est en droit d’attendre d’un tel crossover (Au niveau des lieux traversés, on reste au moins en terrain connu). Mais un peu comme le titre l’indique (certes), on se retrouve vraiment avec des héros de seconde zone sans la moindre once de charisme (Le dessin n’aide pas, du coup. Pauvre Electra…). Tout fait vraiment seconde zone dans cette série (les personnages, leurs ennemis, les situations), sans jamais que ça soit accrocheur. C’est vraiment un univers très… repoussant, en plus d’être mal dessiné (j’insiste !).

Beh, de quoi finir un pavé pas vraiment comme on l’aurait voulu, d’autant que pour reprocher encore une petite chose, mais à Panini cette fois-ci: pourquoi un tel prix ? C’est assez délirant de vendre un bouquin d’une telle taille certes, mais avec une qualité de papier/taille inférieur à celui d’un Deluxe pour… le même prix ?!  Alors, ça reste de la bonne qualité, mais elle est différente. Donc pourquoi pas un prix différent ? Je me demande parfois si ce n’est pas une erreur qu’ils ne remarqueront jamais…


Voilà voilà, pour ce mois plus que chargé et hélas, pas proportionnel en qualité. Du coup, pour le prochain gros crossover en VF (le Avengers vs X-Men qui débute le mois prochain en V.O), je ferais davantage attention à la composition de la checklist des chapitres, histoire de repérer d’avance les potentiels chapitres de remplissages, pour ne pas faire 2 fois la même erreur ! Mais dans tous les cas, on se retrouve donc dans pas longtemps avec la fournée de Mars, une fournée biiiiien plus calme, de meilleur qualité (ouf), avec comme seul hors série, le Marvel Knight dédié au Ghost Rider ! (Eh, ça peut pas être pire que le second film)

Let’s read some Comics ! En route pour Fear Itself #2

Fraîchement arrivé en Février, il est donc temps de passer au résumé de l’actu Fear Itself du mois de Janvier ! Ca n’a pas changé depuis le mois dernier, je compte toujours faire un petit résumé (De l’histoire et un avis complet dessus, bien sûr) à ma sauce (de débutant en comics mainstream de super héros, rappelons-le) des parutions liées à cet event de l’année 2011 aux US. Pour le coup, j’améliore aussi un peu la présentation du truc pour une meilleure lisibilité (Attention à l’indigestion de pavés) et surtout l’ajout de mes 2 types d’alertes: Une « Alerte Qualitay » pour un truc vraiment bon, qui vaut le coup à mes yeux, et une « Alerte Cacalitay » (L’image vient de ), pour au contraire vous « prévenir » d’un mauvais chapitre, voir tome à éviter dans certains cas. L’ancien article se voit d’ailleurs mis à jour avec ce principe. Bonne lecture !

Reprenons donc cette deuxième vague avec le tome 3 de Fear itself:

(Contient les chapitres US:  » Fear Itself #3  » et  » Fear Itself : The Homefront #3, #4  » )

Autant le dire tout de suite, le chapitre Fear itself 3 (et non le tome en lui-même) confirme sans doute la qualité de cette série jusqu’au 7. J’veux dire, je sais déjà que chaque tome sera très probablement sur le même moule du précédent et… dans un sens, ce n’est pas pour me déplaire: le dessin est toujours aussi joli, et on a toujours ce rythme très élevé, où tout va très vite, où il semble s’y passer beaucoup de chose. Mais… peut être trop. C’est là que le bât blesse, même si la lecture reste agréable.

Le gros soucis de l’histoire principale de cet event, c’est qu’on ressent trop le fait qu’il est là juste pour vendre les ties-in à côté. L’histoire y est continuellement résumé à l’extrême dans la majeur partie des 20 pages de chaque chapitre: dans le fond, c’est bien d’avoir un résumé, mais ça n’accentue que trop cette impression de manquer beaucoup de chose, ce qui nous pousse forcément à acheter les ties-in… Heureusement que c’était prévu dans mon budget, mais je dois avouer que je plains d’avance ceux qui achèteront le Deluxe (Généralement une compilation des chapitres principaux de l’event, et non des ties-in qui ne sont quasiment jamais réédités) dans 2 ans, sauf cas exceptionnel comme Civil War (dont l’histoire principale ne se suffisait pas à elle-même à mes yeux, ce qui fait qu’on retrouvait certains ties-in même dans l’édition Deluxe, afin d’offrir une histoire compréhensible… Ce qui n’est pas le cas de tous les autres, cf House of M (Dont la récente réédition n’offre que les chapitres principaux) ou Secret Invasion tout récemment (Prochain arc sur la liste d’achat !) ).

Car là est l’autre conséquence de cette construction du récit: lorsqu’ils développent le scénario principal, tout est… torché en quelques pages, vu qu’ils n’ont plus la place pour. On a l’impression de stagner de page en page avec les résumés (sans que ça soit désagréable, mais bon, ce ne sont que des résumés) et une fois dans le coeur du sujet, paf, 4 pages plus loin, c’est fini. Encore plus dans ce tome 3 avec la mort d’un personnage bien particulier… Que tout le monde aura sans doute deviné (sinon, pourquoi cette couverture ?). Mais ouais, disons le clairement, cette mort est bâclée.

Si le dessin a vraiment de la gueule, on ne peut pas en dire autant du découpage, qui nuit à tout effort de mise en scène dramatique. Le combat final semble être lui même un résumé (Une case, le perso prépare son attaque, la case d’après l’adversaire est déjà à terre après avoir pris cette attaque ?! Manque pas quelque chose ? Je sais bien qu’on parle de comics, mais quand même… Effet « fallait tout rentrer dans 20 pages » ?) et surtout, la finalité du combat est… idiote. Il y a un mort, oui, en soit pourquoi pas mais ! Le problème vient du fait qu’on n’y croit pas, la mort est tellement trop facile (tout est torché en 3 réelles pages), tellement honteuse (on parle quand même de super héros, hein) que ça gâcherait presque la lecture du chapitre. Heureusement que le chapitre d’après (déjà entre mes mains) se révèle bien meilleur, mais nous verrons ceci le mois prochain…

C’est dommage, car à côté, j’ai toujours autant de sympathie pour les Agents d’Atlas !

Suite du mois dernier, on suit toujours leurs péripéties chez les nazis pour récupérer le fameux livre utilisé par feu-Crâne Rouge durant la seconde guerre mondiale. Le problème cette fois-ci: Jimmy, leur chef, découvre que – comme on a pu le comprendre via le prologue du mois d’Octobre – les pages de ce livre ont été faites en… peau d’Atlante torturés. Ce qui pose problème, vu que l’un des membres de l’équipe est… une Atlante. Namora, la cousine de Namor, l’un des premiers super-héros Marvel.

On approfondi quelque peu les relations entre les membres de l’équipe, leur façon de régler les soucis, notamment du tandem Jimmy/Namora en conflit à cause de ce que Jimmy a trouvé dans ces catacombes nazis. Parce que d’un côté, il ne veut pas révéler la terrible vérité concernant le livre à sa moitié et de l’autre, Namora ne comprend pas ce refus – justement – alors que la moindre des choses serait de la mettre au courant pour pouvoir en faire convenablement le deuil, tradition Atlante oblige.

Honnêtement, pas grand chose d’autre à dire dessus de plus que le mois dernier, c’est la même recette mais ça a justement le mérite de rester constant jusqu’au bout, ce qui n’est pas donné à tout le monde, surtout pour un tie-in très secondaires dans le fond. Du coup, j’ai pris pas mal de plaisir à lire tout ça, avec cette ambiance délicieusement rétro, des personnages un peu plus approfondis et quand même une petite part d’action à tabasser du nazi, quota oblige j’ai envie de dire. Mais pour compléter/rattraper un peu la déception (relative) du chapitre Fear itself, c’est plutôt idéal.


(Contient les chapitres US:  » Invincible Iron-Man #504, #505  »  )

Souvenez-vous: le mois dernier, les premiers pas avec la série The Invincible Iron-Man ne s’étaient pas fait dans la plus grande joie: récit plat, complété (surtout) d’un gros manque de liant avec Fear itself, histoire de justifier vite fait mais pas trop le lien avec l’event. Grosse déception et j’avoue que j’étais un peu sceptique quant à la lecture de ces 2 chapitres. Et pourtant ! Vous l’aurez compris, via l’alerte qualitay, que la barre est franchement bien redressé, et j’ai bêtement pris beaucoup de plaisir à les lire.

La recette est simple: La Gargouille Grise, comme je l’avais expliqué le mois dernier, a été « choisi » comme l’un des Dignes, les créatures qui résultent de la récupération des marteaux Asgardiens sur Terre. Lorsque quelqu’un récupère un marteau, il se transforme en le classique monstre qui ne régit qu’à l’instant et détruit un peu tout ce qui l’entoure. La particularité de cet ennemi, c’est qu’il est… français, et que le marteau s’est écrasé dans Paris ! Iron-Man passe donc à l’action dans la capitale et s’en suit, globalement, une bonne baston qui mettra à mal Tony.

Si le chapitre est si plaisant, c’est pour son…ambiance, en plus d’un (comme toujours) excellent dessin. Sans non plus faire dans le psychologique, on ressent un peu la… peur, au travers d’un Iron-Man qui est dépassé par les évènements (comme beaucoup durant Fear itself, ce qui n’est pas toujours une qualité cela dit, j’y reviendrais) et en devient même terrifié du coup (La Gargouille transforme tout Paris en pierre et, régulièrement, Iron Man explose sans le faire exprès ces statues, d’où le malaise). Sans doute pas une première pour le héros, mais voir l’invincible Iron-Man douter, flipper et le voir même s’enfuir du combat, c’est quelque chose de pas courant à mes yeux et ça rend le déroulement plus intéressant, le personnage tellement plus crédible, plus… humain. La page finale en est la parfaite illustration.

Par exemple, outre l’action « pure », c’était vraiment intéressant de lire l’explication (certes, légère/pas crédible) que donne Iron-Man, alors qu’il perce le quatrième mur pour s’adresser à nous, concernant les fameuses répliques « drôles », un peu beauf parfois que lance souvent certains super-héros en plein combat, parfois de leur vie. Ce n’est pas pour désamorcer l’aspect dramatique pour le lecteur (parce que souvent le comic de super-héros a un ton léger/ce côté pas crédible au vu du concept, donc faudrait pas que ça se prenne trop au sérieux), mais bien pour… lui-même ! Il nous explique alors que, comme Spiderman, littéralement raconter de la merde en plein combat lui permet de ne pas ressentir la peur, de gagner confiance en lui, en prenant lui même les choses à la légère. On se doute bien que ce n’est pas tellement ça à la base, mais ça s’intègre bien dans le contexte et… ça fonctionne, quoi.

Une très bonne surprise et qui rassure pas mal pour la suite (quelques chapitres foirés, je suppose que c’est monnaie courante et qu’il faut bien ça de temps en temps pour relancer la machine) et donne toujours un peu plus envie de lire du Iron-Man. Pas comme son alter ego War Machine, mais ça, vous comprendrait un peu plus bas…


(Contient les chapitres US:  » Secret Avengers #14  »  )

Il y a des gens sympa dans le milieu des comics. Alors que le personnage ne doit pas être tout récent, le chapitre des Secret Avengers du mois prend le temps de nous présenter dans ses grandes lignes, le personnage de Valkyrie, la « super-héroine » nordique, dans le groupe secret de Steeve Rogers. J’veux dire, alors qu’on pourrait directement aller à l’essentiel, il est toujours agréable de tomber sur un chapitre qui te remet un peu dans le contexte, repose un peu les bases du personnage « au cas où le débutant passerait par là ». Parfait pour moi donc.

En fait, le truc sympathique dans ce chapitre, même si je n’en suis pas friand habituellement, c’est de retrouver le mythe de la valkyrie (cette divinité qui descend sur les champs de bataille récupérer les corps des valeureux soldats morts, pour les emmener au paradis, le Vahalla) tel qu’on le connaît dans les légendes nordiques, et de le voir appliqué à l’univers Marvel: on découvre que c’est Odin, le père de Thor, qui a convaincu Valkyrie d’en devenir une, pour rendre honneur à son mari de l’époque mort au combat, pour l’accompagner dans un dernier voyage.

S’en suit alors son nouveau « boulot », puisqu’elle vient prêter main forte dans l’attaque des nazis orchestré par Sin et viendra en aide à un « couple » de soldats alliés, dont l’un des membres vient de mourir au combat. La boucle de la Valkyrie est bouclée… Rien d’extraordinaire dans l’absolu, mais ça m’a permet de découvrir un peu le personnage, d’étoffer le background (même si ce point a sans doute dû être déjà abordée) dans un bon chapitre bien écrit et bien dessiné et … c’est déjà pas mal. Pas fan de tout cet univers Nordique (Comme je le disais pour Thor concernant le film), certes, mais quand même une certaine hâte de la voir en action du coup, que ça soit via Fear itself ou non.


(Contient les chapitres US:  » Avengers #14  » et  » Journey Into Mystery #623  »  )

Ne pas se fier à la converture hideuse ! (Si, si, je vous assure, on peut faire du Hulk/simili Hulk classe quand même, comme dans ce qui va suivre…)

Justement, ça concerne Rulk, le Général Ross transformé en Hulk rouge, qui rejoint la tour des vengeurs pour leur filer un coup de pouce envers l’assaut de Ben Grimm sur cette même tour. Grosso-modo, ça se résume comme ça… Et je dois reconnaître que je suis toujours aussi fan de la narration et du rythme qui découle des pages des chapitres Avengers. Enfin, façon de parler vu que j’ai découvert ça le mois dernier. Maiiiiis, on retrouve toujours cette patte si particulière d’un côté, entre découpage très régulier façon « BD franco-belge » où tout est centré sur les personnages qui commentent « l’action passée » (en fait, l’interview débutée dans le chapitre précédent semble se passer après Fear Itself, au moment où tout est redevenu au calme, faisant passer le combat avec Hulk comme une sorte de flashback) et montre à quel point Rulk étant un bon combattant, ce qui augmente encore plus la sympathie envers le personnage.

Seul « bémol », on ne retrouve plus Chris Bachalo, mais John Romita Jr, que j’avais découvert il y a quelques années via Kick Ass. Si j’y avais grandement apprécié son dessin, ça passe légèrement moins bien dans ce chapitre d’Avengers. On sent bien qu’il tente d’imiter le style de Baccalo (que ça soit dans le découpage ou le « style »), mais se révèle un peu moins efficace durant les passages de purs dialogues, les visages étant nettement moins fins, moins réussis, la coloration moins… chaleureuse. Enfin, tout est relatif, car il se rattrape avec un certain brio juste après.

Pas forcément très fin comme chapitre, mais l’essentiel se situe dans le combat qui oppose Ben Grimm devenu un Digne contre le Hulk Rouge, souhaitant donc aider les Vengeurs. S’en suit un combat particulièrement violent où le talent de Junior prend tout son sens à mes yeux: c’est à la fois dynamique pour du comic, on ressent une vraie sensation de puissance dans l’échange de gnon de la part de ces 2 gros colosses, et le tout entre coupé des commentaires élogieux des autres vengeurs renforcent l’impression d’assister à un grand combat, où Rulk y met toute sa hargne. 20 pages jouissives à lire.

Quant à Journey Into Mystery, il continue son petit bonhomme de chemin, dans la droite ligné de son prédécesseur. Un peu plus compréhensible dans l’ensemble (On suit toujours les aventures du jeune Loki qui profite du remue-ménage occasionné par le Serpent pour monter son propre plan pour revenir sur le devant de la scène, en cherchant à libérer son frère Thor par la même occasion), le récit reste toujours autant empreint d’un certain aspect onirisme. Comprendre par là qu’il donne toujours cette impression d’être parfois métaphorique avec ses dialogues lourds de sens (Ah, cette fameuse pie mystérieuse) surtout couplé par l’excellent dessin (Toujours très « peinture » ) mais qui accentue cette démarcation avec les comics de super-héros que je lis habituellement. Bref, c’est toujours sympa quand même et ça me permet de me familiariser avec l’univers nordique qu’on ne voit pas si souvent que ça, mais parfois, je me sens un poil largué, j’ai du mal à rentrer dans le … trip. Ouais, on peut voir ça comme ça, c’est vraiment un trip dans l’étrange…


(Contient les chapitres US:  » Fear Itself : Spiderman #1  »  )

Spiderman est sans doute un des supers-héros Marvel les plus connus et, je pense, les plus appréciés du lot. Il est populaire via ses itérations TV en dessin animé ainsi que par son (franchement bon) passage par la case cinéma avec la trilogie de Sam Raimi, qui avait d’ailleurs en partie réussi à relancer l’attrait pour les films de super héros. Plutôt pas mal pour un gars en rouge et bleu qui se colle aux murs. Et forcément, j’étais là. J’étais dans ce public visé à l’époque, autant par le dessin animé qui passait sur TF1 chaque Mercredi que par les films qui m’ont vendu du rêve. Fatalement, j’ai toujours eu cette grosse sympathie envers le personnage, tellement cool, tellement stylé pour un super-héros, et ce, encore aujourd’hui.

Pour la petite parenthèse sous spoiler, si toi, lecteur, tu passais dans le coin, à lire cet article et que comme toi, tu kiffes l’homme araignée et que tu voudrais surtout relire un peu de comics Spiderman en kiosque, voilà la procédure à suivre (c’est plutôt le bon moment justement).

Balance ton pavé »

En janvier, le numéro contenant le chapitre 1 de Fear itself Spiderman était le numéro 144, pour resituer. Forcément, là, tu te dis qu’avec tant de numéro, difficile d’avoir envie de se mettre dedans en cours de route et je te comprends très bien, je suis passé par là. Puis, après renseignement, la lumière semble arriver au bout du tunnel interminable des publications françaises: il faut prendre à partir du 142. Pourquoi ?

Parce qu’au 142, il y a une sorte de reboot de l’histoire. Attention ! On ne parle pas d’un réel reboot, dans le sens « réinventons l’histoire de parker » (surtout qu’on parle de l’univers principal, celui qui existe depuis les années 60, les Ultimates Spiderman s’en chargent très bien de leurs côtés), mais de repartir sur de nouvelles bases, sans totalement oublier ce qui s’est passé avant. Pour bien résumer, sans trop de spoiler (mais quand même nécessaire): Durant Civil War, peu après que Peter ait révélé son identité secrète au grand public, la tante de Parker se fait tirer dessus par le Caïd, un des grands méchants de Spidey. Elle est aux portes de la mort, elle ne semble pas pouvoir s’en sortir malgré les tentatives de soins des médecins… Parker, désespéré, signe… un pacte avec le diable. Ou Mephisto, dans l’univers Marvel. Pour ramener à la vie sa tante, Peter devra faire table rase du passé: Mephisto effacera de la conscience collective qu’il est Spiderman pour tout le monde mais surtout, annulera toute relation avec Mary Jane, alors ensemble (et marié) depuis longtemps.

Du coup, après ce « reboot », Peter se retrouve avec son statut d’étudiant fauché (le Daily Bugle n’étant plus ce qu’il n’était), mais sa tante est vivante et il s’est même retrouvé une copine sympa.C’est donc à partir de ce point de commence le numéro 142 (l’évènement s’appelle « Big Time« ), sur un nouveau « statut quo » qui permet de prendre assez facilement le train en marche. Bien sûr, je me répète mais rien n’est oublié par rapport à avant et il y a parfois des références à certains évènements passés, mais rien de bien méchant. Puis surtout, c’est de la qualité (je pourrais coller une alerte d’ailleurs): un dessin très « d’jeuns » mais dynamique, pétillant et des récits classiques/mainstreams dans leur forme (du Spidey pur jus quoi) mais terriblement accrocheur et fun à lire, pile poil ce que je voulais. Je recommande chaudement.

Continuant sur la lancée de ce que l’on a pu voir avec les chapitres d’Invincible Iron-Man plus haut, Spiderman verse aussi dans le récit racontant comment la peur se propage et se manifeste dans le monde de Marvel. Nous sommes à New York, et avec l’arrivée des différents marteaux, la panique s’est installée dans la population. Les gens deviennent violents entre eux, ne se font plus confiance… Des couples se séparent, des accidents arrivent plus régulièrement et ça pousse même certaines personnes à se suicider. Mais Spiderman est là pour veiller au grain. Ou presque, car il reste humain avant tout et il se retrouve donc aussi déboussolé par tout ce qu’il se passe.

Ce chapitre est une bonne introduction de Spiderman dans la tourmente de Fear itself. C’est – fatalement – très sombre, avec des gens désemparés qui vont jusqu’à faire des choses qu’ils n’auraient pas imaginé jusque là et un Spiderman qui tente tant bien que mal de gérer tout ça. Une fois n’est pas coutume pourtant, on ne retrouve pas l’humour si… fin de Spidey. Il a peur, n’arrive pas – justement – à sortir ses blagues pour se « décontracter » comme l’avait si bien expliqué Iron-Man. Les gens se retournent contre lui, se méfient de lui jusqu’à ne plus lui faire confiance. Et ça marche plutôt bien dans l’ensemble: outre un joli dessin, c’est globalement une bonne lecture, bien structurée, avec une certaine progression dans la peur qui envahi New York et Spiderman jusqu’au cliffhanger final, quoiqu’un peu trop convenu dans le fond.

J’aimerai me tromper, mais je ne pense pas que l’arrivé de cet ennemi opportuniste (coup classique de « la peur déstabilise les gens, profitons-en ») change quelque chose au schéma « baston – spidey en difficulté – intervention de quelqu’un d’autre qui y mettra fin » . Je pourrais aussi, ce qui fait qu’il frôle de peu le macaron qualitay, reprocher (et encore) le fait qu’au final, on a un peu de mal à croire à cette peur. J’veux dire, tel qu’elle est présentée dans ces 20 pages, on a du « mal à y croire », à croire que c’est spécialement pire que ce qu’à vécu Spiderman pendant 50 ans. Disons que Fear Itself fait un peu prétexte à caler une histoire « sombre », à mettre en difficulté Spidey, sans que ça soit raté, bien au contraire, le récit reste pas mal prenant.

A voir par la suite pour confirmer cette bonne impression globale, car un soufflet est si vite retombé…


(Contient les chapitres US:  » Iron-Man 2.0 #5, #6, #7 »  )

Voilà, c’est arrivé. Dans les crossovers, de ma faible expérience, j’ai toujours redouté une chose: une mauvaise utilisation d’un personnage.

Ce personnage a un style (ou donne l’impression d’en avoir un), une façon de faire, un type d’histoire qui le suit régulièrement… Quelque chose qui semble le définir. Spiderman et son humour si particulier, son côté looser, sa façon de prendre à la légère les combats et ce que lui impose ses pouvoirs par exemple… Ce que je redoute, c’est, même le temps d’une histoire en particulier, que le « potentiel » d’un personnage ne soit pas exploité correctement, ne soit même pas exploité dans le bon sens, dans le bon… « cadre ». Qu’on n’ait pas l’impression qu’il soit étrangé à ce qu’il vit à l’instant donné. Hélas, c’est ce qui arrive à War Machine, le pote black de Tony Stark lorsqu’il revêtit l’armure grise.

Je vais faire un peu plus « large » que d’habitude en parlant du magazine en lui même (Sept chapitres de la série Iron Man 2.0), vu qu’on a une « saga complète » comme le dit si bien le macaron, et que le Fear Itself (en 3 chapitres sur 7) s’insère juste après. Les premiers développent une première intrigue qui servira en fait, par la suite, de fil rouge à cette série annexe: tout en resituant le contexte du personnage (bon point pour moi qui découvre), on met War Machine, alors agent du gouvernement, sur une sombre histoire d’attaque terroriste utilisant les armes crées par Palmer Addley, informaticien de génie qui a fini par se suicider. Le truc, c’est qu’à chacune de ces attaques, l’inscription « Palmer Addley est mort » est taggué en guise de signature. Inspecteur War Machine mène l’enquête. S’en suit alors une longue introduction où il ne s’y passe pas tellement grand chose avec du recul, on attend fébrilement que ça bouge un peu car c’est pas mauvais dans le fond, ça peut être une base intéressante pour la suite…

Mais on avance, on avance, on apprend quelques rares trucs en plus et… Rien. Toujours le même point. Du coup, ya un soucis dans la progression de cette « saga complète »: où est le dénouement ? Pourquoi arrivé au 3/4, l’histoire n’a presque pas bougée ? Alors oui, par « saga complète« , il fallait surtout comprendre « énième magazine pour caser les 7 premiers chapitres de la série » (car ils sont quand même dans l’ordre), mais du coup, on se retrouve avec un bout d’histoire, sans réelle fin. Parce que juste après ces 4 premiers chapitres…

Vint la case Fear Itself, et là c’est la débandade totale. Si, si, j’insiste. On aurait pu penser à une suite logique de l’enquête mais pendant Fear Itself d’une façon ou d’une autre ou alors, quitte à mettre entre parenthèse cette première histoire, reprendre tout bêtement la baston qu’on a entraperçu le mois dernier dans Marvel STARS 11 avec Secret Avengers: à savoir l’attaque des états unis par les nazis, dans lequel le groupe War Machine/Giant-Man et le Fauve intervaient au Lincoln Memorial. Et… Que nenni. Que. Putain. De. Nenni.

Vous n’aimez pas les twist scénaristiques foireux ? Les changements de décors à la dernière minute, brisant alors tout espoir de voir continuer l’histoire là où on le souhaitait ? On n’en rêvait pas, mais Marvel l’a quand même fait. Pour faire simple: Alors qu’on pensait que W.M allait passer à l’action, le voilà qu’il parle avec un personnage allié sorti de nul part, en guise de renfort: John Amant, le prince des orphelins. Je ne sais pas ce que c’est, mais je m’en fous pour le coup. Paf, 2 cases après, monsieur à mal à la tête. Soit. Il discute avec W.M, lui dit qu’il ressent une force mystérieuse qui aurait ouvert une brèche vers les Enfers, à cause de la chute d’un des marteaux (W.T.F ?) et… décide de le téléporter sur place pour régler le soucis. En Chine. Washington est en feu, alors POURQUOI partir en Chine ? Pourquoi un tel twist aussi moisi, histoire de justifier la présence de nouveaux personnages ? Car on en retrouve plusieurs, changement de lieu oblige…

Je l’aime bien, donc à la limite, ça passe: Iron Fist, que j’ai d’ailleurs diablement envie de jouer dans Ultimate Marvel vs Capcom 3. Mais le reste, c’est tellement, désolé si ya des fans, des personnages de seconde zone tellement inintéressants que j’ai senti arriver l’ennui à la première image que j’ai vu d’eux. Disons que pour résumer, on a une troupe de guerriers chinois qui accompagne Iron Fist dans le but de refermer le vortex de l’enfer, puis le « roi des singes » (ah bon?) – un nouveau personnage paraît-il, dont son histoire nous est compté dans le Fear Itself HS 1 (que je possède à l’heure où j’écris ces lignes et soyons franc: c’est pire que tout pour rester poli) – qui tente de récupérer le marteau échoué dans le coin quand soudain intervient Titania transformée (comme vu dans Fear Itself 2) accompagné de l’Homme Absorbant. Et on se doute rapidement que le seul qui arrivera à bouger le marteau, c’est lui…

Bref, pour résumer de nouveau: rien d’intéressant. Les combats sont ridicules, W.M est sous exploité/ne sert à rien (sérieux, certaines pages sont entièrement dédiés au Roi Singe. Dans Iron-Man 2.0. A quoi ça SERT ?) et le trip mystique chinois m’a complètement passé au dessus de la tête tellement de base ça ne me branche pas et surtout… Qu’est-ce que ça vient foutre dans mon Iron-Man 2.0 ? Ou est le rapport avec les précédents chapitres ? Marvel, l’histoire de choix éditoriaux incompréhensibles. Et c’est dommage car même si variable vu le nombre de dessinateurs passés dans cet ensemble de chapitre, le dessin a franchement de la gueule… Surtout les Fear Itself, étrangement. Mais ça ne rattrape en rien de ratage qu’on a eu en échange. J’irais pas jusqu’à dire « Poubelle », mais je ne vois pas comment la suite peut se rattraper.


Et c’est à peu près fini pour ce mois-ci (tous les numéros dédiés sont présents) et on se trouve le mois prochain, mois qui risque d’être quelque peu chargé. Outre les numéros habituels des séries mensuelles, on retrouve pas loin de 3 hors-sujets dédiés à Fear Itself, pour regrouper des chapitres tellement secondaires qu’ils n’ont pas la place dans les mensuels de base. Un HS dédié à l’univers X-men (X-force + Wolverine), un petit HS dédié à quelques One-Shot (Veuve Noire, l’unique chapitre Fear Itself de la Fondation du Futur, un perso osef comme Monkey King et encore un bout des Homefront, mais sur d’autres personnages que les agents d’Atlas) et un gros pavé « Monster » comme à chaque event (+ de 260 pages, avec les récits dédiés à Namor, la série Fearsome Four (avec les aventures de HOWARD FUCKIN’ DUCK, vendu !  + Une équipe composée d’un pseudo Hulk, Ghost Rider, Wolverine et Spiderman), la série Heroes for Hire et… Dracula (?!) ). Bref, ça promet. Mais pas pour le porte feuille.

Marvel, Comics & co: Deadpool, Zombie et Guerre Civile

Bon, les histoires avec les jeunes filles qui finissent par s’entretuer, c’est bien, mais les supers héros de mon enfance gardent toujours une belle place dans mon coeur. Continuant sur ma lancée précédente pour découvrir le monde fabuleux de Marvel, voici une deuxième fournée d’avis sur une petite poignée de comics aux formats divers, et pour tous les goûts.

Deadpool Collectif 2 et 3
(Want You to Want Me Part 1 et 2 (Tome 2) + Part 3 et 4 (Tome 3))

Dans cette aventure, Deadpool veut devenir.. un X-men !

Bon, déjà il faut savoir que cette histoire s’insère dans la « grande continuité Marvel », à un moment où, si j’ai bien capté, les mutants ne sont plus vraiment accueillis les bras ouverts sur le territoire américain. Cyclope, qui dirige les X-men, prend la décision de quitter le pays tout en restant à proximité dans une forteresse, remplaçant un peu l’école de Charles Xavier… en attendant mieux.

C’est donc en profitant de cette occasion que Deadpool, entré dans une période de doute sur son utilité en ce bas monde, va tenter de rejoindre la bande. Forcément, avec sa réputation sulfureuse qu’on lui connait bien, c’est vraiment pas gagné… Mais il va se servir des quelques soucis liés aux X-Men qui ont mené à leurs expulsions pour tenter de prouver sa valeur. Enfin, il va essayer…

Après un premier tome médiocre (aie ce dessin tout miteux, aie ce scénario osef total), le choix de Panini se révèle être nettement plus judicieux avec une histoire un peu plus ambitieuse, parce qu’elle s’étale sur 2 magazines (Parce que mine de rien, 100 pages en tout, ça passe super vite) et que ça va permettre de se développer un minimum.

Et ça vaut le coup ! Le début est quelque peu poussif, c’est vrai. Disons que c’est un peu long à se mettre en place (le fait que Deadpool tilt enfin que son avenir, c’est chez les X-Men que ça se passe) mais une fois lancé, on prend pas mal son pied. Deadpool est intelligent quand il le faut, sort des répliques franchement drôles (Et du coup, chapeau à la VF et son magnifique jeu de mot avec Guillaume Tell) et se retrouve parfois dans des situations cocasses, pour notre plus grand plaisir (J’envierais presque Deadpool lors de son passage à l’hôtel avec la séduisante Domino…).

En fait, à la première lecture, le scénario ne semble pas avoir énormément de sens, on a du mal à savoir où notre héros veut en venir, pourquoi il fait telles ou telles choses… Mais une fois arrivée  à la fin, une fois l’explication, le « twist » (léger, n’exagérons pas non plus) balancé, tout prend son sens, et du coup, on se dit que c’était plutôt bien amené, la relecture des chapitres précédents prend d’un coup tout son sens. Du plaisir à retardement en somme, mais qui vaut le coup, dans tous les sens du terme.

Et puis, Deadpool qui chante du Renaud avant de tenter une grande opération, c’est quand même la classe. Merci la traduction française (sérieusement).

Deadpool Collectif 4 et 5
(Whatever a Spider Can: Part 1 et 2 (Tome 4) et Part 3
+ Do Idiots Dream of Electric Stupidity ? (Tome 5))

Dans la première histoire, décomposé en 3 parties (un numéro et demi en somme) Deadpool s’incruste en plein New York pour venir prêter main forte à Spiderman, sans que ce dernier n’ait vraiment son mot à dire.

Pourquoi une telle décision ? Selon la rumeur, un tueur à gage s’est pointé lui aussi à New York, histoire de régler quelques affaires dont… Deadpool, forcément. Ce dernier étant un peu lâche, c’est aussi pour ça qu’il va voir Spiderman. Le petit soucis dans tout ça c’est que ce tueur à gage n’est ni plus ni moins qu’un… singe ! Hit-Monkey de son petit (sur)nom, est un professionnel en la matière, il fournit toujours un travail propre, sans bavure et ne rate jamais sa cible. Sauf que pour le coup, avec Deadpool en face, ça risque d’être un peu plus compliqué…

Histoire courte oblige j’ai envie de dire, ça n’ira jamais bien loin, mais l’essentiel est là et on passe un bon moment. Le tandem Deadpool/Spiderman fonctionne bien: Deadpool fait toujours autant le con, Spiderman enchaine les facepalms mais finit toujours par lui prêter main forte et le duo réussi finalement par bien s’entendre, surtout quand la vie de l’un d’eux est en jeu. Enfin, surtout celle de Spiderman, vu que Deadpool est presque invincible… Et ce dernier montre toujours à quel point il peut avoir des idées de génie pour se sortir du pétrin.

Du coup, on ne s’y emmerde pas, il se passe toujours quelque chose, pas de soucis de rythme… Mais reste quand même une fin bien expédié, façon « Oups, j’avais pas vu qu’il restait 3 pages, VITE TORCHONS LE SCRIPT » maiiiiiiis, c’était un brin prévisible vu le format. Pas grave le charisme d’Hit-Monkey m’a largement suffit pour passer un bon moment. Et limite je me laisserais bien tenter par ses comics d’origine, même si non édité en France…

Concernant la 2ème histoire, je n’ai pas spécialement accroché. Deadpool part un peu loin des grandes villes, au nord de la Géorgie et se retrouve dans un petit coin paumé où, comme part hasard, il tombera sur une bande de malfrat qui s’amusent à dévaliser les bus qui passeraient dans le coin. Et forcément, Deadpool se rend compte rapidement que ces mêmes malfrats sont en fait les flics du coin… Il va donc en découdre, directement à la source où il s’amusera par la même occasion à endosser le rôle de Sheriff. Et c’est tout.

Cette histoire courte (forcément, vu qu’il prend la moitié d’un bouquin, donc 25 pages grand max) n’a pas le temps de s’installer et du coup, pas le temps de devenir intéressante. Tout passe trop vite, vraiment trop vite: Deadpool comprend rapidement qui est qui, localise en moins de 2 les méchants, leur règle leur compte en 2 pages et repart pour de nouvelle aventure. On sent bien qu’en dehors de ses qualités/défauts propres, la longueur a permis à Panini (l’éditeur Français) de combler le demi-tome rapidement, pour enchainer sur autre chose dans le prochain numéro…

Reste un joli dessin, assez différent de la précédente histoire, mais très bien maitrisé. Mais ça fait peu.

Deadpool Corps Tome 2
(A-Pool-Calypse Now )

Déception. Ô Cruelle déception que ce 2ème tome !

J’avais mis pas mal d’espoir en lui après un premier sympathique au possible malgré son dernier chapitre cataclysmique. J’espérais retrouver tout le potentiel que je pouvais palper dans le premier tome. Rappelez-vous: Une entité cosmique demande à Deadpool de… sauver l’univers, rien que ça. Pour ça, on lui demande aussi, parce que seul ça va être dur, d’aller chercher ses « doubles », ou plutôt équivalents dans les dimensions parallèles, au nombre de 4 membres. Sa version femelle, une tête volante, une version enfant et… un chien délabré.

Dans ce 2ème tome, on passe donc enfin à l’essentiel, la mission pour laquelle tout ce beau monde a été convié: détruire le grand méchant qui menace l’univers. Dans leur beau vaisseau, l’équipe va donc de planète en planète pour se renseigner ici et là pour savoir où se trouve la chose à abattre… Ce qui occasionnera bien sûr de nombreuses rencontres, et pas forcément dans le bon sens du terme. le voyage va être mouvementé.

Et dieu que c’est raté, dieu que je suis dégoûté de m’être retrouvé face à un beau gâchis. Bon, je grossis le trait, tout n’est pas à jeter non plus mais ils sont passés à côté de quelque chose et c’est bien dommage.

D’une part, le scénario est lourd. Simple dans les grandes lignes, inutilement lourd et pas passionnant dans les faits. Le problème vient qu’on nous promet rapidement beaucoup de chose, une certaine démesure, parce eh, c’est Deadpool ! Et finalement, on se retrouve à attendre sans cesse que les chapitres défilent rapidement, où Deadpool fera des rencontres dont on n’a rien à cirer à travers l’espace, pour espérer tomber sur l’essentiel, ce pourquoi on a sorti la CB. Et surtout, parce que ça va un peu de pair, le design des personnages autres que la D-Team est franchement médiocre.

En fait, chaque personnage rencontré est plus laid que jamais, n’inspirant alors jamais la notion de charisme. C’est peut être juste une question d’appréciation, mais j’aime encore et toujours du mal avec le design de ces E.T presque typique des années 80: tout jaune, tout vert fluo, des tentacules par ci, des multibras par là et j’en passe: c’est peut être voulu, mais je n’ai pas trop accroché.

Le style de l’auteur n’est pourtant pas mauvais, techniquement il est même plutôt très bon. Mais de manière générale, on ressent une certaine absence d’inspiration, comme si la seule idée que voulez mettre en avant le comic c’était la D-team contre le gros méchant de l’univers et que le reste n’était qu’un bête remplissage. Je dois pas être bien loin de la vérité.

Il y a bien quelques passages drôles (mais vite fait), intéressant d’un point de vue scénaristique ou même de « potentiel » en terme d’humour ou d’action débridée made in Deadpool. Sauf que non, ça ne passe définitivement pas. En fait, dans le fond, le comic est pleins de bonnes idées, de bonnes intentions, mais l’exécution y est ratée.

Les scènes d’actions sont souvent risibles (ou alors, c’est moi qui n’adhère pas à la façon dont sont traités les combats dans les comics), l’humour pas toujours drôle ou tout simplement: chaque passages prometteurs durent 3 pages maximum, alors qu’une bonne vingtaine, vu la narration rapide propre aux comics, n’auraient pas été de trop. Du coup, on finit toujours un peu sur la béquille à s’attendre mont et merveilles de la part de Deadpool, pour finir sur pas grand chose de bien palpitant. J’ai parfois souris, certaines références sont rigolotes, mais citer Star Wars ne suffit pas à prendre totalement son pied. Puis, pour ceux qui l’ont lu: tout ça pour ça ? Sérieusement ?

Un tome 3 ? Le dernier pour clôturer cette « trilogie » ? Je tenterais peut être mais ça m’a quand même pas mal refroidi.

Marvel Zombies
La Famine 

Dans le fond, je suis conscient de la réputation qu’à ce comic dans « le milieu ». Apparemment ce n’est pas fameux, pas si bon qu’espéré, surtout au vu du concept. Et quel concept ! Très en vogue ces derniers temps dans le monde vidéoludique, les Zombies s’attaquent désormais (enfin, à l’époque de sa sortie) à l’univers Marvel. Je dois reconnaître que  mélanger deux « styles » aussi différents que sont les zombies et les supers héros en collants est aussi intriguant que casse gueule.

Casse-gueule parce que le genre zombie est un genre, à mes yeux, où l’on peut rapidement dans le grand n’importe quoi. Je n’ai pas une grande expérience dans le domaine, c’est vrai, mais disons qu’à mes yeux, il est tout de même très tentant de sombrer dans l’envie la plus primaire de foutre du massacre à la pelle au lieu d’un vrai scénario, d’un vrai fond, comme cache misère. Ca peut être sympathique dans un premier temps, mais ça ne fait évidemment pas tout.

Mais intriguant malgré tout parce que c’est Marvel. Les super héros, un univers unique, une histoire qui s’étale sur un nombre dingue de numéro, d’années, d’histoires parallèles et j’en passe, il n’en fallait pas plus pour tenter la chose. Car s’imaginer une bonne partie des super héros/vilains emblématique de la marque en mode Zombie,  ça me donne forcément envie qu’on me prenne mon argent, là, tout de suite.

Et pour le moment, ça commence pas si mal que ça… à un détails près.

J’aurais dû m’en douter, Marvel oblige j’ai envie de dire, mais je pensais naïvement que cette série était…indépendante de tout autre univers. Que nenni ! D’entrée de jeu, même si le bouquin porte la mention de « numéro 1 », c’est… une suite. Un petit résumé se trouve au début pour resituer un peu le truc, toujours sympathique de penser à ceux qui ont loupé le train comme moi, mais un brin relou quand même. Mais les soucis de continuité, c’est ce que j’avais expliqué dans mon premier article dédié aux lectures comics.

Pour en revenir à Marvel Zombies, pour résumer: Les 4 Fantastiques de « notre » monde se sont retrouvé dans une autre dimension blabla sur une Terre alternative où un virus venu de l’espace a transformé tous les mutants en zombies. Du coup, ces derniers – qui comptent les grandes figures de Marvel donc, comme Iron Man, Wolverine, Hulk, Spiderman et bien d’autres – déciment la population terrestre et… crèvent la dalle fatalement. Toujours à la recherche de nourriture (vu qu’ils ne restent plus beaucoup de monde sur Terre), ils tentent tant bien que mal de résister à leur pulsions (ils sont conscient de ce qu’ils sont devenu malgré tout) et évitent de s’entretuer entre mutant. Du coup, les 4 Fantastiques sont réussis à fuir grâce au Magnéto de cette planète, non zombifié. Ce dernier est activement recherché par les mutants zombis, parce que laisser partir de la bouffe, ce n’est pas très très sympa.

En fait, la grande force de ce premier tome (en attendant de voir comment la suite se dégrade, paraît-il), c’est bien le côté gore/survie jouissif, propre au genre Zombie qui émanent de cette aventure en terre hostile. Les mutants sont devenus de véritables montres, ils en sont conscient mais ont toujours cette faim insatiable qui  les poussent à commettre des actes irréparables: tuer ceux qui empêcheraient untel de manger, voir, dans les cas extrêmes, s’adonner au cannibalisme. Embêtant quand certains essaient quand même d’améliorer la situation, voire éventuellement de trouver un antidote (même si le mal est déjà fait).

Il y a un ton résolument pessimiste qui se dégage de ce premier tome (et en même temps, c’est un bon point pour un truc de zombies) et je dois reconnaître qu’on prendrait presque un malin plaisir à suivre les aventures de cette bande de mutants affamés qui n’hésiteront pas à se frotter à de puissantes forces propre à l’univers Marvel (Salut Galactus), « juste » parce qu’ils crèvent la dalle; pendant que d’autres héros tentent de survivre à côté. Deux points de vue en quelque sorte, ce qui permet de varier un peu le scénario, parce qu’on finirait quand même par se lasser de ce jeu de massacre… Enfin, si ça se trouve, c’est justement ça qui cloche après. Nous verrons bien.

Et puis, dans tous les cas, le dessin a de la gueule. C’est crade, violent, gore tout en étant bien dessiné, l’ambiance « tout est dévasté, tout espoir est vain » est plutôt bien retranscrite. Seules les couvertures sont assez moyennes à mes yeux: le dessin en lui même est très bon, les idées pour mettre en scène ce mélange de zombie et de super héros sont bonnes mais pourquoi cet espèce de flou tout moche ? Pas un vrai flou à proprement parler, mais on a cette sensation que ce n’est pas net… Ou peut être est-ce dû à l’absence de contour. Enfin, c’est pour chipoter, l’ensemble est réussi.

Donc toujours conscient que c’est par la suite que ça se gâte, ce premier tome m’a plutôt bien plu et… je suis fou, je suis riche, j’ai que ça à faire: je tenterais la suite ! Ne serait-ce que pour lire le passage avec Howard le Canard, personnage Marvel qui m’intrigue au plus haut point. Ca sera toujours ça de pris pour prendre connaissance du personnage. Puis la fin du tome 1 intrigue aussi forcément.

Civil War, tome 1

J’en avais fait part, toujours, dans l’article « Comic » précédent, mais Civil War me faisait peur. Peur parce que je savais que je m’attelais à du gros morceau, du bel ouvrage, mais du gros pavé made in Marvel, et que je craignais d’être largué toutes les 5 minutes par tant de références, des références partout. Puis, en partie dû à une obscure personne, j’ai pu acquérir de façon accéléré un cours de rattrapage pour piger les bases qui servent au scénario de l’arc « Civil War ». En parallèle, j’ai aussi réussi à me convaincre de sauter le pas, parce que je ne voulais pas laisser passer un si gros morceau, j’avais trop l’impression de rater quelque chose… d’immanquable.

Peut être que mon amateurisme en terme de comic aidant, mais j’ai énormément apprécié Civil War, assurément la meilleure pioche de cette sélection du jour. Je n’irais peut être pas dire que j’ai pris une claque, maiiiiis… le plaisir était grand. Un récit passionnant, assurément.

Alors oui, clairement, quand on connait mal l’univers Marvel, on se sent un peu paumé ici et là. Des personnages inconnus au bataillon (Et je ne parle pas que du Typographe, je te vois venir toi là bas !), des références à des évènements dont on n’a pas spécialement entendu parler et j’en passe, il faut se faire une raison: des passages Marvel-World/Wikipédia sont fortement recommandés pendant la lecture (donc des « pauses » à prévoir) si on s’intéresse un minimum au background. Et Dieu sait qu’il est riche. Et ce n’est pas à voir comme une corvée ! Au contraire.

Dans un sens, oui, c’est un poil frustrant de ne pas avoir pu découvrir telles ou telles choses par soi-même, dans les comics d’origine. Mais peu importe, ça reste avant tout très gratifiant et passionnant de compléter sa culture Marvelesque et de voir le tout « s’imbriquer » avec Civil War, comprendre un peu les origines de certains personnages et ce qui les unissent à d’autres. Ca ne résout pas tous les points un peu obscures du scénario, mais globalement, ça passe quand même bien mieux. Il faut voir ça comme un bon cours de rattrapage (encore).

A côté de ça, la grande force du comic est de développer un aspect politique (probablement) inédit (Ou plutôt très rare) dans le milieu relativement poussé. Les supers héros, suite à un accident (un combat de mutant en pleine ville) qui a tué des centaines de personnes dont pleins d’enfants, se voient confronté à un choix. Pour résumer, l’état décide de mettre en place une loi pour les super héros les « forçant », justement, à se soumettre à l’état: le statut de Super Héros devient « un métier » à proprement parlé avec les avantages qui vont avec, mais en contre partie, ils devront révéler leur identité secrète jusqu’alors, puis être surveillé, encadré voir même devoir passer des tests pour jauger leurs puissances et définir ou non s’ils sont trop dangereux pour la société… D’un côté Iron-man est pour à 100%, là où un Captain America refuse obstinément d’y céder. Du coup, 2 groupes se forment, avec ces 2 super-héros comme représentant. S’en suit alors des tensions entre les 2 clans, les échangent verbaux fusent et qui vont même parfois jusqu’à l’affrontement (vu que ceux qui refusent de coopérer finissent dans une super-prison), versant le sang et les larmes par la même occasion.

Donc ouais, le récit est franchement captivant. Parce que l’aspect politique n’est jamais lourd – au contraire, coupler ça avec un tel univers passe franchement bien et donne beaucoup de crédibilité à l’ensemble – il s’y passe toujours quelque chose (Certains super héros doutent dans leurs choix, les amitiés/liens se font et se défont, des alliances se montent en secret) et que « réunion de supers héros/vilains oblige », on assiste à un joli défilé du casting de la marque. Alors ouais, parfois ça ne ressemble pas à grand chose (c’est quoi ce Hulk avec des cheveux blonds ? Ces persos fluos ? Ces clones/sous versions de mutants connus ? Ces costumes ridicules ?), mais en même temps… C’est ça le charme Marvel j’ai envie de dire.

A mes yeux, Civil War, malgré ses références par dizaines nécessitant un bon effort personnel (ou un très bon compte en banque) pour tout comprendre, est un indispensable quand on veut pleinement se lancer dans l’univers Marvel. Certes, reste à voir la suite pour confirmer cette bonne impression, mais je le sens bien. D’autant plus que le dessin frôle (vraiment) la perfection (Je parle de la première partie (« Civil War »), la seconde est gérée par un autre dessinateur qui se débrouille très bien mais…c’est un autre style quoi), je n’ai jamais vu un truc aussi beau dans un comic jusqu’à Civil War. Une claque à tous les niveaux en somme. Ouais, finalement, une claque.

Par contre, pour le coup, je ne remercie pas la version française (et sans doute la VO par la même occasion) pour le titre du tome 3, un spoiler dont je me serais bien passé.

 

Mar-veeeeel, ton univers incompréhensiiiiible…

Ca fait longtemps que j’aimerai me lancer pleinement dans l’univers si riche, si dense, si… infini qu’est l’univers MARVEL. Mais hélas, difficile de s’y retrouver. Entre séries qui perdurent depuis plusieurs dizaines d’années et qui s’entrecroisent avec d’autres, les reboots incessants et spins of de toute part sans oublier la parution française aléatoire; difficile de s’insérer dans ce joyeux bordel sans perdre un minimum le néophyte en quête de super héros (Je pense que je vais devoir sérieusement mettre une croix sur Civil War et tout ce qui l’entoure, c’est définitivement hors de ma portée). Un néophyte comme moi, qui s’est toujours intéressé à cette branche de la BD, mais sans jamais oser y aller, préférant se contenter des « produits dérivés » tels que les JV, films et autres adaptations en tout genre.  Ce ne sont pas les « meilleurs versions » ni les originaux, mais c’est facile à suivre dût à leur format imposé et au public visé et pour se mettre doucement dans le bain, c’est juste ce qu’il faut, à défaut de mieux.

Mais même en procédant comme ça, c’est frustrant. Frustrant parce que si on veut un « produit dérivé », il faut avoir du potentiel commercial. Quand on a envie de découvrir un personnage plutôt obscure, force est de constater qu’on est sacrément mal lotie, surtout en France : Comme moi, vous avez joué à Marvel vs Capcom 3 et vous avez été intrigué par le personnage de Modok ? N’espérer pas le retrouver dans un quelconque produit dérivé mettant en scène son histoire, ce n’est fatalement pas assez vendeur pour le mettre en avant. Et surtout, bonne chance pour retrouver ses aventures en comic, je ne suis même pas sûr que ça existe en France. Ou alors, comme une bonne partie des comics sorties chez nous : c’est sortie sous forme de magazine (bi)mensuel il y a 10 ans et plus, le genre de truc difficilement trouvable de nos jours.

Alors la solution est simple, pour les noobs : ne pas viser « trop haut » (vouloir lire les gros classiques qui tâchent) et essayer de profiter du vaste univers qu’est Marvel. Spin of, reboot, One-Shot, tels sont les mots clés à retenir dans votre recherche pour satisfaire votre envie de super-collant. Ca fait quand même référence à quelques anciennes aventures qui ne seront plus jamais disponibles, voir qui ne l’ont jamais été chez nous ? Il suffit de prendre son courage à 2 mains (parce que sinon, on ne lit presque RIEN) et d’aller fouiner Wikipédia et surtout Marvel-World, la gigantesque encyclopédie de cet univers, incroyablement riche et intégralement en français. Okay, on n’aura quand même pas lu la BD en elle-même, mais on ne sera pas totalement largué et ce n’est déjà pas si mal.

Petit compte rendu de mes premiers pas (Eh oui, il n’est jamais trop tard, surtout ayant toujours eu un gros penchant Manga, ça n’aide pas) dans l’univers de Marvel…

Spiderman Noir T1 & 2

J’ouvre le bal avec un super héros que j’apprécie, même si … comme avec un peu tout le monde, je le connais mal. Mais disons que j’ai grave kiffé le dessin animé du début des 90’ et les 2 premiers films m’ont bien plu, surtout le premier. Le 3ème ? Pas vu, mais apparemment c’est pas une grosse perte.

Pour rappel, le concept de la série Noir est simple : transposer l’univers Marvel à l’époque des années 30, soit peu avant la seconde guerre mondiale, toujours d’actualité dans cet univers alternatif. Pour Spiderman, on retrouve toujours un Peter Parker voulant devenir journaliste mais en partie, cette fois-ci, pour mettre à l’amende le gros caïd du coin, qui règne en maître sur la ville. D’autant qu’il est, SURPRISE, potentiellement responsable de la mort de son oncle, comme dans l’original.

Mais là où est tout l’intérêt de la chose, c’est de transposer finalement les grandes lignes de l’univers de Spiderman dans un monde très… sombre, noir (Forcément !), à l’ambiance très « Polar», assurément. Les années 30 sont superbement retranscrites et on prend un vrai plaisir à suivre Spiderman régler ses compte chez les mafieux, le rythme étant bien réglé et le scénario efficace. L’ambiance est excellente, visuellement le comic en jette pas mal aussi, notamment les variantes du costume de Spiderman, classieuse à souhait.

Evidemment, il fallait un peu s’en douter et ce n’est pas un défaut en soit, mais on ne retrouve pas exactement les personnages de l’univers de Spiderman (Marvel) exactement tel qu’on les connait, bêtement replacé dans le contexte des années 30. Comprendre par là qu’il ne faut pas s’étonner de ne pas recroiser un Dr. Octopus armé de multiples bras tel qu’on le connait, ou un Sandman malléable comme dans Spiderman 3. Justement, pour l’exemple, « Sandman » est un personnage juste « reconnu » pour sa force brute, vu qu’il est surnommé « Le marchand de Sable ». Mais pour le coup, c’est justement un grand plaisir de les croiser et de voir de quelle manière leurs histoires vont être remaniées pour coller à cette nouvelle ambiance. Et puis, il y a des nazis !

En somme, Spiderman Noir fait bien son boulot. La série n’est pas fini, j’attends impatiemment la suite car les bases sont très bonnes (ambiance, respect de l’univers d’origine) mais si j’avais un « défaut », quelque chose à lui reprocher, ça serait juste d’être finalement assez classique dans son déroulement. On reconnait de suite la touche Spiderman, mais j’aurais peut être souhaité un petit peu plus que ça, un peu plus de…folie ? A voir dans les prochains tomes.

Iron Man Noir T1

Parce que Spiderman Noir m’a donc convaincu du potentiel de transposer tout ces univers dans les années 30 featuring Nazi, il n’en fallait pas plus pour me convaincre d’essayer une autre variante de cette collection.

J’ai bien aimé les films Iron Man. Pas extraordinaire, pas du grand cinéma, mais c’était bien réalisé, bien « fun » pour du film de super héros et Robert Dowey Jr. dégage une classe monstrueuse : c’est décidé, Iron Man Noir dans mes fesses. D’autant plus qu’on m’annonce que ce voyage dans le temps transforme notre bon vieux Tony Stark en Indiana Jones improvisé au temps des nazis, à la veille de la seconde guerre mondiale. Comment y résister ?

Il faut reconnaître que l’histoire tient sur un ticket de métro. Tony Stark, grand aventurier qui raconte ses exploits dans les magazines « Marvels » (ahah) histoire de vendre du rêve pour faire oublier à la populace les prémices de la guerre, part à la recherche d’Atlantis, la cité engloutie. En route, il croisera des méchants nazis qui veulent à tout prix récupérer les informations de cette cité perdu et de ce qu’elle contient pour assouvir leur soif de dominatioooooooon du monde. That’s all ? Oui.

Et faut admettre que ça marche assez bien !  Le coté aventure à la Indiana Jones – qui est très juste au passage – est très plaisant : Tony Stark reste toujours l’homme séducteur, l’homme qui prend sans cesse des risques, défie avec classe ses ennemis ; l’inventeur hors pair qui te crée des armures de combats même dans les années 30, tel qu’on l’a connu par ses aventures classiques. Même le côté Iron Man pur (En armure quoi) fait plaisir : là on retourne à quelque chose de plus conventionnel, d’assez basique (Baston et gros moments de bravoure) mais eh, tabasser du nazis en armure de combat steampunk, c’est toujours avec plaisir, j’en redemanderai presque ! D’autant plus que pour ne rien gâcher, le dessin est fort joli, c’est détaillé et le design assure (même si ma préférence va aux dessins de l’armure de Stark (délicieusement retro) que des humains à proprement parler (mais qui ont de la gueule)).

Du tout bon ?

En fait, le problème – comic oblige je dirais dans un sens – tout va très vite. Bien trop vite même. C’est tellement condensé – sans être forcément désagréable – que tout s’enchaine sans qu’on ait le temps de vraiment s’installer au sein de l’histoire. Dans un sens, c’est bien, on ne s’ennui pas une seule seconde que ça soit l’aspect « Indiana Jones » que la partie Iron Man chez les nazis – bien qu’expédié en quelques pages. Mais, justement, pour le coup, ça donne aussi la sensation qu’il n’y a pas de profondeur au récit. S’attacher aux personnages ? Impossible, ça va bien trop vite. Développer le background des personnages, voir même juste du héros ? Trop peu de page pour se faire, pas le temps, faut que ça avance.

Pour le coup, je ne sais pas s’il y aura une suite, je ne me suis pas renseigné. Disons que le récit à un début et une fin, et pourrait très bien se finir la dessus, c’est « déjà ça ». Mais ça serait gâcher un bon potentiel… Car qu’on se le dise, c’était bien plaisant ! Ca fait office de bonne intro à cette vision alternative du héros, ça sent bon l’aventure et Iron Man casse la gueule à des nazis… malgré un certain manque de consistance évident.

Deadpool

On passe désormais à un personnage que j’aime beaucoup, mais, paradoxalement, que je connais très peu. On entend parler de lui à droite à gauche avec son apparition honteuse dans le film X-Men Wolverine ou sa première apparition dans la licence Marvel vs Capcom avec le troisième opus. Mais si on a envie de le connaître, c’est bien pour sa personnalité particulière ! On l’aime parce qu’il est légèrement timbré sur les bords car ayant survécu à une expérience ratée qui cherchait à lui donner le même facteur régénérant de Wolverine… Et surtout que, lié au point précédent, les différents auteurs se sont mis d’accord sur un aspect assez essentiel au personnage : le 4ème mur. Cette « technique » scénaristique qui permet au personnage de la fiction en question d’être conscient qu’il n’est pas réel et nous le fait savoir régulièrement.

Deadpool est « conscient » qu’il est dans une BD (ou dans un jeu vidéo pour Marvel vs Capcom 3) et s’en amuse régulièrement. Il va commenter l’action comme s’il était à la place du lecteur, lancera quelques blagues pour « nous » tout en faisant des comparaisons de sa situation avec un peu tout et n’importe quoi propre à notre culture pop’.

Donc, début Mars, Panini Comics passe la seconde : l’année 2011 sera sous le signe de Deadpool. Je n’ai pas le planning exact sous les yeux, mais pour le moment, en l’espace de 6 mois, 5 comics différents sont sortis chez nous et quand on sait à quoi point la distribution est chaotique en France, c’est presque un miracle. Petit passage en revu de ces comics – à un près – que je ne pouvais pas louper, gros fanboy en devenir que je suis.

Deadpool Collectif T1
(Wave of Mutilation, Part 1 & 2)

Hélas, soyons direct, ce numéro là est plutôt mauvais. Dans le fond, la base était bonne, propice à pleins de moments fendards tout en plaçant 2/3 blagues bien senties. Cette base ? Les PIRATES. Deadpool, sur un coup de tête, décide de se lancer dans une vie de pirate. Il s’achète un vieux rafiot et part à l’aventure avec son vieux compagnon Bob. Inévitablement, il finira par croiser d’autres « pirates » (Ou mercenaires des mers, mais aucune différence pour Deadpool) et les ennuis vont commencer blablabla.

Déjà ce qui choque et nous fait dire que ça commence mal, c’est le dessin. C’est assez laid. C’est mal dessiné. Des personnages comme Deadpool passent à peu près car ils ont des combinaisons, des costumes qui limitent le niveau de détails mais d’autres personnages à côté (Humains « classiques » on va dire) s’en tirent affreusement mal. On dirait un travail inachevé, les ombres sont faites n’importe comment, tout est très anguleux, c’est vraiment, vraiment pas très agréable à regarder…

Il n’y a pas grand-chose à dire dessus pour être franc. Outre le dessin, même le récit n’est pas génial. Le début est sympathique, oui. On sent un certain potentiel (comme toujours avec Deadpool) mais c’est toujours très mal exploité. L’humour ne fait pas vraiment mouche, les répliques sont un peu nazes et l’histoire n’est guère passionnante. On arrive à la fin, Deadpool s’est débarrassé des méchants pirates en même pas 50 pages, tout ça pour finir sur un « c’est tout ? ».

Heureusement que ça ne m’a pas couté plus de 4€, bien que j’attends le numéro 2 avec une certaine impatience, vu qu’au moins, les auteurs/scénaristes changent à chaque numéro. J’ai confiance !

Deadpool Corps, le club des cinq T1
(Prelude to Deadpool Corps)

Cinq Deadpool pour le prix d’un ? Le concept vend un peu du rêve.

Deadpool, celui qu’on aime tant. Miss Deadpool, la version gonflée aux boobs et à la Pony Tail, Kidpool, la version 10 ans du héros, encore plus incontrôlable que l’original. Dogpool, une version canine du pauvre… et Headpool, la version… tronquée on va dire, du mercenaire.

Pour une raison encore inconnue mais parait-il très importante (laissez moi deviner : sauver le monde ?), Deadpool part dans les dimensions respectives de chaque personnages (Pour les non habitués comme moi, parait que le principe des dimensions est limite banal chez Marvel) pour réunir toute sa bande. Rien que ça.

L’idée principale est que chaque chapitre, correspond au recrutement des différents membres de l’équipe (5 donc, le dernier étant la réunion finale avant le début de la vraie mission). 5 chapitres, qui seront réalisés par un dessinateur différent, multipliant alors les styles de dessins et l’ambiance qu’il s’en dégage. On alterne donc régulièrement entre passage très serious business (Le premier chapitre avec le General America et Miss Deadpool) et le grand n’importe quoi volontairement fendard : Je dois reconnaître que voir l’institut du professeur Xavier en mode « garderie » d’enfant (vu que c’est là qu’on y trouve Kidpool, mais aussi la version Kidz de Wolverine, Cyclope et compagnie) était particulièrement drôle.

Quant au dernier chapitre, j’y reviendrai plus tard…

Problème principal de cette itération aux multiples facettes: l’avoir sortie, tout en étant conscient qu’il manque des numéros consacrés à Deadpool dans la parution française. J’ai beau avoir plutôt apprécié le bouquin dans sa globalité (j’y reviendrais aussi), ce n’est pas très intelligent de sortir un comic qui fait souvent référence à un autre comic jamais sorti chez nous. Ce qui fait qu’on est un peu perdu… L’exemple le plus probant reste tout simplement le premier chapitre, qui met directement en place des personnages apparemment déjà connu, mais dont, pour nous pauvre français, reste un mystère presque complet. Marvel World, je t’invoque !

…Mais le pire, c’est que la traduction française en est consciente.

Pour faire simple : à l’origine, lors de certains dialogues, la VO n’hésite pas à placer dans une petite case annexe à quel numéro/comic, le personnage/dialogue en question fait référence, histoire de placer à peu près la chronologie de l’œuvre. Problème, comme dit avant, certains numéros mentionnés dans cette VF ne sont jamais sortis chez nous… Alors que faire ?

Un peu à la manière d’un troll subtilement placé, les traducteurs se sont amusés à « en rajouter », à commenter ces petites annotations. Ou, pour citer un exemple concret, Headpool (la tête volante) nous raconte qu’il a vu Deadpool dans la dimension Zombi :

–  « La dernière fois, je t’ai vu dans la dimension Zombi* »
Case annexe : « *Cette histoire, c’est dans une série pas encore publiée en France… Alors vous avez le droit de râler.»

Rien d’extraordinaire en soit, mais ça m’a fait quelque peu marrer. Un peu jaune dans un sens, mais vaut mieux en rire qu’autre chose… Parce que le reste de la VF tient franchement bien la route ! Okay, certains changements de références en feront rager plus d’un (Je suppose, mais ça doit être pareil que dans le milieu de la Japanim’), mais, dans l’optique de garder le même « impact » humoristique en français, c’est quelque peu nécessaire, même si ça fait bizarre de voir apparaitre le nom d’un célèbre groupe de musique français des années 80 dans un comic tout récent…

Et puis, il y a ce fameux dernier chapitre. En fait, je crois que c’est à cause de lui que je n’arrive pas à être totalement emballé. Comment peut-on l’être en même temps ? Incompréhensible scénaristiquement et surtout… surtout…n’ayons pas peur des mots, dégueulasse graphiquement. Alors que, malgré les styles différents, les précédents chapitres étaient agréable à l’œil (surtout celui de Headpool, superbe), ce dernier est un véritable doigt d’honneur aux règles du bon goût, histoire de boucler le tome sur les chapeaux de roue. Troll volontaire ? Je me pose sérieusement la question.

J’aurais aimé poster une image de ce chapitre, mais c’est difficile d’en trouver une correcte. Etonnant ? Disons que, pour visualiser le truc, ce n’est pas du dessin classique qu’on retrouve, mais de la CG. De l’image de synthèse. Pour. DE. LA. BD ?

Permettez-moi, je reviens.

Je disais donc. C’est affreux. L’excellent design des personnages, même si variable, mis en place juste avant est ruiné en quelques pages. Les CG sont d’un niveau pitoyable et nous font revenir facilement 15 ans en arrière, à l’époque des CG bas de gamme, torché, sans aucun respect pour le lecteur. Je n’arrive décidément pas à comprendre un tel choix. Comment ça a pu passer ?

Malgré tout, Deadpool Corps reste sympathique. Ces petits soucis de compréhensions et ce dernier chapitre dégueulasse gâche quand même le plaisir de la lecture, mais on y passe un bon moment. C’est parfois très drôle, varié, le concept est prenant et le dessin est parfois magnifique… Disons que, là encore, c’est une intro correcte, dont tout le potentiel prendra tout son intérêt dans le tome 2, qu’on espère avoir rapidement ici.

Et si possible, sortez les précédents numéros chez nous, ça serait sympa.

Deadpool : Il faut soigner le soldat Wilson
(Deadpool : Wade Wilson’s War)

Encore du Deadpool ? Oui, mais pour l’occasion, je laisse le meilleur pour la fin, assurément.

Deadpool, Il faut soigner le soldat Wilson est un comic qui revisite encore une fois l’histoire du célèbre mercenaire, mais sous forme de One Shot. Pas de lien avec d’autres comics à proprement parlé, on peut y aller sans risque… Même si c’est toujours intéressant de regarder qui est qui, dans les personnages cités, quand même propre à l’univers Marvel.

On y retrouve un Deadpool comme on les aime, au meilleur de sa forme je serais tenté de dire (surtout après les 2 précédentes lectures) : Humour, beaucoup d’action, des phrases percutantes, des références bien senties, la totale en gros.

Deadpool est au tribunal, étant accusé, avec ses comparses, d’avoir tués un paquet d’innocent. S’en suit alors une série de flash back un peu dans le désordre où, petit à petit, la version des faits de chacun semble quelque peu incohérente entre elles. Qui a raison, qui a tort ?

Au fur et à mesure de l’histoire, Deadpool nous raconte son passé, ses liens avec ses camarades de jeux,  sa version des faits concernant ce massacre d’innocent et ce qui les aurait poussé à faire ça. Toujours aussi conscient qu’il est dans une BD, il prend un malin plaisir à se jouer de nous. Nous raconte-t-il la vérité ou nous mène-t-il en bateau ? C’est finalement ça qui fait qu’on aime ce comic : Un Deadpool qui ne perd jamais le Nord même devant la justice, une histoire volontairement touffue, où s’entremêle vrai et faux flashback pour mieux semer la confusion jusqu’au grand final et surtout, en bonus, une bonne dose de 4ème mur brisé à grand coup de savate comme je les aime.

Il y a un vrai talent dans l’écriture (et dans la traduction par la même occasion, chapeau) pour rendre le personnage accessible à nous, les débutants en Marvel et toujours aussi irrésistible et fidèle à ses principes. Les références et les gags s’enchainent sans que ça paraisse ajouté à la va vite pour remplir un quelconque cahier des charge, on sourit voir rigole franchement des pitreries du mercenaire amoché.

Deadpool, Il faut soigner le soldat Wilson est assurément le meilleur comic dédié au personnage paru cette année. Ce n’était peut être pas bien difficile vu la concurrence (et ce n’est pas totalement faux) mais ce qui est sûr, c’est qu’il est bourré de qualité et passe très bien auprès d’un néophyte comme moi. Une vraie bonne surprise que j’aurais finalement peut être aimé voir prolongé sur un 2ème tome (du moins, en terme de qualité d’écriture, j’en veux plus souvent) mais eh, c’est déjà pas si mal qu’il remplisse très bien son rôle.

Adjugé vendu : Deadpool a obtenu un fan de plus.