Let’s read some Comics ! Fear Itself, suite et fin

C’est donc officiel, Fear Itself est bel et bien fini dans notre belle France, depuis début Juin. Entre la fin des ties-in, du dernier tome de Fear itself et des différentes épilogues, Fear Itself ne m’aura – ô surprise – pas bien marqué et confirme donc son statut de crossover de transition (Après Siège qui était la « fin d’une ère »), mais de manière bien maladroite. Scénario trop faible malgré de bons moments, bourré d’exploitation honteuse dans les ties-ins malgré quelques pépites/bonnes surprises et un final loupant méchamment le coche (malgré… rien du tout en fait); le crossover aurait pu être bien pire certes, mais j’aurais du mal à le conseiller. Surtout quand il sortira dans sa future version reliée… Mais en attendant, passons une bonne fois pour toute en revue les dernières sorties liées au bousin !

Rapide checklist du mois de Mai:

– Fear Itself 7: Composé de Fear Itself #7 et la fin de la série de chapitre « The Home Front »
– Fear Itself Hors Série 2: Composé de Fear Itself #7.1-7.3
Fear Itself, X-men Select 2: Composé de New Mutants #29-32
– Marvel ICONS 14Invincible Iron-Man #509 
– Marvel HEROES 14: Composé de Journey Into Mystery #628 (Partie II) – #630
– Marvel KNIGHTS 2: Composé de Ghost Rider #3-4
– Marvel MONSTER 2: Composé de Fear Itself: Hulk vs Dracula #1-3, Fear Itself: Youth in Revolt #1-6 & Fear Itself: The Homefront consacré à SpeedBall.


Petit diaporama des couvertures françaises – mon pouce levé va pour celle de X-men Select 2, bien classe (Même si… vous verrez plus bas) et la plus moche allant facilement à celle de Marvel ICONS, apparemment dessiné par un vétéran dans le milieu, mais eh, quand t’as plus la force de dessiner, faut pas te sentir obligé de le faire, tu nous épargneras une fracture de l’oeil.




Fear Itself 7 est une catastrophe. Les précédents arrivaient encore à se lire avec plaisir, et, dans l’optique où ce dernier chapitre se serait terminé de la même façon, on aurait eu un event moyen, mais un minimum agréable. Dans les faits, cet ultime chapitre gâche… tout. Mais genre vraiment. On s’attend à une conclusion un minimum digne de ce nom, mais c’est une véritable insulte envers le lecture qu’on a en retour. On s’attend à un peu d’action au vu de ce qui s’annonçait précédemment, on s’attend à une narration limpide au vu du scénario, mais qui sait où elle va, on s’attend à une bonne écriture dans les dialogues, on s’att… oui bon bref, vous avez compris, on n’a rien de tout ça.

Malgré le nombre de page un peu plus élevée, ça ne suffit pas pour tout développer, tout ce qui s’était accumulé jusque là: le combat Thor vs le Serpent ? Torché en quelques pages et imbittable. Le combat des Vengeurs transformés de façon moches en super-super héros, qui pouvait au moins annoncer de la grosse baston  ? Absolument RIEN, nada, que dalle. Une double page sympa (Immonen oblige aussi), quelques cases ici et là mais rien de plus, d’autant qu’on en vient à se demander à quoi ça leur sert… Dans les ties-in peut être ? Ca aurait expliqué bien des choses, mais même là, pour une raison que j’ignore, tout passe à la trappe, rien n’est développé à côté. Idée tuée dans l’oeuf à la dernière minute ? Fort probable.

La suite n’est pas en reste: la mort de Thor est bien torchée comme il faut et absolument pas crédible une seule seconde et les épilogues sont souvent minables: entre un Hulk qui fait réellement sortir Banner de son corps (?), pour en faire 2 personnages bien séparés (??), Sin qui échappe déjà aux gentils et le développement surprise d’un personnage dont tout le monde se fiche pour justifier la série post Fear Itself, Battle Scar, on sent vraiment un manque d’inspiration flagrant.


Pire encore, les épilogues « spéciaux », les « 7.1/7.2/7.3  » dédiés respectivement à Captain America/Thor et Iron-Man sont proche du minable. En fait, c’est un sentiment assez particulier: à première vue, ce sont pourtant des chapitres « solides » et qui ne semblent pas traités par dessus la jambe… C’est globalement bien construit, pas si mal écrit que ça et avec de bons dessinateurs derrière (Toujours Larocca pour Iron-Man, les même que d’habitude, quoi). Mais le fond est particulièrement fade, avec un scénario qui bizarrement, ne VEUT pas assumer ce qu’il s’est passé avant. Entre la fausse mort de Bucky qui ressuscite déjà (!) pour justifier sa nouvelle série Winter Soldier (Qui est peut être très bien, j’ai hâte de lire ça, mais la transition est ridicule), le peuple de Paris qui semble en partie ressuscité aussi sous les yeux de Tony Stark grâce au pouvoir d’Odin (Faisant perdre un peu l’impact de l’arrivée du monstre sur Paris à l’époque) et le passage avec Thor qui dévoile son remplaçant, à la fois anti-charismatique et aux origines incompréhensibles, j’ai parfois enchaîné les facepalm.

D’ailleurs, pour ce dernier, on avait l’impression que le scénariste ne s’est même pas cassé le cul à introduire proprement ce remplaçant: une justification surnaturelle pour le faire apparaître, et on n’en parle plus. Des fois, je me dis que je ferais un bon scénariste de comics. A méditer si ma carrière professionnelle actuelle ne décolle pas. Maigre compensation, le chapitre dédié à Iron-Man est presque sympathique, malgré son fond douteux.

Ce qui est d’ailleurs assez dommage, car dans la série régulière, Iron Man n’arrive plus à décoller, malgré ses bons débuts. J’en reviens à ce que je disais plus haut à propos du fameux combat « final »: alors que dans le 508, on pensait en avoir fini avec les préparatifs et qu’on pensait naturellement à passer la seconde dans celui ci, avec le conflit du point de vue de Tony, on nous fait encore patienter… dans la fonderie d’Asgard, avec la nouvelle armure d’Iron Man. Attendez, c’est pas ce qu’on a eu le mois précédent ? Ils ont vraiment étalé les dialogues de façon à ne pas « spoiler » l’essentiel du chapitre final de la série principale ? C’est d’ailleurs idiot: entre celui ci et le suivant (donc hors Fear Itself), ou même le 7.1, il n’a a/aura aucune… cohérence. On passe d’une scène/période  sans réellement comprendre comment on en est arrivé là, on sent bêtement qu’il y a un trou entre les 2. Ce qui aurait pu s’expliquer avec la série principale, mais… même pas. Moi qui appréciait bien la série jusque là, je suis tellement déçu.

Du côté de l’Enfer, il y a un peu de mieux, ou presque. D’un côté, Journey Into Mystery  se révèle bien plus sympathique qu’auparavant. Pour une fois, le fait qu’on arrive à la fin, que le scénario doit se conclure une bonne  fois pour toute, est bénéfique à la série et lui permet de retrouver – enfin – une efficacité qui était devenue bien lointaine. Entre un dessin pas désagréable (malgré des visages parfois bien ratés), une narration au langage soutenu mais qui finit par être limpide et bien rythmé, expliquant clairement ce qu’il se passe (Le passé du Serpent, ce qui se passe du coté de Thor mais vu par Loki), concluant les choses un minimum bien, et surtout un épilogue bien plus léger, avec un Vollstagg rentrant chez lui une semaine après le carnage, racontant alors l’histoire à ses enfants (avec son lot de mensonge pour le faire passer pour un héros et « censurer » l’histoire) avec beaucoup d’humour. Bref, une bonne bouffée d’air frais après un event définitivement trop sérieux. C’est un peu tard pour la série pour redresser totalement la barre à mes yeux, mais elle aura le mérite de me faire terminer l’arc Fear Itself sur un bon ressenti la concernant…


De l’autre côté, c’est New Mutants qui peine à convaincre. Je connais très mal cette équipe, mais elle me plait bien. Je vais pas énumérer chaque membre, mais j’aime bien Dani et son look d’indienne, Nate le « X-Man » ou même – surtout – Warlock qui semble complètement en décalage avec le reste de la bande, dans un style – niveau design – très particulier, avec gros yeux et déformation aux frontières du SD. Si, si, il faut le voir pour le croire, et se demander l’adresse du dealer du mec qui a pondu ça. Mais c’est fun ! Pendant Fear Itself, la bande des nouveaux mutants se retrouvent projetée, donc, en Enfer, pour diverses raisons que je ne résumerais pas. Enfin si, en gros, c’était une pseudo mission sauvetage. Objectif simple, mais potentiellement fun quand on se dit que ça arrive en plein conflit entre les forces d’Hélia, la reine d’Hel, et les forces du Serpent… Sauf que non.

Quatre chapitre, mais un développement trop long, trop lent pour vraiment arriver à ce que l’on attendait, et qu’on n’a quasiment pas: limite de 4 chapitres pour une histoire qui aurait pu s’étaler sur 2 de plus pour être à l’aise, le récit pêche par un manque de rythme et d’efficacité certain, malgré quelques passages sympathiques, et un style graphique vraiment pas déplaisant – bien que parfois très épuré. Bizarrement, on enchaîne les passages « prometteurs », en terme de réplique ou d’action, et tout est balayé d’un revers de la main 2 pages après, notamment la fin (tiens donc), complètement torchée, comme si le scénariste avait oublié la limite de 4 chapitres et s’est démerdé  pour finir ça en 3 pages. Dommage, mais ça m’a quand même donné envie de suivre plus régulièrement la série.

Ghost Rider est une série étrange. Déjà, comme on pouvait s’en douter et un peu à la manière du dernier chapitre des Thunderbolts la dernière fois, c’est une série qui a un lien très faible avec l’event, on se sent à nouveau dans une phase de « transition » pour partir sur de nouvelles aventures et lâcher le crossover. Donc du coup, niveau « apport », on frôle le néant, mais c’est un peu plus fun que l’autre fois, avec un Johnny Blaze qui balance des vannes rigolotes à tout bout de champs, s’allie avec un zombie pour contrer une nouvelle menace – le Serpent à peine vaincu à côté. Tout un programme, mais pas déplaisant. Mais c’est étrange dans le sens où ce Johnny… n’est pas le Ghost Rider. Il est le héros d’une série qui n’est pas « à lui », sachant qu’elle est censée mettre en avant la nouvelle incarnation féminine de l’esprit de vengeance. Celle ci est pour le moment du mauvais côté de la force et Johnny tentera de la raisonner, en gros. En soit, pourquoi pas (et le résultat est pas trop mal), mais c’est à se demander si ce n’est pas ça qui a, d’une façon ou d’une autre, finit par condamner la série après 9 numéros aux USA.


Concernant le Monster 2, aussi surprenant soit-il au vu de la qualité douteuse du premier, ce numéro redresse pas mal la barre et offre quelques bons moments ! … Sans totalement briller non plus. Mais sur les 3 récits qui composent le tome, 2 sont fort sympathique en fin de compte, malgré les apparences… Le moins bon ?

Hulk vs Dracula. Prometteur sur le papier, le résultat déçoit (forcément ?), même si ce n’est pas catastrophique. L’idée de base est fun et on aurait pu finir sur un gros clash entre le colosse de Jade et le roi des Vampires… Au final, on n’a quand même qu’une grosse part de discussions entre les vampires qui se demandent sans cesse comment vaincre Hulk, tout en réglant leurs conflits « internes ». On tourne trop souvent autour du pot, comme s’il fallait gagner du temps, sachant que dans le fond, on sait d’avance comment ça va se terminer… Sauf que ça ne se termine pas exactement comme prévu, et encore une fois pas dans le bon sens du terme. Là encore, le fait que ces chapitres se callent parallèlement à la fin de l’histoire principale fait qu’on se doute qu’il faut tout finir rapidement. Et là, on peut dire  qu’on est servit avec une fin assez ridicule (pourquoi ne pas avoir fait ça dès le début ?) tellement elle ne semble pas crédible une seule seconde.  Tout n’est pas à jeter pourtant, à commencer par un dessin plutôt bon et efficace (ce qui est étonnant pour un chapitre aussi « loin » de l’histoire principale, la logique voulant généralement qu’on donne les miettes aux dessinateurs moins doués) accompagnant bien quelques passages bourrins mais réussis. Mais ça fait de nouveau peu face au manque de prise de risque imposé par le contexte.

La mini série Youth in Revolt fût quant à elle une bonne surprise, car ce n’était pas gagné d’avance… Quand on a un univers vaste (infini ?) comme Marvel (ou celui des comics de super héros, DC pourrait très bien être concerné), difficile de fonder un minimum d’espoir dans une série qui met en scène des personnages qu’on ne voit presque jamais, même de loin, dans la plupart des events passés. Opportuniste ? C’est la première chose qui m’est venu à l’esprit avec des personnages ultra secondaires, aux pouvoirs parfois déjà vu (La nana qui se transforme en gaz, le mec qui fait des explosions, la clone de Thor, nommée… Thor-Girl, bonjour l’inspiration), mais force est de constater que le résultat est plutôt travaillé. Bien sûr, le scénario originel empêche le moindre miracle, la moindre prise de risque, mais l’ensemble tient bien la route avec un minimum de développement des différents membres de l’équipe, et leur façon d’appréhender cette « crise » en solo ou en équipe selon la situation; avec quelques passages où certains sont confronté à des choix cruciaux, et des conséquences – presque – terribles (Du moins, à leur échelle, mais c’est pas mal). Efficace, qui exploite un minimum le principe de la « Peur » ambiante; c’est tout ce que j’attendais.

C’est d’ailleurs ce que j’ai ressenti pour le reste des Homefront, cette fois-ci entièrement dédié à Speedball. Pas un personnage que je porte très haut dans mon coeur (son design particulier n’aidant pas), mais sa quête de rédemption suite aux évènements de Civil War, puis à sa reconversion dans la série Avengers Academy me l’ont rendu fort sympathique. Suite « logique » du coup, on assiste à son histoire en pleine « crise », avec une alternance entre un héros qui cherche toujours à se racheter malgré la haine des gens le concernant et des vies à sauver parce qu’il y a des Dignes sur le chemin. Mais ça serait trop facile de se racheter ainsi ! Même si parfois, justement, certains évènements sont trop « facile », la notion « d’échec successif » obligatoire envers les Dignes entraînent pas mal de bons passages, avec un héros qui se démène comme un diable, mais qui reste assez impuissant devant le désastre qui se tient juste en face de lui, tout en subissant les conséquences directes (Des morts de civils, pleins). Une aventure en « solitaire » (ou presque), particulièrement bien construite (Speedball en prend plein la tronche, mais de manière disons « crédible ») et qui colle d’autant plus au style très « photo réaliste » du dessinateur. Assurément le meilleur récit du lot.


La suite des évènements ?

  • Ceci étant le dernier article concernant le crossover, je ne chroniquerai pas les 2 séries post-Fear Itself, Battle Scars et The Fearless. Ou alors, pas sous cette forme, mais j’y travaille… Mais pour ceux qui se poseraient la question: oui, c’est NETTEMENT plus sympa que FI pour le moment. Mais bon, on sait à quel point ça ne veut rien dire pour le long terme…
  • Oui, j’aimerais bien continuer ce genre d’article, mais (donc) pas sous cette forme. Je pense à la vidéo, même si je ne sais pas encore comment, je n’ai pas tellement envie de m’amuser à filmer d’une main le bouquin en question et torcher un avis en 2 minutes.
  • Du coup, je ferais plutôt un seul article global pour chaque gros « crossover » si je passe par écrit, comme pour les futurs Spider-island ou Avengers Vs. X-men dans un avenir proche, ça sera sans doute plus sympa à lire (et à écrire pour moi).

 En attendant, je vais changer un peu d’air, et lire un peu de DC.

Let’s read some Comics ! En route pour Fear Itself #5

Toujours à la bourre ! Avant dernière partie avant le grand final (qui ne laissera sans doute personne indifférent, mais pas dans le bon sens du terme) de l’event mou du genou de chez Marvel; en espérant que le suivant sera plus… rigoureux, contrôlé, avec un petit seau « Seal of Quality » dans un coin, car on l’aura bien remarqué au fil des mois: Fear Itself a tendance à méchamment se barrer en sucette, un peu dans tous les sens en exploitant pas vraiment comme il faut ses personnages, pourtant à fort potentiel. Allez, conclusion (sans doute rapide, même s’il y a masse de chose à redire sur ce crossover, je trancherai d’ici là) avant la mi Juin. Bonne lecture !

Commençons d’abord par la checklist du mois d’Avril:

– Fear Itself 6: Composé de Fear Itself #6 et la fin de la série de chapitre « The Home Front »
– Marvel ICONS 14: Composé de New Avengers #16 et Invincible Iron-Man #508 
– Marvel HEROES 14: Composé de Avengers #17 et Journey Into Mystery #627-#628 (Partie I)
– Marvel STARS 14: Composé de Thunderbolts #161 et #162 (Suite et fin)
– X-men 14: Composé du Uncanny X-men #543
– Marvel HEROES Extra 10: Composé de Avengers Academy #15 à #20


Petit diaporama des couvertures françaises – ma préféré étant celle de Fear Itself 6 (Immonen, forcément), et la plus moche celle de Marvel Heroes (le reste n’étant pas non plus d’un niveau extraordinaire):



Fear Itself 6: Faisons simple et court, vu que eh, le schéma de chaque chapitre est sensiblement le même: Un peu de bravoure et quelques répliques bien senties – surtout venant de Steve Rogers engueulant gentiment Odin, un affrontement final qui se prépare petit à petit où l’on voit un peu plus clairement les objectifs de Tony Stark; le tome se laisse suivre avec plaisir, annonce plein de bonnes choses mais se retrouve dans une impasse: comment conclure tout ça en 40 pages, pour le chapitre 7 ? Comme faire quelque chose d’épique – vis à vis  des combats qui s’annoncent sur de multiples fronts, rendre dignement hommage aux personnages tombés au combat et tout simplement faire une fin propre et concise pour passer à la suite ? C’est mathématiquement impossible, et en attendant un avis plus complet, je vous le dis en mille: le #7 confirme bien ce doute.

Ce qui n’aide pas à apprécier un peu plus ce tome pas foncièrement mauvais, c’est la fin des Home Front. Là où ce genre de récit pourrait raconter brièvement des choses intéressantes, en complément de ce que l’on croise à côté, c’est malheureusement l’occasion pour Marvel de faire de l’exploitation honteuse, du meublage pur jus (bon, vous allez me dire, ce n’est pas la première fois). Comprendre par là qu’on va y retrouver de courts récits sans grand intérêt, mettant en scène des personnages dont on n’a pas grand chose à cirer (Blue Marvel ? L’Aigle Américain ?) et dont on ne voit toujours pas le lien avec l’event. Seul le récit lié aux Vengeurs des Grands Lacs tire son épingle du jeu avec un peu d’autodérision (Quand un des personnages s’exclame « On se croirait presque dans un crossover Fear Itself ! » devant l’absurdité de la situation dans laquelle il se trouve), d’humour constant qui fait mouche; à défaut d’apporter grand chose, surtout en aussi peu de page. Ca fait maigre, mais on fait avec ce que l’on a.


New Avengers, poursuit et fini de façon sympathique l’arc Fear Itself. Pas forcément le meilleur du lot, il n’apporte pas grand chose dans le fond, mais il a le mérite de rester constant du début jusqu’à la fin – et ce n’est pas donné à tout le monde, qu’on se le dise. L’occasion pour les scénariste de profiter de ce vide scénaristique pour mettre en avant « pour le fun », un perso qu’on ne voit pas souvent: Daredevil. Je ne le connais pas des masses – je suis désormais sa série récente dans le Marvel Knight, et c’est pas trop mal – mais ce chapitre assure pas mal et rend honneur au charisme du personnage, avec principalement des combats bien mis en scène et jouissifs entre Daredevil et des nazis pour aller sauver les miches de Squirrel Girl (Et un Daredevil armé d’une machine-gun, moi je dis banco) et toujours un dessin redoutable d’efficacité dans l’action, de justesse dans son trait jusqu’au bout.

Iron Man traîne toujours un peu en longueur, et confirme l’impression du précédent: on sent que la série aimerait passer à autre chose (elle est pleine de potentiel et m’a fait passer de très bon moment par le passé, donc hâte de voir la suite des évènements), mais se doit de rester en parallèle à l’histoire principale. Du coup, oui, on en prend toujours pleins les yeux visuellement (une constante depuis que je lis la série et je vais pas m’en plaindre, le dessin est très bon, riche en détail malgré son aspect « informatisé à 200% » et la colorisation souvent au top malgré quelques ratés), c’est dans la forme bien rythmé et maîtrisé – le plaisir est donc toujours là – mais le fond du scénario s’étale encore et toujours trop. Je n’ai d’ailleurs pas encore lu le numéro de mai à l’heure actuelle, mais je sens d’ici le torchage pour boucler l’arc du côté de Stark…


Avengers s’enfonce toujours un peu plus. Pas aussi mauvais que le précédent dans le fond, mais par rapport aux premiers par Dieu Bachalo, on tombe de haut, fatalement. Raclage de fond de tiroir avec un Romita Jr à bout de souffle, le chapitre – qui oppose les Vengeurs une énième fois à Sin, sans la moindre impact sur la suite des évènements – est ponctuellement constitué de choses sympathiques mais sans jamais réellement convaincre. Certaines planches sont presque réussies et dégagent un petit quelque chose: Romita foire toujours autant les personnages dans le fond (surtout les femmes, hélas, tout le monde ne peut pas s’appeler Terry Dodson), mais reste agréable malgré tout par une coloration qui embellit parfois bien le dessin, et toujours cette notion de dynamisme propre au dessinateur qui lui donne un certain cachet. A côté de ça, on sent donc qu’on s’étale toujours autant parce que le scénario manque à l’appel, occasionnant quelques passages assez fun toutefois avec les armures d’Iron Man en mode pilotage automatique dans la tronche de Sin, mais ça ne suffit pas à se faire entièrement pardonner… Heureusement que c’est le dernier chapitre, à la fois estampillé Fear Itself et Romita Jr, d’ailleurs.

Journey Into Mystery semblait pourtant enfin partir dans la bonne direction, ça semblait bouger un peu, mais le temps du #627, un interlude en la compagnie de Mephisto, le soufflet retombe quelque peu et on s’ennuie ferme. En fait, le gros soucis, c’est que cet interlude intervient au « mauvais moment », à un moment où on aimerait que ça avance de bon et pas qu’on nous assène d’un blabla bien pompeux comme il se doit, multipliant les références à l’univers Marvel… que personne ne connaît, laissant donc un peu sur la touche le lecteur. En gros, ça n’a ni queue, ni tête.  Le #628 relève la barre (puisque la suite directe) mais Panini voulant à tout prix meubler son magazine à cause de la réduction de page des chapitres US (On passe de 24 à 20 pages) on se retrouve avec… la moitié du chapitre. Donc ça semble commencer bien, mais ça s’arrête sec en plein milieu. Gé-Nial.


Thunderbolts revient enfin aux sources ! Après un petit passage à vide, avec tout le côté « serious business » qui découle du crossover, les tribulations d’une des équipes Marvel que je préfère prennent un peu de distance avec l’event (et n’en a presque plus rien à voir d’ailleurs, c’est juste la transition avant de virer définitivement le macaron) pour repartir sur une base bien plus fun, décomplexé, comme à la bonne époque où je les ai connu. Une histoire volontairement oldschool, un scénario de comicbook pur jus en somme (mais qui n’est pas forcément un défaut en soi) où on y trouvera le méchant bien connu, Zemos Jr qui profite de la peur installée un peu partout pour balancer une bombe sur Chicago et qui enchaîne sur une étrange invasion de créatures aquatiques, dont les Thunderbolts devront repousser l’assaut. C’est assez « délirant » dans le concept vis à vis de ce que l’on a vu avant, mais c’est une véritable bouffée d’air frais, ça fait du bien de retourner à quelque chose de simple et qui va à l’essentiel, sans trop se prendre au sérieux. Ma foi, beau rattrapage, même si le dessin pèche toujours un peu (N’est pas Kev Walker qui veut).

Uncanny X-men persiste et signe et offre définitivement une bonne saga dans cet event. C’est d’ailleurs un de mes préférés finalement, et je ne pense pas que la fournée de Mai changera quelque chose. Collossus change donc d’apparence, et devient le « disciple » de Cittorak, l’ancien proprio du Fléau. Le chapitre met avant tout en avant les premiers pas de l’homme de métal avec sa nouvelle force (déjà qu’il était bien loti avant) en le faisant directement affronter le Fléau en mode Digne. Bien que le twist de fin soit prévisible et minable (la fuite des Dignes pour le combat final), ce fût un bon chapitre avec un Colossus à la force démesurée et montrant qu’il avait clairement le dessus sur son adversaire, tandis qu’Emma Frost tente de se débarrasser d’Hope avec en bonus l’intervention de Namor dans son légendaire slip de bain… le tout soutenu par un dessin toujours aussi bon, retranscrivant à merveille toute la puissance dégagée par ce combat de titan. Un vrai plaisir à lire.

Avengers Academy est une chouette série. J’ai tenté d’en parler dans le récent podcast que j’ai effectué, mais pour ceux qui l’auraient zappé: c’est plutôt bien écrit et intéressant à suivre, malgré son design un peu kitshos sur les bords, et un concept très proche des X-men: Durant la saga Siège, des ado avec des pouvoirs en quête d’identité avaient été enrolé par Norman Osborn, le grand méchant emblématique, dans le but d’en faire des « super méchants », dans l’idée. Une fois son « règne » fini, que faire de ces jeunes à l’esprit perverti, qui peuvent à tout moment passer dans le côté obscure de la force ? L’Avengers Academy est là. Malgré l’image mentale en pensant à la Star Ac’, c’est une série qui met en place ces jeunes dans une école de « redressement », dirigé par Quicksilver, Tigra et surtout Henry Pym, l’homme Fourmi – dans l’espoir d’en faire de bons vengeurs.

Pendant Fear Itself, l’école se fera grosso modo attaquer par un des Dignes d’un côté et ces nouveaux jeunes vengeurs se verront confrontés à l’impact d’une telle « guerre » sur la population (« On ne peut pas sauver tout le monde ») et des doutes qu’ils peuvent ressentir dans ces moments là (« On est surpuissant, mais on ne peut rien faire face à la situation » ou « C’est la première fois que je tue quelqu’un, je me sens mal »). Et c’est drôlement chouette en fait. On sent – certes – que certaines situations sont tirées par les cheveux pour étaler la sauce, mais c’est suffisamment bien construit, écrit (Ce n’est pas uniquement de la baston, mais on assiste à de bons développements de personnage), et rythmé pour que ça passe tout seul. Le dessin n’a jamais été extraordinaire, mais fait bien son boulot, sans ratage particulier. Et en plus, Panini a eu la bonne idée de publier tous les chapitres liés à cet event en un seul bouquin, parfait pour tout lire d’un traite malgré l’épaisseur du scénario.



Le mois prochain ? Suite et fin de Fear Itself forcément, Iron Man, Ghost Rider, Journey To Mystery, ainsi que l’arc complet dédié à l’event pour la série New Mutant; et les dernières miettes en terme de séries très secondaires dans le second Marvel Monster (Oui, malgré la qualité du premier), dont le sympathique sur le papier (même si je ne me fais pas trop d’illusion non plus) Hulk vs Dracula. De toute, ça peut pas être pire que le chapitre précédent dédié à ce même Dracula, complètement nullissime.