Podcasters Assemble #3

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Avec un bon gros mois de retard dans ce que nous avions prévu, on commence quand même 2013 avec notre 3ème podcast en grande partie dédié à quelques lectures récentes chez Marvel, malgré une petite touche de Batman, parce qu’on aime tous un peu Batman. Toujours avec Gemini en co-pilote.

Au programme, dans ce podcast qui dure pas loin d’1h40 au total :

Et comme toujours, la version Youtube pour le streaming:

Kick-Ass, podcast, comic et bal masqué

Histoire de changer de registre pour ce troisième podcast, c’est au cinéma que je vais m’attaquer. Exercice bien plus difficile qu’il n’y parait (enfin, je trouve), mais dont je vais tenter l’essai, pour le meilleur comme pour le pire. D’autant plus quand je sais que l’on pourrait facilement s’étaler bien en longueur au vu du sujet… Mais j’ai essayé de ne pas partir dans le pavé auditif de fanboy, comme je pourrais le faire avec Watchmen… On ne se refait pas.

Kick Ass
, c’est le sujet de la semaine. Dans un premier temps, c’est donc un podcast sur la récente sortie du film en France, le 21 Avril dernier, pour ensuite, m’attaquer au monument qu’est le comic d’origine, dont le premier tome français est sorti au mois de Mars dernier (Merci Overblog de ne pas permettre aux utilisateurs de mettre au moins 2 catégories par article, c’est super pratique).

C’est parti pour la dissection d’une oeuvre singulière, marquante et surprenante.

Le podcast:

On remerciera Youtube au passage pour m’avoir empêché de poster ma vidéo là-bas avec les 2 anciennes, pour des raisons de « droits » concernant le film (par contre, pour retrouver tous les derniers animes en vost le lendemain de leur diffusion, il n’y a aucun problème). Dailymotion n’a pas encore tilté, je vais croiser les doigts…

N’hésitez pas à m’incendier (je sais, le micro est toujours aussi pourri), c’est comme ça que les choses avanceront ! (et que j’achèterais un nouveau micro)

Quant au comic, c’est, comme vous l’aurez compris et même deviné sans avoir écouté mon podcast, très au dessus du film. D’une part parce que c’est l’original dans cette affaire, mais aussi – surtout – parce qu’il jouit d’un support n’imposant, ou presque, aucune limite. Kick Ass est violent, cru et n’hésite pas à taper là où ça fait mal. Tout le contraire du film, qui semble s’être vu obligé de rabaisser ses exigences au niveau du grand public. Dommage.

Mais côté papier, Millar et Romita Jr s’en donnent à coeur joie, et ça se ressent à chaque page de comporte les 8 tomes US, ou les (futurs) 2 tomes français. Le
synopsis ne change pas d’un pouce dans sa version papier, c’est toujours l’histoire d’un ado mal dans sa peau qui cherche à se trouver une utilité dans le bas monde dans lequel il vit. Pas de bol, faire le super héros, ça ne marche et il en paye le prix fort: plusieurs mois à l’hosto, des plaques de métal partout dans le corps… et une envie encore plus forte de remettre les couverts dans sa tenue de plongée payée sur Ebay.

La différence principale avec le film, c’est donc d’ordre graphique: d’une part, pour faire bref, le design a meilleur goût que le film, avec des costumes qui restent « amateurs » dans l’esprit, tout en étant beaucoup moins kitsh. Je crois que je comprendrais jamais le changement de look pour le personnage de Red Mist, qui passe de simple héros masqué à emo gay en pleine crise d’adolescence. Et puis surtout, le comic est violent: ici ça gicle dans tous les sens, aucune concession n’est faite et personne n’est épargné, tous le monde en prend pour son grade et dans tous les sens du terme. Même si certains trouveront cet aspect gore un peu trop abusif, il aura eu un sacré effet positif sur moi: celui de rendre crédible ce scénario presque improbable en me permettant de bien se rendre compte de la violence de certaines situations (j’ai jamais eu autant mal psychologiquement en voyant un type se faire électrocuter les testicules) et montrer à quel point se prendre pour quelqu’un que l’on n’est pas, ça peut être fatal. La violence n’est jamais gratuite et sert toujours à merveille le scénario de Kick Ass, même si les scènes d’action en sont tout de même d’autant plus jubilatoire ainsi.

Le scénario du comic, c’est aussi, et surtout, ce qui le rend aussi génial que profond, bien au delà du film. Pour faire simple, sa force, ce sont les multiples niveaux de lecture, la façon dont peut peut appréhender l’histoire. On a d’un côté l’aspect teenager (bien plus prononcé dans le film d’ailleurs, sans doute pour compenser la violence amoindrie) en premier plan (avec de l’humour, des répliques qui font mouches (Ah, Hit Girl…) et des références à la pop culture vraiment plaisantes), pour aller progressivement vers quelque chose de plus sombre, où la psychologie des personnages se développe de plus en plus pour laisser place à quelque chose qui va à l’encontre de ce que l’on croise souvent dans les comics. Souvent, il m’était arrivé de penser que le scénario était sur le point de repartir vers quelque chose de trop manichéen, oubliant un peu sa nature violente et à contre sens…

Mais Millar oblige, chaque rebondissement a le tour de force de changer littéralement la façon dont on perçoit le scénario et les personnages, pour ne jamais (ou vraiment très rarement) sombrer dans la facilité. Big Daddy est sans doute l’un des exemples les plus flagrants à ce niveau, là où le film a rendu le personnage trop esquissé, trop superficiel. Finalement, le plus gros regret une fois la lecture de Kick Ass fini, c’est cette impression de n’avoir lu qu’une grosse introduction, un premier « arc scénaristique » où au final, malgré quelques moments (très) forts, tout va trop vite, où les enjeux sont finalement assez peu important. Il y a bien un épilogue qui appelle à une suite, et on l’aura bel et bien,
puisque prévue, mais en attendant – vu que l’histoire se « conclue » tout de même comme si tout était fini – on reste sur un sentiment de frustration. Une longue jouissance précédant la frustration, mais frustration quand même.

Concernant son passage en France, le comic jouit d’une traduction de très bonne qualité. Pas de tournure de phrase bizarre et de références qui sautent contrairement à un certain Scott Pilgrim, tout en conservant un bon langage cru; l’édition s’en retrouve soignée, avec la conservation des couvertures originales américaines en guise de page de transition de chapitre (Chaque « chapitre » d’un tome français correspondant en fait à un tome US, tome qui ne fait que 20 pages en général). Seul bémol à ce beau tableau, on aurait pu, vu le nombre de tome US au total, avoir directement un seul et unique bouquin, regroupant toute l’oeuvre (8 tomes, donc, vous suivez ?), puisque ne dépassant pas les 200 pages au total. Un peu comme l’édition française de Watchmen (même si certains pourront chier sur sa retraduction un peu bancale), qui regroupent les 12 tomes US en un bon gros pavé de 300 pages avec pleins de bonus pour… 15€.

Quoiqu’il en soit, Kick Ass est une excellente oeuvre, plus sombre qu’il n’y parait tout en alternant humour, référence geek et critique de notre société, donnant un nouveau visage aux super héros; tout en jouissant en plus d’une version française de qualité méritant clairement son achat. Rien de tel pour se lancer, si ce n’est pas déjà fait, dans l’univers des comics sans le moindre regret.