Podcasters Assemble #2 : Spéciale New 52

Aujourd’hui, toujours avec Gemini et moi-même, podcast spécialement dédié à notre seconde vague personnelle de lecture des titres comics issus de la vaste opération marketing qu’est le New 52, ou le redémarrage de l’univers DC pour accueillir un tout nouveau public !

Au programme, dans ce podcast qui dure pas loin de 2h au complet :

Et comme toujours, la version Youtube pour le streaming:

Découvrons DC Comics avec… le DC Comics Anthologie

Vous avez envie de lire des comics de super héros issus de l’univers DC Comics ? Vous êtes plus Batman qu’Iron Man ? Mais vous ne savez pas quoi lire, et/ou n’êtes d’office pas attirés par les récits trop vieux ? Je vais peut être pouvoir vous aider par cette série d’article qui leurs sont dédiés (Estampillés « Découvrons DC Comics avec… » suivi de l’œuvre/univers traitée) et qui devrait perdurer sur le long terme sur le blog (ça dépendra bêtement de ce que j’achète). Comprendre par là qu’en gros, dans le fond, ce seront simplement des articles sur mes dernières lectures dans le monde merveilleux des comics de l’univers DC Comics (que je découvre à peine), mais aussi conçus dans le but « d’aider » (toutes proportions gardées, je n’ai aucune prétention) des lecteurs de passages à y voir un peu plus clair dans les récentes parutions françaises (principalement Urban, puisqu’ils ont désormais les droits de publication de DC Comics, mais il y aura tout de même un petit peu de Panini dans le lot).

Outre une critique de (ou des) œuvre(s) en question, j’essaierais d’expliquer un minimum le contexte de la chose, ce qu’il faut savoir pour le prendre en main, son accessibilité quand on débute un peu comme moi, autour d’un thème ou personnage particulier. Evidemment, je ne parlerais que des sorties librairies et non du kiosque (Les magazines de « prépublications ») sauf cas contraire (il y en aura un peu, c’est vrai) et forcément en VF. Parce que bon, sinon, j’ai pas fini. Et oui, d’autres ont sans doute fait des choses similaires, mais laissez moi alimenter mon blog comme je peux.

Je commencerais par ce que j’estime être le meilleur point d’entrée, même s’il n’est pas… sans risque (mais plutôt « logique » aussi), le recueil DC Comics Anthologie. Par la suite, histoire de faire un peu de teasing, je reviendrais sur le « prologue » de la Renaissance DC (ou les New 52 en VO) Flashpoint, la première partie du run de Grant Morrison sur Batman, un tour d’horizon de quelques publications autour du Green Lantern ou même la fascinante et surprenante Batwoman. Enfin, une bonne partie de la production Urban, vu que je prends presque tout ce qui sort… La Passion !

Le DC Comics Anthologie, c’est un bon pavé de 288 pages contentant 16 récits sur les super-héros de la firme, de 1939 à 2011. Véritable voyage à travers le temps, parsemé d’anecdotes et d’explication sur l’évolution de la firme et du genre au fils des années, ce bouquin permettra à tous de se plonger dans tous ces univers qui ont permis de construire le genre.

…Bon, ca va, je crois que j’ai assez bien résumé la fiche produit trouvable sur n’importe quelle site.

J’avais une vraie envie de découvrir un peu toute cette histoire, parce que je n’y avais pas mis les pieds avant… 2011, de manière « sérieuse », « motivée » et « impliquée ». Les comics et moi, c’est vraiment tout récent et quand on regarde tout ça de loin, c’est quand même pas franchement évident de savoir par quoi commencer. Cette anthologie tombe plutôt bien du coup (Il est FAIT pour être accessible, c’est son but), et son prix le rend encore plus attractif, il n’en fallait pas plus pour me faire sortir la bat-carte de crédit ! Et je dois dire que… je suis assez partagé le concernant. Je dirais même plus, j’ai vraiment du mal à le juger convenablement. Je vous explique tout ça juste en dessous, mais je peux d’ors et déjà résumer la chose par « C’est un bouquin où il faut vraiment savoir dans quoi on mets les pieds ».

Alors en soit, intrinsèquement, c’est un très bon bouquin, difficile de remettre ça en cause. C’est complet, on a vraiment de bons « échantillons » de chaque période, afin de se faire une bonne idée de ce qu’il se faisait à chaque époque. L’aspect éditorial cher à Urban Comics (Principalement reconnu pour sa volonté de donner moult explications dans ses publications pour que le lecteur soit aussi à l’aise que possible, et le contrat est excellemment bien remplit à ce niveau) est toujours présent et on en apprend vraiment beaucoup sur la firme, comme de nombreuses mini-biographies des grands auteurs impliqués, scénaristes et dessinateurs qui ont travaillé sur chaque récits qui parsèment le livre. De plus, d’un point de vue purement matériel, le livre est superbe.

Outre l’excellente illustration du divin Alex Ross (mais qui peut déplaire par son hyper réalisme), on a surtout affaire à un livre très solide, au papier mat de qualité dosée; même si certains récits (surtout les plus récents) se savourent un peu plus sur du papier glacé (Je pense surtout au chapitre de Justice League « 2011 », plus terne en terme de couleur que le volume relié propre à cette série sorti plus tard). Et plus simplement, j’ai pris du plaisir à lire certaines histoires – surtout dans les plus récentes – me donnant une vision plus précise que j’avais de tel ou tel personnage. Je pense principalement à ce même Justice League, au récit dédié au Joker qui revient sur ses origines ou le travail d’Alan Moore (mais pas que) sur le Green Lantern dans les années 70, dont la mythologie moderne de cette même licence continue toujours de se baser dessus, ce qui force quand même un peu le respect.

Mais, de l’autre côté, il y a quand même un soucis un poil gênant. Ca peut sembler évident aux yeux de certains, mais une majorité des récits présents ont forcément… très mal vieilli. Alors ce n’est pas forcément le dessin qui cloche, il peut encore passer (ou être supportable, comme vous voulez) selon les récits malgré le coup de vieux évident, mais c’est vraiment le fond de l’histoire, la qualité du scénario et des dialogues qui ont souvent mal vécu le poids des années. Il faut quand même se rendre compte qu’à proprement parler, il faut au moins avoir lu la moitié des 16 récits proposés pour commencer – et seulement commencer – à lire quelque chose de vraiment « intéressant ». Bon je n’ai rien contre les vieux récits, surtout que la qualité ne vient pas forcément de façon chronologique, il y a aussi du lourd voir du mauvais dans les plus récents (Je pense à celui sur Wonderwoman, imbuvable et mal dessiné… et pourtant de 2005 !).

Je ne veux donc pas rabaisser des histoires qui ont 60 ans derrière elles, mais il faut quand même reconnaître que c’est très difficile à lire de nos jours, encore plus – justement – pour quelqu’un qui n’a pas eu de contact avec ce genre de production depuis longtemps voir jamais. La narration est particulièrement pénible, notamment avec cette omniprésence du narrateur dans chaque case pour expliquer ce qu’il s’y passe (Alors que de nos jours, tout se fait par le visuel, on prend le temps de montrer le personnage marcher un minimum et pas à le faire téléporter d’un décor à un autre d’une case à l’autre). Et puis il y a tout simplement ces scénarios très basiques qui empêchent de rentrer un peu dans le récit.

D’accord, aujourd’hui, on ne peut pas dire que les comics de super héros soient systématiquement profonds, bien écrits et intelligents; c’est même souvent assez manichéen (ou volontairement brainless). Mais ici, à l’époque pour la plupart, tout se boucle en une poignée de pages, voir même de cases, vu que le plus gros de l’action est… raconté par le narrateur lourdingue. Aujourd’hui, ça nous paraît tout simplement « expédié » dans tous les sens du terme alors que dans les récents comics, on prend un minimum le temps d’expliquer les choses, de s’étaler pour avoir un peu de consistance. Une histoire actuelle qui se développerait sur 4*20 pages (par exemple) serait facilement condensée en 30 pages (grand maximum !) dans les années 50.

C’est l’impression que j’ai eu quand j’ai lu le pourtant célèbre « Flash of Two Worlds « , le premier comics qui mettaient en place le principe des univers parallèles via la rencontre du Flash des comics des années 40 et celui fraîchement crée des années 60. Dans les faits, le récit n’est pas profond, pas suffisamment développé et surtout résumé à des combats contre des super vilains délirants typique de l’époque du Silver Age, mais qui passent toujours très mal aujourd’hui. De manière générale, même si une idée paraît « bonne » pour l’époque, on souffrira toujours de cette narration lourde, d’un scénario et de scènes idiotes (Toujours drôle de la voir la Justice League faire une fête dans sa base, et voir Wonderwoman faire le ménage juste avant) couplé à des dialogues pas toujours très inspirés mais à contrario très orientés, comme l’atteste un personnage parlant à Wonderwoman des USA, comme un des « derniers bastions de la démocratie et de la liberté de la femme » de façon totalement gratuite et inutile dans la conversation. Je ne dis pas que la propagande n’existe plus dans les comics, mais c’est un poil plus subtil maintenant, je pense.

Bref, on ne ressent pas grand chose pendant une grande partie de la lecture de ce livre. Tout du moins, pour être moins négatif, on ne peut plus prendre ces récits au premier degré, tel qu’ils l’avaient été pensé à l’époque. Si on lit ce livre, c’est vraiment pour le côté historique de la chose, constater par soit même que le genre a beaucoup évolué dans sa forme (certes, moins dans le fond, mais suffisamment pour lui donner une seconde jeunesse). Ca va peut être en hérisser certains, mais je vois le livre comme un très bon livre d’histoire de la bd américaine sous l’angle DC Comics, et non comme un pur recueil de comics. Ce n’est absolument pas péjoratif et c’est intéressant à lire malgré tout, afin de voir comment DC Comics à développer son immense univers remplit de collants. Mais oui, c’est bien un livre où il faut savoir exactement où on met les pieds.

Les films de l’automne (Ou presque) – custom selection

L’automne ayant fortement fusionné avec l’été durant le mois d’Aout, c’était l’occasion idéale de se changer les idées en allant mater 2/3 films pour éviter de se pendre avec un temps pareil. Après un premier blockbuster explosif, passons alors à la 2ème vague perso, avec du kitsh, de la propagande et des primates au programme. Tout n’est pas aussi réussi qu’escompté, mais la prise fût relativement bonne.

Green Lanthern

Ou comment commencer doucement. Mollement même, mais ce n’était pas si mauvais que ça… L’univers DC comic ne l’est pas trop familier: encore pire que l’univers Marvel, cet autre côté de la force chez les Comics ne m’a jamais attiré plus que ça dans l’ensemble. J’ai tendance à trouver la plupart des héros plus souvent ringard et kitshs que leurs homologues Marvelesque. Après, je suis bien conscient que les univers sont tellement vastes qu’on pourra toujours trouver un cas contraire; mais perso, « en surface », DC Comic ne me laisse pas une forte impression, à part Batman, forcément, éventuellement Superman et… pas grand chose d’autre.

Peu importe, parce qu’il faut bien se lancer aussi dans ce vaste univers pour ne pas mourir idiot, c’est Green Lanthern qui passera à la casserole. Comme dit précédemment, le héros est kitsh: un vert fluo bien prononcé, un pouvoir issu d’une bague tout en se trimballant de temps en temps une lanterne pour le recharger, ça n’inspire forcément pas confiance… Et pourtant !

Mais allons à l’essentiel: Green Lanthern n’est pas un mauvais film mais souffre, de façon un peu trop prononcé du syndrome « Racontons à tout prix les bases du perso et de ce qui l’entoure et attendez le numéro 2 pour voir réellement un truc intéressant ». Mais si, vous savez bien: vous allez voir un film de super héros, une adaptation de grosse licence; un « truc connu » quoi. Donc du coup, vous savez déjà ce qu’il va se passer (ou presque), vous connaissez au moins les bases et savez pertinemment que c’est le plus lourd dans un tel récit, parce que tout le potentiel ne se révèle qu’après un bon petit moment. Green lanthern en fait parti.

J’ai beau ne pas tant le connaître que ça, je sais un peu comment il marche: la bague permet de faire apparaître un peu ce qu’il veut grâce au pouvoir (au sens propre du terme) de la Volonté pour combattre les grands méchants pas beau qui en veulent aux fesses de la Terre. Pas grand chose de plus, mais eh, thème du super héros et film grand public oblige, c’est amplement suffisant. Du coup, après quelques bribes dans les bandes annonces et au début du film en guise de mise en bouche, le constat est clair: ce pouvoir est mega cool en fait. On sent un fort potentiel pour faire un film d’action très spectaculaire et surtout inventif à la fois, ce qui n’est pas trop de refus. Hélas, dans les faits, il faut tout raconter avant d’en profiter pleinement (mais trop tardivement).

Pourtant, en soit, ce n’est pas si mal fichu, on assiste à toutes les étapes typiques du super héros (vie privée/sentimentale, découverte du pouvoir, entrainement, combat en situation réelle et boss fight), plutôt bien fichu dans l’absolu. Mais la sauce n’arrive pas tellement à prendre… En fait, la cause, à mes yeux, est simple (enfin, une partie de la cause): l’absence de charisme des adversaires du Green Lanthern. Ca n’a l’air d’être qu’un détail vu comme ça, mais ça impacte beaucoup à mes yeux l’intérêt du scénario. Comprendre par là, sans trop spoiler (ou très peu) l’ennemi principal n’est qu’un sbire du grand méchant. Mais ce sbire, qui aurait pu largement faire l’affaire « en attendant le boss final », est affreusement laid. Non charismatique. Ridicule à souhait. On n’y croit pas une seule seconde, ses interventions sont risibles et du coup, les combats sont trop peu passionnants pour libérer le pouvoir de la bague. Entre 2, on y trouvera un peu de développement scénaristique, quelques blagues plus ou moins réussis et un peu de romantisme, parce que le Green Lanthern n’oublie pas son 2ème cerveau.

Du coup, il ne se passe pas grand chose. Ou tout du moins, ça donne l’impression de ne jamais décoller. A si ! A seulement genre, 10min de la fin. Si, si. Le potentiel commence à se révéler, on se réveille, on accroche son slip, on en prend pleins les yeux, mais c’est aussi court qu’une attraction à Disneyland: on monte à peine dedans qu’on en ressort déjà.

Résultat des courses: on finit un brin frustré car c’était une base obligatoire, on ne peut pas leur en vouloir pour ça, mais trop longue à se mettre en place et qui décolle aussi vite qu’elle retombe à plat. Mais du coup, si numéro 2 il y a, l’occasion sera parfaite pour enfin faire un film convenable qui mettra bien en avant tout l’étendu de ce potentiel. J’y crois.

Captain America

Là, on s’en sort bien mieux ! Pourtant, dans un sens, le film souffre du même syndrome que l’autre du dessus, mais de façon moins violente…

Pour rappel: Captain America nous raconte l’histoire de Steve Roger, simple soldat américain voulant protéger sa patrie durant la WW2 et décidant de donner son corps à la science afin de tester un sérum transformant la personne en « surhomme », un Super Soldat en gros. C’est ainsi que né Captain America, en 1941 justement et crée principalement dans un but de propagande américaine pour réchauffer les coeurs pendant qu’on se faisait latter les couilles par les nazis. De ce fait, Captain America est le premier super héros dans l’univers Marvel. Autant dire que d’une certaine façon, le film a un certain poids sur les épaules, une façon de voir « le commencement de tout ».

Ici, le bad guy, c’est le Crâne Rouge, un nazi qui souhaite s’emparer du Cube Cosmique, un objet mystique capable de réaliser tout ce que désire l’utilisateur, afin de…*roulement de tambour* conquérir le monde ! Ouais, on est bien dans un comic. En plus, si on le surnomme le Crâne Rouge, c’est à cause d’une expérience censée le transformer en surhomme qui a en partie échoué et l’ayant défiguré à vie (Il voit rouge maintenant). Aux USA, le bon Steve va donc petit à petit devenir le super soldat qu’on connait tous et va devoir contrecarrer les plans du Crâne Rouge, car leurs chemins devaient se croiser tôt ou tard (quel suspens).

Captain America laisse une sensation bizarre.

Dans un sens, on peut le voir comme un reproche au film, et au personnage en lui même par extension: compte tenu de ses origines, il ne ressemble pas tellement à un super héro « moderne », tel qu’on peut le connaître de nos jours. Je veux dire, avec du recul, difficile d’avoir le même type  d’attente (pour ce genre de scénario) pour Captain America (comparé à ce que l’on a l’habitude de voir), alors que dans le fond ce dernier n’est « juste » qu’un soldat américain déguisé un peu plus fort, plus rapide, résistant et alcoolique (comprenne qui pourra) qu’un autre, le tout avec un bouclier super résistant. C’est forcément moins impressionnant que la « seconde vague » apparu dans les années 60 (jusqu’à aujourd’hui) où l’on a commencé à voir pleins d’hommes volants, cracheurs de feu, qui se téléportent, avec des monstres géants et j’en passe. Vous voyez le genre ? (Après, je ne sais pas si les comics ont développé le personnage en 50 ans de carrière)

Partant de ce fait, le constat est simple: on n’est pas tellement dans un film de super héro à proprement parler, mais on lorgne carrément dans un style plus proche des Indiana Jones, avec une « grande aventure », une action finalement plus conventionnelle et… ce n’est pas pour me déplaire en fait. Mais il est évidemment qu’on peut être déçu par cette tournure, mais j’ai l’impression que, vu le support d’origine, pas facile d’en faire « autre chose » sans sombrer dans le ridicule.

Si Captain America est une réussite, c’est parce qu’il arrive à doser un peu chaque élément (l’aventure, l’action, le côté super héro et la mythologie qui va avec (quelques clins d’oeils savoureux)) avec un certain brio. Pas d’ennui en vue avec un bon dosage entre action, mise en place du scénario et quelques touches d’humour bien vues; et des méchants qui, eux, ont un minimum de gueule (M. Smith, content de vous revoir), de prestance, de charisme (et cet accent « nazi », miam, je m’en lasse pas). Et qui dit dosage réussi, dit un intérêt constant et dit aussi une certaine « crédibilité » à l’ensemble, il n’en fait pas des tonnes (pas tant que ça).

On reste, à ce niveau là, dans un film de super héro avec les tares qui vont avec (la fin (scénario et combat final) est très vite expédiée, car on sent qu’il fallait rapidement mettre le lien avec les Avengers) mais pour une fois, le fait de suivre un « mec en costume moulant » et de le voir se battre avec n’est pas si ridicule que ça et est finalement cohérent avec le reste. Je ne spoilerais pas trop l’élément scénaristique qui rend cet aspect si crédible, mais c’était bien trouvé et parfois même très drôle, avec une belle auto dérision franchement bien sentie.

Après, pour en revenir à la comparaison initiale, reste toujours ce petit sentiment d’être obligé de repasser à la case départ, mais on le savoure bien plus que Green Lanthern, car mieux réparti, plus dense, plus accrocheur. Mais on aimerait encore plus de Captain America en train de botter des culs de nazis ! C’était en parti pour ça qu’on était là. The Avengers, je t’attends au tournant.

La Planète des Singes: Les Origines

Assurément le meilleur des 3. Je n’ai pas été souvent en contact avec la licence: j’ai probablement du voir au moins un des 5 films d’origines dans ma jeunesse suite à une énième rediffusion télé (mais je n’en ai aucun souvenir) et le remake de Burton, n’ayant pas une très bonne réputation apparemment, ne m’a pas marqué non plus. Pourtant, et c’est pourquoi je suis allé voir ce « reboot/préquel/whatever », j’adhère totalement au concept du singe qui rattrape l’homme et le surpasse même au point d’en devenir la race dominante sur Terre, en partant d’une simple erreur humaine, justement.

Le titre est assez explicite concernant l’ambition du film: remettre au goût du jour la licence et nous raconter comment tout à commencé, comment tout à dérapé. C’est au côté de César, jeune singe ayant reçu par sa mère un sérum crée par l’homme censé guérir Alzheimer, que la révolution pose ses bases. Proche de l’homme dans ses grandes lignes, c’est donc le singe qui a été choisi pour tester ce nouveau remède « miracle », vu l’avancé qu’elle promet apporter… Et les résultats sont saisissants. Trop même. Les singes deviennent de plus en plus intelligents, développent une véritable conscience de ce qu’ils sont et de ce qui les entourent…Et par la même occasion, prennent conscience que l’homme, c’est mal.

« Les origines » est un film particulièrement efficace, où l’on ne s’y ennui jamais. En fait, sa grande force est de captiver le spectateur, tout en prenant en compte le fait qu’on connait l’histoire dans ses grandes lignes, qu’on connaît la finalité de la chose. Mais le développement de la révolution des primates, sa mise en place et l’évolution de César sont particulièrement bien rendu. César, surtout. Plus le film avance, plus il se révèle terriblement humain, déterminé à changer les choses quelque soit les moyens déployés. C’est évidemment LE héros du film, autour duquel tout gravite.

C’est lui qu’on suit dans ses premières années de simple « singe de compagnie » (Pas de spoil, mais le film se déroule sur plusieurs années), dans lesquels il s’habitue aux contacts des humains (pas toujours très facilement, c’est ici que les racines de sa haine prennent pied) jusqu’à « l’âge adulte » où il décide d’agir pour de bon. César est intelligent grâce au sérum qui parcourt ses veines et apprend vite, très vite de ce qui l’entoure. Du coup, humain qu’il devient malgré lui, on se prend très facilement d’affection pour lui. Même si on le voit se retourner petit à petit contre « nous », on a envie de le soutenir, on a envie de le voir réussir.

En fait, c’est vraiment cet aspect là (et donc tout ce qui en découle) qui m’a scotché au film. C’est parfaitement orchestré, très bien rythmé, on sent une belle montée en puissance et, malgré les apparences, ça reste avant tout crédible. Si, si, on y croit ! D’une part parce que techniquement, ça tient carrément la route. Okay c’est vrai que l’aspect CG reste toujours présent en tête, mais les animations sont saisissantes et sonnent toujours justes, suffisamment pour faire oublier la sensation précédente et ne mettant jamais en défaut les moments forts du film (Et ils sont présents et franchement réussis). On n’y cherchera pas un film bourré d’action, mais quelque chose d’assez intelligent, pas si manichéen que ça dans le fond. Et quand on voit ce que l’on a en face (que ça soit bon ou mauvais) ça fait du bien.

Je regretterais malgré tout une fin qui laisse…sur sa faim, puisque marketing oblige, ce n’est qu’un bout de préquel, il y a évidemment encore plus de chose à raconter pour en « revenir » aux films des années 60. Du coup, je reste toujours un peu sceptique quant à ses éventuelles suites, à voir comment le filon sera exploité. Parce qu’un bon gros gâchis avec un tel matériau de base, ça me rendrait très triste.

Mais en attendant, un grand film, assurément.