Welcome to the Green Fantern Corps

Dans mon entourage proche, parmi ceux qui me suivent sur Twitter, beaucoup auront rapidement compris que – depuis ma découverte du monde des comics – j’aimais énormément l’univers de Green Lantern, la franchise toute verte en provenance de DC Comics. Au point d’en faire un article sur ce même blog afin de donner des pistes de lecture pour le lecteur débutant et curieux de découvrir cet univers singulier mais franchement passionnant.

Evidemment, facile de deviner aussi à quel point j’étais content en découvrant que DC Comics était en train de diffuser une série animée basée sur Green Lantern, inscrit dans la « gamme » des The Animated Series (Batman, Superman, ainsi que les dérivés Batman Beyond et Justice League) chers à Bruce Timm et même toujours produit par ce dernier. Mais aussi surpris. Rappelons le: malgré sa présence dans l’équipe principale de l’univers DC (Justice League), l’importance qu’a eu son univers dans la continuité principale des comics (Les sagas Emerald Twilight, Blackest Night/Brightest Day), c’est un perso/une licence qui ne plait pas tellement au grand public. Peut être est-ce dût à son contexte « cosmique » (Le grand public préférant sans doute quelque chose de plus terre à terre, littéralement), à son esthétique kitsh (mais souvent assumée) ou son concept trop perché (Lorsqu’un Green Lantern porte son anneau, il est habillé d’une tenue verte fluo et peut littéralement matérialiser tout ce qui lui vient à l’esprit par le pouvoir de la volonté).

Mais voilà, nous sommes en 2011, et Cartoon Network va prendre le risque en entamant la diffusion d’une série entièrement dédiée au héros fan de la Saint-Patrick, entièrement en CGI qui plus est, vu que c’est à la mode ces derniers temps (Le gros succès de The Clone Wars et ses 5 saisons expliquant sans doute cela) au sein de son programme « DC Nation » qui diffusa en parallèle la série Young Justice (entre autre), sorte de Justice League adolescent. Et nous revoilà en Mars 2013, la série s’est terminée depuis deux petites semaines au moment où j’écris ces lignes, après 26 épisodes et aucune seconde saison en vue faute de succès des jouets qui régissent la pérennité d’une série TV pour enfant aux US. Triste. Mais qu’importe, j’en suis ressorti totalement conquis pour ce qui est devenue une véritable et excellente surprise (Malgré mon attrait pour l’univers, j’y suis allé à reculons au départ, ne m’attendant pas à grand chose parce que lol série en CGI = caca). Forcément, il fallait que j’en parle.

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Pour rappel, Green Lantern: The Animated Series nous raconte directement l’histoire d’Hal Jordan, le « principal » Green Lantern qui s’occupe de la Terre et de ses environs, et faisant parti du Corps des Green Lantern, une « police de l’espace ».  Accompagné de son coéquipier Kilowog (Le grand gaillard à tête de bulldog), ils devront faire face à une nouvelle menace, la première apparition des Red Lantern, l’équivalent… rouge des Green Lantern. De plus en plus nombreux et qui sèment, comme tout bon gros méchant qui se respecte, la destruction sur leur passage, rêve de conquête et semble même chercher vengeance envers les Gardiens de l’Univers, les instances supérieurs aux GL.

S’en suit une sorte de road trip au sein de l’univers cosmique de DC Comics afin de comprendre les origines de cette menace et la façon de les contrer; auquel s’ajoutera deux personnages principaux: Razer, un Red Lantern qui cherche – sans l’avouer – la rédemption et Aya, une IA qui appartient aux GL et ayant pris forme humaine pour mieux accompagner nos héros. Et apporter une touche féminine, évidemment. Et c’est tout, voilà le roster de base.

Directement, parce la grande force première de la série, ce qui frappe d’entrée de jeu, c’est vraiment la facilité avec laquelle on rentre dans l’univers du Green Lantern de manière générale et par extension, de la série TV. Pas de pré-requis demandés tels qu’avoir lu quelques comics pour avoir la base ou tout simplement une série TV précédente qui aurait déjà expliqué le concept/personnage. Non, tout est fait pour accueillir le novice en grande douceur, présenter ce concept sous son meilleur jour et en solo, sans pour autant passer par ce passage particulièrement lourd des origines. Mais si, vous savez… la vie du héros avant la découverte des pouvoirs/objets magiques, ses premiers pas hésitants… Ici, fuck that shit. Hal Jordan est déjà un Green Lantern confirmé, il fait régulièrement des missions; on part de suite dans un univers qui a déjà des choses derrière lui de manière implicite, mais qui vous accompagne et vous propose de le découvrir les bras grands ouverts une bière à la main.

Ici, subtilement au détour de quelques dialogues savamment placés, on vous rappellera tout ce qu’il faut savoir sur le concept, les origines des pouvoirs du héros et son entourage cosmique. La série est un excellent point d’entrée qui n’oublie pas non plus le fan qui pourrait n’y voir qu’un produit dérivé facile et qui n’exploite pas la richesse de l’oeuvre originale (et Dieu seul sait qu’avec le passage du scénariste Geoff Johns sur le comics depuis 2004, cette richesse ne semble pas avoir de limite). Red Lantern, Blue Lantern, Star Sapphire, Sinestro, Mogo, Anti-Monitor, The Book of Oa; des noms qui ne diront rien à ceux qui découvre la licence, mais qui – au travers de l’intrigue principale, d’un simple épisode voir d’un petit clin d’oeil dans le décor – provoquent toujours cette petite étincelle dans les yeux du fan averti (que je suis rapidement devenu). Arriver à mettre en place des intrigues (voir personnages) inédites, tout en respectant avec amour l’original, pour satisfaire tout le monde (Les fans seront aux anges, les nouveaux découvriront un univers insoupçonné et passionnant) en 26 épisodes, un véritable tour de force.

D’autant plus qu’à côté, toujours pour continuer le parallèle avec le matériel originel, la série se paie le luxe d’avoir une très jolie esthétique malgré la 3D, et même un chara design plus séduisant que le comics ! Héritant directement du trait 3Difié de Bruce Timm – qui avait déjà rendu attractif l’univers de Batman (Voir Superman) contrairement à la sombre période des comics de super-héros dans les années 90 – le design affiche toujours cette simplicité dans les formes, ce côté épuré, mais devient en contre parti tellement plus agréable. Des personnages plus… agréable à l’oeil, qui dégagent bien plus de sympathie et d’attachement (Chaselon !), moins typés « comics mainstream » avec les défauts/clichés qui vont avec (Le côté « hyper musclé », trop sombre/torturé avec les tronches de constipés qui vont avec). Même les « nouveautés » de la série TV par rapport au comics (comme l’ajout du personnage de Razer, totalement inédit) sont particulièrement réussis et donneraient furieusement envie d’être intégrés plus officiellement aux comics pour les voir prospérer quelques années de plus.

Et surtout, l’animation dépote. L’ambiance « cosmique » est particulièrement bien retranscrite. Même si le tout pourra rebuter au départ pour quelqu’un de non habitué aux séries en CG et au genre super-héroïque (Lol, on dirait du sous-Pixar), le visuel gagne en efficacité à chaque épisode. Que ça soit dans le rendu de l’immensité de l’espace et de ce qui le compose, des combats spatiaux (et pas juste 2 vaisseaux qui se font piou-piou dessus, hein), des effets de lumières propres aux Green Lantern et de leurs potes de couleur; l’ensemble en jette réellement.

Couplé à une animation sans faille, avec des personnages qui ont de chouettes mimiques/sont expressifs comme jamais et à une mise en scène classieuse, on finit carrément par impressionné devant une telle maîtrise et débauche pour un simple dessin animé pour enfant. Et c’est là qu’on se dit que la 3D n’a pas un mauvais fond, surtout quand à côté, je regardais l’anime Jojo’s Bizarre Adventures, sympathique dans le fond, mais désastreux dans la forme avec un rythme particulièrement lent, et surtout techniquement bien défaillant avec une animation médiocre et des dessins irréguliers. Beaucoup de scènes de GLTAS auraient perdu de leur impact s’ils avaient eu le même traitement (il suffit de voir aussi Young Justice, tout en 2D, qui montre aussi vite ses limites).

Justement, parlons « impact », allons dans l’autre sens et parlons du fond cette fois-ci. Ce qui est épatant avec cette série, c’est définitivement sa qualité d’écriture. Bien sûr, certains me diront que ce n’est finalement pas si étonnant quand on appartient au Timmverse (Et c’est vrai, après tout), mais la force de GLTAS est aussi de se démarquer de ses cousins justement, en plus de la concurrence, avec une formule quelque peu… différente.

GLTAS arrive admirablement bien à conjuguer une série à destination des plus jeunes avec les « obligations » qui vont avec (Le côté édulcoré, pas de sang, etc.), tout en permettant au « plus vieux » de la regarder sans se sentir insultés/exclus par la façon dont sont traités les personnages et l’intrigue. Il y a cette simplicité dans la trame générale qui le rend accessible (mais de façon agréable, pour plaire à tous), mais dont de multiples petits détails (surtout dans les relations entre certains personnages, les conséquences de certaines actions) sont seulement compréhensibles qu’en ayant une certaine « maturité », un certain âge. Ça y est, le mot est lâché, « Maturité ».

Les personnages sont un minimum travaillé, leurs dialogues sont bien écrits et sonnent souvent justes, loin du ton parfois trop clichés/premier degré du genre. Les relations entre certains, l’évolution qui va avec, paraissent crédible et on y croit un minimum, sans trouver ça trop niais, trop artificiel ou trop en décalage avec le reste. La série sait alterner intelligemment l’humour, l’action over the top propre à la licence, le développement de l’histoire (Seulement deux arcs de 13 épisodes environ) et des personnages avec un rythme sans faille, sans que l’ennui s’installe. Et elle arrive même à surprendre avec des scènes qui prennent le spectateur à revers, tant on ne s’y attendait dans une telle production. Maturité, assurément.

C’est assez rare pour être souligné, mais du fait de cette écriture étonnamment maîtrisée et adulte pour un « vulgaire dessin animée pour enfant », je me suis terriblement attaché à cette poignée de personnages de fictions, au point d’en ressentir une certaine empathie pour certains, voir même, yep, de verser ma petite larme devant mon MKV. C’est vraiment une série dans laquelle on s’attache vite, on a envie de suivre les aventures de notre petit groupe de héros à travers l’espace pour repousser l’armée rouge.

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Car c’est aussi là sa différence avec les autres séries du Timmverse, voir des autres séries du genre: on ne dirait pas vraiment une série de super-héros. On ne retrouve pas l’aspect « solo » d’un Batman/Superman TAS, ni à contrario ce côté fourre-tout et encyclopédique d’un Justice League. C’est con à dire, je suis peut être le seul à le penser, mais à sa manière, j’ai eu l’impression de mater un anime, un shônen dans sa forme. On y suit un groupe de 4 personnages avec les relations qui se développent entre eux et qui ont une certaine importance au sein du récit principal; une aventure où ils vont « voyager », faire des rencontres, des amis, des ennemis. C’est vraiment une conception différente, mais une conception réussie du genre. Du coup, la série est pas mal complémentaire avec  Young Justice, plus classique, mais aussi très bonne dans sa branche. Un groupe plus restreint, auquel viendra éventuellement se greffer quelques personnages supplémentaires (Saint Walker !), mais jamais de façon définitive. L’attachement n’en est que meilleur. Et les drames que plus douloureux.

La série est loin d’être parfaite pour autant. Si la série est bien rythmée donc, il n’empêche que c’est une série qui met un certain temps à décoller, à montrer son potentiel, avec parfois pas mal d’épisodes « fillers » qui servent « juste » à développer l’univers, sans rapport direct avec le scénario. Pas qu’ils soient mauvais donc ! Plus précisément, je suis même quasiment sûr que certains auraient pris de l’importance si… la série avait marché, et donc continué. C’est encore plus flagrant (et frustrant) quand on connait le comics et qu’on voit des éléments mineurs à première vue, mais qui ont du sens pour le fan et le laissait entrevoir d’énormes possibilités de suite. Qui n’arriveront… jamais.

Il n’empêche que c’était globalement très bon. Une première partie « juste » sympathique mais une seconde qui met définitivement les bouchées doubles et finira même par vous faire rager envers Cartoon Network une fois le 25ème épisode fini. Une musique présente mais pas trop, qui fait bien son taff, une technique impeccable, des personnages attachants, de l’humour qui fait mouche, un univers respectueux de ses origines, qui a son propre style. Et un vrai boulot d’écriture derrière, ce qui est trop rare de nos jours pour la bouder. Même si elle est finie à tout jamais.

Allez, sait-on jamais: en Juillet, débarquera la nouvelle série Batman (oui, encore), Beware The Batman, une série elle aussi en 3D pour l’occasion. Peut être y verra-t-on un épisode où un Green Lantern débarquera à Gotham City aider Batman et ça sera… Hal Jordan, tout juste revenu sur Terre après l’épisode 25 de sa propre série. Yep, je rêve beaucoup. Je finis, et je repars me rouler par terre en pleurant pour avoir une vraie suite crédible. Damn you, CN.

Découvrons DC Comics avec… l’univers du Green Lantern

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un super héros de l’univers DC Comics qui ne m’a jamais vraiment attiré par le passé (Ce n’est pas le plus vendeur il faut dire), mais qui pourtant possède beaucoup de qualité, un univers particulièrement développé  et un très grand potentiel à de multiples niveaux : je parle bien sûr du Green Lantern, le héros tout de vert vêtu qui tient une place plutôt importante dans le DC Universe (moins aux yeux du grand public) au côté de ses potes Batman et Superman, et fait même parti de la Ligue de Justice. 

Je le concède, comme j’ai pu le dire, le héros n’est pas particulièrement vendeur et il est difficile d’en parler positivement sans subir des remarques sur son look un peu… particulier. C’est totalement le cas quand on y repense et qu’on prend un peu de recul. Clairement, Green Lantern et son univers, c’est quelque chose d’assez kitsh dans l’esprit, avec des couleurs parfois vives, limite fluos (les costumes des Green Lantern et leurs confrères d’autres couleurs) et aux designs parfois un peu folkloriques quand on commence à visiter les fins fonds de l’espace. Mais c’est en grande parti assumé.

Au travers de quelques lectures récentes, je vais vous expliquer par où commencer, pourquoi il faut lui donner sa chance, qu’il possède un grand potentiel et que cet univers mérite amplement sa place comme « pierre angulaire » de l’univers DC. Il faut savoir qu’il existe plusieurs Green Lantern « humains » qui travaillent sur la Terre – ils sont quatre, et on parfois chacun leurs séries de comics – et les récits qui vont suivre tourneront autour d’un seul, le principal Green Lantern de l’univers DC: Hal Jordan, qui est – historiquement – le 2ème Green Lantern, et le premier à avoir ce design qu’on connaît presque tous. Un peu perdu ? Voici un peu d’histoire:

Née en Septembre 1959, le Green Lantern version Hal Jordan fût crée pour relancer la franchise auprès des jeunes de l’époque, dans une période où les super héros n’avait plus franchement la cote. Afin de marquer davantage le coup, comme pour d’autre de ses héros comme Flash, DC Comics repart sur une base nouvelle et oublie (temporairement) la première vague de héros conçu dans les années 30 et 40. Ce Green lantern post seconde guerre mondiale n’a donc plus grand chose à voir avec le premier: ce dernier tirait ses pouvoirs de la magie, là où le second les tire d’une origine dite extraterrestre. 

Pour résumer, notre Hal Jordan, c’est un pilote de l’armée américaine, qui reçoit le pouvoir de l’anneau vert de la part d’un extraterrestre mourant (Abin Sur), un membre des Green Lantern, peu après son crash sur notre bonne vieille Terre. « Des » Green lantern ? Car Green Lantern n’est pas un nom de personnage, mais bien le nom représentant toute une corporation spatiale, chargée de veiller au bon fonctionnement de l’univers. Une police de l’espace, si vous préférez. Dirigés par des entités supérieures et immortelles, chaque secteur de l’univers est donc contrôlé par un ou plusieurs Green Lantern des différentes menaces qui arrivent un peu tous les jours, comics oblige. Me regardez pas comme ça, c’est du scénario des années 60, j’y peux rien ! Mais justement !

M’étant mis aux comics assez récemment, je n’avais qu’une vision assez limitée du personnage. Le côté « je cache mon identité avec un masque ridicule et riquiqui », sa couleur prédominante un peu criarde ou même l’apriori de base « Ohlala, il se bat avec une bague, qu’est-ce que c’est que cette idée ? C’est une gonzesse ou quoi ? »… Oui je sais, apriori, ça rime souvent avec connerie. Mais alors, vint un certain élément déclencheur… Comme pour beaucoup de licence en comics, mes premiers pas se font… au cinéma.

En 2011, sort l’adaptation de Green Lantern au cinéma et… ce n’était pas très bon. Bon, c’est sûr, on a connu mieux comme premier contact (même si le film n’est pas non plus catastrophique, c’est juste un film de super héros sans génie, sans saveur particulière), mais à défaut de m’avoir fait passer un excellent moment – n’est pas Joss Whedon qui veut – il m’aura au moins mis à jour concernant ce personnage si particulier de l’univers DC. Et il m’aura appris quelque chose, une chose que je ne voyais pas avant et qui m’a totalement donné envie de connaître le personnage: la nature de ses pouvoirs.

Elément important pour un super héros, le Green Lantern  possède probablement un des meilleurs pouvoirs que j’ai pu voir jusque là, et je pèse mes mots. Pour ainsi dire, il me vend du rêve ! Plus fort qu’une super vitesse, plus fort que le pouvoir de voler, plus fort qu’une bat carte de crédit; je parle bien sûr de son anneau tout vert, là, qui lui confère le pouvoir de la volonté. Ca paraît pompeux dit comme ça (Et encore, je vous épargne la liste des significations des autres couleurs), mais en pratique, c’est assez géant. En fait, il peut tout simplement matérialiser tout ce qui lui passe par l’esprit pour se battre, ou simplement l’aider dans sa tâche. Pour le fun, il pourra te faire apparaître une main géante pour arrêter un avion en plein vol. En combat singulier ? Si l’envie (et la volonté, on a compris) lui prends, un Green lantern peut faire apparaître une épée, une masse géante, voir même une bonne grosse machine gun des familles ! On peut reprocher pleins de chose au film, mais pas le fait d’avoir démontrer un minimum le potentiel du personnage, car ça donnait envie d’en savoir plus.

Hélas, comme souvent avec les grosses séries de comics, prendre le train en marche est assez ardu. Pas impossible non plus (sinon je n’écrirais pas cet article), mais il va falloir s’accrocher un peu, persévérer voir même, montrer un peu de … volonté ! Oui, elle était facile. Mais c’est vrai ! Et ça vaut clairement le coup, j’ai parfois lu des passages complètement dingues autant visuellement qu’au niveau de ce qu’il s’y passe, m’amenant à une certaine conclusion, pour ceux qui connaissent: parfois, l’univers du Green Lantern est presque l’équivalent d’un bon Gurren Lagann dans l’animation japonaise, avec cette culture de l’action démesurée, totalement over the top, qui semble toujours vouloir aller plus loin. Au moins, on ne peut pas lui reprocher de ne pas exploiter correctement le pouvoir de ses héros !

Pour se faire, voici une petite frise chronologique sous spoiler à ma sauce des quelques bouquins dispo en France (La publication a toujours été assez confidentielle chez nous, pas assez vendeur encore une fois) que j’ai pu lire (il en manque 2/3 mais négligeables à mes yeux et vous aurez ici ce que l’on risque souvent de vous conseiller); expliquant un peu comme aborder tout ça. Je vous donne mon avis (et explications si nécessaire) sur la plupart juste après.

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Tout d’abord, commençons par la dernière (et peut être la plus difficile à appréhender) publication concernant le Green Lantern chez Panini, Green Lantern Rebirth.

Dans les faits, Renaissance est une bonne histoire. Pour comprendre un peu son emplacement dans la chronologie DC Comics, il faut revenir en 1994 avec le crossover Zero Hour. Alors, je vais être très synthétique, allons à l’essentiel (parce que c’est déjà assez chaud à suivre comme ça, hein): Hal Jordan, possédé par une puissante entité maléfique, est devenu le grand méchant de l’univers DC (Il a même rasé sa ville natale dans sa folie, le ouf). Tout ceci se terminait par le sacrifice de notre héros (En se suicidant dans le soleil, parait-il), le faisant disparaître durant quelques années. Mais comme les mythes ne meurent jamais, mais se réinventent, il réapparu dans une pseudo forme … fantomatique, en 1999. Cherchez pas à comprendre, les comics, la drogue, toussa. « Renaissance » ou « Rebirth » en VO, est donc la saga censée ressusciter une bonne fois pour toute Hal Jordan et lui faire reprendre sa place de Green Lantern number one. Suite à cette résurrection – à cette saga – une nouvelle série Green lantern est alors crée, repartant au sacro saint numéro 1. Enfin, vous savez compris comment ça marchait là.

Vous y voyez plus claire ? Là où je veux en venir, c’est que cette saga, certes importante, certes bien faite… N’est pas la plus accessible. On peut quand même comprendre l’essentiel de ce qu’il s’y passe, mais il manque tout de même pas mal d’information, notamment concernant les nombreux personnages qui y apparaissent, leurs rôles et lien avec le héros, pour totalement la savourer. Car on se trouve réellement dans la fin d’un cycle, d’une époque… un cycle qui a mis un peu plus de 10 ans à se terminer, passant par 3 grandes étapes, avant de repartir de plus belle.

Après, ça n’empêche pas d’y trouver de grandes qualités pour les plus motivés: c’est déjà un récit bien construit (mais dense) avec une vraie montée en puissance dans son scénario et dans l’action. Passé un certain stade, l’histoire met littéralement la seconde, devient plus limpide pour le novice et le plaisir de lecture se fait terriblement sentir tant on découvre un super héros au potentiel jusque là insoupçonné, mais jubilatoire. Le dessin n’est d’ailleurs pas en reste, avec un trait précis, richement détaillé et une coloration superbe; mettant encore plus en avant les scènes de bravoure typique des comics de super héros.

Et le récit n’en manque pas, tout comme – malgré tout – des moments calmes pour se poser efficacement avant de repartir au combat: c’est du pur comics de super héros, mais c’est ce que l’on aime ici. Et puis, ça permet même de découvrir un petit peu plus l’univers DC, ce qu’il y a tout autour du Green Lantern, avec les apparitions de la Ligue de Justice, et de leurs relations avec Hal Jordan (dont un Batman peu sympathique envers ce dernier et un Green Arrow plus utile et badass qu’il n’y paraît.) Une lecture recommandée dans le fond… mais pas tout de suite. Ca reste quand même une étape importante, oui, mais allez-y avec un peu de bouteille Green Lanternesque quand même avant.

No Fear

Là, on rentre dans le « vif » du sujet, ce que je considère comme une valeur sûr et surtout le point d’entrée idéal, au cas où vous ne l’auriez pas compris via ma frise: Geoff Johns présente Green Lantern, « Sans Peur », de son petit nom en France aux éditions Urban Comics. Geoff Johns est un scénariste américain travaillant principalement pour DC Comics, qui a énormément contribué à l’univers DC de ces dernières années. Et dans notre cas, on lui a surtout demandé de reprendre en main la série Green Lantern, avec le parcours décrit plus haut en mettant en place la mini-série « Renaissance » suivi du redémarrage. C’est ici que notre aventure commence… Et je dois dire que ce fût une très agréable surprise.

Je dois reconnaître que c’est un redémarrage de grande classe, qui caresse réellement le novice dans le sens du poil et lui permet de découvrir cet univers sans aucun soucis. Tout est un minimum expliqué au lecteur (Même les origines nous sont rappelés en quelques pages !), on apprend rapidement qui est qui dans l’entourage d’Hal Jordan pour bien replacer le contexte, sans non plus passer plusieurs chapitres à poser les bases (un minimum quand même, mais pas trop), et à attendre patiemment qu’on passe à l’action. Alors oui, sachez-le, on ne fait pas totalement table rase du passé… Mais c’est suffisamment subtil pour ne pas avoir l’impression qu’on nous fout une pancarte « Eh, okay, on est dans le #1 là, mais n’oublie pas de lire ce qui s’est passé avant ! » en pleine milieu de la lecture (et les petites pages explicatives d’Urban sont un bonus très appréciable !).

C’est justement le point fort de ce premier tome: un excellent dosage de tout ce qu’il faut pour rentrer dans cet univers sans laisser le fan de longue date sur le carreau, et forcément un bon rythme de croisière. Alors oui, ça reste avant tout du comics « pur jus », avec les valeurs qui accompagnent naturellement ce genre de héros, des ennemis typique de ce genre de production, comme le terrifiant Homme Requin ! Ca ne vole pas extrêmement haut dans l’absolu, mais c’est franchement efficace. On alterne très vite entre les scènes d’actions où le Green Lantern laissera libre court à son imagination débordante, offrant quelques passages excellents, tout comme des moments qui développent suffisamment et intelligemment bien le scénario et les relations entre les personnages (Surtout pour Hal qui a du mal à se remettre dans la peau d’un Green Lantern), pour quand même faire avancer les choses.

Le seul bémol qui me vient à l’esprit, c’est la partie dessin. Un trait globalement bon, une bonne mise en page, mais l’irrégularité dans le trait de certains dessinateurs, voir même les changements de ces derniers effectués un peu en cours de route (malheureusement une habitude dans le milieu) gâchent un peu le plaisir de lecture (on est un peu perdant au change par moment). Rien de bien dramatique dans l’absolu, mais on aura aimé quelque chose de plus… homogène. Mais à part ça, ce premier tome signe un quasi sans faute pour peu qu’on aime le genre super héroïque « de base ». Et d’ailleurs, le second tome est sorti !

Green Lantern Showcase: War of The Green Lantern

Paf, bond dans le temps de quelques années, et nous voilà en 2010 du point de vue éditorial de DC Comics, avec le dernier crossover entre les séries Green Lantern, crossover qui mettra en place quelques conflits internes au sein des GL et de leurs supérieurs, sans oublier une pincée de menace ennemie qui va profiter de l’occasion pour s’incruster. Classique, mais toujours aussi efficace.

A défaut d’avoir énormément de choix, il peut constituer aussi un certain point d’entrée dans cet univers, néanmoins de manière un peu plus violente et direct, mais bordel, qu’est-ce que ça valait le coup ! Si certains points du scénario me paraissent toujours obscures à la relecture (malgré les nombreuses notes (encore et toujours) d’Urban qui nous permettent d’en apprendre beaucoup sur l’univers de GL), c’est véritablement l’arc qu’il vous faut pour vous convaincre du potentiel monstrueux de la licence en terme d’action débridée (Si le titre n’était pas assez explicite…), de passages totalement fous, faisant passer le bouquin précédent pour un gentil somnifère.

Certes, quelques idées de scénarios pourraient en faire tiquer certains, mais pour peu que le côté kitsh de la licence ne gêne pas trop et qu’on cherche – on va pas se voiler la face – un comics peut être mainstream et brainless, mais bourrés de testostérone propre au genre, ça fonctionne totalement (Et ça fait du bien de temps en temps). Oui parfois ça fait un peu sentaï sur les bords avec toutes ces transformations, ces couleurs un peu fluo, ces monstres belliqueux de partout dans l’espace, mais c’est ça qui est bon !

Une lecture chaudement recommandée, forcément.

Green Lantern – Sinestro (New 52)

Alors attention, si le récit est effectivement excellent à mes yeux (Un scénario très cool, de l’action très Green lanternesque et un dessin superbe, le combo des gagnants), il n’est pas si accessible qu’on pourrait le croire ! Comme je l’ai expliqué avant, DC Comics a effectué un reboot de son univers via l’opération « New 52« . Sauf que pour certaines séries du catalogue DC, c’est… légèrement passé à la trappe. Pourquoi ? Comment ? Qui sont-ils ? Quels sont leurs réseaux ? La raison m’est étrangère, mais il faut savoir que pour l’univers Green Lantern, pas grand chose n’a redémarré, surtout concernant la série principale Green Lantern, ici chroniqué.

Sinestro, nom du premier arc en 6 chapitres de cette série, prend place directement après la fin de la Guerre des Green Lantern, ni plus, ni moins. Alors oui, pour atténuer mon jugement, on peut comprendre assez facilement les grandes lignes de cet arc, un peu comme pour n’importe comics j’ai envie de dire. Mais on « perd quelque chose » au passage, on perd un peu de sens dans les relations entre les personnages et notamment entre le héros et son mentor et à la fois ennemi de toujours, Sinestro, l’homme à la magnifique moustache, avec qui il se voit contraint de faire équipe pour l’aider à faire une mission ingrate… et non sans risque.

A mes yeux, à défaut de lire le « Geoff Johns présente » comme la meilleure porte d’entrée, je ne saurais conseiller éventuellement la lecture conjointe des 2 Showcases comme « premiers pas musclés », puis d’enchainer avec le premier tome des nouvelles aventures d’Hal Jordan. Avec ça, tel un Passe-Partout, vous aurez désormais suffisamment de clés en main pour tenter l’aventure…

Et pour le moment, c’est une aventure que je ne regrette pas d’avoir entamé !