Sur la piste de l’adaptation réussie

Comme pour beaucoup – je suppose – de gens de mon âge (si ce n’est plus), le Marsupilami fait indéniablement parti de mon patrimoine culturel concernant la bande dessinée franco-belge, aux côtés des Spirou, Astérix, Gaston, les Tuniques Bleues et j’en passe. Quand on a un père extrêmement fan d’une bonne partie de la production du genre, où ses étagères dédiées à la BD sont constamment pleine à craquer, rien de plus logique de s’être laissé tenter étant mino. Après, j’avoue ne pas avoir de très grands souvenirs du Marsupilami (Eh, je préférais Spirou). Des personnages ici, quelques situations par là: j’ai beau connaître un petit peu l’univers, je suis limite comme vierge, comme un débutant devant la vision du film. Et je suis très hésitant quant à relire les tomes, j’ai quand même peur que ça ait mal vieillit comme d’autre BD de mon enfance… Mais soit, pour le moment, parlons cinéma.

Alain Chabat, c’est un peu la personne qu’on doit remercier pour avoir pondu la meilleure adaptation de BD franco-belge humoristique à ce jour, voir adaptation de BD au sens large, toute nationalité confondu, tout court. Il est un des rares à avoir compris comme adapter une BD telle qu’Asterix: prendre suffisamment de distance avec le matériau d’origine pour mieux l’adapter à son nouveau format. Ne pas chercher à bêtement singer l’original, sans le trahir non plus. Asterix et Obelix: Mission Cléopâtre donne donc une vraie leçon de cinéma, en terme d’adaptation: un film tout public, mais pas enfantin pour autant, avec un certain « double sens de lecture » via ses très nombreuses références « pour adulte » (Comment s’appelaient-ils déjà ? Highkix et JournalduX?), une vraie touche personnelle (Très « Cité de la peur » justement), tout en restant fidèle à la BD dans les grandes lignes. Son principal défaut est qu’il restera surtout condamné à rester bloqué dans une certaine époque, justement, avec ses références à gogo. Mais peu importe, c’est bien le résultat qui compte, fallait être né plus tôt, eh.

C’est donc le Marsupilami qui passe dans sa propre moulinette. Les premières images faisaient peur (Le Marsu avait – et a toujours – une tête particulière) et comme Chabat n’avait pas spécialement enchaîné les tueries cinématographiques depuis (Son Rrrrrr qui a plutôt fini en Pfff), ça n’inspirait pas forcément confiance (et ça se comprend). Surtout quand on repense en plus aux autres tentatives d’adaptations de BD franco-belges sur grand écran, comme Lucky Luke ou plus récemment Ducobu… Et même prochainement Boule et Bill (oui, fallait que je le case, vu la vague d’indignation relevée sur la toile). Et pourtant ! Force est de constater que le résultat est… rassurant. Pas totalement réussi, pas aussi bon qu’on pouvait l’espérer d’un Chabat, mais quand même très loin du désastre annoncé.

Sur la piste du Marsupilami est un film qui, dans le fond, déborde de bonnes intentions et garde une bonne humeur communicative du début jusqu’à la fin. Si l’adaptation d’une telle BD est casse gueule (comme n’importe laquelle d’ailleurs, BD, roman ou jeu de société), on sent malgré tout que notre Alain national se fait plaisir jusqu’au bout. On a beau parfois constater quelques vannes/passages un peu loupés (J’y reviendrais), Chabat arrive régulièrement à garder le cap et à nous faire sourire de bon coeur. Qu’on aime ou pas Jamel Debouze par exemple (pourtant indéniablement à l’aise dans son rôle, il m’a bien fait rire), il y a toujours une petite vanne, un autre personnage qui fera mouche, parce qu’on sent indéniablement la patte de réalisateur, on retrouve un peu ici et là ce qui a fait son succès d’antan (à partir du moment où l’on me fait repenser à la série des « Avez vous déjà vu… » dans certains gags, c’est le Seal of Qualitay direct). Peut être pas au sommet de sa forme comme à l’époque, mais suffisamment pour nous dire « Ouf, l’adaptation est sauvée ! » et « Je passe quand même un bon moment ». Et c’est sans doute en grande partie par son casting, où chacun y trouvera – je pense – son compte, parmi globalement des acteurs qui ont la pêche et qui semblent s’amuser dans leurs rôles; qu’on doit cet esprit bon enfant, toujours agréable. On repensera notamment à un Lambert Wilson qui semble avoir trouvé le rôle de sa vie, ou un Fred Testot des plus sympathiques (J’avoue que je ne suis pas un grand fan du SAV de Canal +) en scientifique fou ridicule.

Malgré tout, si on peut lui reprocher quelque chose quand même, c’est bien les « limites » de cet humour. Pas qu’il soit mauvais ou mal employé, juste qu’il ne vise pas… le même public qu’un Mission Cléopâtre. Ici, très peu de références à la pop culture moderne (Même si ça fait plaisir quand on en découvre, sinon ça ne serait pas du Chabat), mais bien plus de gags « visuels », basé sur une gestuelle, un comique de situation, typiquement pour… plaire aux enfants. On sent bien plus l’envie de ratisser plus large vis à vis du public avec davantage de gags où les personnages font parfois l’idiot sans trop de raison, se cassent la figure accidentellement ou prennent des voix « rigolotes »; bref, des gags « faciles » (mais non mauvais pour autant) pour plaire à tous, surtout pour les plus jeunes. Du coup, ça m’a moins convaincu à plusieurs reprises parce que je sentais bien que je n’étais pas la cible. Certains gags vont peut être un peu « loin » dans l’absurdité (Ah, la Femme d’Or), dans le type d’humour que je recherche, que ça m’a un peu laissé sur ma faim. Certes, Chabat n’a pas toujours fait dans la finesse, mais j’y ai trouvé une plus grande proportion de ce genre de gags qu’accoutumé. Ou j’ai alors vraiment la mémoire qui flanche. Mais cela dit, dans tous les cas…

Voyons les choses de l’autre côté, dans l’autre sens, et ce n’est pas forcément un mal: pouvait-on faire d’une BD telle que le Marsupilami une adaptation/oeuvre aussi référentielle que Mission Cléopâtre ? Au vu du protagoniste de la BD – le Marsupilami bien sûr – pouvait-on faire autre chose qu’un film principalement tourné vers les enfants ? La perche était bien plus grande vis à vis d’un Astérix et ça se comprend totalement ! Le coeur de cible me paraît totalement légitime, cohérent, mais si ça m’a parfois laissé sur la touche. Après, au risque de me répéter, il y a toujours une scène qui en rattrapera une éventuellement pas aussi bonne escomptée, toujours ce bon esprit, ces gags parfois très bien trouvés, ce qui fait qu’on ne s’y ennui que très peu (allez, le début est un poil poussif, mais ça passe).

Alors oui, sinon, la grande question vis à vis de cette adaptation: Oui, la version 3D de l’animal n’est pas toujours une grande réussite question design (quoique, la encore, j’ai du mal à imaginer un autre design « réaliste » – pouvait-on faire « mieux » ?) mais son animation fait parfaitement son boulot, son rendu est plus agréable qu’il n’y paraît et passe bien à l’écran (Si ça peut en rassurer certains: oui, on le voit pêcher du Piranha !)… et quand bien même, la créature est parfois trop meugnonne sur certains plans, notamment dans le plan final que mes faibles souvenirs de gosses réclamaient. Faut simplement prendre le temps de s’y habituer, et ça passe finalement bien.

Le pari me semble donc amplement réussi à ce stade et les plus jeunes ont l’air d’adorer. Dans le fond, je les comprends. Ah, que j’aurais aimé avoir 15 ans de moins (merde, je me sens déjà vieux) pour voir ce film et le savourer pleinement ! En attendant de trouver une formule miracle, il n’en reste pas moins un bon petit film et qui arrive surtout à prouver qu’on peut toujours adapter l’inadaptable. Ou presque. Curieux de voir Boule et Bill.

2012, l’année de la vengeance

Bon okay, je vous préviens tout de suite, les comics, vous risquez d’en bouffer pas mal, dans le cas où vous seriez  un peu allergique. Bien sûr, on retrouvera toujours un petit peu les autres thèmes récurrents du blog, mais j’avoue qu’étant complètement plongé dans ce nouvel univers passionnant, je risque d’en parler assez régulièrement. En attendant d’être lassé.

Donc pour aujourd’hui, ne parlons pas papier, mais parlons écran. Récemment, deux jeunes fous pleins d’espoir se sont dis que ça serait une bonne idée de retenter le coup de ressusciter la licence Ghost Rider au ciné, après un premier épisode pleins de promesses, mais finalement raté. Pas de bol, ils ont certes réussi  à faire mieux que le premier, mais ce n’est toujours pas assez pour convaincre. Je vous explique:

A côté de ça, histoire de rester dans la thématique de la vengeance, impossible de passer outre si vous surfez aux bonnes adresses du web français, mais depuis un mois, est sortie l’un des films underground les plus attendus du net: La Vengeance. Alias le film des rappeurs Zehef et Morsay. Morsay ! Ce jeune canaillou qui veut se présenter aux élections ou qui joue à Batman dans les rues de Paris !

Bon après, on ne va pas tourner autour du pot, pas de surprise, ce film est une véritable purge. Une insulte, un doigt fièrement dressé envers le ciné (même français, c’est dire à quel point Morsay était burné !), envers même ses spectateurs pour le véritable manque de respect occasionné. Non, ne cherchez pas, il n’y a strictement rien à en tirer, parce que tout y est réellement mauvais. C’est mauvais parce que c’est affreusement mal joué (Comme tout le monde, oui la palme revient à la « juge »), c’est crétin jusqu’au bout (Morsay ne cesse de se montrer supérieur à la police, parce qu’elle fait mal son boulot, qu’il n’y a que des pourris), les incohérences et les problèmes de montage s’enchaînent (Des changements de t-shirts et des cheveux qui repoussent en un changement de plan, magique ! Morsay trouve son « pseudo » au début du film, n’en parle à personne et pourtant, tout le quartier sait qu’on l’appelle Morsay !), des fautes d’orthographes dans tous les sens dès qu’un texte apparaît à l’écran (La lecture des sous titres mal incrustés en sont la preuve formelle, mais pas que), et surtout, je pense que c’est là tout le génie du film, des dialogues sans aucun sens.

On cherche constamment pourquoi telle scène est présente (les intertitres façon 24, le grand mystère du film), pourquoi tel personnage dit telle chose (le dialogue avec Morsay qui parle des pieds qui puent de son pote), alors qu’au fond, il n’y a rien à comprendre. Tout le film est une succession de scènes souvent sans queue ni tête, aux dialogues hallucinants, aux clichés fièrement exposés (Toutes les femmes sont des putes) et parfois incompris (Depuis quand un nazi traite les gens de facho ? Parce que, eh, les nazis sont même présent dans ce film, croix gammé au feutre à l’appui); à un tel point que ça en devient drôle. Car oui, c’est un film très drôle. Si, si.

La Vengeance dépasse le stade même du nanar. Il est plus fort que ça, plus fort que tout. Il redéfini même les fondements du genre et dépasse toutes espérances. On savait que ça allait être mauvais, mais on n’imaginait pas à quel point. Un point qui en devient à la fois drôle et fascinant, une fascination presque malsaine d’ailleurs. Mais en bref, on pourrait en dire énormément sur le sujet, en faire des pavés qui rendraient jaloux certaines personnes, mais d’autres le font très bien, et en vidéo, et ça passe d’un coup beaucoup mieux.

Les films de l’automne (Ou presque) – custom selection

L’automne ayant fortement fusionné avec l’été durant le mois d’Aout, c’était l’occasion idéale de se changer les idées en allant mater 2/3 films pour éviter de se pendre avec un temps pareil. Après un premier blockbuster explosif, passons alors à la 2ème vague perso, avec du kitsh, de la propagande et des primates au programme. Tout n’est pas aussi réussi qu’escompté, mais la prise fût relativement bonne.

Green Lanthern

Ou comment commencer doucement. Mollement même, mais ce n’était pas si mauvais que ça… L’univers DC comic ne l’est pas trop familier: encore pire que l’univers Marvel, cet autre côté de la force chez les Comics ne m’a jamais attiré plus que ça dans l’ensemble. J’ai tendance à trouver la plupart des héros plus souvent ringard et kitshs que leurs homologues Marvelesque. Après, je suis bien conscient que les univers sont tellement vastes qu’on pourra toujours trouver un cas contraire; mais perso, « en surface », DC Comic ne me laisse pas une forte impression, à part Batman, forcément, éventuellement Superman et… pas grand chose d’autre.

Peu importe, parce qu’il faut bien se lancer aussi dans ce vaste univers pour ne pas mourir idiot, c’est Green Lanthern qui passera à la casserole. Comme dit précédemment, le héros est kitsh: un vert fluo bien prononcé, un pouvoir issu d’une bague tout en se trimballant de temps en temps une lanterne pour le recharger, ça n’inspire forcément pas confiance… Et pourtant !

Mais allons à l’essentiel: Green Lanthern n’est pas un mauvais film mais souffre, de façon un peu trop prononcé du syndrome « Racontons à tout prix les bases du perso et de ce qui l’entoure et attendez le numéro 2 pour voir réellement un truc intéressant ». Mais si, vous savez bien: vous allez voir un film de super héros, une adaptation de grosse licence; un « truc connu » quoi. Donc du coup, vous savez déjà ce qu’il va se passer (ou presque), vous connaissez au moins les bases et savez pertinemment que c’est le plus lourd dans un tel récit, parce que tout le potentiel ne se révèle qu’après un bon petit moment. Green lanthern en fait parti.

J’ai beau ne pas tant le connaître que ça, je sais un peu comment il marche: la bague permet de faire apparaître un peu ce qu’il veut grâce au pouvoir (au sens propre du terme) de la Volonté pour combattre les grands méchants pas beau qui en veulent aux fesses de la Terre. Pas grand chose de plus, mais eh, thème du super héros et film grand public oblige, c’est amplement suffisant. Du coup, après quelques bribes dans les bandes annonces et au début du film en guise de mise en bouche, le constat est clair: ce pouvoir est mega cool en fait. On sent un fort potentiel pour faire un film d’action très spectaculaire et surtout inventif à la fois, ce qui n’est pas trop de refus. Hélas, dans les faits, il faut tout raconter avant d’en profiter pleinement (mais trop tardivement).

Pourtant, en soit, ce n’est pas si mal fichu, on assiste à toutes les étapes typiques du super héros (vie privée/sentimentale, découverte du pouvoir, entrainement, combat en situation réelle et boss fight), plutôt bien fichu dans l’absolu. Mais la sauce n’arrive pas tellement à prendre… En fait, la cause, à mes yeux, est simple (enfin, une partie de la cause): l’absence de charisme des adversaires du Green Lanthern. Ca n’a l’air d’être qu’un détail vu comme ça, mais ça impacte beaucoup à mes yeux l’intérêt du scénario. Comprendre par là, sans trop spoiler (ou très peu) l’ennemi principal n’est qu’un sbire du grand méchant. Mais ce sbire, qui aurait pu largement faire l’affaire « en attendant le boss final », est affreusement laid. Non charismatique. Ridicule à souhait. On n’y croit pas une seule seconde, ses interventions sont risibles et du coup, les combats sont trop peu passionnants pour libérer le pouvoir de la bague. Entre 2, on y trouvera un peu de développement scénaristique, quelques blagues plus ou moins réussis et un peu de romantisme, parce que le Green Lanthern n’oublie pas son 2ème cerveau.

Du coup, il ne se passe pas grand chose. Ou tout du moins, ça donne l’impression de ne jamais décoller. A si ! A seulement genre, 10min de la fin. Si, si. Le potentiel commence à se révéler, on se réveille, on accroche son slip, on en prend pleins les yeux, mais c’est aussi court qu’une attraction à Disneyland: on monte à peine dedans qu’on en ressort déjà.

Résultat des courses: on finit un brin frustré car c’était une base obligatoire, on ne peut pas leur en vouloir pour ça, mais trop longue à se mettre en place et qui décolle aussi vite qu’elle retombe à plat. Mais du coup, si numéro 2 il y a, l’occasion sera parfaite pour enfin faire un film convenable qui mettra bien en avant tout l’étendu de ce potentiel. J’y crois.

Captain America

Là, on s’en sort bien mieux ! Pourtant, dans un sens, le film souffre du même syndrome que l’autre du dessus, mais de façon moins violente…

Pour rappel: Captain America nous raconte l’histoire de Steve Roger, simple soldat américain voulant protéger sa patrie durant la WW2 et décidant de donner son corps à la science afin de tester un sérum transformant la personne en « surhomme », un Super Soldat en gros. C’est ainsi que né Captain America, en 1941 justement et crée principalement dans un but de propagande américaine pour réchauffer les coeurs pendant qu’on se faisait latter les couilles par les nazis. De ce fait, Captain America est le premier super héros dans l’univers Marvel. Autant dire que d’une certaine façon, le film a un certain poids sur les épaules, une façon de voir « le commencement de tout ».

Ici, le bad guy, c’est le Crâne Rouge, un nazi qui souhaite s’emparer du Cube Cosmique, un objet mystique capable de réaliser tout ce que désire l’utilisateur, afin de…*roulement de tambour* conquérir le monde ! Ouais, on est bien dans un comic. En plus, si on le surnomme le Crâne Rouge, c’est à cause d’une expérience censée le transformer en surhomme qui a en partie échoué et l’ayant défiguré à vie (Il voit rouge maintenant). Aux USA, le bon Steve va donc petit à petit devenir le super soldat qu’on connait tous et va devoir contrecarrer les plans du Crâne Rouge, car leurs chemins devaient se croiser tôt ou tard (quel suspens).

Captain America laisse une sensation bizarre.

Dans un sens, on peut le voir comme un reproche au film, et au personnage en lui même par extension: compte tenu de ses origines, il ne ressemble pas tellement à un super héro « moderne », tel qu’on peut le connaître de nos jours. Je veux dire, avec du recul, difficile d’avoir le même type  d’attente (pour ce genre de scénario) pour Captain America (comparé à ce que l’on a l’habitude de voir), alors que dans le fond ce dernier n’est « juste » qu’un soldat américain déguisé un peu plus fort, plus rapide, résistant et alcoolique (comprenne qui pourra) qu’un autre, le tout avec un bouclier super résistant. C’est forcément moins impressionnant que la « seconde vague » apparu dans les années 60 (jusqu’à aujourd’hui) où l’on a commencé à voir pleins d’hommes volants, cracheurs de feu, qui se téléportent, avec des monstres géants et j’en passe. Vous voyez le genre ? (Après, je ne sais pas si les comics ont développé le personnage en 50 ans de carrière)

Partant de ce fait, le constat est simple: on n’est pas tellement dans un film de super héro à proprement parler, mais on lorgne carrément dans un style plus proche des Indiana Jones, avec une « grande aventure », une action finalement plus conventionnelle et… ce n’est pas pour me déplaire en fait. Mais il est évidemment qu’on peut être déçu par cette tournure, mais j’ai l’impression que, vu le support d’origine, pas facile d’en faire « autre chose » sans sombrer dans le ridicule.

Si Captain America est une réussite, c’est parce qu’il arrive à doser un peu chaque élément (l’aventure, l’action, le côté super héro et la mythologie qui va avec (quelques clins d’oeils savoureux)) avec un certain brio. Pas d’ennui en vue avec un bon dosage entre action, mise en place du scénario et quelques touches d’humour bien vues; et des méchants qui, eux, ont un minimum de gueule (M. Smith, content de vous revoir), de prestance, de charisme (et cet accent « nazi », miam, je m’en lasse pas). Et qui dit dosage réussi, dit un intérêt constant et dit aussi une certaine « crédibilité » à l’ensemble, il n’en fait pas des tonnes (pas tant que ça).

On reste, à ce niveau là, dans un film de super héro avec les tares qui vont avec (la fin (scénario et combat final) est très vite expédiée, car on sent qu’il fallait rapidement mettre le lien avec les Avengers) mais pour une fois, le fait de suivre un « mec en costume moulant » et de le voir se battre avec n’est pas si ridicule que ça et est finalement cohérent avec le reste. Je ne spoilerais pas trop l’élément scénaristique qui rend cet aspect si crédible, mais c’était bien trouvé et parfois même très drôle, avec une belle auto dérision franchement bien sentie.

Après, pour en revenir à la comparaison initiale, reste toujours ce petit sentiment d’être obligé de repasser à la case départ, mais on le savoure bien plus que Green Lanthern, car mieux réparti, plus dense, plus accrocheur. Mais on aimerait encore plus de Captain America en train de botter des culs de nazis ! C’était en parti pour ça qu’on était là. The Avengers, je t’attends au tournant.

La Planète des Singes: Les Origines

Assurément le meilleur des 3. Je n’ai pas été souvent en contact avec la licence: j’ai probablement du voir au moins un des 5 films d’origines dans ma jeunesse suite à une énième rediffusion télé (mais je n’en ai aucun souvenir) et le remake de Burton, n’ayant pas une très bonne réputation apparemment, ne m’a pas marqué non plus. Pourtant, et c’est pourquoi je suis allé voir ce « reboot/préquel/whatever », j’adhère totalement au concept du singe qui rattrape l’homme et le surpasse même au point d’en devenir la race dominante sur Terre, en partant d’une simple erreur humaine, justement.

Le titre est assez explicite concernant l’ambition du film: remettre au goût du jour la licence et nous raconter comment tout à commencé, comment tout à dérapé. C’est au côté de César, jeune singe ayant reçu par sa mère un sérum crée par l’homme censé guérir Alzheimer, que la révolution pose ses bases. Proche de l’homme dans ses grandes lignes, c’est donc le singe qui a été choisi pour tester ce nouveau remède « miracle », vu l’avancé qu’elle promet apporter… Et les résultats sont saisissants. Trop même. Les singes deviennent de plus en plus intelligents, développent une véritable conscience de ce qu’ils sont et de ce qui les entourent…Et par la même occasion, prennent conscience que l’homme, c’est mal.

« Les origines » est un film particulièrement efficace, où l’on ne s’y ennui jamais. En fait, sa grande force est de captiver le spectateur, tout en prenant en compte le fait qu’on connait l’histoire dans ses grandes lignes, qu’on connaît la finalité de la chose. Mais le développement de la révolution des primates, sa mise en place et l’évolution de César sont particulièrement bien rendu. César, surtout. Plus le film avance, plus il se révèle terriblement humain, déterminé à changer les choses quelque soit les moyens déployés. C’est évidemment LE héros du film, autour duquel tout gravite.

C’est lui qu’on suit dans ses premières années de simple « singe de compagnie » (Pas de spoil, mais le film se déroule sur plusieurs années), dans lesquels il s’habitue aux contacts des humains (pas toujours très facilement, c’est ici que les racines de sa haine prennent pied) jusqu’à « l’âge adulte » où il décide d’agir pour de bon. César est intelligent grâce au sérum qui parcourt ses veines et apprend vite, très vite de ce qui l’entoure. Du coup, humain qu’il devient malgré lui, on se prend très facilement d’affection pour lui. Même si on le voit se retourner petit à petit contre « nous », on a envie de le soutenir, on a envie de le voir réussir.

En fait, c’est vraiment cet aspect là (et donc tout ce qui en découle) qui m’a scotché au film. C’est parfaitement orchestré, très bien rythmé, on sent une belle montée en puissance et, malgré les apparences, ça reste avant tout crédible. Si, si, on y croit ! D’une part parce que techniquement, ça tient carrément la route. Okay c’est vrai que l’aspect CG reste toujours présent en tête, mais les animations sont saisissantes et sonnent toujours justes, suffisamment pour faire oublier la sensation précédente et ne mettant jamais en défaut les moments forts du film (Et ils sont présents et franchement réussis). On n’y cherchera pas un film bourré d’action, mais quelque chose d’assez intelligent, pas si manichéen que ça dans le fond. Et quand on voit ce que l’on a en face (que ça soit bon ou mauvais) ça fait du bien.

Je regretterais malgré tout une fin qui laisse…sur sa faim, puisque marketing oblige, ce n’est qu’un bout de préquel, il y a évidemment encore plus de chose à raconter pour en « revenir » aux films des années 60. Du coup, je reste toujours un peu sceptique quant à ses éventuelles suites, à voir comment le filon sera exploité. Parce qu’un bon gros gâchis avec un tel matériau de base, ça me rendrait très triste.

Mais en attendant, un grand film, assurément.

 

Le cinéma japonais ? Tout un Symbol.


J’aime les bonnes surprises sorties de nulle part.

Le cinéma japonais et moi, ça n’a jamais été bien loin. Je n’ai pas beaucoup d’expérience dans le domaine et le peu de  ce que j’ai vu ne m’a pas super convaincu, surtout par une chose en particulier : le jeu d’acteur. Que ça soit au ciné ou même dans les dramas, les quelques exemples que j’ai vu avec plus ou moins d’attention m’ont toujours paru sur-joués et donc fatalement ridicule, flinguant « l’immersion » ; un peu comme le cinéma français et son jeu d’acteur parfois trop théâtrale. Evidemment, je suis loin d’avoir tout vu et les contre exemples ne manquent sans doute pas. N’empêche que, même en étant conscient de ça, on part sur des aprioris pas toujours justes. Et Dieu sait que je peux me tromper…

Récemment, lors d’une énième soirée de chômage remplit d’ennuis, je me balladais sur le fameux site WTF Japan Seriously ?, ce site qui recense divers vidéos plus ou moins impressionnantes, délirantes voir flippantes en provenance direct du Japon, forcément. A force de lurker page après page, je tombe sur cette vidéo.

Qu’est-ce que hein ?

Je veux dire, ce que je viens de voir, c’est bien : un film où un japonais à la coupe au bol affreuse se retrouve enfermé dans une salle entièrement fermée où son seul  moyen de sortir sera de trouver le bon interrupteur en forme de sexe de petits n’enfants !? Le tout, vu par d’autres trailers, entre coupé de passages ne semblant n’avoir aucun rapport avec ce qui a été montré juste avant ? Sérieusement ?

Partant d’un tel postulat, ça m’a carrément intrigué. Symbol (ou Shinboru en jap) semble complètement barré, sorte de version japonaise humoristique d’un Cube bien violent à l’origine, soutenu par un héros en total roue libre. Et en plus, il y a des catcheurs mexicains, j’en connais un qui serait intéressé pour le coup. Donc… pourquoi pas ? Et autant le dire tout de suite : si je m’attendais à voir un film bien « WTF » sans grand intérêt qui ne se repose que sur son côté décalé pour attirer le chaland et finir par être rapidement oublié ; je dois admettre que le résultat final en vaut vraiment la peine.

Je dois tout de même reconnaître que ce n’est pas chose facile de disserter sur un tel film. Concrètement parlant, il ne s‘y passe pas grand-chose. De façon alternée, on suit donc la « vie » d’un lutteur mexicain (Qui parle d’ailleurs en Espagnol même en VO) anonyme (sa vie de famille, ses futurs combats) et la vie d’un japonais (qui n’a pas de nom non plus) qui se réveille enfermé dans une salle blindée de sexes d’enfants. Et c’est tout. Le scénario, tout comme la mise en scène, est réduit à sa plus simple expression en quelque sorte, ça n’ira – malgré quelques twists ici et là – jamais bien loin et le postulat de base restera le même jusqu’au bout. Là, pour le coup, on se demande quel peut être l’intérêt d’une telle histoire, si ça va vraiment nous accrocher. Parce que suivre un lutteur mexicain sans histoire et un japonais lui aussi obscure pour le spectateur, c’est quand même un coup à se tirer une balle dans le pied.

Et pourtant, ça marche assez bien ! J’y ai trouvé un bon dosage entre :
– La partie Mexicaine, qui intrigue régulièrement le spectateur, malgré son absence de véritables enjeux, parce qu’on sait pertinemment que ça va déboucher sur quelque chose, ça ne peut pas être balancé « comme ça ». C’est calme, il y a peu de dialogue, l’ambiance y est presque pesante.
– Les passages sur le japonais dans sa piaule relance constamment l’intérêt du film (pour « compenser » l’autre partie), dans une ambiance totalement différente. Plus drôle, plus fantaisiste, avec un héros expressif malgré sa solitude.

Deux visions différentes au sein d’un même film. D’un côté un aspect presque documentaire sans importance et de l’autre, la quête désespérée (mais drôle) d’un homme qui cherche à s’enfuir par tous les moyens de là où il est.

Malgré tout, je ne cacherai pas que si on regarde le film, c’est surtout pour voir le héros tenter de prendre la fuite. En fait c’est bien simple, de mon point de vue et via mes différentes expériences, Symbol m’a furieusement fait penser à un jeu vidéo. Tout semble construit comme une sorte de Point’n’Click Live géant où notre héros du dimanche à la coupe improbable va tenter de trouver la bonne combinaison. Une bonne combinaison, justement, qu’il tentera de deviner un peu au pif, en y allant par tâtonnement, en découvrant les éléments clés par accident… comme tout bon Point’n’Click qui se respecte. Et c’est pour ça que j’aime ce film.

J’ai l’impression de voir un Let’s Play géant, avec ces moments de gros fails, ces tentatives désespérés en associant de force des objets qui n’iront jamais ensemble et – limite – soutenir le héros quand il arrive au bout du chemin. C’est un aspect qui m’a vraiment plu, car ça permet de nombreux délires, de nombreux passages humoristiques. L’acteur qui joue le héros s’en donne réellement à cœur joie pour compenser le vide occasionné par le scénario. Sans lui, le film n’aurait pas cette saveur particulière. On le trouve ringard, kitsh (CE PYJAMA), limite repoussant à la fois mais on finit par vraiment l’apprécier, le trouver attachant et on a envie de le voir sortir de là après tant d’effort, même si ses échecs m’ont fait bien rire.

Néanmoins, fatalement, ça pose un problème digne des jeux du genre : c’est encore regardable et appréciable mais c’est un film qu’il vaut mieux voir qu’une fois. Ca peut paraître évident (on rematte moins souvent/facilement un film qu’on refait un jeu vidéo), mais c’est vraiment le genre de film qui joue constamment sur la surprise, sur la découverte des différents éléments du scénario pour se savourer comme il se doit. C’est très conceptuel (trop ?), expérimental mais c’est surtout une grosse bouffée d’air frais de part son pitch initial et la façon dont il le développe et… il le fait bien, surtout.

Ça marche bien, c’est fun à suivre, la réalisation fait son boulot (rien d’extraordinaire, rien de mauvais, même les CGI passent bien) et je ne me suis – surtout – jamais ennuyé un seul instant malgré un scénario volontairement obscure (malgré quelques « révélations »). Surtout avec cette fin, sans doute pleine de sens cachés qui me sont passés au dessus de la tête. Si vous avez d’ailleurs des interprétations sous la main (ou la vôtre), je dis pas non !

En tout cas, il a su contrer mon apriori de base : celui d’être potentiellement un être film décalé dont il vaut mieux regarder les meilleurs moments sur Youtube que de se taper la version complète. Symbol est juste un tout pas mal réussi que je recommande chaudement ! En plus, ce n’est jamais sorti en France, il faudra faire avec du fansub pour le coup. Mais on mettra ça sur le dos de la bonne cause, et ça passe.

Snyder utilise Roue-Libre. C’est très efficace !

Snyder n’a pas une très bonne réputation. A l’heure actuelle, je n’ai vu que son Watchmen, que j’ai trouvé particulièrement bon, sans trop d’effets superflus propre au réalisateur paraît-il. Mais il faut dire qu’avec un tel matériau de base, « difficile » de se planter. Hélas – ou non, je vais tenter de rectifier ça – ses autres films sont une grande inconnue à mes yeux. Pas de 300, de « L’Armée des Morts » ou cet obscur film avec des chouettes. Juste Watchmen et… Sucker Punch désormais.

Intrigué par des trailers tous plus étrange les uns que les autres (Des samouraïs géants avec des gatlings ? Des nazis ? Des Call-girl ?) et n’ayant finalement pas grand-chose de mieux à faire, c’était décidé : allons voir Sucker Punch dès sa sortie. Non sans quelques doutes malgré ma première impression positive lors de première vision du trailer : Et si l’ensemble était indigeste ? Pourquoi un tel mélange ? Est-ce que ça aura un sens au final ? Snyder ?

Indice: Je crois bien que Snyder est allé trop loin.

En quelques mots, c’est l’histoire de Babydoll, une poupée Barbie d’une vingtaine d’année qui se retrouve envoyée dans un hôpital psychiatrique par son beau père après avoir tué accidentellement sa sœur lors d’une dispute. S’en suit alors, sans trop révéler le premier « twist » scénaristique des premières minutes, une tentative d’évasion de la jeune fille – accompagnée de ses nouvelles camarades rencontrées sur place – par un subtil plan élaboré durant tout le film.

Là, tout de suite, vous allez me dire : Mais quoi ? C’est ça le synopsis ? Comment peut-on avoir un scénario pareil et promettre de grosses bastons avec des filles dénudés, des katanas et des explosions qu’un Micheal Bay n’aurait pas rechigné ? C’est simple, grâce à la magie du twist scénaristique. Je vais essayer de ne pas spoiler, mais disons que dans l’idée (mais juste dans l’idée hein), il y a une notion de « rêve », façon Inception. Ces combats tant mis en avant, ces univers variés et sans réels liens entre eux sont des sortes de rêves symbolisant certaines étapes de l’histoire… Un peu comme les différentes étapes, les différents objectifs d’un jeu vidéo d’ailleurs, le rapprochement est faisable et sans doute pas anodin. Un concept toujours intéressant sur le papier, mais hélas, dans les faits, un peu raté.

Commençons direct par un gros pavé de points négatifs, vu c’est ce qui en ressort après visionnage, visiblement.

Il faut reconnaître le fond du problème, là où Sucker Punch rate le coche et l’empêche d’être un bon film : C’est un putain de bordel sans nom. Si j’ai jouis au départ de voir de grosses scènes d’action décomplexées, j’ai rapidement déchantéen comprenant rapidement que justement… On ne comprendrait pas grand-chose. Tout semble empilé n’importe comment, sans la moindre logique, juste « pour se faire plaisir ». Difficile d’accrocher à une histoire où s’entremêle cabaret, prostituées, samouraïs géants, château médiéval et nazi sans aucune explication scénaristique, sans aucun… liant, les personnages plutôt creux n’aidant pas à s’y immerger.

Un peu comme si Snyder avait envie de se faire plaisir, un peu tout seul dans son coin, en mettant tout ce qui lui passait par la tête. Comme si moi, dans un hypothétique film, je balançais des mechas de Gundam pilotés par des Maids croisant Sonic, le tout dans un univers steampunk sans expliquer pourquoi un tel mélange des genre/influences tel un crossover improvisé. Ah oui, il parait que le scénario est complexe. Pitié non. Non, vraiment, non. C’est pas possible là, c’est à la mode. C’est TROP facile de justifier un scénario boiteux où l’on ferait exprès de mal raconter les choses, exprès de rendre la narration imbuvable et de justifier l’incohérence de ce qu’il s’y passe.

En soit, j’ai bien vu qu’il y avait une certaine « profondeur » car jouant un peu avec le « monde des rêves » et ce que ça peut impliquer mais ça ne suffit pas. Même Inception, qui ne m’a pas non plus follement emballé, était bien plus convainquant dans sa narration/principe des rêves. Malgré les niveaux lectures et le twist de fin, on arrivait à tirer quelque chose du scénario, on comprenait un tant soit peu ce qu’il s’y passait, il y avait une certaine cohérence dans tout ça. Là, pas grand-chose, on a vraiment cette mauvaise impression d’être devant un gros pot pourri d’idée sans recul.

Et puis à côté de ça, comme si ça ne suffisait pas, Snyder reste fidèle à lui-même dans le fond. Alors que Watchmen, à quelques ratés près c’est vrai, résistait vaillamment à la tentation de foutre du ralenti à toutes les sauces et des musiques limite hors sujets pendant certaines scènes « pour faire genre », Sucker Punch retombe dedans sans la moindre finesse.  Le côté maladroit et inutile ressort tout de suite : je me suis parfois limite senti gêné à cause du ridicule palpable de certains passages, à voir 5 nanas courtement vêtues armées jusqu’aux dents avancer au ralenti sur de la grosse musique qui tâche. Il y avait une certaine intelligence dans le choix des ralentis et des musiques dans Watchmen (Ah, l’enterrement du Comédien) que Sucker Punch n’a pas. Snyder nous dessert presque une régression vis-à-vis de celui-ci (mon seul point de comparaison, pour rappel).

Il n’empêche que Sucker Punch a un certain cachet visuel. On aime ou pas l’aspect « numérique » des choses, mais force est de constater que ça claque ! Il y a justement toujours cet aspect « artificiel» voulu dans les décors (mais justifiable d’un point de vue scénaristique on va dire) qui rend vraiment bien. L’utilisation des couleurs, du rendu de ces décors (les filtres selon « l’ambiance »), c’est quelque chose d’assez sympathique et agréable à regarder. Et pour ne rien gâcher, bien sûr et malgré les exubérances au niveau des ralentis, il faut reconnaitre que les combats ont un certain punch (sans mauvais jeu de mot).

Autant on ne pige pas toujours les tenants et aboutissants de ces scènes d’action surréalistes sorties d’on ne sait où ; autant – soyons honnête – on prend quand même pas mal son pied dans l’absolu. C’est dynamique, rythmé, correctement filmé (le Shaky cam-style de ces dernières années n’est pas trop prononcé) et certaines scènes sont même impressionnantes. On en redemanderait presque. Certes, on a du mal à croire à ce qu’il y a autour, mais on en prend plein les yeux, on se régale devant ce déluge assez bien maitrisé d’action granguignolesque et sexy.

Mais justement, ça ne rend le film que plus bancal… On aurait parfois aimé que ces passages « action » aient carrément un scénario, un film à eux seuls. On aurait aimé qu’ils soient moins « balancés » vite fait bien fait dans la trame générale histoire de remplir un éventuel cahier des charges hollywoodien. Là, je me suis plus souvent dit « tout ça pour ça ? »…

De plus, difficile de s’immerger dans un scénario complexe et possédant à côté des personnages insipides et sans réel charisme (le côté sexy, ça compte pas justement !). Ca gâche le truc à mes yeux, ça crée un décalage pas franchement agréable. On ne sait pas sur quel pied danser, on ne sait pas si le film veut se la jouer premier ou second degré (d’autant plus qu’il n’y a pas la moindre trace d’humour), s’il assume vraiment certains aspects.

Bref, une belle déception. Très esthétique, techniquement impeccable et le côté débridé de certaines scènes sont franchement plaisantes ; autant dès qu’on s’attaque à la structure, ça ne tient pas debout. On y croit pas une seule seconde, on se sent pas impliqué, on ne ressent rien envers les héroïnes et Snyder se paye le luxe de retomber dans ses mauvais travers. Le résultat n’est pas totalement mauvais mais difficile d’accrocher à quelque chose d’aussi bordélique que ma chambre avant son rangement annuel.

Finalement les chouettes, c’était peut être pas plus mal.

 

Edgar Wright m’a tuer.

Lui, je l’ai longtemps attendu.

Découvert par hasard au détours de sa toute première bonne annonce – et découvrant l’oeuvre à l’origine de tout par la même occasion – Scott Pilgrim Vs The World est rapidement devenu un de mes Most Wanted cinématographique de l’année 2010. Pas difficile dans le fond, quand regarde plus en détail cette bande annonce: de la baston avec des supers pouvoirs, de l’humour, des références typiquement pour Geeks, des onomatopées de comics en pleine baston, une musique qui déchire en fond et… Edgar Wright aux commandes.

Edgar Qui ?

Edgar Wright, le réalisateur du cultissime Shaun of The Dead et du moins bon, mais néanmoins fort sympathique Hot Fuzz. Donc, je pense que je pouvais légitimement en attendre que du bien. Malheureusement, l’avenir du film chez nous est plutôt sombre, même à l’heure actuelle où j’écris ce billet: le distributeur français ne semble pas quoi faire du film (Retardé sans cesse pour sortir seulement 5 mois après le reste du monde), avec un marketing proche du néant (Le distributeur ne savait pas que le comic était traduit en France) se concluant par une forte probabilité d’une sortie technique au cinéma (Comprendre par là: 10 salles en France grand max, et à Paris); le tout sans compter sur une bonne VF, au vu du premier et dernier trailer disponible. Triste.

Résultat de cette sortie en catastrophe ? Eh bien celle que tout le monde attendait, que l’on ne pouvait pas vraiment omettre malgré son caractère douteux et non optimale; si on voulait voir le film sans attendre encore 3/4 mois de plus pour une hypothétique sortie DVD dans l’anonymat le plus complet: la solution tipiak. Honte à moi, peut être, mais je ne regrette pas clairement pas ma décision et je me rattraperais volontiers s’il sort chez nous. Un jour.

L’histoire, pour résumer (parce que je l’ai déjà faite ici), c’est l’histoire d’un certain Scott Pilgrim, qui veut sortir avec Ramona Flowers. Mais pour ça, il doit affronter ses 7 ex-maléfiques. Voilà, c’est tout. Pour faire en gros. Pas de suspense, allons à l’essentiel: Oui, le film est une réussite. Pas totale, mais une franche réussite quand même.

Parce que, quand on connait le comic, c’est de voir avec quel talent Edgar a su l’adapter à merveille. Je ne vous apprendrais rien en disant que beaucoup de choses ont été supprimées et revues pour s’accommoder à son nouveau format. Mais c’est une adaptation intelligente, conciliant à la fois nouveau venu dans l’univers de Scott et fans du comic, histoire que tout le monde jouisse du spectacle.

Pour faire mon chieur, j’aurais aimé que certains pans de l’histoire de la BD soient présents, que certains personnages ne soient pas passé sous silence. Parce que, dans le fond,  ça aurait donné de l’épaisseur au scénario (J’y reviendrais) ou tout simplement, aurait été plaisant de voir ces passages « animés ». Tant pis, l’adaptation ciné restera dans ma tête. Et puis, avec le recul, ça manque terriblement de référence, pour un produit 100% pur Geek. Ce n’est pas en mettant 2/3 sons tirés de Zelda, Mario, Sonic et Street Fighter qu’on peut véritablement parler d’hommage.

Mais au delà de ça, l’adaptation est, et restera, surprenante de qualité et réussie le tour de force de rester fidèle à l’original malgré ses 2 heures bien remplies. On garde globalement un vrai bon rythme, l’action s’enchaîne – quasiment – sans temps mort, les petites tranches de vie sont toujours plaisantes à suivre, les répliques et les jeux de mots claquent bien comme il faut, nous laissant avec un bon gros sourire de plaisir sur les lèvres (Bien qu’une fois n’est pas coutume, le film est à voir en VOST… US. Même un sous titrage français ne peut pas retranscrire certaines excellentes vannes). Mieux encore, les nouveautés de scénario ou réarrangement de certains passages sont tout aussi bon – si ce n’est mieux  – que les originaux.

Car c’est aussi la grande force et à la fois faiblesse du film: à force d’avoir cherché à réadapter 6 tomes de 200 pages en un film de 2h, le film Scott Pilgrim est un film dense, tellement dense que le principal défaut du comic disparaîtrait presque sous nos yeux, lui permettant probablement de toucher un maximum de personnes, non initiés à la BD.

Pour rappel, ce qui m’avait gêné dans le comic, c’est ce scénario tellement farfelue qu’il en devenait rapidement – malheureusement – incompréhensible: peu voir pas d’explication sur les situations présentes, avec pleins de détails qui donnent l’impression qu’on va avoir un gros bout de scénario dans le tome suivant pour finalement aboutir sur… du vent. Comme si de rien n’était.

De ce fait, le film passe tellement vite sur les détails de l’histoire qu’on n’a absolument pas le temps de se concentrer dessus. Ca va tellement vite qu’on a à peine le temps de se dire « Oh wait, j’ai rien capté » qu’on est déjà passé à la scène suivante, sans que ça soit véritablement gênant, contrairement au comic. Mais ça, c’est un peu « l’avantage » du format Cinéma, on a le mérite de ne jamais s’emmerder vu le rythme imposé. Et quand on sait que certaines personnes n’avaient pas aimé le comic pour cette raison ô combien compréhensible, on se dit que c’est pas forcément un mal.

Mais là où c’est aussi une faiblesse, c’est que, fatalement, le scénario est extrêmement réduit, voir pauvre. On passe finalement à la trappe la profondeur des personnages, le développement de la relation entre Scott et Ramona et un paquet d’autres aspects pour laisser place …. à l’action pure et dure.  Fini – ou presque – la romance made in Toronto, et place à l’action virevoltante sous la supervision du très bon Edgar Wright.

Car la dessus, à défaut d’avoir un pur scénario et une vraie profondeur, on ne sera que difficilement déçu du spectacle visuel ô combien jouissif que le réalisateur nous offre. Action lisible et dynamique à souhait, clins d’oeil à la culture 8bits, effets visuels du meilleur effet, le tout accompagné d’une excellente bande-son, Wright nous délivre une réalisation véritablement efficace et soignée, sans fioriture. Et c’est sans compter sur de bons acteurs – bien que Michael Cera (Scott Pilgrim) semble un poil en retrait – ressemblant et franchement à l’aise dans leurs rôles respectifs (Ah, Wallace, un des meilleurs personnages du film, comme du comic !), pour compléter un si beau tableau.

Et à partir de ce constat là, le pari pour avoir réussi à adapter une telle oeuvre est amplement réussi. Pas ultime comme prévu – comme le comic en fait – mais terriblement grisant dans l’absolu. Que l’on soit fan ou non de la BD, voir que l’on ne la connaisse pas du tout, Scott Pilgrim est une oeuvre presque unique à voir absolument, au moins une fois.

Merci, Wright.

Max Payne, mini réjouissance

Max Payne, ça fait un peu partie de mes jeux cultes, mes best game ever perso dans le domaine du jeu vidéo. Oui quand même, rien que ça.  Pourtant, ça paye pas de mine… L’histoire est assez convenue (blabla flic, ripoux, drogue et sexe), le jeu se résume assez bien à une simulation de plongeon au ralenti (avec la première apparition du Bullet Time dans un jeu vidéo) dans une pluie de douille ensanglantée et le héros était … charismatique dans un sens (quand même !) mais terriblement… statique. Bref, dans le jeu, il a 2 expressions, résumées par cette image :

Mais ce qui faisait la grande force du jeu, c’était son ambiance sombre, malsaine, avec un New York remplit de junkies, de politiciens pourris jusqu’à la moelle, de drogue en libre circulation, de putes etc. Comme quoi, pour faire un bon jeu, il faut décidément pas grand chose… Pas que j’attendais ce jour avec impatience, mais c’est avec une certaine curiosité que le projet « Max Payne » en film m’a poussé à m’y intéresser et à finalement aller le voir. Tout commençait plutôt bien (enfin, personnellement…).

C’est finalement à Mark Wahlberg d’endosser le rôle du justicier ténébreux dépressif, Max Payne le bien nommé. Pourquoi pas. J’ai rien contre l’acteur, je sais presque pas dans quoi il a joué, mais ça je m’en fou un peu. L’important, c’est Max Payne. Puis une fois le héros choisit, vient la terrible épreuve de la bande annonce…

Alors, l’ambiance du film est comment ? L’acteur joue comment ? On dirait le jeu vidéo avec des vrais bonshommes dedans ?

Pas loin. A ma grande surprise, la bande annonce a « eu la bonne idée » d’emprunter une des caractéristiques du jeu, point de vue narration : le format « Comic ».

Sorte de « BD animé », la bande annonce, intégralement en français, m’a tout de suite rassuré. On y retrouve notre bon vieux Max, sa femme morte, la drogue, le sang, une pointe de Bullet Time… Bref, « tout » y est… La musique, l’ambiance, les répliques et le très bon doublage français… Sauf que forcément, comme toutes bandes-annonces qui se respectent:
– On nous montre les meilleurs scènes du film…
– Rien n’indique si le film en lui même sera bien rythmé, les scènes de la BA sont généralement montées de façon à ce que l’on croit que ça pète dans tout les sens toutes les 5 minutes (d’autant plus que Max Payne à la base, c’est UN PEU un jeu d’action où ça pète toutes les 30 secondes.).

Sauf que c’est pas le cas. Le film commence pas trop mal. Certes, on est rapidement déçu que ça ne commence pas exactement pareil que dans le jeu vidéo (le jeu commence avec un Max, armé, sur un immeuble avec des flics aux trousses), avec une scène où Max Payne, plongé dans l’eau glacé, nous sort son petit monologue pour nous mettre dans le bain et dans l’ambiance. Tant pis, ça passe quand même car l’esprit, l’idée est la même : tout ceci n’est finalement qu’un aperçu de la « fin » du film/jeu vidéo, avant de passer dans une sorte de « flashback » géant nous ramenant quelques jours plus tôt, pour tout nous raconter, avant de revenir à nouveau sur la scène de départ. C’est déjà ça de gagné pour une adaptation de ce calibre. Puis les minutes passent, le scénario se dévoile et forcément, on commence peu à peu à être déçu.

Bien que le scénario reste « grosso merdo » le même que le jeu vidéo (une histoire de drogue prévu pour l’armée qui finit entre de mauvaises mains), quand on est fan de ce dernier, on ne peut qu’être déçu du manque de fidélité de ce que l’on a à l’écran. Alors quand même, on est content de voir que le minimum syndical est là, comme Max Payne qui a sensiblement la même histoire, la présence de BB, Mona Sax (bien que trop maquillée pouf-style), l’histoire de la drogue « Valkyrie » et quelques passages « clés » du jeu… Mais ça ne suffit pas.

On est constamment tiraillé entre le « C‘est cool, il y a ce moment là dans le jeu, ce personnage là aussi ! » et le « Pourquoi ça se passe comme ça ? Pourquoi ils ont pas fait comme dans le jeu vidéo ? Pourquoi j’ai déjà plus de Popcorn après 10 minutes de film ?« . Ça fait plaisir de voir qu’ils n’ont pas oublié la scène de la mort de la femme de Max (bien que rapidement expédiée…) mais c’est aussi regrettable que le passage Lupino (le passage dans le Ragnarock, la boite de nuit) soit aussi rapidement torché ou que Max Payne du film soit trop « humain » (pas assez cynique, dépressif) par rapport à la machine à tuer sans âme du jeu. Tant pis, on s’y fait, parce qu’il faut bien que ça soit compatible avec le grand public.

Justement, c’est là que le film s’emmêle les pinceaux. Coté « Polar » (la partie grand public en gros), on a quelque chose de très convenu finalement, avec son lot de cliché, de scènes prévisibles (toujours les mêmes types de personnages avec le gentil keupin du héros qui meurt, le traître, la bonasse qui se fait flinguer etc.) qu’on a un peu vu et revu 10 fois. Normal dans un jeu vidéo qui s’inspirait des films policiers… Un jeu qui s’inspire de polar transformé en polar lui même, faut-il s’étonner de voir un tas de cliché ? Probablement pas… Malheureusement, ce ne sont pas les scènes d’actions qui rattraperont le tout, étant donné qu’elles se comptent sur les doigts d’une seule main en piteuse état. Très brèves, essayant avec plus ou moins de brio de combler la platitude du scénario avec quelques tentatives foireuse de sortir du Bullet Time parce que c’est comme ça dans le jeu… Sorte de clin d’oeil forcé du réalisateur, pour plaire aux fans. Mais ça le fait moyen. Ça passe, mais on s’attendait à mieux.

Finalement, c’est comme ça que je vais résumer le film. Ça passe, mais on s’attendait à mieux. On se doutait bien que ça ne serait pas une adaptation 100% fidèle du jeu, mais on regrette quand même que finalement, le côté « jeu vidéo » soit aussi peu poussé (autant y aller franchement niveau référence et clin d’oeil…) alors que malgré tout, le côté « Polar » soit aussi basique et trop respectueux des clichés du genre, qui ne laisse pas, ou presque, de surprises aux spectateur. On se retrouve finalement avec un film qui a le cul entre 2 chaises comme on dit, qui n’assume pas totalement son origine, en ayant du mal à s’accorder avec le type cinématographique auquel il est lié.

Pourtant… j’ai aimé le film quand même. Ça se laisse regarder malgré tout, on y passe, j’estime, un moment pas désagréable, sans doute parce que je connais (et je chéris dans un sens) Max Payne, le jeu de 2001… Le scénario est convenue, l’action peu présente, mais il se laisse suivre. Un avis biaisé peut être, mais l’essentiel est là, je me suis pas emmerdé et je crois bien que c’est l’essentiel…

Mais le film ne restera pas dans les annales, très clairement.