Dessinateurs, rassemblement !

Aujourd’hui, on va parler toujours un peu plus de comics, mais attendez, ne partez pas ! Pas de reviews pour le coup (j’avoue être en panne d’inspiration, alors que les lectures s’entassent un peu trop dans un coin de ma piaule, bonjour le paradoxe) mais un petit coup de projecteur sur une poignée d’élu de l’industrie des hommes en slip concernant un des principaux composants du genre: le dessin, évidemment. Comme ça, sans raison, je vais vous parler de mes artistes préférés, sujet d’article Ô combien classique et un peu facile, mais toujours sympa quand c’est bien fait. Mais je suis mal placé pour me juger, hein.

Il n’y a pas totalement d’ordre (On parle d’une esthétique, d’un style, d’un talent; ça peut difficilement se graduer quand on dépasse les 3 choix), c’est un peu balancé « au pif »… même si le dernier cité est un peu mon artiste préféré. Bien évidemment, pour la petite précision: quand je fais la mini liste des « travaux » du dessinateur en question, elle n’est pas forcément exhaustive, c’est plus ou moins ce que j’ai lu, compte lire, me viennent à l’esprit… 

Terry Dodson

Pour commencer, on va parler d’un cas un peu « spécial ». Dans le sens où je ne l’ai pas découvert de façon « régulière », à longtemps travailler sur une série de comics. Soit parce que je l’ai prise « trop tard » en route (et donc loupé le début de son taff), soit parce que les lois du marché sont impénétrables et qu’il avait juste signé pour un ou deux chapitres avant de se rebarrer ailleurs, histoire sans doute d’arrondir les fins de mois. Rien de plus rageant que de baver à chaque page et se rendre compte qu’au chapitre suivant, sentir la débandade.

Terry Dodson a pourtant un style dont je suis très rapidement devenu fan. Style qui dégage une certaine légèreté, qui ne sonne pas « mainstream » selon les séries avec un design qui se démarque bien de la masse. C’est souvent classe, bien coloré et bien dessiné (malgré quelques petites baisses de régime par moment). Bon okay, difficile de passer sous silence sa principale « spécialité », qu’on devine rapidement en tapant son nom sous Google Image: le monsieur est un spécialiste de la demoiselle aux formes généreuses, même si les hommes ont aussi droit à son superbe coup de crayon.

Mais il faut avant tout reconnaître qu’il sait dessiner la gente féminine mieux que quiconque, avec un charme dévastateur. Et pas en référence à ce qu’on pense ! Mais il arrive à faire dégager quelque chose rien que par le sourire et le regard ravageurs de ses héroïnes, à la fois Marvel, DC ou totalement originales (Pour des affiches, ou BD européennes); comme ça tout le monde est content. Evidemment, je vous conseil chaudement de suivre son Deviantart, histoire de se rincer les yeux de temps en temps, ça n’a jamais tué personne.


Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

–  Comme je l’ai dis, personnellement, je n’ai pas lu quelque chose de « durable » de sa part, ni même en grande quantité du coup. mais j’ai pu l’apercevoir dans quelques chapitres de la série Uncanny X-men, ou plus récemment, la série (très moyenne au passage) Defenders, toujours chez Marvel. Sinon, on le voit quand même régulièrement faire des couvertures alternatives pour pas mal de comics Marvel/DC. On se contente de ce qu’il y a…
– Il a donc aussi pondu, en duo avec le français Denis Pierre Fillipi la BD européenne en 2 tomes Songes, qui me fait de l’oeil depuis quelques temps, justement pour le plaisir de parcourir du Terry Dodson en long, en large et en travers. Si seulement je n’avais pas autant de mal avec les prix pratiqués pour du « Franco-belge »…

Alex Ross

Changement radical de style cette fois-ci, encore moins conventionnel et moins centré sur mesdames – sans pour autant être moins agréable – que Dodson,  on ne peut rester indifférent devant l’immensité du talent d’Alex Ross. Ce qui peut « choquer », ne pas plaire à tous ? Son hyper réalisme, avec des personnages terriblement détaillés, vivants et qui semblent « proches » de nous. Encore plus quand on s’attaque au monde des super héros et cette impression permanente que ça pourrait parfois se passer « dans notre monde », où une certaine crédibilité se fait ressentir.

Ca peut être assez paradoxal dans un genre qui cherche avant tout à s’éloigner un peu de la réalité, d’être « dans son monde », qui ne se soucis pas d’avoir cette « crédibilité » physique dans ses personnages; mais le résultat est détonnant, quasi unique et fonctionne du tonnerre. Sentiment encore plus renforcé par la colorisation, véritable peinture au sein d’une « simple » bande dessinée de mecs en slips parés à sauver le monde. A vrai dire, ce style de colorisation me paraît totalement indissociable du personnage, je n’arrive pas à concevoir – et ne veux pas voir ! – l’art d’Alex Ross avec une colorisation « informatique », forcément plus « froide »… ou n’importe quel autre type de colorisation.

Pour chipoter, je dirais que l’inconvénient d’une telle technique, c’est que ce que l’on gagne en beauté « pure », on le perd en dynamisme. Le résultat est d’une beauté, on perdrait presque 5 minutes par page pour analyser le soucis du détail, mais l’action paraît plus « molle » que les standards plus « classique ».  Mais au final, les 2 « visions » de la chose peuvent-ils réellement cohabiter ? Vous avez 3h.

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

–  Bien qu’un poil moins bon d’espéré, je citerais avant tout (et c’est aussi parce que je n’ai lu que ça de lui, en travail « continu ») le très chouette Kingdom Come, dont j’avais chanté les louanges envers sa vision virile et classieuse de Superman dans mon article sur mes waïfu comics.
Marvels, que je n’ai pas lu, mais apparemment un indispensable, qui montrait déjà toute la puissance du bonhomme en 1994 !

 

Jim Lee

Comme je suis un débutant en terme de comics (mais ça commence à venir), je ne connaissais pas Jim Lee pas plus tard qu’il y a environ 6 mois, correspondant à la sortie du recueil VF de Justice League version 2011, où Jim Lee reprenait donc les rennes du titre relancé au numéro 1 lors de l’opération marketing « New 52 », pour relancer tout l’univers DC sur de nouvelles bases spécialement (ou presque) pour les débutants comme moi. Pour un titre aussi fort que Justice League (C’était le premier numéro à sortir sur les 52 au total, donc forcément…), il fallait absolument quelqu’un de talentueux derrière, quelqu’un qui pouvait faire du titre un fer de lance de cette nouvelle « collection ».

Et là, la claque. Une claque monumentale. Si on peut toujours reprocher 2/3 détails ici et là, c’est justement cette profusion de détail dans chaque case, cette richesse visuelle, ce dynamisme, cette perfection complètement dingue qui m’a mis sur le cul. Les premiers affrontements entre Batman et le Green Lantern, puis plus tard avec Superman sont toujours impressionnants et d’une beauté folle. Jim Lee arrive même à rendre Aquaman super badass ! Le genre de truc que je n’imaginais même pas il y a 6 mois. Le pire, c’est que le niveau ne faiblit pour le moment pas parmi les 6 chapitres qui compose ce tome 1 déjà d’anthologie, et que la suite a l’air du même acabit.

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

–  Pas grand chose pour ma part, si ce n’est évidemment Justice League des New 52, le seul travail régulier que j’ai pu lire de lui. Mais je m’en souviendrais pour une excellente première fois.

Chris Bachalo

Après un artiste talentueux, mais plus « classique » dans son approche, retour à un dessinateur bien barré, qui a un style bien à lui, Chris Bachalo. Là encore, son style peut déplaire: c’est tellement stylisé que certains personnages ne ressemblent plus tellement à ce que l’on croise habituellement.  Je veux dire: Les poses un peu excentriques, les proportions pas toujours très « réalistes » (Même si on parle de comic-book), ses personnages hyper expressifs (Son Wolverine est toujours fabuleux quand il s’énerve !), ses dessins très riches en détail, en dynamisme… Parfois un poil trop, on arrive même à perdre légèrement le fil !

Mais c’est justement là sa grande force (Malgré tout), c’est une vraie bouffée d’air frais dans la masse avec son style très « punchy » et pourtant si maîtrisé, à quelques exceptions près. J’aime bien les styles plus « classiques » (mais tout aussi bien dessinés) quand même, mais ça fait du bien de temps en temps. Un parfait complément, en somme. Evidemment, suivre son actu sur son site directement rend plus beau et assure la réussite sociale.

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

Wolverine and the X-men, son petit chef d’oeuvre actuel… quand il bosse dessus. Pas toujours régulier, mais il a su donner le coup d’envoi d’une excellente série jusque là et chaque chapitre estampillé Bachalo est un vrai régal.
– Quelques chapitres sur la série Avengers lors de Fear Itself; pas grand chose dans l’absolu, mais son dynamisme et son esthétique ont réussi à faire passer la pillule d’un arc mollasson.
– Prochainement sur la série Uncanny… quelque chose, on n’a pas encore le nom complet de la série en question, mais juste du teasing à base de « Uncanny », qui fait forcément penser à Uncanny X-men. Dans tous les cas, nouvelle série avec Chris Bachalo au dessin = vendu !  

Salvador Larocca

Il arrive souvent que l’on n’arrive vraiment pas à comprendre les critiques de certains, vis à vis de certaines choses. J’veux dire: ce qui est critiqué n’est sans doute pas parfait à vos yeux, mais vous y trouvez suffisamment de qualité pour en ressortir un sentiment positif. Et, sur certains points, on se dit qu’il est difficile d’en redire quelque chose, parce qu’il y a un « minimum objectif » à nos yeux. Et pourtant, ici et là, les critiques fusent, vous plongeant dans une incompréhension certaine. Pourquoi tant de haine ?

Salvador Larocca fait parti de ces artistes étrangement mal aimés à ce que je lis mais qui possède pourtant un style des plus agréables que je connaisse, un style bien personnel et reconnaissable entre mille. Un style quelque peu réaliste, très « net » (On sent bien sûr le côté dessin purement « informatisé »); souvent précis et bien dessiné, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Je n’ai lu que la série Invincible Iron Man (Sur laquelle il a officié de très nombreuses années accompagné du scénariste qui divise Matt Fraction), mais il m’a toujours laissé une bonne impression: peut être que ça passerait mal sur d’autres séries (imaginons, Thor par exemple, et son côté mystique/naturel), mais appliqué à un récit typé techno-thriller, avec tout ce que ça implique (Niveau technologique, j’entends), ça donne un résultat superbe. Des armures rutilantes, un Tony Stark à la fois charmeur, humain et tiraillé par ses démons intérieurs (Que serait un héros Marvel sans qu’il se fasse régulièrement pourrir ?); le tout accompagné par une coloration « pétante », donnant beaucoup de vie à l’ensemble, je tombe irrémédiablement sous le charme.

On pourra toujours chipoter sur le rendu des « sourires » des personnages à cause du style réaliste, mais ça reste mineur à mes yeux. En fait, là où ça peut réellement clocher, là où parfois les critiques sont justifiées, c’est à la fois dans l’abus de temps en temps de flou pour « représenter l’action » et que le coloriste entre en jeu et foire parfois ses aplats de couleurs. On se retrouve avec un ombrage un peu dégueulasse sur le visage des personnages, posé n’importe comment; et le côté « colorisation informatique » ressort un peu trop, du coup. Mais ça ne pèse pas lourd dans la balance..

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

Invincible Iron Man, dont le premier volume librairie du run de Fraction/Larocca est sorti récemment en VF aux éditions Panini Comics. Et 300 pages de Larocca, bordel, quel bonheur mes amis. On le retrouvera lors du reboot Marvel Now pour la série Cable & X-Force, et ça s’annonce techniquement plutôt pas mal, comme d’hab.
– Plus vieille, et que je n’ai pas lu, il est aussi connu pour son run sur X-Treme X-men. Si ça ressort un jour en librairie, je veux bien me laisser tenter rien que pour le plaisir de mater du Larocca…

John Romita Jr.

Alors lui, d’une certaine manière, c’est un peu « tout l’inverse ». John Romita Jr. est un « ancien », qui a un paquet d’année derrière lui (Sachant que le Senior faisait aussi du comics dans les années 60, c’est une affaire de famille) et certains diront qu’il a fait son temps. Peut être n’est-ce pas faux. Car son style peut rebuter, clairement. Il est très… particulier, et, sans doute dû à sa longue carrière, il est surtout irrégulier.

Particulier, parce que le style du Romita n’est pas fait pour être « beau ». Ca peut sembler bizarre comme argument alors que je parle de mes dessinateurs favoris dans l’industrie du comics, mais force est de constater que sa façon de dessiner ne peut pas donner quelque chose de vraiment « joli ». Ces personnages peuvent avoir de l’allure (j’y reviendrais), mais jamais je ne me suis dit « Tel personnage pue le charisme, la beauté (dans le cas d’une femme par exemple) sous les traits de Romita ». Jamais le trait n’est « parfait », jamais on ne restera bouche bée devant la beauté « pure » d’une planche tel qu’on peut l’être devant le travail d’un Alex Ross par exemple. Alors pourquoi ? Pourquoi j’apprécie son style ? Pourquoi je le défendrais toujours ? John Romita Jr. est un artiste qui arrive, malgré ses imperfections et son style bâtard, à insuffler à la fois beaucoup de dynamisme dans ses planches et à rendre certains passages « vivants ».

Je m’explique. Longtemps habitués aux mangas de ma jeunesse, le passage au comics a été « difficile »: l’action est souvent molle, très statique, de part l’habituelle absence de traits dynamiques qu’on retrouve dans l’école d’en face. A contrario, c’est souvent très beau, et/ou la coloration apporte de vrai plus dans l’ambiance dégagée par certaines histoires. A défaut d’être beau, le style de Romita arrive souvent à bien retranscrire la violence des coups lors d’actions musclées, à faire ressentir une certaine intensité, donner du mouvement à un type de production souvent « figé ». Mieux encore, accompagné d’un bon coloriste, il arrive à bien retranscrire l’aspect crade, sombre de certaines licences, cf son travail sur Kick Ass avec son aspect gore très représenté.

Malgré tout, pour en revenir au deuxième point que j’avais énoncé plus haut: c’est un artiste irrégulier. Beaucoup demandé dans cette industrie, on sent très clairement, parfois,  son absence de volonté, un manque de temps flagrant pour peaufiner proprement son travail. Les traits deviennent très hésitants, les détails manquent de page en page pour finir parfois dans une bouillie de coup de crayon presque génantes pour le lecteur. On sent qu’il est bon, on sent/sait qu’il a du talent, mais c’est toujours un peu triste de le voir de moins en moins arriver à suivre le rythme…

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

Kick Ass 1 et 2, de Mark Millar (forcément) où l’on voit un peu plus sa capacité à fournir du travail de qualité quand on lui laisse du temps.
– Le run de Mark Millar (Encore !) sur Wolverine, dans la saga « Ennemi d’état« . Sorti récemment en VF, 300 pages pour 16€. Un régal, autant au niveau du scénario (Millar oblige) et un Romita au top (à quelques imperfections près), what else ?
World War Hulk, où comment symboliser au mieux ce que je tente de décrire juste avant: oui, c’est bourrin, c’est du Hulk, mais un Hulk qui a une patate monstre, une démesure totale… avec pourtant un vrai fond. Une belle réussite.
– Sur Captain America tout récemment, là encore pour le reboot Marvel Now. Et ça s’annonce aussi bien, avec une coloration au poil.

Olivier Coipel

Le top tier. Le divin chauve. Et français aussi ! C’est un peu le comble d’un tel classement que de choisir un dessinateur français bossant désormais dans l’industrie des comics. Mais c’est totalement mérité et on lui pardonnera sans mal de nous avoir un peu « quitté ». Parce qu’il faut l’admettre, l’univers Marvel n’a jamais aussi beau que sous son trait !

En fait, c’est bien simple, à très peu de chose près, son dessin est juste parfait. Mais j’insiste vraiment. Un dessin si juste et précis, un design qui ne sombre jamais dans le mauvais goût où n’importe quel personnage dégage une classe folle (Son Thor, imposant et majestueux), un charme irrésistible (La jeune Jean Grey dans All New X-men), du détail à profusion mais toujours lisible et appliqué (House of M et ses impressionnantes splash pages); c’est juste indécent tant il met une rouste à tous ses confrères US.

Evidemment, on comprendra qu’une telle beauté à un prix, avec un rythme de parution parfois long ou un changement de dessinateur en cours de route, le temps de quelques chapitres, avant de repartir de plus belle (Thor en 2007). Mais comme un bon comics se savoure toujours plus avec un dessin de qualité, l’attente est amplement justifiable. Et du coup, on comprend d’autant plus la quasi hystérie lorsqu’on nous annonce qu’Olivier sera sur tel projet ou simplement la joie de le voir dessiner une « simple » couverture, quelque soit la série en question. La French Touch, assurément.

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Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

House of M parce que ça déchire en soit, et j’en avais parlé ici même. Pour faire simple, entre House of M (2004/5) et ses derniers travaux, on sent qu’il ne cesse de progresser et c’est franchement impressionnant à voir.
Thor, lors de son reboot en 2007 (Que je n’ai pas (encore) lu), ou quelques années plus tard en 2011 lors des premiers numéros de la nouvelle série The Mighty Thor (Matt Fraction au scénario) où, pardonnez moi l’expression, il continue toujours d’envoyer du pâté.
Avengers Vs X-men, qui commence ce mois-ci en VF, dans certains chapitres. J’attends de voir, mais je prépare déjà mes caleçons de rechange.
– Et Siege, que je n’ai pas lu non plus, mais qui me donne une envie supplémentaire de me procurer la ressortie récente en librairie en VF.

Ils auraient pu avoir leur place ici, à 7 choix près:
Steve McNiven, pour son excellent taff sur Civil War, avec son style réaliste mais impeccable.
Guillem March, qui a su donner la forme parfaite à la série controversée Catwoman de 2011.
Humberto Ramos, pour son style « jeune », frais, cartoon et terriblement dynamique sur la série The Amazing Spiderman.
– Joe Madureira
, pour une « variante » d’Humerto Ramos, dont on retrouve sensiblement les mêmes qualités, sur la série Avenging Spiderman en 2011.
Gabriele Dell’Otto, dans le même esprit qu’Alex Ross: un aspect très « peinture », souvent magnifique et font parfois passer certains comics pour un peu plus qu’une simple série mainstream de super héros (Cf Secret War chez Marvel).
Stuart Immonen, pour avoir en partie sauvé Fear Itself du naufrage.
– Et pour finir l’article, J. H. Williams III, qui en plus d’avoir un nom composé qui fait super classe, fait aussi un boulot d’enfer sur Batwoman et (parfois) Batman, cf l’image du dessus.

Découvrons DC Comics avec… l’univers du Green Lantern

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un super héros de l’univers DC Comics qui ne m’a jamais vraiment attiré par le passé (Ce n’est pas le plus vendeur il faut dire), mais qui pourtant possède beaucoup de qualité, un univers particulièrement développé  et un très grand potentiel à de multiples niveaux : je parle bien sûr du Green Lantern, le héros tout de vert vêtu qui tient une place plutôt importante dans le DC Universe (moins aux yeux du grand public) au côté de ses potes Batman et Superman, et fait même parti de la Ligue de Justice. 

Je le concède, comme j’ai pu le dire, le héros n’est pas particulièrement vendeur et il est difficile d’en parler positivement sans subir des remarques sur son look un peu… particulier. C’est totalement le cas quand on y repense et qu’on prend un peu de recul. Clairement, Green Lantern et son univers, c’est quelque chose d’assez kitsh dans l’esprit, avec des couleurs parfois vives, limite fluos (les costumes des Green Lantern et leurs confrères d’autres couleurs) et aux designs parfois un peu folkloriques quand on commence à visiter les fins fonds de l’espace. Mais c’est en grande parti assumé.

Au travers de quelques lectures récentes, je vais vous expliquer par où commencer, pourquoi il faut lui donner sa chance, qu’il possède un grand potentiel et que cet univers mérite amplement sa place comme « pierre angulaire » de l’univers DC. Il faut savoir qu’il existe plusieurs Green Lantern « humains » qui travaillent sur la Terre – ils sont quatre, et on parfois chacun leurs séries de comics – et les récits qui vont suivre tourneront autour d’un seul, le principal Green Lantern de l’univers DC: Hal Jordan, qui est – historiquement – le 2ème Green Lantern, et le premier à avoir ce design qu’on connaît presque tous. Un peu perdu ? Voici un peu d’histoire:

Née en Septembre 1959, le Green Lantern version Hal Jordan fût crée pour relancer la franchise auprès des jeunes de l’époque, dans une période où les super héros n’avait plus franchement la cote. Afin de marquer davantage le coup, comme pour d’autre de ses héros comme Flash, DC Comics repart sur une base nouvelle et oublie (temporairement) la première vague de héros conçu dans les années 30 et 40. Ce Green lantern post seconde guerre mondiale n’a donc plus grand chose à voir avec le premier: ce dernier tirait ses pouvoirs de la magie, là où le second les tire d’une origine dite extraterrestre. 

Pour résumer, notre Hal Jordan, c’est un pilote de l’armée américaine, qui reçoit le pouvoir de l’anneau vert de la part d’un extraterrestre mourant (Abin Sur), un membre des Green Lantern, peu après son crash sur notre bonne vieille Terre. « Des » Green lantern ? Car Green Lantern n’est pas un nom de personnage, mais bien le nom représentant toute une corporation spatiale, chargée de veiller au bon fonctionnement de l’univers. Une police de l’espace, si vous préférez. Dirigés par des entités supérieures et immortelles, chaque secteur de l’univers est donc contrôlé par un ou plusieurs Green Lantern des différentes menaces qui arrivent un peu tous les jours, comics oblige. Me regardez pas comme ça, c’est du scénario des années 60, j’y peux rien ! Mais justement !

M’étant mis aux comics assez récemment, je n’avais qu’une vision assez limitée du personnage. Le côté « je cache mon identité avec un masque ridicule et riquiqui », sa couleur prédominante un peu criarde ou même l’apriori de base « Ohlala, il se bat avec une bague, qu’est-ce que c’est que cette idée ? C’est une gonzesse ou quoi ? »… Oui je sais, apriori, ça rime souvent avec connerie. Mais alors, vint un certain élément déclencheur… Comme pour beaucoup de licence en comics, mes premiers pas se font… au cinéma.

En 2011, sort l’adaptation de Green Lantern au cinéma et… ce n’était pas très bon. Bon, c’est sûr, on a connu mieux comme premier contact (même si le film n’est pas non plus catastrophique, c’est juste un film de super héros sans génie, sans saveur particulière), mais à défaut de m’avoir fait passer un excellent moment – n’est pas Joss Whedon qui veut – il m’aura au moins mis à jour concernant ce personnage si particulier de l’univers DC. Et il m’aura appris quelque chose, une chose que je ne voyais pas avant et qui m’a totalement donné envie de connaître le personnage: la nature de ses pouvoirs.

Elément important pour un super héros, le Green Lantern  possède probablement un des meilleurs pouvoirs que j’ai pu voir jusque là, et je pèse mes mots. Pour ainsi dire, il me vend du rêve ! Plus fort qu’une super vitesse, plus fort que le pouvoir de voler, plus fort qu’une bat carte de crédit; je parle bien sûr de son anneau tout vert, là, qui lui confère le pouvoir de la volonté. Ca paraît pompeux dit comme ça (Et encore, je vous épargne la liste des significations des autres couleurs), mais en pratique, c’est assez géant. En fait, il peut tout simplement matérialiser tout ce qui lui passe par l’esprit pour se battre, ou simplement l’aider dans sa tâche. Pour le fun, il pourra te faire apparaître une main géante pour arrêter un avion en plein vol. En combat singulier ? Si l’envie (et la volonté, on a compris) lui prends, un Green lantern peut faire apparaître une épée, une masse géante, voir même une bonne grosse machine gun des familles ! On peut reprocher pleins de chose au film, mais pas le fait d’avoir démontrer un minimum le potentiel du personnage, car ça donnait envie d’en savoir plus.

Hélas, comme souvent avec les grosses séries de comics, prendre le train en marche est assez ardu. Pas impossible non plus (sinon je n’écrirais pas cet article), mais il va falloir s’accrocher un peu, persévérer voir même, montrer un peu de … volonté ! Oui, elle était facile. Mais c’est vrai ! Et ça vaut clairement le coup, j’ai parfois lu des passages complètement dingues autant visuellement qu’au niveau de ce qu’il s’y passe, m’amenant à une certaine conclusion, pour ceux qui connaissent: parfois, l’univers du Green Lantern est presque l’équivalent d’un bon Gurren Lagann dans l’animation japonaise, avec cette culture de l’action démesurée, totalement over the top, qui semble toujours vouloir aller plus loin. Au moins, on ne peut pas lui reprocher de ne pas exploiter correctement le pouvoir de ses héros !

Pour se faire, voici une petite frise chronologique sous spoiler à ma sauce des quelques bouquins dispo en France (La publication a toujours été assez confidentielle chez nous, pas assez vendeur encore une fois) que j’ai pu lire (il en manque 2/3 mais négligeables à mes yeux et vous aurez ici ce que l’on risque souvent de vous conseiller); expliquant un peu comme aborder tout ça. Je vous donne mon avis (et explications si nécessaire) sur la plupart juste après.

Show »

Tout d’abord, commençons par la dernière (et peut être la plus difficile à appréhender) publication concernant le Green Lantern chez Panini, Green Lantern Rebirth.

Dans les faits, Renaissance est une bonne histoire. Pour comprendre un peu son emplacement dans la chronologie DC Comics, il faut revenir en 1994 avec le crossover Zero Hour. Alors, je vais être très synthétique, allons à l’essentiel (parce que c’est déjà assez chaud à suivre comme ça, hein): Hal Jordan, possédé par une puissante entité maléfique, est devenu le grand méchant de l’univers DC (Il a même rasé sa ville natale dans sa folie, le ouf). Tout ceci se terminait par le sacrifice de notre héros (En se suicidant dans le soleil, parait-il), le faisant disparaître durant quelques années. Mais comme les mythes ne meurent jamais, mais se réinventent, il réapparu dans une pseudo forme … fantomatique, en 1999. Cherchez pas à comprendre, les comics, la drogue, toussa. « Renaissance » ou « Rebirth » en VO, est donc la saga censée ressusciter une bonne fois pour toute Hal Jordan et lui faire reprendre sa place de Green Lantern number one. Suite à cette résurrection – à cette saga – une nouvelle série Green lantern est alors crée, repartant au sacro saint numéro 1. Enfin, vous savez compris comment ça marchait là.

Vous y voyez plus claire ? Là où je veux en venir, c’est que cette saga, certes importante, certes bien faite… N’est pas la plus accessible. On peut quand même comprendre l’essentiel de ce qu’il s’y passe, mais il manque tout de même pas mal d’information, notamment concernant les nombreux personnages qui y apparaissent, leurs rôles et lien avec le héros, pour totalement la savourer. Car on se trouve réellement dans la fin d’un cycle, d’une époque… un cycle qui a mis un peu plus de 10 ans à se terminer, passant par 3 grandes étapes, avant de repartir de plus belle.

Après, ça n’empêche pas d’y trouver de grandes qualités pour les plus motivés: c’est déjà un récit bien construit (mais dense) avec une vraie montée en puissance dans son scénario et dans l’action. Passé un certain stade, l’histoire met littéralement la seconde, devient plus limpide pour le novice et le plaisir de lecture se fait terriblement sentir tant on découvre un super héros au potentiel jusque là insoupçonné, mais jubilatoire. Le dessin n’est d’ailleurs pas en reste, avec un trait précis, richement détaillé et une coloration superbe; mettant encore plus en avant les scènes de bravoure typique des comics de super héros.

Et le récit n’en manque pas, tout comme – malgré tout – des moments calmes pour se poser efficacement avant de repartir au combat: c’est du pur comics de super héros, mais c’est ce que l’on aime ici. Et puis, ça permet même de découvrir un petit peu plus l’univers DC, ce qu’il y a tout autour du Green Lantern, avec les apparitions de la Ligue de Justice, et de leurs relations avec Hal Jordan (dont un Batman peu sympathique envers ce dernier et un Green Arrow plus utile et badass qu’il n’y paraît.) Une lecture recommandée dans le fond… mais pas tout de suite. Ca reste quand même une étape importante, oui, mais allez-y avec un peu de bouteille Green Lanternesque quand même avant.

No Fear

Là, on rentre dans le « vif » du sujet, ce que je considère comme une valeur sûr et surtout le point d’entrée idéal, au cas où vous ne l’auriez pas compris via ma frise: Geoff Johns présente Green Lantern, « Sans Peur », de son petit nom en France aux éditions Urban Comics. Geoff Johns est un scénariste américain travaillant principalement pour DC Comics, qui a énormément contribué à l’univers DC de ces dernières années. Et dans notre cas, on lui a surtout demandé de reprendre en main la série Green Lantern, avec le parcours décrit plus haut en mettant en place la mini-série « Renaissance » suivi du redémarrage. C’est ici que notre aventure commence… Et je dois dire que ce fût une très agréable surprise.

Je dois reconnaître que c’est un redémarrage de grande classe, qui caresse réellement le novice dans le sens du poil et lui permet de découvrir cet univers sans aucun soucis. Tout est un minimum expliqué au lecteur (Même les origines nous sont rappelés en quelques pages !), on apprend rapidement qui est qui dans l’entourage d’Hal Jordan pour bien replacer le contexte, sans non plus passer plusieurs chapitres à poser les bases (un minimum quand même, mais pas trop), et à attendre patiemment qu’on passe à l’action. Alors oui, sachez-le, on ne fait pas totalement table rase du passé… Mais c’est suffisamment subtil pour ne pas avoir l’impression qu’on nous fout une pancarte « Eh, okay, on est dans le #1 là, mais n’oublie pas de lire ce qui s’est passé avant ! » en pleine milieu de la lecture (et les petites pages explicatives d’Urban sont un bonus très appréciable !).

C’est justement le point fort de ce premier tome: un excellent dosage de tout ce qu’il faut pour rentrer dans cet univers sans laisser le fan de longue date sur le carreau, et forcément un bon rythme de croisière. Alors oui, ça reste avant tout du comics « pur jus », avec les valeurs qui accompagnent naturellement ce genre de héros, des ennemis typique de ce genre de production, comme le terrifiant Homme Requin ! Ca ne vole pas extrêmement haut dans l’absolu, mais c’est franchement efficace. On alterne très vite entre les scènes d’actions où le Green Lantern laissera libre court à son imagination débordante, offrant quelques passages excellents, tout comme des moments qui développent suffisamment et intelligemment bien le scénario et les relations entre les personnages (Surtout pour Hal qui a du mal à se remettre dans la peau d’un Green Lantern), pour quand même faire avancer les choses.

Le seul bémol qui me vient à l’esprit, c’est la partie dessin. Un trait globalement bon, une bonne mise en page, mais l’irrégularité dans le trait de certains dessinateurs, voir même les changements de ces derniers effectués un peu en cours de route (malheureusement une habitude dans le milieu) gâchent un peu le plaisir de lecture (on est un peu perdant au change par moment). Rien de bien dramatique dans l’absolu, mais on aura aimé quelque chose de plus… homogène. Mais à part ça, ce premier tome signe un quasi sans faute pour peu qu’on aime le genre super héroïque « de base ». Et d’ailleurs, le second tome est sorti !

Green Lantern Showcase: War of The Green Lantern

Paf, bond dans le temps de quelques années, et nous voilà en 2010 du point de vue éditorial de DC Comics, avec le dernier crossover entre les séries Green Lantern, crossover qui mettra en place quelques conflits internes au sein des GL et de leurs supérieurs, sans oublier une pincée de menace ennemie qui va profiter de l’occasion pour s’incruster. Classique, mais toujours aussi efficace.

A défaut d’avoir énormément de choix, il peut constituer aussi un certain point d’entrée dans cet univers, néanmoins de manière un peu plus violente et direct, mais bordel, qu’est-ce que ça valait le coup ! Si certains points du scénario me paraissent toujours obscures à la relecture (malgré les nombreuses notes (encore et toujours) d’Urban qui nous permettent d’en apprendre beaucoup sur l’univers de GL), c’est véritablement l’arc qu’il vous faut pour vous convaincre du potentiel monstrueux de la licence en terme d’action débridée (Si le titre n’était pas assez explicite…), de passages totalement fous, faisant passer le bouquin précédent pour un gentil somnifère.

Certes, quelques idées de scénarios pourraient en faire tiquer certains, mais pour peu que le côté kitsh de la licence ne gêne pas trop et qu’on cherche – on va pas se voiler la face – un comics peut être mainstream et brainless, mais bourrés de testostérone propre au genre, ça fonctionne totalement (Et ça fait du bien de temps en temps). Oui parfois ça fait un peu sentaï sur les bords avec toutes ces transformations, ces couleurs un peu fluo, ces monstres belliqueux de partout dans l’espace, mais c’est ça qui est bon !

Une lecture chaudement recommandée, forcément.

Green Lantern – Sinestro (New 52)

Alors attention, si le récit est effectivement excellent à mes yeux (Un scénario très cool, de l’action très Green lanternesque et un dessin superbe, le combo des gagnants), il n’est pas si accessible qu’on pourrait le croire ! Comme je l’ai expliqué avant, DC Comics a effectué un reboot de son univers via l’opération « New 52« . Sauf que pour certaines séries du catalogue DC, c’est… légèrement passé à la trappe. Pourquoi ? Comment ? Qui sont-ils ? Quels sont leurs réseaux ? La raison m’est étrangère, mais il faut savoir que pour l’univers Green Lantern, pas grand chose n’a redémarré, surtout concernant la série principale Green Lantern, ici chroniqué.

Sinestro, nom du premier arc en 6 chapitres de cette série, prend place directement après la fin de la Guerre des Green Lantern, ni plus, ni moins. Alors oui, pour atténuer mon jugement, on peut comprendre assez facilement les grandes lignes de cet arc, un peu comme pour n’importe comics j’ai envie de dire. Mais on « perd quelque chose » au passage, on perd un peu de sens dans les relations entre les personnages et notamment entre le héros et son mentor et à la fois ennemi de toujours, Sinestro, l’homme à la magnifique moustache, avec qui il se voit contraint de faire équipe pour l’aider à faire une mission ingrate… et non sans risque.

A mes yeux, à défaut de lire le « Geoff Johns présente » comme la meilleure porte d’entrée, je ne saurais conseiller éventuellement la lecture conjointe des 2 Showcases comme « premiers pas musclés », puis d’enchainer avec le premier tome des nouvelles aventures d’Hal Jordan. Avec ça, tel un Passe-Partout, vous aurez désormais suffisamment de clés en main pour tenter l’aventure…

Et pour le moment, c’est une aventure que je ne regrette pas d’avoir entamé !

Découvrons DC Comics avec… le DC Comics Anthologie

Vous avez envie de lire des comics de super héros issus de l’univers DC Comics ? Vous êtes plus Batman qu’Iron Man ? Mais vous ne savez pas quoi lire, et/ou n’êtes d’office pas attirés par les récits trop vieux ? Je vais peut être pouvoir vous aider par cette série d’article qui leurs sont dédiés (Estampillés « Découvrons DC Comics avec… » suivi de l’œuvre/univers traitée) et qui devrait perdurer sur le long terme sur le blog (ça dépendra bêtement de ce que j’achète). Comprendre par là qu’en gros, dans le fond, ce seront simplement des articles sur mes dernières lectures dans le monde merveilleux des comics de l’univers DC Comics (que je découvre à peine), mais aussi conçus dans le but « d’aider » (toutes proportions gardées, je n’ai aucune prétention) des lecteurs de passages à y voir un peu plus clair dans les récentes parutions françaises (principalement Urban, puisqu’ils ont désormais les droits de publication de DC Comics, mais il y aura tout de même un petit peu de Panini dans le lot).

Outre une critique de (ou des) œuvre(s) en question, j’essaierais d’expliquer un minimum le contexte de la chose, ce qu’il faut savoir pour le prendre en main, son accessibilité quand on débute un peu comme moi, autour d’un thème ou personnage particulier. Evidemment, je ne parlerais que des sorties librairies et non du kiosque (Les magazines de « prépublications ») sauf cas contraire (il y en aura un peu, c’est vrai) et forcément en VF. Parce que bon, sinon, j’ai pas fini. Et oui, d’autres ont sans doute fait des choses similaires, mais laissez moi alimenter mon blog comme je peux.

Je commencerais par ce que j’estime être le meilleur point d’entrée, même s’il n’est pas… sans risque (mais plutôt « logique » aussi), le recueil DC Comics Anthologie. Par la suite, histoire de faire un peu de teasing, je reviendrais sur le « prologue » de la Renaissance DC (ou les New 52 en VO) Flashpoint, la première partie du run de Grant Morrison sur Batman, un tour d’horizon de quelques publications autour du Green Lantern ou même la fascinante et surprenante Batwoman. Enfin, une bonne partie de la production Urban, vu que je prends presque tout ce qui sort… La Passion !

Le DC Comics Anthologie, c’est un bon pavé de 288 pages contentant 16 récits sur les super-héros de la firme, de 1939 à 2011. Véritable voyage à travers le temps, parsemé d’anecdotes et d’explication sur l’évolution de la firme et du genre au fils des années, ce bouquin permettra à tous de se plonger dans tous ces univers qui ont permis de construire le genre.

…Bon, ca va, je crois que j’ai assez bien résumé la fiche produit trouvable sur n’importe quelle site.

J’avais une vraie envie de découvrir un peu toute cette histoire, parce que je n’y avais pas mis les pieds avant… 2011, de manière « sérieuse », « motivée » et « impliquée ». Les comics et moi, c’est vraiment tout récent et quand on regarde tout ça de loin, c’est quand même pas franchement évident de savoir par quoi commencer. Cette anthologie tombe plutôt bien du coup (Il est FAIT pour être accessible, c’est son but), et son prix le rend encore plus attractif, il n’en fallait pas plus pour me faire sortir la bat-carte de crédit ! Et je dois dire que… je suis assez partagé le concernant. Je dirais même plus, j’ai vraiment du mal à le juger convenablement. Je vous explique tout ça juste en dessous, mais je peux d’ors et déjà résumer la chose par « C’est un bouquin où il faut vraiment savoir dans quoi on mets les pieds ».

Alors en soit, intrinsèquement, c’est un très bon bouquin, difficile de remettre ça en cause. C’est complet, on a vraiment de bons « échantillons » de chaque période, afin de se faire une bonne idée de ce qu’il se faisait à chaque époque. L’aspect éditorial cher à Urban Comics (Principalement reconnu pour sa volonté de donner moult explications dans ses publications pour que le lecteur soit aussi à l’aise que possible, et le contrat est excellemment bien remplit à ce niveau) est toujours présent et on en apprend vraiment beaucoup sur la firme, comme de nombreuses mini-biographies des grands auteurs impliqués, scénaristes et dessinateurs qui ont travaillé sur chaque récits qui parsèment le livre. De plus, d’un point de vue purement matériel, le livre est superbe.

Outre l’excellente illustration du divin Alex Ross (mais qui peut déplaire par son hyper réalisme), on a surtout affaire à un livre très solide, au papier mat de qualité dosée; même si certains récits (surtout les plus récents) se savourent un peu plus sur du papier glacé (Je pense surtout au chapitre de Justice League « 2011 », plus terne en terme de couleur que le volume relié propre à cette série sorti plus tard). Et plus simplement, j’ai pris du plaisir à lire certaines histoires – surtout dans les plus récentes – me donnant une vision plus précise que j’avais de tel ou tel personnage. Je pense principalement à ce même Justice League, au récit dédié au Joker qui revient sur ses origines ou le travail d’Alan Moore (mais pas que) sur le Green Lantern dans les années 70, dont la mythologie moderne de cette même licence continue toujours de se baser dessus, ce qui force quand même un peu le respect.

Mais, de l’autre côté, il y a quand même un soucis un poil gênant. Ca peut sembler évident aux yeux de certains, mais une majorité des récits présents ont forcément… très mal vieilli. Alors ce n’est pas forcément le dessin qui cloche, il peut encore passer (ou être supportable, comme vous voulez) selon les récits malgré le coup de vieux évident, mais c’est vraiment le fond de l’histoire, la qualité du scénario et des dialogues qui ont souvent mal vécu le poids des années. Il faut quand même se rendre compte qu’à proprement parler, il faut au moins avoir lu la moitié des 16 récits proposés pour commencer – et seulement commencer – à lire quelque chose de vraiment « intéressant ». Bon je n’ai rien contre les vieux récits, surtout que la qualité ne vient pas forcément de façon chronologique, il y a aussi du lourd voir du mauvais dans les plus récents (Je pense à celui sur Wonderwoman, imbuvable et mal dessiné… et pourtant de 2005 !).

Je ne veux donc pas rabaisser des histoires qui ont 60 ans derrière elles, mais il faut quand même reconnaître que c’est très difficile à lire de nos jours, encore plus – justement – pour quelqu’un qui n’a pas eu de contact avec ce genre de production depuis longtemps voir jamais. La narration est particulièrement pénible, notamment avec cette omniprésence du narrateur dans chaque case pour expliquer ce qu’il s’y passe (Alors que de nos jours, tout se fait par le visuel, on prend le temps de montrer le personnage marcher un minimum et pas à le faire téléporter d’un décor à un autre d’une case à l’autre). Et puis il y a tout simplement ces scénarios très basiques qui empêchent de rentrer un peu dans le récit.

D’accord, aujourd’hui, on ne peut pas dire que les comics de super héros soient systématiquement profonds, bien écrits et intelligents; c’est même souvent assez manichéen (ou volontairement brainless). Mais ici, à l’époque pour la plupart, tout se boucle en une poignée de pages, voir même de cases, vu que le plus gros de l’action est… raconté par le narrateur lourdingue. Aujourd’hui, ça nous paraît tout simplement « expédié » dans tous les sens du terme alors que dans les récents comics, on prend un minimum le temps d’expliquer les choses, de s’étaler pour avoir un peu de consistance. Une histoire actuelle qui se développerait sur 4*20 pages (par exemple) serait facilement condensée en 30 pages (grand maximum !) dans les années 50.

C’est l’impression que j’ai eu quand j’ai lu le pourtant célèbre « Flash of Two Worlds « , le premier comics qui mettaient en place le principe des univers parallèles via la rencontre du Flash des comics des années 40 et celui fraîchement crée des années 60. Dans les faits, le récit n’est pas profond, pas suffisamment développé et surtout résumé à des combats contre des super vilains délirants typique de l’époque du Silver Age, mais qui passent toujours très mal aujourd’hui. De manière générale, même si une idée paraît « bonne » pour l’époque, on souffrira toujours de cette narration lourde, d’un scénario et de scènes idiotes (Toujours drôle de la voir la Justice League faire une fête dans sa base, et voir Wonderwoman faire le ménage juste avant) couplé à des dialogues pas toujours très inspirés mais à contrario très orientés, comme l’atteste un personnage parlant à Wonderwoman des USA, comme un des « derniers bastions de la démocratie et de la liberté de la femme » de façon totalement gratuite et inutile dans la conversation. Je ne dis pas que la propagande n’existe plus dans les comics, mais c’est un poil plus subtil maintenant, je pense.

Bref, on ne ressent pas grand chose pendant une grande partie de la lecture de ce livre. Tout du moins, pour être moins négatif, on ne peut plus prendre ces récits au premier degré, tel qu’ils l’avaient été pensé à l’époque. Si on lit ce livre, c’est vraiment pour le côté historique de la chose, constater par soit même que le genre a beaucoup évolué dans sa forme (certes, moins dans le fond, mais suffisamment pour lui donner une seconde jeunesse). Ca va peut être en hérisser certains, mais je vois le livre comme un très bon livre d’histoire de la bd américaine sous l’angle DC Comics, et non comme un pur recueil de comics. Ce n’est absolument pas péjoratif et c’est intéressant à lire malgré tout, afin de voir comment DC Comics à développer son immense univers remplit de collants. Mais oui, c’est bien un livre où il faut savoir exactement où on met les pieds.