Welcome to the Green Fantern Corps

Dans mon entourage proche, parmi ceux qui me suivent sur Twitter, beaucoup auront rapidement compris que – depuis ma découverte du monde des comics – j’aimais énormément l’univers de Green Lantern, la franchise toute verte en provenance de DC Comics. Au point d’en faire un article sur ce même blog afin de donner des pistes de lecture pour le lecteur débutant et curieux de découvrir cet univers singulier mais franchement passionnant.

Evidemment, facile de deviner aussi à quel point j’étais content en découvrant que DC Comics était en train de diffuser une série animée basée sur Green Lantern, inscrit dans la « gamme » des The Animated Series (Batman, Superman, ainsi que les dérivés Batman Beyond et Justice League) chers à Bruce Timm et même toujours produit par ce dernier. Mais aussi surpris. Rappelons le: malgré sa présence dans l’équipe principale de l’univers DC (Justice League), l’importance qu’a eu son univers dans la continuité principale des comics (Les sagas Emerald Twilight, Blackest Night/Brightest Day), c’est un perso/une licence qui ne plait pas tellement au grand public. Peut être est-ce dût à son contexte « cosmique » (Le grand public préférant sans doute quelque chose de plus terre à terre, littéralement), à son esthétique kitsh (mais souvent assumée) ou son concept trop perché (Lorsqu’un Green Lantern porte son anneau, il est habillé d’une tenue verte fluo et peut littéralement matérialiser tout ce qui lui vient à l’esprit par le pouvoir de la volonté).

Mais voilà, nous sommes en 2011, et Cartoon Network va prendre le risque en entamant la diffusion d’une série entièrement dédiée au héros fan de la Saint-Patrick, entièrement en CGI qui plus est, vu que c’est à la mode ces derniers temps (Le gros succès de The Clone Wars et ses 5 saisons expliquant sans doute cela) au sein de son programme « DC Nation » qui diffusa en parallèle la série Young Justice (entre autre), sorte de Justice League adolescent. Et nous revoilà en Mars 2013, la série s’est terminée depuis deux petites semaines au moment où j’écris ces lignes, après 26 épisodes et aucune seconde saison en vue faute de succès des jouets qui régissent la pérennité d’une série TV pour enfant aux US. Triste. Mais qu’importe, j’en suis ressorti totalement conquis pour ce qui est devenue une véritable et excellente surprise (Malgré mon attrait pour l’univers, j’y suis allé à reculons au départ, ne m’attendant pas à grand chose parce que lol série en CGI = caca). Forcément, il fallait que j’en parle.

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Pour rappel, Green Lantern: The Animated Series nous raconte directement l’histoire d’Hal Jordan, le « principal » Green Lantern qui s’occupe de la Terre et de ses environs, et faisant parti du Corps des Green Lantern, une « police de l’espace ».  Accompagné de son coéquipier Kilowog (Le grand gaillard à tête de bulldog), ils devront faire face à une nouvelle menace, la première apparition des Red Lantern, l’équivalent… rouge des Green Lantern. De plus en plus nombreux et qui sèment, comme tout bon gros méchant qui se respecte, la destruction sur leur passage, rêve de conquête et semble même chercher vengeance envers les Gardiens de l’Univers, les instances supérieurs aux GL.

S’en suit une sorte de road trip au sein de l’univers cosmique de DC Comics afin de comprendre les origines de cette menace et la façon de les contrer; auquel s’ajoutera deux personnages principaux: Razer, un Red Lantern qui cherche – sans l’avouer – la rédemption et Aya, une IA qui appartient aux GL et ayant pris forme humaine pour mieux accompagner nos héros. Et apporter une touche féminine, évidemment. Et c’est tout, voilà le roster de base.

Directement, parce la grande force première de la série, ce qui frappe d’entrée de jeu, c’est vraiment la facilité avec laquelle on rentre dans l’univers du Green Lantern de manière générale et par extension, de la série TV. Pas de pré-requis demandés tels qu’avoir lu quelques comics pour avoir la base ou tout simplement une série TV précédente qui aurait déjà expliqué le concept/personnage. Non, tout est fait pour accueillir le novice en grande douceur, présenter ce concept sous son meilleur jour et en solo, sans pour autant passer par ce passage particulièrement lourd des origines. Mais si, vous savez… la vie du héros avant la découverte des pouvoirs/objets magiques, ses premiers pas hésitants… Ici, fuck that shit. Hal Jordan est déjà un Green Lantern confirmé, il fait régulièrement des missions; on part de suite dans un univers qui a déjà des choses derrière lui de manière implicite, mais qui vous accompagne et vous propose de le découvrir les bras grands ouverts une bière à la main.

Ici, subtilement au détour de quelques dialogues savamment placés, on vous rappellera tout ce qu’il faut savoir sur le concept, les origines des pouvoirs du héros et son entourage cosmique. La série est un excellent point d’entrée qui n’oublie pas non plus le fan qui pourrait n’y voir qu’un produit dérivé facile et qui n’exploite pas la richesse de l’oeuvre originale (et Dieu seul sait qu’avec le passage du scénariste Geoff Johns sur le comics depuis 2004, cette richesse ne semble pas avoir de limite). Red Lantern, Blue Lantern, Star Sapphire, Sinestro, Mogo, Anti-Monitor, The Book of Oa; des noms qui ne diront rien à ceux qui découvre la licence, mais qui – au travers de l’intrigue principale, d’un simple épisode voir d’un petit clin d’oeil dans le décor – provoquent toujours cette petite étincelle dans les yeux du fan averti (que je suis rapidement devenu). Arriver à mettre en place des intrigues (voir personnages) inédites, tout en respectant avec amour l’original, pour satisfaire tout le monde (Les fans seront aux anges, les nouveaux découvriront un univers insoupçonné et passionnant) en 26 épisodes, un véritable tour de force.

D’autant plus qu’à côté, toujours pour continuer le parallèle avec le matériel originel, la série se paie le luxe d’avoir une très jolie esthétique malgré la 3D, et même un chara design plus séduisant que le comics ! Héritant directement du trait 3Difié de Bruce Timm – qui avait déjà rendu attractif l’univers de Batman (Voir Superman) contrairement à la sombre période des comics de super-héros dans les années 90 – le design affiche toujours cette simplicité dans les formes, ce côté épuré, mais devient en contre parti tellement plus agréable. Des personnages plus… agréable à l’oeil, qui dégagent bien plus de sympathie et d’attachement (Chaselon !), moins typés « comics mainstream » avec les défauts/clichés qui vont avec (Le côté « hyper musclé », trop sombre/torturé avec les tronches de constipés qui vont avec). Même les « nouveautés » de la série TV par rapport au comics (comme l’ajout du personnage de Razer, totalement inédit) sont particulièrement réussis et donneraient furieusement envie d’être intégrés plus officiellement aux comics pour les voir prospérer quelques années de plus.

Et surtout, l’animation dépote. L’ambiance « cosmique » est particulièrement bien retranscrite. Même si le tout pourra rebuter au départ pour quelqu’un de non habitué aux séries en CG et au genre super-héroïque (Lol, on dirait du sous-Pixar), le visuel gagne en efficacité à chaque épisode. Que ça soit dans le rendu de l’immensité de l’espace et de ce qui le compose, des combats spatiaux (et pas juste 2 vaisseaux qui se font piou-piou dessus, hein), des effets de lumières propres aux Green Lantern et de leurs potes de couleur; l’ensemble en jette réellement.

Couplé à une animation sans faille, avec des personnages qui ont de chouettes mimiques/sont expressifs comme jamais et à une mise en scène classieuse, on finit carrément par impressionné devant une telle maîtrise et débauche pour un simple dessin animé pour enfant. Et c’est là qu’on se dit que la 3D n’a pas un mauvais fond, surtout quand à côté, je regardais l’anime Jojo’s Bizarre Adventures, sympathique dans le fond, mais désastreux dans la forme avec un rythme particulièrement lent, et surtout techniquement bien défaillant avec une animation médiocre et des dessins irréguliers. Beaucoup de scènes de GLTAS auraient perdu de leur impact s’ils avaient eu le même traitement (il suffit de voir aussi Young Justice, tout en 2D, qui montre aussi vite ses limites).

Justement, parlons « impact », allons dans l’autre sens et parlons du fond cette fois-ci. Ce qui est épatant avec cette série, c’est définitivement sa qualité d’écriture. Bien sûr, certains me diront que ce n’est finalement pas si étonnant quand on appartient au Timmverse (Et c’est vrai, après tout), mais la force de GLTAS est aussi de se démarquer de ses cousins justement, en plus de la concurrence, avec une formule quelque peu… différente.

GLTAS arrive admirablement bien à conjuguer une série à destination des plus jeunes avec les « obligations » qui vont avec (Le côté édulcoré, pas de sang, etc.), tout en permettant au « plus vieux » de la regarder sans se sentir insultés/exclus par la façon dont sont traités les personnages et l’intrigue. Il y a cette simplicité dans la trame générale qui le rend accessible (mais de façon agréable, pour plaire à tous), mais dont de multiples petits détails (surtout dans les relations entre certains personnages, les conséquences de certaines actions) sont seulement compréhensibles qu’en ayant une certaine « maturité », un certain âge. Ça y est, le mot est lâché, « Maturité ».

Les personnages sont un minimum travaillé, leurs dialogues sont bien écrits et sonnent souvent justes, loin du ton parfois trop clichés/premier degré du genre. Les relations entre certains, l’évolution qui va avec, paraissent crédible et on y croit un minimum, sans trouver ça trop niais, trop artificiel ou trop en décalage avec le reste. La série sait alterner intelligemment l’humour, l’action over the top propre à la licence, le développement de l’histoire (Seulement deux arcs de 13 épisodes environ) et des personnages avec un rythme sans faille, sans que l’ennui s’installe. Et elle arrive même à surprendre avec des scènes qui prennent le spectateur à revers, tant on ne s’y attendait dans une telle production. Maturité, assurément.

C’est assez rare pour être souligné, mais du fait de cette écriture étonnamment maîtrisée et adulte pour un « vulgaire dessin animée pour enfant », je me suis terriblement attaché à cette poignée de personnages de fictions, au point d’en ressentir une certaine empathie pour certains, voir même, yep, de verser ma petite larme devant mon MKV. C’est vraiment une série dans laquelle on s’attache vite, on a envie de suivre les aventures de notre petit groupe de héros à travers l’espace pour repousser l’armée rouge.

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Car c’est aussi là sa différence avec les autres séries du Timmverse, voir des autres séries du genre: on ne dirait pas vraiment une série de super-héros. On ne retrouve pas l’aspect « solo » d’un Batman/Superman TAS, ni à contrario ce côté fourre-tout et encyclopédique d’un Justice League. C’est con à dire, je suis peut être le seul à le penser, mais à sa manière, j’ai eu l’impression de mater un anime, un shônen dans sa forme. On y suit un groupe de 4 personnages avec les relations qui se développent entre eux et qui ont une certaine importance au sein du récit principal; une aventure où ils vont « voyager », faire des rencontres, des amis, des ennemis. C’est vraiment une conception différente, mais une conception réussie du genre. Du coup, la série est pas mal complémentaire avec  Young Justice, plus classique, mais aussi très bonne dans sa branche. Un groupe plus restreint, auquel viendra éventuellement se greffer quelques personnages supplémentaires (Saint Walker !), mais jamais de façon définitive. L’attachement n’en est que meilleur. Et les drames que plus douloureux.

La série est loin d’être parfaite pour autant. Si la série est bien rythmée donc, il n’empêche que c’est une série qui met un certain temps à décoller, à montrer son potentiel, avec parfois pas mal d’épisodes « fillers » qui servent « juste » à développer l’univers, sans rapport direct avec le scénario. Pas qu’ils soient mauvais donc ! Plus précisément, je suis même quasiment sûr que certains auraient pris de l’importance si… la série avait marché, et donc continué. C’est encore plus flagrant (et frustrant) quand on connait le comics et qu’on voit des éléments mineurs à première vue, mais qui ont du sens pour le fan et le laissait entrevoir d’énormes possibilités de suite. Qui n’arriveront… jamais.

Il n’empêche que c’était globalement très bon. Une première partie « juste » sympathique mais une seconde qui met définitivement les bouchées doubles et finira même par vous faire rager envers Cartoon Network une fois le 25ème épisode fini. Une musique présente mais pas trop, qui fait bien son taff, une technique impeccable, des personnages attachants, de l’humour qui fait mouche, un univers respectueux de ses origines, qui a son propre style. Et un vrai boulot d’écriture derrière, ce qui est trop rare de nos jours pour la bouder. Même si elle est finie à tout jamais.

Allez, sait-on jamais: en Juillet, débarquera la nouvelle série Batman (oui, encore), Beware The Batman, une série elle aussi en 3D pour l’occasion. Peut être y verra-t-on un épisode où un Green Lantern débarquera à Gotham City aider Batman et ça sera… Hal Jordan, tout juste revenu sur Terre après l’épisode 25 de sa propre série. Yep, je rêve beaucoup. Je finis, et je repars me rouler par terre en pleurant pour avoir une vraie suite crédible. Damn you, CN.

Podcasters Assemble #3

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Avec un bon gros mois de retard dans ce que nous avions prévu, on commence quand même 2013 avec notre 3ème podcast en grande partie dédié à quelques lectures récentes chez Marvel, malgré une petite touche de Batman, parce qu’on aime tous un peu Batman. Toujours avec Gemini en co-pilote.

Au programme, dans ce podcast qui dure pas loin d’1h40 au total :

Et comme toujours, la version Youtube pour le streaming:

Découvrons DC Comics avec… The Dark Knight Returns

Pour être franc, je ressens toujours une certaine crainte envers une oeuvre « ancienne » qu’on aura tendance à plébisciter, comme une oeuvre « culte », « fondatrice », immanquable. Pourquoi ? Parce que qui dit « ancienne » dit surtout, pour moi, « j’arrive après la bataille » et que je redoute souvent de ne pas savoir apprécier l’oeuvre en question à sa juste valeur, de passer à côté du truc. Je ne remets donc pas en cause sa qualité propre, mais  bien ma capacité à l’apprécier X années plus tard. Dans les comics, dont c’est le sujet aujourd’hui, c’est assez flagrant dans la mesure où certaines choses propres au genre ont beaucoup évolué en quelques décennies, rendant de plus en plus difficile la lecture de vieux ouvrages. Narration, profondeur du scénario, découpage, dessin… J’en avais parlé il y a quelques temps avec ma lecture du DC Comics Anthologie sorti chez Urban et ses nombreux récits intéressants sur le papier, mais finalement assez plats et ayant réellement perdu de leur saveur, leur intérêt 30 à 50 ans après. Certes, il y a le contre exemple… qui confirme la règle.

Watchmen a été une bonne claque. Même si je l’ai lu – sans doute – sans réellement comprendre toute la profondeur du récit, son grand âge (1985) ne m’a finalement pas tant rebuté: le dessin est vieillot mais reste regardable et le scénario à base de déconstruction du mythe du super héros fonctionnait encore très bien aujourd’hui. Le découpage et la narration non « conventionnels » par rapport aux comics du genre « mainstream » (Le fameux « 9 cases ») aidant sans doute beaucoup, j’imagine. J’en viens donc naturellement à une autre oeuvre emblématique de la même décennie, un « immanquable » quand on aime le personnage m’a-t-on dit, de part sa grande qualité globale et son auto-suffisance vis à vis de son univers. Aujourd’hui, parlons de The Dark Knight Returns.

Nous sommes en 1986. Afin de clore une certaine époque dite « révolue » pour l’industrie des comics mainstream de super-héros, il fallait « passer à autre chose ». Il fallait faire monter le média à un stade supérieur, lui montrer qu’il pouvait développer une certaine richesse vis à vis des autres arts, montrer qu’on pouvait écrire quelque chose d’adulte avec des gars qui s’habillaient en slip pour sauver le monde. Et puis, d’une certaine manière, afin « d’accompagner » le reboot de l’univers DC de 1985 (Crisis on Infinite Earths, qui remettait à zéro 50 ans (déjà !) de continuité en annihilant un peu (mais pas pour longtemps) le concept casse gueule des terres parallèles); The Dark Knight Returns finissait à sa manière les 50 ans de Batman, avec une sorte de « chant du signe » du personnage, avant d’avoir son pseudo reboot quelques années après avec Batman Year One, qu’on peut définitivement prendre comme le nouveau point d’entrée dans cet univers. Evidemment, il est toujours utile de préciser que, au delà des acronymes identiques, Rises n’a strictement aucun rapport avec Returns.

Au commande, Frank Miller, autant dans le scénario, que dans le dessin. Ça vous dit forcément quelque chose… Artiste controversé pour ses avis politiques, il a réalisé quelques travaux plus connus du grand public grâce (Encore et toujours) aux adaptations cinés comme 300 par Zack Snyder ou l’excellent Sin City. Et plus récemment avec Terreur Sainte, comics de super-héros dans lequel un pseudo « clone » de Batman part affronter les méchants terroristes d’Al-Quaïda (Et dont ce faux Batman devait être le vrai à l’origine, mais DC Comics ayant refusé tout lien avec son héros fétiche pour ne pas salir son image). Autant dire de suite qu’on a droit à une patte graphique et scénaristique somme toute assez… particulière (Sombre, violente, barrée), pas toujours parfaite, mais tout de même maîtrisé et surtout très intéressante, dont on ne l’imaginait pas forcément applicable à Batman tel qu’on le connaît dans notre culture populaire.

Dans les grandes lignes, The Dark Knight Returns, c’est un Bruce Wayne qui approche doucement mais sûrement de la soixantaine et qui a abandonné le costume de Batman depuis 10 ans. D’un côté, malgré le contexte de la guerre froide, les super-héros n’ont officiellement plus le droit de continuer leurs activités et de l’autre, Bruce Wayne fût quelque peu brisé par la mort de Jason Todd, le second Robin dans la chronologie officielle. Pourtant, depuis quelques temps, Gotham City sombre jour après jour dans la criminalité, notamment avec l’apparition d’une bande de plus en plus imposante qui se font appeler « les Mutants » (Mais qui n’ont rien aucuns « pouvoirs »). Règlement de compte, agressions en pleine rue, voir meurtres totalement gratuits, la terreur prospère et la police locale se trouve rapidement impuissante, malgré la présence du charismatique mais vieillissant commissaire Gordon. Finalement lassé de s’être mis au placard, et pour quelques autres raisons, Bruce Wayne retrouve le goût de la justice et décide de reprendre le costume de Batman malgré son âge pour redresser Gotham et imposer sa loi. Hélas, ça ne sera pas au goût de tout le monde, notamment vis à vis des conséquences de ce grand retour sur la population, et certaines mesures seront prises pour stopper l’homme chauve souris.

The Dark Knight Returns est un récit adulte et sombre – comme on peut forcément l’attendre d’un Batman – mais sans fioritures, sans excentricités issues de l’Âge d’Argent; glauque et violent. Mais c’est surtout un récit qui tourne autour d’un Bruce Wayne – l’homme, et non le super-héros – vieillit, encore plus mentalement perturbé à la fois par la mort de ses parents dans les années 40 (dont la vision lui revient constamment et l’obsède) et de celle de Robin; qui se pose sans cesse des questions sur lui-même, le tout dans un Gotham crasseux et pourri jusqu’à la moelle. Si notre Batman aura ses quelques moments de gloire, de « classe » et trouvera un certain réconfort avec sa rencontre avec la jeune Carrie qui lui voue un culte; c’est avant tout un récit qui met le héros dans une position « délicate », où il n’est plus vraiment aimé, où il n’est plus tellement dans la course malgré sa soif de justice presque pathologique et se montre prêt à tout pour ses convictions… quitte à se retourner contre ses propres amis, ou à adopter la mentalité de ce qu’il combattait par la passé (On ne sait pas tellement si ce qu’il fait est vraiment bon dans le fond, vu que c’est régler « la violence par la violence »).

Miller oblige j’imagine, le récit va toujours plus loin dans la démesure au fil des chapitres et les quelques idées couillues (surtout en se remettant dans le contexte de 1986) sont plutôt surprenantes – mais réussies, apportant quelques choses au récit – pour une production qu’on imagine souvent pour les jeunes/superficielle (Ou mainstream, si on préfère). Il y a un certain « double sens » de lecture dût à ce contexte qui ne le rend pas si accessible de prime abord… Mais c’est un peu ça qui rend l’écriture très bonne, clairement au dessus du lot. Sa réputation n’est pas volée ! Les personnages sont suffisamment développés pour être intéressants (avec un Joker terrifiant), les réflexions intérieures de Bruce tout comme les dialogues sonnent souvent juste et l’histoire monte progressivement vers un final explosif – malgré quelques petits soucis de narration ici et là.

En effet, elle se fait parfois un peu trop verbeuse, cherchant peut être à « trop en faire » et fini même par desservir un peu l’histoire, avec quelques passages un brin longuet où l’on sent que l’on essaie de « gagner un peu de temps ». Peut être est-ce là encore le poids des années qui biaise mon jugement, avec ses 4 chapitres (seulement !) qui composent l’histoire, mais des chapitres excédant… les 40 pages, là où aujourd’hui, on tombe régulièrement à 20 (et que j’en ai fatalement pris l’habitude), il n’y a pas cette même « gestion du rythme ». Décalage temporel, tout ça.

Sombre toutefois, mais Batman n’oublie pas non plus « ses origines », son passé. Pas que j’ai envie de taper sur l’autre TDKR, mais ce Batman n’oublie pas qu’il est le Batman des comics, et n’oublie donc pas « l’univers » qui l’entoure, sous prétexte d’une histoire hors continuité et plus adulte que d’habitude. Ainsi, à ma grand surprise, il est fort appréciable de trouver la présence de plusieurs personnages emblématiques (En nombre limité tout de même) de son univers à la fois « propre » (Le Joker, Double Face) et partagé avec l’univers DC (Superman et autres références à la Ligue de Justice), afin qu’ils apportent chacun leur pierre à l’édifice d’un Batman vieillissant, l’accompagnant peu à peu dans sa déchéance. Le récit n’en restera pas moins centré sur Batman, mais ça permet de construire un background intéressant – puisque replacé en contexte de guerre froide – au sein d’un univers assez familier – mais tout de même auto-suffisant comme dit plus haut, tout à fait accessible pour le néophyte à 2/3 détails près.

Finalement, la plus grosse difficulté pour rentrer totalement dans le récit, c’est à mes yeux le dessin. Il n’est pas forcément devenu moche – certaines planches sont superbes (L’ambiance poisseuse de Gotham est presque palpable), il n’a pas « simplement » vieillit comme pourrait l’être celui de Watchmen, il est juste… spécial et irrégulier par nature. Certaines planches surprennent par leur sens du détail, quand d’autres ne semblent pas mériter des mêmes soins, souffrent d’un découpage un peu trop chargé (Les quelques passages « TV » par exemple, et leurs multiples petites cases) ou que l’action ne semble pas toujours très claire. Parfois, quelques cases bien placées supplémentaires auraient bien aidé la narration… Ce n’est pas systématique (et dramatique dans l’absolu), mais il faut savoir où est-ce que l’on met les pieds. 26 ans après, quand même.

Dans tous les cas, The Dark Knight Returns fût donc un très bon comics jusqu’au bout et une approche plutôt originale pour ma part du personnage. Peut être pas le chef d’oeuvre absolu auquel je pouvais m’attendre – faute peut être à mon jeune âge qui n’a pas pu en profiter à l’époque – mais qui conserve tout de même une certaine aura et un scénario toujours accrocheur et percutant malgré son âge (La Miller Touch, en somme) et ses quelques maladresses. Un immanquable quand même ? Absolument, je comprends mieux pourquoi il fait parti des « piliers » de l’histoire de Batou… malgré une édition française par Urban Comics de très grande classe – certes, rien à redire dans l’absolu – mais fatalement très onéreuse pour le moment (Seule la version avec le DVD/BR est disponible pour 28€, la version low-cost arrivera en Mars prochain).

Un petit mot pour parler aussi de l’adaptation animée, au passage:

Dans la même veine que la plupart des nombreuses adaptations de grands arcs de DC Comics, The Dark Knight Returns est plutôt réussi… dans sa première partie pour le moment. Pour une fois, l’histoire a été découpé en 2 films d’1h20 chacun, et seulement le premier est disponible à l’heure actuelle. Evidemment, précisons tout de même que si l’histoire suit celle du comics dans ses grandes lignes, la séparation en 2 films n’en fait pas une adaptation « copiée-collée » pour autant: l’essentiel est là, et les nombreux changements/rajouts sont plutôt bien vus dans l’ensemble et rattrapent même parfois les quelques « problèmes » de l’original (Les scènes d’action trop courtes et pas toujours limpide du comics passent particulièrement bien à l’écran).

Certes, on perd certains aspects intéressants en échange (les monologues de Bruce, qui développait énormément la psychologie du personnage; l’ensemble globalement « édulcoré ») et la réalisation – globalement bonne quand même – aurait pu mériter un peu plus de soin (une animation de qualité comme dans Batman/Superman Apokalypse aurait été un plus) pour qu’elle fasse un peu moins « épisode de série TV » … mais l’ensemble est tout même convaincant et annonce un final sous les meilleurs auspices, surtout quand on repense au comics, et sa seconde partie pas mal surprenante. D’autant plus que pour le coup, le design si spécial de Miller est plutôt bien respecté, contrairement à Batman Year One qui avait repris plutôt celui de la série TV des années 90 (Mais c’est bien aussi). Et comme souvent avec la Warner, la version française assure vraiment bien, avec un Batman limite plus charismatique en VF avec sa voix rocailleuse si particulière, mais si hypnotisante; et on retrouve à nouveau avec plaisir les comédiens de doublage habituel pour Gordon et Alfred. Banco !

Dessinateurs, rassemblement !

Aujourd’hui, on va parler toujours un peu plus de comics, mais attendez, ne partez pas ! Pas de reviews pour le coup (j’avoue être en panne d’inspiration, alors que les lectures s’entassent un peu trop dans un coin de ma piaule, bonjour le paradoxe) mais un petit coup de projecteur sur une poignée d’élu de l’industrie des hommes en slip concernant un des principaux composants du genre: le dessin, évidemment. Comme ça, sans raison, je vais vous parler de mes artistes préférés, sujet d’article Ô combien classique et un peu facile, mais toujours sympa quand c’est bien fait. Mais je suis mal placé pour me juger, hein.

Il n’y a pas totalement d’ordre (On parle d’une esthétique, d’un style, d’un talent; ça peut difficilement se graduer quand on dépasse les 3 choix), c’est un peu balancé « au pif »… même si le dernier cité est un peu mon artiste préféré. Bien évidemment, pour la petite précision: quand je fais la mini liste des « travaux » du dessinateur en question, elle n’est pas forcément exhaustive, c’est plus ou moins ce que j’ai lu, compte lire, me viennent à l’esprit… 

Terry Dodson

Pour commencer, on va parler d’un cas un peu « spécial ». Dans le sens où je ne l’ai pas découvert de façon « régulière », à longtemps travailler sur une série de comics. Soit parce que je l’ai prise « trop tard » en route (et donc loupé le début de son taff), soit parce que les lois du marché sont impénétrables et qu’il avait juste signé pour un ou deux chapitres avant de se rebarrer ailleurs, histoire sans doute d’arrondir les fins de mois. Rien de plus rageant que de baver à chaque page et se rendre compte qu’au chapitre suivant, sentir la débandade.

Terry Dodson a pourtant un style dont je suis très rapidement devenu fan. Style qui dégage une certaine légèreté, qui ne sonne pas « mainstream » selon les séries avec un design qui se démarque bien de la masse. C’est souvent classe, bien coloré et bien dessiné (malgré quelques petites baisses de régime par moment). Bon okay, difficile de passer sous silence sa principale « spécialité », qu’on devine rapidement en tapant son nom sous Google Image: le monsieur est un spécialiste de la demoiselle aux formes généreuses, même si les hommes ont aussi droit à son superbe coup de crayon.

Mais il faut avant tout reconnaître qu’il sait dessiner la gente féminine mieux que quiconque, avec un charme dévastateur. Et pas en référence à ce qu’on pense ! Mais il arrive à faire dégager quelque chose rien que par le sourire et le regard ravageurs de ses héroïnes, à la fois Marvel, DC ou totalement originales (Pour des affiches, ou BD européennes); comme ça tout le monde est content. Evidemment, je vous conseil chaudement de suivre son Deviantart, histoire de se rincer les yeux de temps en temps, ça n’a jamais tué personne.


Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

–  Comme je l’ai dis, personnellement, je n’ai pas lu quelque chose de « durable » de sa part, ni même en grande quantité du coup. mais j’ai pu l’apercevoir dans quelques chapitres de la série Uncanny X-men, ou plus récemment, la série (très moyenne au passage) Defenders, toujours chez Marvel. Sinon, on le voit quand même régulièrement faire des couvertures alternatives pour pas mal de comics Marvel/DC. On se contente de ce qu’il y a…
– Il a donc aussi pondu, en duo avec le français Denis Pierre Fillipi la BD européenne en 2 tomes Songes, qui me fait de l’oeil depuis quelques temps, justement pour le plaisir de parcourir du Terry Dodson en long, en large et en travers. Si seulement je n’avais pas autant de mal avec les prix pratiqués pour du « Franco-belge »…

Alex Ross

Changement radical de style cette fois-ci, encore moins conventionnel et moins centré sur mesdames – sans pour autant être moins agréable – que Dodson,  on ne peut rester indifférent devant l’immensité du talent d’Alex Ross. Ce qui peut « choquer », ne pas plaire à tous ? Son hyper réalisme, avec des personnages terriblement détaillés, vivants et qui semblent « proches » de nous. Encore plus quand on s’attaque au monde des super héros et cette impression permanente que ça pourrait parfois se passer « dans notre monde », où une certaine crédibilité se fait ressentir.

Ca peut être assez paradoxal dans un genre qui cherche avant tout à s’éloigner un peu de la réalité, d’être « dans son monde », qui ne se soucis pas d’avoir cette « crédibilité » physique dans ses personnages; mais le résultat est détonnant, quasi unique et fonctionne du tonnerre. Sentiment encore plus renforcé par la colorisation, véritable peinture au sein d’une « simple » bande dessinée de mecs en slips parés à sauver le monde. A vrai dire, ce style de colorisation me paraît totalement indissociable du personnage, je n’arrive pas à concevoir – et ne veux pas voir ! – l’art d’Alex Ross avec une colorisation « informatique », forcément plus « froide »… ou n’importe quel autre type de colorisation.

Pour chipoter, je dirais que l’inconvénient d’une telle technique, c’est que ce que l’on gagne en beauté « pure », on le perd en dynamisme. Le résultat est d’une beauté, on perdrait presque 5 minutes par page pour analyser le soucis du détail, mais l’action paraît plus « molle » que les standards plus « classique ».  Mais au final, les 2 « visions » de la chose peuvent-ils réellement cohabiter ? Vous avez 3h.

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

–  Bien qu’un poil moins bon d’espéré, je citerais avant tout (et c’est aussi parce que je n’ai lu que ça de lui, en travail « continu ») le très chouette Kingdom Come, dont j’avais chanté les louanges envers sa vision virile et classieuse de Superman dans mon article sur mes waïfu comics.
Marvels, que je n’ai pas lu, mais apparemment un indispensable, qui montrait déjà toute la puissance du bonhomme en 1994 !

 

Jim Lee

Comme je suis un débutant en terme de comics (mais ça commence à venir), je ne connaissais pas Jim Lee pas plus tard qu’il y a environ 6 mois, correspondant à la sortie du recueil VF de Justice League version 2011, où Jim Lee reprenait donc les rennes du titre relancé au numéro 1 lors de l’opération marketing « New 52 », pour relancer tout l’univers DC sur de nouvelles bases spécialement (ou presque) pour les débutants comme moi. Pour un titre aussi fort que Justice League (C’était le premier numéro à sortir sur les 52 au total, donc forcément…), il fallait absolument quelqu’un de talentueux derrière, quelqu’un qui pouvait faire du titre un fer de lance de cette nouvelle « collection ».

Et là, la claque. Une claque monumentale. Si on peut toujours reprocher 2/3 détails ici et là, c’est justement cette profusion de détail dans chaque case, cette richesse visuelle, ce dynamisme, cette perfection complètement dingue qui m’a mis sur le cul. Les premiers affrontements entre Batman et le Green Lantern, puis plus tard avec Superman sont toujours impressionnants et d’une beauté folle. Jim Lee arrive même à rendre Aquaman super badass ! Le genre de truc que je n’imaginais même pas il y a 6 mois. Le pire, c’est que le niveau ne faiblit pour le moment pas parmi les 6 chapitres qui compose ce tome 1 déjà d’anthologie, et que la suite a l’air du même acabit.

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

–  Pas grand chose pour ma part, si ce n’est évidemment Justice League des New 52, le seul travail régulier que j’ai pu lire de lui. Mais je m’en souviendrais pour une excellente première fois.

Chris Bachalo

Après un artiste talentueux, mais plus « classique » dans son approche, retour à un dessinateur bien barré, qui a un style bien à lui, Chris Bachalo. Là encore, son style peut déplaire: c’est tellement stylisé que certains personnages ne ressemblent plus tellement à ce que l’on croise habituellement.  Je veux dire: Les poses un peu excentriques, les proportions pas toujours très « réalistes » (Même si on parle de comic-book), ses personnages hyper expressifs (Son Wolverine est toujours fabuleux quand il s’énerve !), ses dessins très riches en détail, en dynamisme… Parfois un poil trop, on arrive même à perdre légèrement le fil !

Mais c’est justement là sa grande force (Malgré tout), c’est une vraie bouffée d’air frais dans la masse avec son style très « punchy » et pourtant si maîtrisé, à quelques exceptions près. J’aime bien les styles plus « classiques » (mais tout aussi bien dessinés) quand même, mais ça fait du bien de temps en temps. Un parfait complément, en somme. Evidemment, suivre son actu sur son site directement rend plus beau et assure la réussite sociale.

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

Wolverine and the X-men, son petit chef d’oeuvre actuel… quand il bosse dessus. Pas toujours régulier, mais il a su donner le coup d’envoi d’une excellente série jusque là et chaque chapitre estampillé Bachalo est un vrai régal.
– Quelques chapitres sur la série Avengers lors de Fear Itself; pas grand chose dans l’absolu, mais son dynamisme et son esthétique ont réussi à faire passer la pillule d’un arc mollasson.
– Prochainement sur la série Uncanny… quelque chose, on n’a pas encore le nom complet de la série en question, mais juste du teasing à base de « Uncanny », qui fait forcément penser à Uncanny X-men. Dans tous les cas, nouvelle série avec Chris Bachalo au dessin = vendu !  

Salvador Larocca

Il arrive souvent que l’on n’arrive vraiment pas à comprendre les critiques de certains, vis à vis de certaines choses. J’veux dire: ce qui est critiqué n’est sans doute pas parfait à vos yeux, mais vous y trouvez suffisamment de qualité pour en ressortir un sentiment positif. Et, sur certains points, on se dit qu’il est difficile d’en redire quelque chose, parce qu’il y a un « minimum objectif » à nos yeux. Et pourtant, ici et là, les critiques fusent, vous plongeant dans une incompréhension certaine. Pourquoi tant de haine ?

Salvador Larocca fait parti de ces artistes étrangement mal aimés à ce que je lis mais qui possède pourtant un style des plus agréables que je connaisse, un style bien personnel et reconnaissable entre mille. Un style quelque peu réaliste, très « net » (On sent bien sûr le côté dessin purement « informatisé »); souvent précis et bien dessiné, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Je n’ai lu que la série Invincible Iron Man (Sur laquelle il a officié de très nombreuses années accompagné du scénariste qui divise Matt Fraction), mais il m’a toujours laissé une bonne impression: peut être que ça passerait mal sur d’autres séries (imaginons, Thor par exemple, et son côté mystique/naturel), mais appliqué à un récit typé techno-thriller, avec tout ce que ça implique (Niveau technologique, j’entends), ça donne un résultat superbe. Des armures rutilantes, un Tony Stark à la fois charmeur, humain et tiraillé par ses démons intérieurs (Que serait un héros Marvel sans qu’il se fasse régulièrement pourrir ?); le tout accompagné par une coloration « pétante », donnant beaucoup de vie à l’ensemble, je tombe irrémédiablement sous le charme.

On pourra toujours chipoter sur le rendu des « sourires » des personnages à cause du style réaliste, mais ça reste mineur à mes yeux. En fait, là où ça peut réellement clocher, là où parfois les critiques sont justifiées, c’est à la fois dans l’abus de temps en temps de flou pour « représenter l’action » et que le coloriste entre en jeu et foire parfois ses aplats de couleurs. On se retrouve avec un ombrage un peu dégueulasse sur le visage des personnages, posé n’importe comment; et le côté « colorisation informatique » ressort un peu trop, du coup. Mais ça ne pèse pas lourd dans la balance..

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

Invincible Iron Man, dont le premier volume librairie du run de Fraction/Larocca est sorti récemment en VF aux éditions Panini Comics. Et 300 pages de Larocca, bordel, quel bonheur mes amis. On le retrouvera lors du reboot Marvel Now pour la série Cable & X-Force, et ça s’annonce techniquement plutôt pas mal, comme d’hab.
– Plus vieille, et que je n’ai pas lu, il est aussi connu pour son run sur X-Treme X-men. Si ça ressort un jour en librairie, je veux bien me laisser tenter rien que pour le plaisir de mater du Larocca…

John Romita Jr.

Alors lui, d’une certaine manière, c’est un peu « tout l’inverse ». John Romita Jr. est un « ancien », qui a un paquet d’année derrière lui (Sachant que le Senior faisait aussi du comics dans les années 60, c’est une affaire de famille) et certains diront qu’il a fait son temps. Peut être n’est-ce pas faux. Car son style peut rebuter, clairement. Il est très… particulier, et, sans doute dû à sa longue carrière, il est surtout irrégulier.

Particulier, parce que le style du Romita n’est pas fait pour être « beau ». Ca peut sembler bizarre comme argument alors que je parle de mes dessinateurs favoris dans l’industrie du comics, mais force est de constater que sa façon de dessiner ne peut pas donner quelque chose de vraiment « joli ». Ces personnages peuvent avoir de l’allure (j’y reviendrais), mais jamais je ne me suis dit « Tel personnage pue le charisme, la beauté (dans le cas d’une femme par exemple) sous les traits de Romita ». Jamais le trait n’est « parfait », jamais on ne restera bouche bée devant la beauté « pure » d’une planche tel qu’on peut l’être devant le travail d’un Alex Ross par exemple. Alors pourquoi ? Pourquoi j’apprécie son style ? Pourquoi je le défendrais toujours ? John Romita Jr. est un artiste qui arrive, malgré ses imperfections et son style bâtard, à insuffler à la fois beaucoup de dynamisme dans ses planches et à rendre certains passages « vivants ».

Je m’explique. Longtemps habitués aux mangas de ma jeunesse, le passage au comics a été « difficile »: l’action est souvent molle, très statique, de part l’habituelle absence de traits dynamiques qu’on retrouve dans l’école d’en face. A contrario, c’est souvent très beau, et/ou la coloration apporte de vrai plus dans l’ambiance dégagée par certaines histoires. A défaut d’être beau, le style de Romita arrive souvent à bien retranscrire la violence des coups lors d’actions musclées, à faire ressentir une certaine intensité, donner du mouvement à un type de production souvent « figé ». Mieux encore, accompagné d’un bon coloriste, il arrive à bien retranscrire l’aspect crade, sombre de certaines licences, cf son travail sur Kick Ass avec son aspect gore très représenté.

Malgré tout, pour en revenir au deuxième point que j’avais énoncé plus haut: c’est un artiste irrégulier. Beaucoup demandé dans cette industrie, on sent très clairement, parfois,  son absence de volonté, un manque de temps flagrant pour peaufiner proprement son travail. Les traits deviennent très hésitants, les détails manquent de page en page pour finir parfois dans une bouillie de coup de crayon presque génantes pour le lecteur. On sent qu’il est bon, on sent/sait qu’il a du talent, mais c’est toujours un peu triste de le voir de moins en moins arriver à suivre le rythme…

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

Kick Ass 1 et 2, de Mark Millar (forcément) où l’on voit un peu plus sa capacité à fournir du travail de qualité quand on lui laisse du temps.
– Le run de Mark Millar (Encore !) sur Wolverine, dans la saga « Ennemi d’état« . Sorti récemment en VF, 300 pages pour 16€. Un régal, autant au niveau du scénario (Millar oblige) et un Romita au top (à quelques imperfections près), what else ?
World War Hulk, où comment symboliser au mieux ce que je tente de décrire juste avant: oui, c’est bourrin, c’est du Hulk, mais un Hulk qui a une patate monstre, une démesure totale… avec pourtant un vrai fond. Une belle réussite.
– Sur Captain America tout récemment, là encore pour le reboot Marvel Now. Et ça s’annonce aussi bien, avec une coloration au poil.

Olivier Coipel

Le top tier. Le divin chauve. Et français aussi ! C’est un peu le comble d’un tel classement que de choisir un dessinateur français bossant désormais dans l’industrie des comics. Mais c’est totalement mérité et on lui pardonnera sans mal de nous avoir un peu « quitté ». Parce qu’il faut l’admettre, l’univers Marvel n’a jamais aussi beau que sous son trait !

En fait, c’est bien simple, à très peu de chose près, son dessin est juste parfait. Mais j’insiste vraiment. Un dessin si juste et précis, un design qui ne sombre jamais dans le mauvais goût où n’importe quel personnage dégage une classe folle (Son Thor, imposant et majestueux), un charme irrésistible (La jeune Jean Grey dans All New X-men), du détail à profusion mais toujours lisible et appliqué (House of M et ses impressionnantes splash pages); c’est juste indécent tant il met une rouste à tous ses confrères US.

Evidemment, on comprendra qu’une telle beauté à un prix, avec un rythme de parution parfois long ou un changement de dessinateur en cours de route, le temps de quelques chapitres, avant de repartir de plus belle (Thor en 2007). Mais comme un bon comics se savoure toujours plus avec un dessin de qualité, l’attente est amplement justifiable. Et du coup, on comprend d’autant plus la quasi hystérie lorsqu’on nous annonce qu’Olivier sera sur tel projet ou simplement la joie de le voir dessiner une « simple » couverture, quelque soit la série en question. La French Touch, assurément.

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Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

House of M parce que ça déchire en soit, et j’en avais parlé ici même. Pour faire simple, entre House of M (2004/5) et ses derniers travaux, on sent qu’il ne cesse de progresser et c’est franchement impressionnant à voir.
Thor, lors de son reboot en 2007 (Que je n’ai pas (encore) lu), ou quelques années plus tard en 2011 lors des premiers numéros de la nouvelle série The Mighty Thor (Matt Fraction au scénario) où, pardonnez moi l’expression, il continue toujours d’envoyer du pâté.
Avengers Vs X-men, qui commence ce mois-ci en VF, dans certains chapitres. J’attends de voir, mais je prépare déjà mes caleçons de rechange.
– Et Siege, que je n’ai pas lu non plus, mais qui me donne une envie supplémentaire de me procurer la ressortie récente en librairie en VF.

Ils auraient pu avoir leur place ici, à 7 choix près:
Steve McNiven, pour son excellent taff sur Civil War, avec son style réaliste mais impeccable.
Guillem March, qui a su donner la forme parfaite à la série controversée Catwoman de 2011.
Humberto Ramos, pour son style « jeune », frais, cartoon et terriblement dynamique sur la série The Amazing Spiderman.
– Joe Madureira
, pour une « variante » d’Humerto Ramos, dont on retrouve sensiblement les mêmes qualités, sur la série Avenging Spiderman en 2011.
Gabriele Dell’Otto, dans le même esprit qu’Alex Ross: un aspect très « peinture », souvent magnifique et font parfois passer certains comics pour un peu plus qu’une simple série mainstream de super héros (Cf Secret War chez Marvel).
Stuart Immonen, pour avoir en partie sauvé Fear Itself du naufrage.
– Et pour finir l’article, J. H. Williams III, qui en plus d’avoir un nom composé qui fait super classe, fait aussi un boulot d’enfer sur Batwoman et (parfois) Batman, cf l’image du dessus.

Découvrons DC Comics avec… l’univers du Green Lantern

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un super héros de l’univers DC Comics qui ne m’a jamais vraiment attiré par le passé (Ce n’est pas le plus vendeur il faut dire), mais qui pourtant possède beaucoup de qualité, un univers particulièrement développé  et un très grand potentiel à de multiples niveaux : je parle bien sûr du Green Lantern, le héros tout de vert vêtu qui tient une place plutôt importante dans le DC Universe (moins aux yeux du grand public) au côté de ses potes Batman et Superman, et fait même parti de la Ligue de Justice. 

Je le concède, comme j’ai pu le dire, le héros n’est pas particulièrement vendeur et il est difficile d’en parler positivement sans subir des remarques sur son look un peu… particulier. C’est totalement le cas quand on y repense et qu’on prend un peu de recul. Clairement, Green Lantern et son univers, c’est quelque chose d’assez kitsh dans l’esprit, avec des couleurs parfois vives, limite fluos (les costumes des Green Lantern et leurs confrères d’autres couleurs) et aux designs parfois un peu folkloriques quand on commence à visiter les fins fonds de l’espace. Mais c’est en grande parti assumé.

Au travers de quelques lectures récentes, je vais vous expliquer par où commencer, pourquoi il faut lui donner sa chance, qu’il possède un grand potentiel et que cet univers mérite amplement sa place comme « pierre angulaire » de l’univers DC. Il faut savoir qu’il existe plusieurs Green Lantern « humains » qui travaillent sur la Terre – ils sont quatre, et on parfois chacun leurs séries de comics – et les récits qui vont suivre tourneront autour d’un seul, le principal Green Lantern de l’univers DC: Hal Jordan, qui est – historiquement – le 2ème Green Lantern, et le premier à avoir ce design qu’on connaît presque tous. Un peu perdu ? Voici un peu d’histoire:

Née en Septembre 1959, le Green Lantern version Hal Jordan fût crée pour relancer la franchise auprès des jeunes de l’époque, dans une période où les super héros n’avait plus franchement la cote. Afin de marquer davantage le coup, comme pour d’autre de ses héros comme Flash, DC Comics repart sur une base nouvelle et oublie (temporairement) la première vague de héros conçu dans les années 30 et 40. Ce Green lantern post seconde guerre mondiale n’a donc plus grand chose à voir avec le premier: ce dernier tirait ses pouvoirs de la magie, là où le second les tire d’une origine dite extraterrestre. 

Pour résumer, notre Hal Jordan, c’est un pilote de l’armée américaine, qui reçoit le pouvoir de l’anneau vert de la part d’un extraterrestre mourant (Abin Sur), un membre des Green Lantern, peu après son crash sur notre bonne vieille Terre. « Des » Green lantern ? Car Green Lantern n’est pas un nom de personnage, mais bien le nom représentant toute une corporation spatiale, chargée de veiller au bon fonctionnement de l’univers. Une police de l’espace, si vous préférez. Dirigés par des entités supérieures et immortelles, chaque secteur de l’univers est donc contrôlé par un ou plusieurs Green Lantern des différentes menaces qui arrivent un peu tous les jours, comics oblige. Me regardez pas comme ça, c’est du scénario des années 60, j’y peux rien ! Mais justement !

M’étant mis aux comics assez récemment, je n’avais qu’une vision assez limitée du personnage. Le côté « je cache mon identité avec un masque ridicule et riquiqui », sa couleur prédominante un peu criarde ou même l’apriori de base « Ohlala, il se bat avec une bague, qu’est-ce que c’est que cette idée ? C’est une gonzesse ou quoi ? »… Oui je sais, apriori, ça rime souvent avec connerie. Mais alors, vint un certain élément déclencheur… Comme pour beaucoup de licence en comics, mes premiers pas se font… au cinéma.

En 2011, sort l’adaptation de Green Lantern au cinéma et… ce n’était pas très bon. Bon, c’est sûr, on a connu mieux comme premier contact (même si le film n’est pas non plus catastrophique, c’est juste un film de super héros sans génie, sans saveur particulière), mais à défaut de m’avoir fait passer un excellent moment – n’est pas Joss Whedon qui veut – il m’aura au moins mis à jour concernant ce personnage si particulier de l’univers DC. Et il m’aura appris quelque chose, une chose que je ne voyais pas avant et qui m’a totalement donné envie de connaître le personnage: la nature de ses pouvoirs.

Elément important pour un super héros, le Green Lantern  possède probablement un des meilleurs pouvoirs que j’ai pu voir jusque là, et je pèse mes mots. Pour ainsi dire, il me vend du rêve ! Plus fort qu’une super vitesse, plus fort que le pouvoir de voler, plus fort qu’une bat carte de crédit; je parle bien sûr de son anneau tout vert, là, qui lui confère le pouvoir de la volonté. Ca paraît pompeux dit comme ça (Et encore, je vous épargne la liste des significations des autres couleurs), mais en pratique, c’est assez géant. En fait, il peut tout simplement matérialiser tout ce qui lui passe par l’esprit pour se battre, ou simplement l’aider dans sa tâche. Pour le fun, il pourra te faire apparaître une main géante pour arrêter un avion en plein vol. En combat singulier ? Si l’envie (et la volonté, on a compris) lui prends, un Green lantern peut faire apparaître une épée, une masse géante, voir même une bonne grosse machine gun des familles ! On peut reprocher pleins de chose au film, mais pas le fait d’avoir démontrer un minimum le potentiel du personnage, car ça donnait envie d’en savoir plus.

Hélas, comme souvent avec les grosses séries de comics, prendre le train en marche est assez ardu. Pas impossible non plus (sinon je n’écrirais pas cet article), mais il va falloir s’accrocher un peu, persévérer voir même, montrer un peu de … volonté ! Oui, elle était facile. Mais c’est vrai ! Et ça vaut clairement le coup, j’ai parfois lu des passages complètement dingues autant visuellement qu’au niveau de ce qu’il s’y passe, m’amenant à une certaine conclusion, pour ceux qui connaissent: parfois, l’univers du Green Lantern est presque l’équivalent d’un bon Gurren Lagann dans l’animation japonaise, avec cette culture de l’action démesurée, totalement over the top, qui semble toujours vouloir aller plus loin. Au moins, on ne peut pas lui reprocher de ne pas exploiter correctement le pouvoir de ses héros !

Pour se faire, voici une petite frise chronologique sous spoiler à ma sauce des quelques bouquins dispo en France (La publication a toujours été assez confidentielle chez nous, pas assez vendeur encore une fois) que j’ai pu lire (il en manque 2/3 mais négligeables à mes yeux et vous aurez ici ce que l’on risque souvent de vous conseiller); expliquant un peu comme aborder tout ça. Je vous donne mon avis (et explications si nécessaire) sur la plupart juste après.

Show »

Tout d’abord, commençons par la dernière (et peut être la plus difficile à appréhender) publication concernant le Green Lantern chez Panini, Green Lantern Rebirth.

Dans les faits, Renaissance est une bonne histoire. Pour comprendre un peu son emplacement dans la chronologie DC Comics, il faut revenir en 1994 avec le crossover Zero Hour. Alors, je vais être très synthétique, allons à l’essentiel (parce que c’est déjà assez chaud à suivre comme ça, hein): Hal Jordan, possédé par une puissante entité maléfique, est devenu le grand méchant de l’univers DC (Il a même rasé sa ville natale dans sa folie, le ouf). Tout ceci se terminait par le sacrifice de notre héros (En se suicidant dans le soleil, parait-il), le faisant disparaître durant quelques années. Mais comme les mythes ne meurent jamais, mais se réinventent, il réapparu dans une pseudo forme … fantomatique, en 1999. Cherchez pas à comprendre, les comics, la drogue, toussa. « Renaissance » ou « Rebirth » en VO, est donc la saga censée ressusciter une bonne fois pour toute Hal Jordan et lui faire reprendre sa place de Green Lantern number one. Suite à cette résurrection – à cette saga – une nouvelle série Green lantern est alors crée, repartant au sacro saint numéro 1. Enfin, vous savez compris comment ça marchait là.

Vous y voyez plus claire ? Là où je veux en venir, c’est que cette saga, certes importante, certes bien faite… N’est pas la plus accessible. On peut quand même comprendre l’essentiel de ce qu’il s’y passe, mais il manque tout de même pas mal d’information, notamment concernant les nombreux personnages qui y apparaissent, leurs rôles et lien avec le héros, pour totalement la savourer. Car on se trouve réellement dans la fin d’un cycle, d’une époque… un cycle qui a mis un peu plus de 10 ans à se terminer, passant par 3 grandes étapes, avant de repartir de plus belle.

Après, ça n’empêche pas d’y trouver de grandes qualités pour les plus motivés: c’est déjà un récit bien construit (mais dense) avec une vraie montée en puissance dans son scénario et dans l’action. Passé un certain stade, l’histoire met littéralement la seconde, devient plus limpide pour le novice et le plaisir de lecture se fait terriblement sentir tant on découvre un super héros au potentiel jusque là insoupçonné, mais jubilatoire. Le dessin n’est d’ailleurs pas en reste, avec un trait précis, richement détaillé et une coloration superbe; mettant encore plus en avant les scènes de bravoure typique des comics de super héros.

Et le récit n’en manque pas, tout comme – malgré tout – des moments calmes pour se poser efficacement avant de repartir au combat: c’est du pur comics de super héros, mais c’est ce que l’on aime ici. Et puis, ça permet même de découvrir un petit peu plus l’univers DC, ce qu’il y a tout autour du Green Lantern, avec les apparitions de la Ligue de Justice, et de leurs relations avec Hal Jordan (dont un Batman peu sympathique envers ce dernier et un Green Arrow plus utile et badass qu’il n’y paraît.) Une lecture recommandée dans le fond… mais pas tout de suite. Ca reste quand même une étape importante, oui, mais allez-y avec un peu de bouteille Green Lanternesque quand même avant.

No Fear

Là, on rentre dans le « vif » du sujet, ce que je considère comme une valeur sûr et surtout le point d’entrée idéal, au cas où vous ne l’auriez pas compris via ma frise: Geoff Johns présente Green Lantern, « Sans Peur », de son petit nom en France aux éditions Urban Comics. Geoff Johns est un scénariste américain travaillant principalement pour DC Comics, qui a énormément contribué à l’univers DC de ces dernières années. Et dans notre cas, on lui a surtout demandé de reprendre en main la série Green Lantern, avec le parcours décrit plus haut en mettant en place la mini-série « Renaissance » suivi du redémarrage. C’est ici que notre aventure commence… Et je dois dire que ce fût une très agréable surprise.

Je dois reconnaître que c’est un redémarrage de grande classe, qui caresse réellement le novice dans le sens du poil et lui permet de découvrir cet univers sans aucun soucis. Tout est un minimum expliqué au lecteur (Même les origines nous sont rappelés en quelques pages !), on apprend rapidement qui est qui dans l’entourage d’Hal Jordan pour bien replacer le contexte, sans non plus passer plusieurs chapitres à poser les bases (un minimum quand même, mais pas trop), et à attendre patiemment qu’on passe à l’action. Alors oui, sachez-le, on ne fait pas totalement table rase du passé… Mais c’est suffisamment subtil pour ne pas avoir l’impression qu’on nous fout une pancarte « Eh, okay, on est dans le #1 là, mais n’oublie pas de lire ce qui s’est passé avant ! » en pleine milieu de la lecture (et les petites pages explicatives d’Urban sont un bonus très appréciable !).

C’est justement le point fort de ce premier tome: un excellent dosage de tout ce qu’il faut pour rentrer dans cet univers sans laisser le fan de longue date sur le carreau, et forcément un bon rythme de croisière. Alors oui, ça reste avant tout du comics « pur jus », avec les valeurs qui accompagnent naturellement ce genre de héros, des ennemis typique de ce genre de production, comme le terrifiant Homme Requin ! Ca ne vole pas extrêmement haut dans l’absolu, mais c’est franchement efficace. On alterne très vite entre les scènes d’actions où le Green Lantern laissera libre court à son imagination débordante, offrant quelques passages excellents, tout comme des moments qui développent suffisamment et intelligemment bien le scénario et les relations entre les personnages (Surtout pour Hal qui a du mal à se remettre dans la peau d’un Green Lantern), pour quand même faire avancer les choses.

Le seul bémol qui me vient à l’esprit, c’est la partie dessin. Un trait globalement bon, une bonne mise en page, mais l’irrégularité dans le trait de certains dessinateurs, voir même les changements de ces derniers effectués un peu en cours de route (malheureusement une habitude dans le milieu) gâchent un peu le plaisir de lecture (on est un peu perdant au change par moment). Rien de bien dramatique dans l’absolu, mais on aura aimé quelque chose de plus… homogène. Mais à part ça, ce premier tome signe un quasi sans faute pour peu qu’on aime le genre super héroïque « de base ». Et d’ailleurs, le second tome est sorti !

Green Lantern Showcase: War of The Green Lantern

Paf, bond dans le temps de quelques années, et nous voilà en 2010 du point de vue éditorial de DC Comics, avec le dernier crossover entre les séries Green Lantern, crossover qui mettra en place quelques conflits internes au sein des GL et de leurs supérieurs, sans oublier une pincée de menace ennemie qui va profiter de l’occasion pour s’incruster. Classique, mais toujours aussi efficace.

A défaut d’avoir énormément de choix, il peut constituer aussi un certain point d’entrée dans cet univers, néanmoins de manière un peu plus violente et direct, mais bordel, qu’est-ce que ça valait le coup ! Si certains points du scénario me paraissent toujours obscures à la relecture (malgré les nombreuses notes (encore et toujours) d’Urban qui nous permettent d’en apprendre beaucoup sur l’univers de GL), c’est véritablement l’arc qu’il vous faut pour vous convaincre du potentiel monstrueux de la licence en terme d’action débridée (Si le titre n’était pas assez explicite…), de passages totalement fous, faisant passer le bouquin précédent pour un gentil somnifère.

Certes, quelques idées de scénarios pourraient en faire tiquer certains, mais pour peu que le côté kitsh de la licence ne gêne pas trop et qu’on cherche – on va pas se voiler la face – un comics peut être mainstream et brainless, mais bourrés de testostérone propre au genre, ça fonctionne totalement (Et ça fait du bien de temps en temps). Oui parfois ça fait un peu sentaï sur les bords avec toutes ces transformations, ces couleurs un peu fluo, ces monstres belliqueux de partout dans l’espace, mais c’est ça qui est bon !

Une lecture chaudement recommandée, forcément.

Green Lantern – Sinestro (New 52)

Alors attention, si le récit est effectivement excellent à mes yeux (Un scénario très cool, de l’action très Green lanternesque et un dessin superbe, le combo des gagnants), il n’est pas si accessible qu’on pourrait le croire ! Comme je l’ai expliqué avant, DC Comics a effectué un reboot de son univers via l’opération « New 52« . Sauf que pour certaines séries du catalogue DC, c’est… légèrement passé à la trappe. Pourquoi ? Comment ? Qui sont-ils ? Quels sont leurs réseaux ? La raison m’est étrangère, mais il faut savoir que pour l’univers Green Lantern, pas grand chose n’a redémarré, surtout concernant la série principale Green Lantern, ici chroniqué.

Sinestro, nom du premier arc en 6 chapitres de cette série, prend place directement après la fin de la Guerre des Green Lantern, ni plus, ni moins. Alors oui, pour atténuer mon jugement, on peut comprendre assez facilement les grandes lignes de cet arc, un peu comme pour n’importe comics j’ai envie de dire. Mais on « perd quelque chose » au passage, on perd un peu de sens dans les relations entre les personnages et notamment entre le héros et son mentor et à la fois ennemi de toujours, Sinestro, l’homme à la magnifique moustache, avec qui il se voit contraint de faire équipe pour l’aider à faire une mission ingrate… et non sans risque.

A mes yeux, à défaut de lire le « Geoff Johns présente » comme la meilleure porte d’entrée, je ne saurais conseiller éventuellement la lecture conjointe des 2 Showcases comme « premiers pas musclés », puis d’enchainer avec le premier tome des nouvelles aventures d’Hal Jordan. Avec ça, tel un Passe-Partout, vous aurez désormais suffisamment de clés en main pour tenter l’aventure…

Et pour le moment, c’est une aventure que je ne regrette pas d’avoir entamé !

Podcasters Assemble #1

Après un premier essai un peu difficile, Gemini et moi retentons l’expérience du podcast audio entièrement dédié aux comics ! Cette fois-ci, pas mal de Batman (Mais on ne parle même pas du dernier film) et de super collants (très orienté DC Comics), mais pas que ! Dans l’épisode du jour, qui dure un peu plus d’un heure et 30 minutes au total, on va donc parler:

Et le podcast en version Youtube, avec quelques images pour agrémenter le tout:

 Il reste encore pas mal de boulot dans la forme (Toujours utile de mettre des petits jingles entre les sujets pour « souffler », mais manque de pot, on oublie toujours de bien faire oralement la transition), des hésitations, des répétitions (surtout pour moi, je le reconnais), mais on y travaille !

Découvrons DC Comics avec… le DC Comics Anthologie

Vous avez envie de lire des comics de super héros issus de l’univers DC Comics ? Vous êtes plus Batman qu’Iron Man ? Mais vous ne savez pas quoi lire, et/ou n’êtes d’office pas attirés par les récits trop vieux ? Je vais peut être pouvoir vous aider par cette série d’article qui leurs sont dédiés (Estampillés « Découvrons DC Comics avec… » suivi de l’œuvre/univers traitée) et qui devrait perdurer sur le long terme sur le blog (ça dépendra bêtement de ce que j’achète). Comprendre par là qu’en gros, dans le fond, ce seront simplement des articles sur mes dernières lectures dans le monde merveilleux des comics de l’univers DC Comics (que je découvre à peine), mais aussi conçus dans le but « d’aider » (toutes proportions gardées, je n’ai aucune prétention) des lecteurs de passages à y voir un peu plus clair dans les récentes parutions françaises (principalement Urban, puisqu’ils ont désormais les droits de publication de DC Comics, mais il y aura tout de même un petit peu de Panini dans le lot).

Outre une critique de (ou des) œuvre(s) en question, j’essaierais d’expliquer un minimum le contexte de la chose, ce qu’il faut savoir pour le prendre en main, son accessibilité quand on débute un peu comme moi, autour d’un thème ou personnage particulier. Evidemment, je ne parlerais que des sorties librairies et non du kiosque (Les magazines de « prépublications ») sauf cas contraire (il y en aura un peu, c’est vrai) et forcément en VF. Parce que bon, sinon, j’ai pas fini. Et oui, d’autres ont sans doute fait des choses similaires, mais laissez moi alimenter mon blog comme je peux.

Je commencerais par ce que j’estime être le meilleur point d’entrée, même s’il n’est pas… sans risque (mais plutôt « logique » aussi), le recueil DC Comics Anthologie. Par la suite, histoire de faire un peu de teasing, je reviendrais sur le « prologue » de la Renaissance DC (ou les New 52 en VO) Flashpoint, la première partie du run de Grant Morrison sur Batman, un tour d’horizon de quelques publications autour du Green Lantern ou même la fascinante et surprenante Batwoman. Enfin, une bonne partie de la production Urban, vu que je prends presque tout ce qui sort… La Passion !

Le DC Comics Anthologie, c’est un bon pavé de 288 pages contentant 16 récits sur les super-héros de la firme, de 1939 à 2011. Véritable voyage à travers le temps, parsemé d’anecdotes et d’explication sur l’évolution de la firme et du genre au fils des années, ce bouquin permettra à tous de se plonger dans tous ces univers qui ont permis de construire le genre.

…Bon, ca va, je crois que j’ai assez bien résumé la fiche produit trouvable sur n’importe quelle site.

J’avais une vraie envie de découvrir un peu toute cette histoire, parce que je n’y avais pas mis les pieds avant… 2011, de manière « sérieuse », « motivée » et « impliquée ». Les comics et moi, c’est vraiment tout récent et quand on regarde tout ça de loin, c’est quand même pas franchement évident de savoir par quoi commencer. Cette anthologie tombe plutôt bien du coup (Il est FAIT pour être accessible, c’est son but), et son prix le rend encore plus attractif, il n’en fallait pas plus pour me faire sortir la bat-carte de crédit ! Et je dois dire que… je suis assez partagé le concernant. Je dirais même plus, j’ai vraiment du mal à le juger convenablement. Je vous explique tout ça juste en dessous, mais je peux d’ors et déjà résumer la chose par « C’est un bouquin où il faut vraiment savoir dans quoi on mets les pieds ».

Alors en soit, intrinsèquement, c’est un très bon bouquin, difficile de remettre ça en cause. C’est complet, on a vraiment de bons « échantillons » de chaque période, afin de se faire une bonne idée de ce qu’il se faisait à chaque époque. L’aspect éditorial cher à Urban Comics (Principalement reconnu pour sa volonté de donner moult explications dans ses publications pour que le lecteur soit aussi à l’aise que possible, et le contrat est excellemment bien remplit à ce niveau) est toujours présent et on en apprend vraiment beaucoup sur la firme, comme de nombreuses mini-biographies des grands auteurs impliqués, scénaristes et dessinateurs qui ont travaillé sur chaque récits qui parsèment le livre. De plus, d’un point de vue purement matériel, le livre est superbe.

Outre l’excellente illustration du divin Alex Ross (mais qui peut déplaire par son hyper réalisme), on a surtout affaire à un livre très solide, au papier mat de qualité dosée; même si certains récits (surtout les plus récents) se savourent un peu plus sur du papier glacé (Je pense surtout au chapitre de Justice League « 2011 », plus terne en terme de couleur que le volume relié propre à cette série sorti plus tard). Et plus simplement, j’ai pris du plaisir à lire certaines histoires – surtout dans les plus récentes – me donnant une vision plus précise que j’avais de tel ou tel personnage. Je pense principalement à ce même Justice League, au récit dédié au Joker qui revient sur ses origines ou le travail d’Alan Moore (mais pas que) sur le Green Lantern dans les années 70, dont la mythologie moderne de cette même licence continue toujours de se baser dessus, ce qui force quand même un peu le respect.

Mais, de l’autre côté, il y a quand même un soucis un poil gênant. Ca peut sembler évident aux yeux de certains, mais une majorité des récits présents ont forcément… très mal vieilli. Alors ce n’est pas forcément le dessin qui cloche, il peut encore passer (ou être supportable, comme vous voulez) selon les récits malgré le coup de vieux évident, mais c’est vraiment le fond de l’histoire, la qualité du scénario et des dialogues qui ont souvent mal vécu le poids des années. Il faut quand même se rendre compte qu’à proprement parler, il faut au moins avoir lu la moitié des 16 récits proposés pour commencer – et seulement commencer – à lire quelque chose de vraiment « intéressant ». Bon je n’ai rien contre les vieux récits, surtout que la qualité ne vient pas forcément de façon chronologique, il y a aussi du lourd voir du mauvais dans les plus récents (Je pense à celui sur Wonderwoman, imbuvable et mal dessiné… et pourtant de 2005 !).

Je ne veux donc pas rabaisser des histoires qui ont 60 ans derrière elles, mais il faut quand même reconnaître que c’est très difficile à lire de nos jours, encore plus – justement – pour quelqu’un qui n’a pas eu de contact avec ce genre de production depuis longtemps voir jamais. La narration est particulièrement pénible, notamment avec cette omniprésence du narrateur dans chaque case pour expliquer ce qu’il s’y passe (Alors que de nos jours, tout se fait par le visuel, on prend le temps de montrer le personnage marcher un minimum et pas à le faire téléporter d’un décor à un autre d’une case à l’autre). Et puis il y a tout simplement ces scénarios très basiques qui empêchent de rentrer un peu dans le récit.

D’accord, aujourd’hui, on ne peut pas dire que les comics de super héros soient systématiquement profonds, bien écrits et intelligents; c’est même souvent assez manichéen (ou volontairement brainless). Mais ici, à l’époque pour la plupart, tout se boucle en une poignée de pages, voir même de cases, vu que le plus gros de l’action est… raconté par le narrateur lourdingue. Aujourd’hui, ça nous paraît tout simplement « expédié » dans tous les sens du terme alors que dans les récents comics, on prend un minimum le temps d’expliquer les choses, de s’étaler pour avoir un peu de consistance. Une histoire actuelle qui se développerait sur 4*20 pages (par exemple) serait facilement condensée en 30 pages (grand maximum !) dans les années 50.

C’est l’impression que j’ai eu quand j’ai lu le pourtant célèbre « Flash of Two Worlds « , le premier comics qui mettaient en place le principe des univers parallèles via la rencontre du Flash des comics des années 40 et celui fraîchement crée des années 60. Dans les faits, le récit n’est pas profond, pas suffisamment développé et surtout résumé à des combats contre des super vilains délirants typique de l’époque du Silver Age, mais qui passent toujours très mal aujourd’hui. De manière générale, même si une idée paraît « bonne » pour l’époque, on souffrira toujours de cette narration lourde, d’un scénario et de scènes idiotes (Toujours drôle de la voir la Justice League faire une fête dans sa base, et voir Wonderwoman faire le ménage juste avant) couplé à des dialogues pas toujours très inspirés mais à contrario très orientés, comme l’atteste un personnage parlant à Wonderwoman des USA, comme un des « derniers bastions de la démocratie et de la liberté de la femme » de façon totalement gratuite et inutile dans la conversation. Je ne dis pas que la propagande n’existe plus dans les comics, mais c’est un poil plus subtil maintenant, je pense.

Bref, on ne ressent pas grand chose pendant une grande partie de la lecture de ce livre. Tout du moins, pour être moins négatif, on ne peut plus prendre ces récits au premier degré, tel qu’ils l’avaient été pensé à l’époque. Si on lit ce livre, c’est vraiment pour le côté historique de la chose, constater par soit même que le genre a beaucoup évolué dans sa forme (certes, moins dans le fond, mais suffisamment pour lui donner une seconde jeunesse). Ca va peut être en hérisser certains, mais je vois le livre comme un très bon livre d’histoire de la bd américaine sous l’angle DC Comics, et non comme un pur recueil de comics. Ce n’est absolument pas péjoratif et c’est intéressant à lire malgré tout, afin de voir comment DC Comics à développer son immense univers remplit de collants. Mais oui, c’est bien un livre où il faut savoir exactement où on met les pieds.

Harem à collant

Bientôt 2 mois sans le moindre article, comment se fesse ? Allez savoir, entre la flemme habituelle, les vacances (qui n’en sont pas pour moi, vu que je travaille), la pile de comics non lu qui ne désemplit toujours pas et peut être même la chaleur (Ah, ça y est, le soleil est enfin arrivé qu’on voudrait déjà qu’il parte, franchement pas cool d’avoir envie de changer son t-shirt toutes les heures), on ne peut pas dire que l’occasion était bonne pour blogguer la conscience tranquille.

Histoire de se remettre tranquillement dans le bain, ressortons du placard un vieux concept de la blogosphère otak’ (parce que j’aime être en décalage avec tout le monde, la ponctualité c’est trop mainstream), mais à une sauce quelque peu différente (et plus en adéquation avec mes goûts actuels): l’anime harem personnalisé. Ou le « My First Anime Harem« , plus précis quand on cherche le template de ce qui va suivre sur Google. Concept tout con, mais ô combien rigolo: regrouper 8 personnages féminins (pas forcément ordonné) selon un thème précis (de base, l’animation jap’), afin de désigner ceux qu’on aimerait avoir… disons près de soi, dans son petit cercle, pour des raisons diverses et variées (Et parfois un peu plus physique et lubrique pour certains). Mais ça peut aussi s’apparenter à – plus bêtement – une sorte de liste de personnages préférés.

Mais comme taper dans les animes seraient trop facile (Et que dans l’immédiat, j’aurais du mal à constituer une liste étant donné que je me suis quasi-totalement désintéressé du milieu), j’irais dans 2 thèmes bien différents pour marquer le coup (même si je suis sûr que quelqu’un l’a sans doute déjà fait quelque part, en dehors des Simpsons). Je vous laisse admirer.

Petit mise en bouche avec un harem à 4 sélections, je screws un peu les règles, mais 4 suffisait amplement pour une telle sélection (puis le « vrai » vient après, promis) ! On va commencer par ces célébrités masculines issus d’Hollywood qui me font dangereusement pencher sur la balance, parce qu’ils sont beau gosse, qu’ils sont charismatiques, qu’ils ont une carrière formidable et qu’ils ont un truc qui les rendent si attachants !

Nous avons donc au programme:

                Bruce Willis : Parce que l’âge n’est pas une fatalité (Enfin, pas trop). Alors oui, il y a sans doute un peu de retouche ici et là et je n’aimerais sans doute pas le voir au petit matin la gueule encore enfarinée, mais à pourtant plus de 60 ans, Bruce Willis en impose encore et toujours, si ce n’est plus depuis qu’il a définitivement perdu ses cheveux, contrairement à ses confrères comme Stallone et Swcharzy, qui supportent mal le temps qui passe et les injections de botox. A marqué toute une génération de film d’action, films que l’on n’est pas près d’oublier, même quand il sera définitivement trop vieux pour ces conneries (et hélas, ça arrive de plus en plus vite). Mais ‘y a pas à dire, je crois que c’est mon mentor capillaire pour m’accompagner dans ma décrépitude, je serais comme Bruce Willis quand je serais plus gr… chauve.

                Hugh Jackman : Regard charmeur, coupe de cheveux impeccable (et enviable, eh), parfaitement sculpté, et carrière bien entamée, c’est véritablement l’homme idéal et polyvalent, capable de nous faire pousser des cris de fangirl à mon chauve et moi à chacune de ses apparitions. Wolverine de rêve dans la saga X-men et réussissant presque l’exploit de rendre passable un film comme X-men Origins : Wolverine rien que pour ses beaux yeux; danseur de talent dans la pub pour le Ice Tea en ayant toujours la classe et capable de vous arrachez une grosse poignée de larme dans le film The Foutain où il crève l’écran… Hugh Jackman est l’homme qu’on aimerait voir dans chaque film, interprétant chaque personnage (même les objets du décor), rien que pour savourer son charisme, sa prestance et ses multiples talents bien réels. Et pour être franc, j’ai acheté le DVD de Real Steel juste pour lui (après c’est peut être bien aussi, mais j’ai pas fait gaffe).

                Robert Dowey Jr : Comme beaucoup, Robert Dowey Jr arrive à aisément relever le niveau de films pas toujours mémorables (quoique pas mauvais dans le fond) de part l’énorme sympathie et sex-appeal qu’il dégage, tel que les 2 Sherlocks Holmes par exemple. Surtout qu’à côté, il interprète avec brio le rôle du célèbre milliardaire alcoolique Tony Stark dans la saga Iron Man et Avengers (dont il crève encore plus l’écran que ses camarades), limite on a l’impression que ses parents l’ont conçus pour ça vu à quel point il colle parfaitement au personnage. Je crois que c’est grâce à ce côté classieux, raffiné, « chic » comparé à d’autres qui lui donne sa « particularité » et qu’on ne peut que difficilement résister à son charme, fait d’autant plus impressionnant quand on sait que le playboy approche dangereusement des 50 ans. Puis forcément, pour ne rien gâcher, sa voix française lui va à ravir, je dirais même plus qu’elle est carrément sexuelle. Je pourrais presque m’envoyer en l’air sur sa voix en train de lire le dictionnaire. Carrément.

                Keenu Reaves : Mon chouchou, mon favori ! Un peu connu avant avec Speed, mais totalement révélé aux yeux de tous avec Matrix, Keanu Reeves possède un charme bien particulier. Déjà, il a la particularité de porter aussi bien les cheveux courts & une barbe parfaitement rasée qu’un total look Jesus, avec la bonne grosse barbe qui va avec, ce qui augmente considérablement son charisme à des niveaux probablement au dessus de 9000. Puis, mais c’est un peu triste dans un sens, c’est un peu l’homme qu’on a envie de réconforter dès qu’on le voit à cause de son air de chien battu presque constant, encore plus quand on sait que cet air triste est bien réel vu ce qu’il a vécu par le passé. On se souviendra des photos de lui mangeant un sandwish sur un banc public… Mais il en devient un homme presque touchant, dont on aimerait bien remonter le moral, autant qu’on le peut ! On se souviendra de l’opération « Cheer Up Keanu Days« , qui a réunit un paquet de personne dans le but de lui redonner le sourire avec des montages rigolos. On pourrait presque en conclure que  » Keanu Reeves is moe « …

Du coup, hélas, on a toujours l’impression qu’il est prédestiné à faire des rôles de gars silencieux et à moitié dépressif (Ce qui n’est pas faux dans le fond) parce qu’il a le « profil pour » (Aussi mauvais soit-il, le film Constantine est en partie sauvé par un Keanu « qui colle au personnage »). Mais rien que pour la rumeur (peut être démenti depuis, peu importe) de sa présence dans l’adaptation de l’anime Cowboy Bebop (en interprétant Spike surtout), j’ai envie d’y croire !

Forcément, vous commencez à me connaître (ou presque), je pouvais pas m’empêcher de passer le concept à la moulinette des comics ! Histoire de partir sur des bases équitables, j’ai sélectionné 4 femmes et 4 hommes, toujours sur ces critères de personnalités/beautés/charismes.

Donc au sommaire, j’ai à vous proposer:

                Abigail Brand : Bonjour je suis Joss Whedon, avant de foutre une claque à tout le monde avec Avengers, j’ai aussi crée une des meilleurs séries sur les X-men, Astonishing X-men. Brand est un personnage qui fût crée par la même occasion dans cette nouvelle série au milieu des années 2000 et qui a encore une certaine place aujourd’hui dans l’univers Marvel. Déjà, elle en impose d’office de part le rôle que lui a donné Joss Whedon: elle fait partie du S.W.O.R.D., l’organisation qui est – seulement – chargée de surveiller l’espace spatiale (ça se dit ?) autour de la Terre (Mais pas plus loin, il y a un raton laveur géant pour ça). Défense contre l’envahisseur, échange diplomatique entre les races intergalactiques qui voudraient rentrer en contact plus ou moins violemment avec la Terre, ce genre de chose, quoi. Déjà, rien que pour ça, ça la rend tellement badass que t’en chiales. Composé de 3 couleurs mais lui donnant paradoxalement un charme fou (le vert, c’est tellement cool… Enfin, peut être pas irl en fait, mais faudra tester), un côté mystérieux classique (voir cliché, j’avoue), mais la rendant tellement charismatique par la même occasion et son côté un peu décalé avec son histoire d’amour avec le Fauve (Oui, le machin bleu chez les X-men), voilà de quoi la rendre irrésistible.

                Clark Kent : Je n’en suis pas un grand fan à cause de son statut de personnage un peu « divin » (c’est du moins l’impression qu’il me laisse à chaque fois), au dessus de la masse, mais sa version dans le récit « Kingdom Come » m’a littéralement mis sous le charme d’un Clark Kent presque méconnaissable. Oui, oui, le gars torse nue en salopette dans un champ de blé, queue de cheval sur l’épaule et barbe & cheveux (à moitié) gris, c’est bien Clark Kent, ou Superman. Version alternative du personnage où celui ci vieillit un peu comme tout le monde (mais plus lentement quand même), c’est un peu pour le personnage l’occasion de devenir vraiment charismatique à mes yeux. Oui, je le répète, mais j’ai toujours eu du mal avec le côté « Brun trop parfait physiquement dans son beau costard cravate de journaliste ». Là, le voir vieilli, presque assagit (il vit seul dans son coin parce qu’il en a ras le bol de la nouvelle génération de super héros, c’était mieux avant), avec une coloration défaillante rend l’homme de demain tellement plus classe et beau gosse, limite (beaucoup) plus attachant par la même occasion. Mais je suppose que le dessin et le style inimitable d’Alex Ross y ait fortement pour quelque chose.

                Carol Denver : Alors elle, dans le fond, je la connais mal, mais ça doit être physique, je l’aime bien. Peut être un peu pour son histoire: vivant à une certaine époque dans l’ombre de son mentor, le Captain Marvel, c’est une femme qui tente – de nos jours, après le décès de ce dernier – de gagner ses lettres de noblesses auprès du monde qui l’entoure, car souvent reléguée au statut de « super héros de seconde zone »… même si elle fait partie des vengeurs. Et seconde zone aussi un peu même au niveau « comics », on ne peut pas dire que ça soit un personnage très important, ni très vendeur (Ce qui doit expliquer pourquoi Panini en France n’a quasiment jamais publié sa propre série de comics).  Pourtant, c’est une battante ! Et puis, c’est une bloggueuse ! (Si, si, dans certains comics, elle raconte ses aventures sur son blog). Bon point ça. Et puis… Elle porte une bien sympathique paire de talon qui en fera rêver plus d’un. Si ça c’est pas du super héros comme on les aime, je ne sais pas ce qu’il vous faut. Okay, le costume est quand même très… sexiste ? Entre les talons (tellement pratique pour se bastonner), une partie basse du costume qui fait dans le minimaliste (tellement passe partout), difficile de ne pas avoir quelques aprioris sur le personnage devant une telle débauche super héroïque. Mais qu’importe ! Même si je ne suis pas très blonde, je dois avouer que c’est une des héroïnes Marvel avec le plus gros sex-appeal. Bon, ça dépend des dessinateurs, comme toujours… et du costume qu’elle porte, comme l’atteste sa récente nouvelle série, et son nouveau design légèrement naze. Pourquoi ? Pourquoi elle ?

                Namor : Dans la culture otak’, on parle souvent de « GAR », terme pour définir un représentant de la virilité ultime. S’il fallait trouver un équivalent dans le monde du comics, ça serait forcément Namor, mutant et roi de la cité sous marine, Atlantis. Comme le disait un grand poète qui aime passer son temps à faire des tournois d’animes lubriques, Namor est le véritable DSK de l’univers Marvel, et c’est ce qui le rend si… appréciable, si funky. Namor aime séduire – ou tente souvent dans le cas échant – les nombreuses femelles terriennes (Il aime faire du charme à Tornade (La X-men et femme de T’Challa, la Panthère Noire), mais aussi Emma Frost (Femme actuelle de Cyclope, le chef des X-men) tout comme Jane Storm, la fameuse Femme Invisible des Quatre Fantastiques, mariée avec Reed Richard, l’homme élastique de la bande) avec son regard perçant, son côté « obstiné et déterminé » et son air macho qui transpire par tous les pores de sa peau. En bonus, il n’hésite souvent pas à se montrer torse nue (pratique quand on se déplace en mer, mais faut bien exhiber sa musculature tant qu’à faire) et surtout avec son légendaire slip de bain qu’on ne présente plus, l’élément indispensable pour pécho chez Marvel. C’est un peu la cerise sur le gâteau d’un personnage dont la personnalité de connard prétentieux et de vile prédateur sexuel sont totalement assumés, et c’est un peu ça qui le rend si génial. Un peu le professeur ultime pour chopper la force tranquille.

                Squirrel Girl : Voici un personnage qu’une obscure personne n’aurait pas démérité dans un probable classement similaire. Issue d’une époque où les comics n’avaient décidément aucune limite au grand n’importe quoi, Squirrel Girl (la « fille écureuil », appelée officiellement Ecureuillette en VF) est un personnage fascinant, qui a su se faire un petite place dans l’univers Marvel au fils du temps, au delà du simple caméo dans une case pour le lulz, un peu comme Howard the Duck. Véritable force de la nature qui a pu terrasser à plusieurs reprises des personnages comme Fatalis, Thanos, Deadpool ou même Wolverine (Sans compter quelques nazis dans Fear Itself), Squirrel Girl est un personnage qui fout la pêche à sa façon. Toujours souriante, dynamique, et constamment décalée avec le monde qui l’entoure (N’empêche, une rouquine avec une queue géante d’écureuil, ça ne court définitivement pas les rues, mais c’est fun), elle attire forcément (et rapidement) la sympathie, autant auprès des lecteurs que des personnages de l’univers Marvel. Du coup, justement, elle est désormais la nourrice officielle de l’équipe des New Avengers (Une équipe alternative aux Avengers classique), futur potentiel MILF ! (Il en fallait bien une, tant qu’à faire)

                Oliver Queen : Ou plus connu sous le nom de Green Arrow, l’équivalent DC Comics de Hawkeye de chez Marvel pour faire simple pour ceux qui n’auraient vu qu’Avengers. La encore, un personnage que je connais mal. Mais le peu que j’en ai vu de lui m’a bien convaincu du potentiel « Charisme » du personnage: un look délicieusement kitsch (et voulu forcément) à la Robin des Bois (même si sa version avec capuche passe mieux du coup, c’est celle qu’on aura dans la future série TV), tout en vert, un masque qui cache juste ce qu’il faut et une moustache divinement portée (J’en connais un qui devrait avoir la même) et surtout ce petit côté un peu charmeur sur les bords, qui a du mal à prendre les choses au sérieux et apportant donc un peu d’humour et de second degré (en plus de son décalage « visuel » et de ses capacités « ridicules » (Ca me fait toujours marrer un archer dans un monde où des hommes peuvent voler et tirer des lasers par les yeux)) dans des aventures aux conséquences pourtant dramatiques. Et puis, c’est le meilleur pote de Hal Jordan, le Green Lantern, ça ne peut donc qu’être un bon gars. Surtout quand il apporte le meilleur passage de la saga Green Lantern Rebirth à lui tout seul.

                Selina Kyle : Féline dans tous les sens du terme (aussi câline que violente en un clin d’oeil, putain de chat), sachant très bien tirer profit de son physique avantageux, un peu dominatrice par ci par là et assumant pleinement sa relation charnelle particulière avec Batman, Selina Kyle vend du rêve à chaque page que je découvre de sa nouvelle série (et première que je lis) de comics, issus des New 52 pour les connaisseurs. Bon, il faut dire aussi que, physiquement parlant, le personnage gagne énormément en charisme et en sensualité sous le trait de Guillem March, un trait tout bonnement divin et parfait, même si très… masculin dans son approche. Mais pour un personnage tel que Catwoman, était-ce un mauvais choix ? Loin d’être creux, le récit jouit d’ailleurs d’un très bon rythme, un développement intéressant (autant au niveau du personnage que du background de l’héroïne) et quelques passages mémorables; pour la parenthèse (En gros, achète !). En plus, elle saura contenter presque tout le monde: en plus de la version de base, en brune, elle aime aussi prendre l’apparence d’une bien jolie blonde tout comme d’une superbe rousse pour parvenir à ses fins. Alors, convaincu(e) ? Au passage, même si elle aurait pu aller encore plus loin dans le personnage, Anne Hataway s’en sort drôlement bien, et fait une bonne Catwoman à l’écran. C’est peut être le seul souvenir positif que je garde de TDKR.

                Frank Castle : Là encore, comme avec Clark Kent (comme ça, les 2 écuries sont concernées), ce n’est pas un personnage dont je suis particulièrement fan. Pas que le concept ne me plait pas, mais… il me parle difficilement, le design n’aidant pas (pas qu’il soit mauvais, mais physiquement, ça ne me fait ni chaud, ni froid). Et pourtant ! Je ne sais pas si ça va durer, mais encore une fois, la règle universelle qui démontre qu’un homme est toujours mieux avec une barbe s’applique de nouveau sur le Punisher nouveau. Nouveau, car c’est dans sa nouvelle (et très sympathique) série commencée en 2011 (et qui est commencé depuis le mois d’Avril en VF) qu’il change, suite à un rude combat, de look. Et paf, d’un coup on passe d’un personnage pas forcément générique, mais qui n’avait rien de spécial (même si là encore, ça dépend aussi du dessinateur) à une explosion de charisme malgré le « cliché » du look en lui même. Je ne serais pas étonné s’il y avait volontairement une inspiration « Snake Plissken » derrière (le rapprochement est en tout cas évident), mais peu importe une fois de plus, ça colle terriblement bien au personnage (Never forget). J’espère secrètement que ça va devenir son nouveau look de référence, ça me donnera une raison supplémentaire de suivre ses aventures…

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D’ailleurs, si toi, lecteur passager, tu as aussi pondu quelque chose de similaire, ça m’intéresse… Car je serais curieux de lire ça, surtout si ça touche les mêmes domaines que moi. Et si tu ne l’as pas fait, mais que le concept t’as plu, n’hésite pas à te lancer aussi ! Sinon, Keanu sera toujours triste. Et toi même tu sais que tu n’aimes pas voir Neo triste.

Let’s read some Comics ! Fear Itself, suite et fin

C’est donc officiel, Fear Itself est bel et bien fini dans notre belle France, depuis début Juin. Entre la fin des ties-in, du dernier tome de Fear itself et des différentes épilogues, Fear Itself ne m’aura – ô surprise – pas bien marqué et confirme donc son statut de crossover de transition (Après Siège qui était la « fin d’une ère »), mais de manière bien maladroite. Scénario trop faible malgré de bons moments, bourré d’exploitation honteuse dans les ties-ins malgré quelques pépites/bonnes surprises et un final loupant méchamment le coche (malgré… rien du tout en fait); le crossover aurait pu être bien pire certes, mais j’aurais du mal à le conseiller. Surtout quand il sortira dans sa future version reliée… Mais en attendant, passons une bonne fois pour toute en revue les dernières sorties liées au bousin !

Rapide checklist du mois de Mai:

– Fear Itself 7: Composé de Fear Itself #7 et la fin de la série de chapitre « The Home Front »
– Fear Itself Hors Série 2: Composé de Fear Itself #7.1-7.3
Fear Itself, X-men Select 2: Composé de New Mutants #29-32
– Marvel ICONS 14Invincible Iron-Man #509 
– Marvel HEROES 14: Composé de Journey Into Mystery #628 (Partie II) – #630
– Marvel KNIGHTS 2: Composé de Ghost Rider #3-4
– Marvel MONSTER 2: Composé de Fear Itself: Hulk vs Dracula #1-3, Fear Itself: Youth in Revolt #1-6 & Fear Itself: The Homefront consacré à SpeedBall.


Petit diaporama des couvertures françaises – mon pouce levé va pour celle de X-men Select 2, bien classe (Même si… vous verrez plus bas) et la plus moche allant facilement à celle de Marvel ICONS, apparemment dessiné par un vétéran dans le milieu, mais eh, quand t’as plus la force de dessiner, faut pas te sentir obligé de le faire, tu nous épargneras une fracture de l’oeil.




Fear Itself 7 est une catastrophe. Les précédents arrivaient encore à se lire avec plaisir, et, dans l’optique où ce dernier chapitre se serait terminé de la même façon, on aurait eu un event moyen, mais un minimum agréable. Dans les faits, cet ultime chapitre gâche… tout. Mais genre vraiment. On s’attend à une conclusion un minimum digne de ce nom, mais c’est une véritable insulte envers le lecture qu’on a en retour. On s’attend à un peu d’action au vu de ce qui s’annonçait précédemment, on s’attend à une narration limpide au vu du scénario, mais qui sait où elle va, on s’attend à une bonne écriture dans les dialogues, on s’att… oui bon bref, vous avez compris, on n’a rien de tout ça.

Malgré le nombre de page un peu plus élevée, ça ne suffit pas pour tout développer, tout ce qui s’était accumulé jusque là: le combat Thor vs le Serpent ? Torché en quelques pages et imbittable. Le combat des Vengeurs transformés de façon moches en super-super héros, qui pouvait au moins annoncer de la grosse baston  ? Absolument RIEN, nada, que dalle. Une double page sympa (Immonen oblige aussi), quelques cases ici et là mais rien de plus, d’autant qu’on en vient à se demander à quoi ça leur sert… Dans les ties-in peut être ? Ca aurait expliqué bien des choses, mais même là, pour une raison que j’ignore, tout passe à la trappe, rien n’est développé à côté. Idée tuée dans l’oeuf à la dernière minute ? Fort probable.

La suite n’est pas en reste: la mort de Thor est bien torchée comme il faut et absolument pas crédible une seule seconde et les épilogues sont souvent minables: entre un Hulk qui fait réellement sortir Banner de son corps (?), pour en faire 2 personnages bien séparés (??), Sin qui échappe déjà aux gentils et le développement surprise d’un personnage dont tout le monde se fiche pour justifier la série post Fear Itself, Battle Scar, on sent vraiment un manque d’inspiration flagrant.


Pire encore, les épilogues « spéciaux », les « 7.1/7.2/7.3  » dédiés respectivement à Captain America/Thor et Iron-Man sont proche du minable. En fait, c’est un sentiment assez particulier: à première vue, ce sont pourtant des chapitres « solides » et qui ne semblent pas traités par dessus la jambe… C’est globalement bien construit, pas si mal écrit que ça et avec de bons dessinateurs derrière (Toujours Larocca pour Iron-Man, les même que d’habitude, quoi). Mais le fond est particulièrement fade, avec un scénario qui bizarrement, ne VEUT pas assumer ce qu’il s’est passé avant. Entre la fausse mort de Bucky qui ressuscite déjà (!) pour justifier sa nouvelle série Winter Soldier (Qui est peut être très bien, j’ai hâte de lire ça, mais la transition est ridicule), le peuple de Paris qui semble en partie ressuscité aussi sous les yeux de Tony Stark grâce au pouvoir d’Odin (Faisant perdre un peu l’impact de l’arrivée du monstre sur Paris à l’époque) et le passage avec Thor qui dévoile son remplaçant, à la fois anti-charismatique et aux origines incompréhensibles, j’ai parfois enchaîné les facepalm.

D’ailleurs, pour ce dernier, on avait l’impression que le scénariste ne s’est même pas cassé le cul à introduire proprement ce remplaçant: une justification surnaturelle pour le faire apparaître, et on n’en parle plus. Des fois, je me dis que je ferais un bon scénariste de comics. A méditer si ma carrière professionnelle actuelle ne décolle pas. Maigre compensation, le chapitre dédié à Iron-Man est presque sympathique, malgré son fond douteux.

Ce qui est d’ailleurs assez dommage, car dans la série régulière, Iron Man n’arrive plus à décoller, malgré ses bons débuts. J’en reviens à ce que je disais plus haut à propos du fameux combat « final »: alors que dans le 508, on pensait en avoir fini avec les préparatifs et qu’on pensait naturellement à passer la seconde dans celui ci, avec le conflit du point de vue de Tony, on nous fait encore patienter… dans la fonderie d’Asgard, avec la nouvelle armure d’Iron Man. Attendez, c’est pas ce qu’on a eu le mois précédent ? Ils ont vraiment étalé les dialogues de façon à ne pas « spoiler » l’essentiel du chapitre final de la série principale ? C’est d’ailleurs idiot: entre celui ci et le suivant (donc hors Fear Itself), ou même le 7.1, il n’a a/aura aucune… cohérence. On passe d’une scène/période  sans réellement comprendre comment on en est arrivé là, on sent bêtement qu’il y a un trou entre les 2. Ce qui aurait pu s’expliquer avec la série principale, mais… même pas. Moi qui appréciait bien la série jusque là, je suis tellement déçu.

Du côté de l’Enfer, il y a un peu de mieux, ou presque. D’un côté, Journey Into Mystery  se révèle bien plus sympathique qu’auparavant. Pour une fois, le fait qu’on arrive à la fin, que le scénario doit se conclure une bonne  fois pour toute, est bénéfique à la série et lui permet de retrouver – enfin – une efficacité qui était devenue bien lointaine. Entre un dessin pas désagréable (malgré des visages parfois bien ratés), une narration au langage soutenu mais qui finit par être limpide et bien rythmé, expliquant clairement ce qu’il se passe (Le passé du Serpent, ce qui se passe du coté de Thor mais vu par Loki), concluant les choses un minimum bien, et surtout un épilogue bien plus léger, avec un Vollstagg rentrant chez lui une semaine après le carnage, racontant alors l’histoire à ses enfants (avec son lot de mensonge pour le faire passer pour un héros et « censurer » l’histoire) avec beaucoup d’humour. Bref, une bonne bouffée d’air frais après un event définitivement trop sérieux. C’est un peu tard pour la série pour redresser totalement la barre à mes yeux, mais elle aura le mérite de me faire terminer l’arc Fear Itself sur un bon ressenti la concernant…


De l’autre côté, c’est New Mutants qui peine à convaincre. Je connais très mal cette équipe, mais elle me plait bien. Je vais pas énumérer chaque membre, mais j’aime bien Dani et son look d’indienne, Nate le « X-Man » ou même – surtout – Warlock qui semble complètement en décalage avec le reste de la bande, dans un style – niveau design – très particulier, avec gros yeux et déformation aux frontières du SD. Si, si, il faut le voir pour le croire, et se demander l’adresse du dealer du mec qui a pondu ça. Mais c’est fun ! Pendant Fear Itself, la bande des nouveaux mutants se retrouvent projetée, donc, en Enfer, pour diverses raisons que je ne résumerais pas. Enfin si, en gros, c’était une pseudo mission sauvetage. Objectif simple, mais potentiellement fun quand on se dit que ça arrive en plein conflit entre les forces d’Hélia, la reine d’Hel, et les forces du Serpent… Sauf que non.

Quatre chapitre, mais un développement trop long, trop lent pour vraiment arriver à ce que l’on attendait, et qu’on n’a quasiment pas: limite de 4 chapitres pour une histoire qui aurait pu s’étaler sur 2 de plus pour être à l’aise, le récit pêche par un manque de rythme et d’efficacité certain, malgré quelques passages sympathiques, et un style graphique vraiment pas déplaisant – bien que parfois très épuré. Bizarrement, on enchaîne les passages « prometteurs », en terme de réplique ou d’action, et tout est balayé d’un revers de la main 2 pages après, notamment la fin (tiens donc), complètement torchée, comme si le scénariste avait oublié la limite de 4 chapitres et s’est démerdé  pour finir ça en 3 pages. Dommage, mais ça m’a quand même donné envie de suivre plus régulièrement la série.

Ghost Rider est une série étrange. Déjà, comme on pouvait s’en douter et un peu à la manière du dernier chapitre des Thunderbolts la dernière fois, c’est une série qui a un lien très faible avec l’event, on se sent à nouveau dans une phase de « transition » pour partir sur de nouvelles aventures et lâcher le crossover. Donc du coup, niveau « apport », on frôle le néant, mais c’est un peu plus fun que l’autre fois, avec un Johnny Blaze qui balance des vannes rigolotes à tout bout de champs, s’allie avec un zombie pour contrer une nouvelle menace – le Serpent à peine vaincu à côté. Tout un programme, mais pas déplaisant. Mais c’est étrange dans le sens où ce Johnny… n’est pas le Ghost Rider. Il est le héros d’une série qui n’est pas « à lui », sachant qu’elle est censée mettre en avant la nouvelle incarnation féminine de l’esprit de vengeance. Celle ci est pour le moment du mauvais côté de la force et Johnny tentera de la raisonner, en gros. En soit, pourquoi pas (et le résultat est pas trop mal), mais c’est à se demander si ce n’est pas ça qui a, d’une façon ou d’une autre, finit par condamner la série après 9 numéros aux USA.


Concernant le Monster 2, aussi surprenant soit-il au vu de la qualité douteuse du premier, ce numéro redresse pas mal la barre et offre quelques bons moments ! … Sans totalement briller non plus. Mais sur les 3 récits qui composent le tome, 2 sont fort sympathique en fin de compte, malgré les apparences… Le moins bon ?

Hulk vs Dracula. Prometteur sur le papier, le résultat déçoit (forcément ?), même si ce n’est pas catastrophique. L’idée de base est fun et on aurait pu finir sur un gros clash entre le colosse de Jade et le roi des Vampires… Au final, on n’a quand même qu’une grosse part de discussions entre les vampires qui se demandent sans cesse comment vaincre Hulk, tout en réglant leurs conflits « internes ». On tourne trop souvent autour du pot, comme s’il fallait gagner du temps, sachant que dans le fond, on sait d’avance comment ça va se terminer… Sauf que ça ne se termine pas exactement comme prévu, et encore une fois pas dans le bon sens du terme. Là encore, le fait que ces chapitres se callent parallèlement à la fin de l’histoire principale fait qu’on se doute qu’il faut tout finir rapidement. Et là, on peut dire  qu’on est servit avec une fin assez ridicule (pourquoi ne pas avoir fait ça dès le début ?) tellement elle ne semble pas crédible une seule seconde.  Tout n’est pas à jeter pourtant, à commencer par un dessin plutôt bon et efficace (ce qui est étonnant pour un chapitre aussi « loin » de l’histoire principale, la logique voulant généralement qu’on donne les miettes aux dessinateurs moins doués) accompagnant bien quelques passages bourrins mais réussis. Mais ça fait de nouveau peu face au manque de prise de risque imposé par le contexte.

La mini série Youth in Revolt fût quant à elle une bonne surprise, car ce n’était pas gagné d’avance… Quand on a un univers vaste (infini ?) comme Marvel (ou celui des comics de super héros, DC pourrait très bien être concerné), difficile de fonder un minimum d’espoir dans une série qui met en scène des personnages qu’on ne voit presque jamais, même de loin, dans la plupart des events passés. Opportuniste ? C’est la première chose qui m’est venu à l’esprit avec des personnages ultra secondaires, aux pouvoirs parfois déjà vu (La nana qui se transforme en gaz, le mec qui fait des explosions, la clone de Thor, nommée… Thor-Girl, bonjour l’inspiration), mais force est de constater que le résultat est plutôt travaillé. Bien sûr, le scénario originel empêche le moindre miracle, la moindre prise de risque, mais l’ensemble tient bien la route avec un minimum de développement des différents membres de l’équipe, et leur façon d’appréhender cette « crise » en solo ou en équipe selon la situation; avec quelques passages où certains sont confronté à des choix cruciaux, et des conséquences – presque – terribles (Du moins, à leur échelle, mais c’est pas mal). Efficace, qui exploite un minimum le principe de la « Peur » ambiante; c’est tout ce que j’attendais.

C’est d’ailleurs ce que j’ai ressenti pour le reste des Homefront, cette fois-ci entièrement dédié à Speedball. Pas un personnage que je porte très haut dans mon coeur (son design particulier n’aidant pas), mais sa quête de rédemption suite aux évènements de Civil War, puis à sa reconversion dans la série Avengers Academy me l’ont rendu fort sympathique. Suite « logique » du coup, on assiste à son histoire en pleine « crise », avec une alternance entre un héros qui cherche toujours à se racheter malgré la haine des gens le concernant et des vies à sauver parce qu’il y a des Dignes sur le chemin. Mais ça serait trop facile de se racheter ainsi ! Même si parfois, justement, certains évènements sont trop « facile », la notion « d’échec successif » obligatoire envers les Dignes entraînent pas mal de bons passages, avec un héros qui se démène comme un diable, mais qui reste assez impuissant devant le désastre qui se tient juste en face de lui, tout en subissant les conséquences directes (Des morts de civils, pleins). Une aventure en « solitaire » (ou presque), particulièrement bien construite (Speedball en prend plein la tronche, mais de manière disons « crédible ») et qui colle d’autant plus au style très « photo réaliste » du dessinateur. Assurément le meilleur récit du lot.


La suite des évènements ?

  • Ceci étant le dernier article concernant le crossover, je ne chroniquerai pas les 2 séries post-Fear Itself, Battle Scars et The Fearless. Ou alors, pas sous cette forme, mais j’y travaille… Mais pour ceux qui se poseraient la question: oui, c’est NETTEMENT plus sympa que FI pour le moment. Mais bon, on sait à quel point ça ne veut rien dire pour le long terme…
  • Oui, j’aimerais bien continuer ce genre d’article, mais (donc) pas sous cette forme. Je pense à la vidéo, même si je ne sais pas encore comment, je n’ai pas tellement envie de m’amuser à filmer d’une main le bouquin en question et torcher un avis en 2 minutes.
  • Du coup, je ferais plutôt un seul article global pour chaque gros « crossover » si je passe par écrit, comme pour les futurs Spider-island ou Avengers Vs. X-men dans un avenir proche, ça sera sans doute plus sympa à lire (et à écrire pour moi).

 En attendant, je vais changer un peu d’air, et lire un peu de DC.

Let’s read some Comics ! En route pour Fear Itself #5

Toujours à la bourre ! Avant dernière partie avant le grand final (qui ne laissera sans doute personne indifférent, mais pas dans le bon sens du terme) de l’event mou du genou de chez Marvel; en espérant que le suivant sera plus… rigoureux, contrôlé, avec un petit seau « Seal of Quality » dans un coin, car on l’aura bien remarqué au fil des mois: Fear Itself a tendance à méchamment se barrer en sucette, un peu dans tous les sens en exploitant pas vraiment comme il faut ses personnages, pourtant à fort potentiel. Allez, conclusion (sans doute rapide, même s’il y a masse de chose à redire sur ce crossover, je trancherai d’ici là) avant la mi Juin. Bonne lecture !

Commençons d’abord par la checklist du mois d’Avril:

– Fear Itself 6: Composé de Fear Itself #6 et la fin de la série de chapitre « The Home Front »
– Marvel ICONS 14: Composé de New Avengers #16 et Invincible Iron-Man #508 
– Marvel HEROES 14: Composé de Avengers #17 et Journey Into Mystery #627-#628 (Partie I)
– Marvel STARS 14: Composé de Thunderbolts #161 et #162 (Suite et fin)
– X-men 14: Composé du Uncanny X-men #543
– Marvel HEROES Extra 10: Composé de Avengers Academy #15 à #20


Petit diaporama des couvertures françaises – ma préféré étant celle de Fear Itself 6 (Immonen, forcément), et la plus moche celle de Marvel Heroes (le reste n’étant pas non plus d’un niveau extraordinaire):



Fear Itself 6: Faisons simple et court, vu que eh, le schéma de chaque chapitre est sensiblement le même: Un peu de bravoure et quelques répliques bien senties – surtout venant de Steve Rogers engueulant gentiment Odin, un affrontement final qui se prépare petit à petit où l’on voit un peu plus clairement les objectifs de Tony Stark; le tome se laisse suivre avec plaisir, annonce plein de bonnes choses mais se retrouve dans une impasse: comment conclure tout ça en 40 pages, pour le chapitre 7 ? Comme faire quelque chose d’épique – vis à vis  des combats qui s’annoncent sur de multiples fronts, rendre dignement hommage aux personnages tombés au combat et tout simplement faire une fin propre et concise pour passer à la suite ? C’est mathématiquement impossible, et en attendant un avis plus complet, je vous le dis en mille: le #7 confirme bien ce doute.

Ce qui n’aide pas à apprécier un peu plus ce tome pas foncièrement mauvais, c’est la fin des Home Front. Là où ce genre de récit pourrait raconter brièvement des choses intéressantes, en complément de ce que l’on croise à côté, c’est malheureusement l’occasion pour Marvel de faire de l’exploitation honteuse, du meublage pur jus (bon, vous allez me dire, ce n’est pas la première fois). Comprendre par là qu’on va y retrouver de courts récits sans grand intérêt, mettant en scène des personnages dont on n’a pas grand chose à cirer (Blue Marvel ? L’Aigle Américain ?) et dont on ne voit toujours pas le lien avec l’event. Seul le récit lié aux Vengeurs des Grands Lacs tire son épingle du jeu avec un peu d’autodérision (Quand un des personnages s’exclame « On se croirait presque dans un crossover Fear Itself ! » devant l’absurdité de la situation dans laquelle il se trouve), d’humour constant qui fait mouche; à défaut d’apporter grand chose, surtout en aussi peu de page. Ca fait maigre, mais on fait avec ce que l’on a.


New Avengers, poursuit et fini de façon sympathique l’arc Fear Itself. Pas forcément le meilleur du lot, il n’apporte pas grand chose dans le fond, mais il a le mérite de rester constant du début jusqu’à la fin – et ce n’est pas donné à tout le monde, qu’on se le dise. L’occasion pour les scénariste de profiter de ce vide scénaristique pour mettre en avant « pour le fun », un perso qu’on ne voit pas souvent: Daredevil. Je ne le connais pas des masses – je suis désormais sa série récente dans le Marvel Knight, et c’est pas trop mal – mais ce chapitre assure pas mal et rend honneur au charisme du personnage, avec principalement des combats bien mis en scène et jouissifs entre Daredevil et des nazis pour aller sauver les miches de Squirrel Girl (Et un Daredevil armé d’une machine-gun, moi je dis banco) et toujours un dessin redoutable d’efficacité dans l’action, de justesse dans son trait jusqu’au bout.

Iron Man traîne toujours un peu en longueur, et confirme l’impression du précédent: on sent que la série aimerait passer à autre chose (elle est pleine de potentiel et m’a fait passer de très bon moment par le passé, donc hâte de voir la suite des évènements), mais se doit de rester en parallèle à l’histoire principale. Du coup, oui, on en prend toujours pleins les yeux visuellement (une constante depuis que je lis la série et je vais pas m’en plaindre, le dessin est très bon, riche en détail malgré son aspect « informatisé à 200% » et la colorisation souvent au top malgré quelques ratés), c’est dans la forme bien rythmé et maîtrisé – le plaisir est donc toujours là – mais le fond du scénario s’étale encore et toujours trop. Je n’ai d’ailleurs pas encore lu le numéro de mai à l’heure actuelle, mais je sens d’ici le torchage pour boucler l’arc du côté de Stark…


Avengers s’enfonce toujours un peu plus. Pas aussi mauvais que le précédent dans le fond, mais par rapport aux premiers par Dieu Bachalo, on tombe de haut, fatalement. Raclage de fond de tiroir avec un Romita Jr à bout de souffle, le chapitre – qui oppose les Vengeurs une énième fois à Sin, sans la moindre impact sur la suite des évènements – est ponctuellement constitué de choses sympathiques mais sans jamais réellement convaincre. Certaines planches sont presque réussies et dégagent un petit quelque chose: Romita foire toujours autant les personnages dans le fond (surtout les femmes, hélas, tout le monde ne peut pas s’appeler Terry Dodson), mais reste agréable malgré tout par une coloration qui embellit parfois bien le dessin, et toujours cette notion de dynamisme propre au dessinateur qui lui donne un certain cachet. A côté de ça, on sent donc qu’on s’étale toujours autant parce que le scénario manque à l’appel, occasionnant quelques passages assez fun toutefois avec les armures d’Iron Man en mode pilotage automatique dans la tronche de Sin, mais ça ne suffit pas à se faire entièrement pardonner… Heureusement que c’est le dernier chapitre, à la fois estampillé Fear Itself et Romita Jr, d’ailleurs.

Journey Into Mystery semblait pourtant enfin partir dans la bonne direction, ça semblait bouger un peu, mais le temps du #627, un interlude en la compagnie de Mephisto, le soufflet retombe quelque peu et on s’ennuie ferme. En fait, le gros soucis, c’est que cet interlude intervient au « mauvais moment », à un moment où on aimerait que ça avance de bon et pas qu’on nous assène d’un blabla bien pompeux comme il se doit, multipliant les références à l’univers Marvel… que personne ne connaît, laissant donc un peu sur la touche le lecteur. En gros, ça n’a ni queue, ni tête.  Le #628 relève la barre (puisque la suite directe) mais Panini voulant à tout prix meubler son magazine à cause de la réduction de page des chapitres US (On passe de 24 à 20 pages) on se retrouve avec… la moitié du chapitre. Donc ça semble commencer bien, mais ça s’arrête sec en plein milieu. Gé-Nial.


Thunderbolts revient enfin aux sources ! Après un petit passage à vide, avec tout le côté « serious business » qui découle du crossover, les tribulations d’une des équipes Marvel que je préfère prennent un peu de distance avec l’event (et n’en a presque plus rien à voir d’ailleurs, c’est juste la transition avant de virer définitivement le macaron) pour repartir sur une base bien plus fun, décomplexé, comme à la bonne époque où je les ai connu. Une histoire volontairement oldschool, un scénario de comicbook pur jus en somme (mais qui n’est pas forcément un défaut en soi) où on y trouvera le méchant bien connu, Zemos Jr qui profite de la peur installée un peu partout pour balancer une bombe sur Chicago et qui enchaîne sur une étrange invasion de créatures aquatiques, dont les Thunderbolts devront repousser l’assaut. C’est assez « délirant » dans le concept vis à vis de ce que l’on a vu avant, mais c’est une véritable bouffée d’air frais, ça fait du bien de retourner à quelque chose de simple et qui va à l’essentiel, sans trop se prendre au sérieux. Ma foi, beau rattrapage, même si le dessin pèche toujours un peu (N’est pas Kev Walker qui veut).

Uncanny X-men persiste et signe et offre définitivement une bonne saga dans cet event. C’est d’ailleurs un de mes préférés finalement, et je ne pense pas que la fournée de Mai changera quelque chose. Collossus change donc d’apparence, et devient le « disciple » de Cittorak, l’ancien proprio du Fléau. Le chapitre met avant tout en avant les premiers pas de l’homme de métal avec sa nouvelle force (déjà qu’il était bien loti avant) en le faisant directement affronter le Fléau en mode Digne. Bien que le twist de fin soit prévisible et minable (la fuite des Dignes pour le combat final), ce fût un bon chapitre avec un Colossus à la force démesurée et montrant qu’il avait clairement le dessus sur son adversaire, tandis qu’Emma Frost tente de se débarrasser d’Hope avec en bonus l’intervention de Namor dans son légendaire slip de bain… le tout soutenu par un dessin toujours aussi bon, retranscrivant à merveille toute la puissance dégagée par ce combat de titan. Un vrai plaisir à lire.

Avengers Academy est une chouette série. J’ai tenté d’en parler dans le récent podcast que j’ai effectué, mais pour ceux qui l’auraient zappé: c’est plutôt bien écrit et intéressant à suivre, malgré son design un peu kitshos sur les bords, et un concept très proche des X-men: Durant la saga Siège, des ado avec des pouvoirs en quête d’identité avaient été enrolé par Norman Osborn, le grand méchant emblématique, dans le but d’en faire des « super méchants », dans l’idée. Une fois son « règne » fini, que faire de ces jeunes à l’esprit perverti, qui peuvent à tout moment passer dans le côté obscure de la force ? L’Avengers Academy est là. Malgré l’image mentale en pensant à la Star Ac’, c’est une série qui met en place ces jeunes dans une école de « redressement », dirigé par Quicksilver, Tigra et surtout Henry Pym, l’homme Fourmi – dans l’espoir d’en faire de bons vengeurs.

Pendant Fear Itself, l’école se fera grosso modo attaquer par un des Dignes d’un côté et ces nouveaux jeunes vengeurs se verront confrontés à l’impact d’une telle « guerre » sur la population (« On ne peut pas sauver tout le monde ») et des doutes qu’ils peuvent ressentir dans ces moments là (« On est surpuissant, mais on ne peut rien faire face à la situation » ou « C’est la première fois que je tue quelqu’un, je me sens mal »). Et c’est drôlement chouette en fait. On sent – certes – que certaines situations sont tirées par les cheveux pour étaler la sauce, mais c’est suffisamment bien construit, écrit (Ce n’est pas uniquement de la baston, mais on assiste à de bons développements de personnage), et rythmé pour que ça passe tout seul. Le dessin n’a jamais été extraordinaire, mais fait bien son boulot, sans ratage particulier. Et en plus, Panini a eu la bonne idée de publier tous les chapitres liés à cet event en un seul bouquin, parfait pour tout lire d’un traite malgré l’épaisseur du scénario.



Le mois prochain ? Suite et fin de Fear Itself forcément, Iron Man, Ghost Rider, Journey To Mystery, ainsi que l’arc complet dédié à l’event pour la série New Mutant; et les dernières miettes en terme de séries très secondaires dans le second Marvel Monster (Oui, malgré la qualité du premier), dont le sympathique sur le papier (même si je ne me fais pas trop d’illusion non plus) Hulk vs Dracula. De toute, ça peut pas être pire que le chapitre précédent dédié à ce même Dracula, complètement nullissime.