Le cinéma japonais ? Tout un Symbol.


J’aime les bonnes surprises sorties de nulle part.

Le cinéma japonais et moi, ça n’a jamais été bien loin. Je n’ai pas beaucoup d’expérience dans le domaine et le peu de  ce que j’ai vu ne m’a pas super convaincu, surtout par une chose en particulier : le jeu d’acteur. Que ça soit au ciné ou même dans les dramas, les quelques exemples que j’ai vu avec plus ou moins d’attention m’ont toujours paru sur-joués et donc fatalement ridicule, flinguant « l’immersion » ; un peu comme le cinéma français et son jeu d’acteur parfois trop théâtrale. Evidemment, je suis loin d’avoir tout vu et les contre exemples ne manquent sans doute pas. N’empêche que, même en étant conscient de ça, on part sur des aprioris pas toujours justes. Et Dieu sait que je peux me tromper…

Récemment, lors d’une énième soirée de chômage remplit d’ennuis, je me balladais sur le fameux site WTF Japan Seriously ?, ce site qui recense divers vidéos plus ou moins impressionnantes, délirantes voir flippantes en provenance direct du Japon, forcément. A force de lurker page après page, je tombe sur cette vidéo.

Qu’est-ce que hein ?

Je veux dire, ce que je viens de voir, c’est bien : un film où un japonais à la coupe au bol affreuse se retrouve enfermé dans une salle entièrement fermée où son seul  moyen de sortir sera de trouver le bon interrupteur en forme de sexe de petits n’enfants !? Le tout, vu par d’autres trailers, entre coupé de passages ne semblant n’avoir aucun rapport avec ce qui a été montré juste avant ? Sérieusement ?

Partant d’un tel postulat, ça m’a carrément intrigué. Symbol (ou Shinboru en jap) semble complètement barré, sorte de version japonaise humoristique d’un Cube bien violent à l’origine, soutenu par un héros en total roue libre. Et en plus, il y a des catcheurs mexicains, j’en connais un qui serait intéressé pour le coup. Donc… pourquoi pas ? Et autant le dire tout de suite : si je m’attendais à voir un film bien « WTF » sans grand intérêt qui ne se repose que sur son côté décalé pour attirer le chaland et finir par être rapidement oublié ; je dois admettre que le résultat final en vaut vraiment la peine.

Je dois tout de même reconnaître que ce n’est pas chose facile de disserter sur un tel film. Concrètement parlant, il ne s‘y passe pas grand-chose. De façon alternée, on suit donc la « vie » d’un lutteur mexicain (Qui parle d’ailleurs en Espagnol même en VO) anonyme (sa vie de famille, ses futurs combats) et la vie d’un japonais (qui n’a pas de nom non plus) qui se réveille enfermé dans une salle blindée de sexes d’enfants. Et c’est tout. Le scénario, tout comme la mise en scène, est réduit à sa plus simple expression en quelque sorte, ça n’ira – malgré quelques twists ici et là – jamais bien loin et le postulat de base restera le même jusqu’au bout. Là, pour le coup, on se demande quel peut être l’intérêt d’une telle histoire, si ça va vraiment nous accrocher. Parce que suivre un lutteur mexicain sans histoire et un japonais lui aussi obscure pour le spectateur, c’est quand même un coup à se tirer une balle dans le pied.

Et pourtant, ça marche assez bien ! J’y ai trouvé un bon dosage entre :
– La partie Mexicaine, qui intrigue régulièrement le spectateur, malgré son absence de véritables enjeux, parce qu’on sait pertinemment que ça va déboucher sur quelque chose, ça ne peut pas être balancé « comme ça ». C’est calme, il y a peu de dialogue, l’ambiance y est presque pesante.
– Les passages sur le japonais dans sa piaule relance constamment l’intérêt du film (pour « compenser » l’autre partie), dans une ambiance totalement différente. Plus drôle, plus fantaisiste, avec un héros expressif malgré sa solitude.

Deux visions différentes au sein d’un même film. D’un côté un aspect presque documentaire sans importance et de l’autre, la quête désespérée (mais drôle) d’un homme qui cherche à s’enfuir par tous les moyens de là où il est.

Malgré tout, je ne cacherai pas que si on regarde le film, c’est surtout pour voir le héros tenter de prendre la fuite. En fait c’est bien simple, de mon point de vue et via mes différentes expériences, Symbol m’a furieusement fait penser à un jeu vidéo. Tout semble construit comme une sorte de Point’n’Click Live géant où notre héros du dimanche à la coupe improbable va tenter de trouver la bonne combinaison. Une bonne combinaison, justement, qu’il tentera de deviner un peu au pif, en y allant par tâtonnement, en découvrant les éléments clés par accident… comme tout bon Point’n’Click qui se respecte. Et c’est pour ça que j’aime ce film.

J’ai l’impression de voir un Let’s Play géant, avec ces moments de gros fails, ces tentatives désespérés en associant de force des objets qui n’iront jamais ensemble et – limite – soutenir le héros quand il arrive au bout du chemin. C’est un aspect qui m’a vraiment plu, car ça permet de nombreux délires, de nombreux passages humoristiques. L’acteur qui joue le héros s’en donne réellement à cœur joie pour compenser le vide occasionné par le scénario. Sans lui, le film n’aurait pas cette saveur particulière. On le trouve ringard, kitsh (CE PYJAMA), limite repoussant à la fois mais on finit par vraiment l’apprécier, le trouver attachant et on a envie de le voir sortir de là après tant d’effort, même si ses échecs m’ont fait bien rire.

Néanmoins, fatalement, ça pose un problème digne des jeux du genre : c’est encore regardable et appréciable mais c’est un film qu’il vaut mieux voir qu’une fois. Ca peut paraître évident (on rematte moins souvent/facilement un film qu’on refait un jeu vidéo), mais c’est vraiment le genre de film qui joue constamment sur la surprise, sur la découverte des différents éléments du scénario pour se savourer comme il se doit. C’est très conceptuel (trop ?), expérimental mais c’est surtout une grosse bouffée d’air frais de part son pitch initial et la façon dont il le développe et… il le fait bien, surtout.

Ça marche bien, c’est fun à suivre, la réalisation fait son boulot (rien d’extraordinaire, rien de mauvais, même les CGI passent bien) et je ne me suis – surtout – jamais ennuyé un seul instant malgré un scénario volontairement obscure (malgré quelques « révélations »). Surtout avec cette fin, sans doute pleine de sens cachés qui me sont passés au dessus de la tête. Si vous avez d’ailleurs des interprétations sous la main (ou la vôtre), je dis pas non !

En tout cas, il a su contrer mon apriori de base : celui d’être potentiellement un être film décalé dont il vaut mieux regarder les meilleurs moments sur Youtube que de se taper la version complète. Symbol est juste un tout pas mal réussi que je recommande chaudement ! En plus, ce n’est jamais sorti en France, il faudra faire avec du fansub pour le coup. Mais on mettra ça sur le dos de la bonne cause, et ça passe.

Snyder utilise Roue-Libre. C’est très efficace !

Snyder n’a pas une très bonne réputation. A l’heure actuelle, je n’ai vu que son Watchmen, que j’ai trouvé particulièrement bon, sans trop d’effets superflus propre au réalisateur paraît-il. Mais il faut dire qu’avec un tel matériau de base, « difficile » de se planter. Hélas – ou non, je vais tenter de rectifier ça – ses autres films sont une grande inconnue à mes yeux. Pas de 300, de « L’Armée des Morts » ou cet obscur film avec des chouettes. Juste Watchmen et… Sucker Punch désormais.

Intrigué par des trailers tous plus étrange les uns que les autres (Des samouraïs géants avec des gatlings ? Des nazis ? Des Call-girl ?) et n’ayant finalement pas grand-chose de mieux à faire, c’était décidé : allons voir Sucker Punch dès sa sortie. Non sans quelques doutes malgré ma première impression positive lors de première vision du trailer : Et si l’ensemble était indigeste ? Pourquoi un tel mélange ? Est-ce que ça aura un sens au final ? Snyder ?

Indice: Je crois bien que Snyder est allé trop loin.

En quelques mots, c’est l’histoire de Babydoll, une poupée Barbie d’une vingtaine d’année qui se retrouve envoyée dans un hôpital psychiatrique par son beau père après avoir tué accidentellement sa sœur lors d’une dispute. S’en suit alors, sans trop révéler le premier « twist » scénaristique des premières minutes, une tentative d’évasion de la jeune fille – accompagnée de ses nouvelles camarades rencontrées sur place – par un subtil plan élaboré durant tout le film.

Là, tout de suite, vous allez me dire : Mais quoi ? C’est ça le synopsis ? Comment peut-on avoir un scénario pareil et promettre de grosses bastons avec des filles dénudés, des katanas et des explosions qu’un Micheal Bay n’aurait pas rechigné ? C’est simple, grâce à la magie du twist scénaristique. Je vais essayer de ne pas spoiler, mais disons que dans l’idée (mais juste dans l’idée hein), il y a une notion de « rêve », façon Inception. Ces combats tant mis en avant, ces univers variés et sans réels liens entre eux sont des sortes de rêves symbolisant certaines étapes de l’histoire… Un peu comme les différentes étapes, les différents objectifs d’un jeu vidéo d’ailleurs, le rapprochement est faisable et sans doute pas anodin. Un concept toujours intéressant sur le papier, mais hélas, dans les faits, un peu raté.

Commençons direct par un gros pavé de points négatifs, vu c’est ce qui en ressort après visionnage, visiblement.

Il faut reconnaître le fond du problème, là où Sucker Punch rate le coche et l’empêche d’être un bon film : C’est un putain de bordel sans nom. Si j’ai jouis au départ de voir de grosses scènes d’action décomplexées, j’ai rapidement déchantéen comprenant rapidement que justement… On ne comprendrait pas grand-chose. Tout semble empilé n’importe comment, sans la moindre logique, juste « pour se faire plaisir ». Difficile d’accrocher à une histoire où s’entremêle cabaret, prostituées, samouraïs géants, château médiéval et nazi sans aucune explication scénaristique, sans aucun… liant, les personnages plutôt creux n’aidant pas à s’y immerger.

Un peu comme si Snyder avait envie de se faire plaisir, un peu tout seul dans son coin, en mettant tout ce qui lui passait par la tête. Comme si moi, dans un hypothétique film, je balançais des mechas de Gundam pilotés par des Maids croisant Sonic, le tout dans un univers steampunk sans expliquer pourquoi un tel mélange des genre/influences tel un crossover improvisé. Ah oui, il parait que le scénario est complexe. Pitié non. Non, vraiment, non. C’est pas possible là, c’est à la mode. C’est TROP facile de justifier un scénario boiteux où l’on ferait exprès de mal raconter les choses, exprès de rendre la narration imbuvable et de justifier l’incohérence de ce qu’il s’y passe.

En soit, j’ai bien vu qu’il y avait une certaine « profondeur » car jouant un peu avec le « monde des rêves » et ce que ça peut impliquer mais ça ne suffit pas. Même Inception, qui ne m’a pas non plus follement emballé, était bien plus convainquant dans sa narration/principe des rêves. Malgré les niveaux lectures et le twist de fin, on arrivait à tirer quelque chose du scénario, on comprenait un tant soit peu ce qu’il s’y passait, il y avait une certaine cohérence dans tout ça. Là, pas grand-chose, on a vraiment cette mauvaise impression d’être devant un gros pot pourri d’idée sans recul.

Et puis à côté de ça, comme si ça ne suffisait pas, Snyder reste fidèle à lui-même dans le fond. Alors que Watchmen, à quelques ratés près c’est vrai, résistait vaillamment à la tentation de foutre du ralenti à toutes les sauces et des musiques limite hors sujets pendant certaines scènes « pour faire genre », Sucker Punch retombe dedans sans la moindre finesse.  Le côté maladroit et inutile ressort tout de suite : je me suis parfois limite senti gêné à cause du ridicule palpable de certains passages, à voir 5 nanas courtement vêtues armées jusqu’aux dents avancer au ralenti sur de la grosse musique qui tâche. Il y avait une certaine intelligence dans le choix des ralentis et des musiques dans Watchmen (Ah, l’enterrement du Comédien) que Sucker Punch n’a pas. Snyder nous dessert presque une régression vis-à-vis de celui-ci (mon seul point de comparaison, pour rappel).

Il n’empêche que Sucker Punch a un certain cachet visuel. On aime ou pas l’aspect « numérique » des choses, mais force est de constater que ça claque ! Il y a justement toujours cet aspect « artificiel» voulu dans les décors (mais justifiable d’un point de vue scénaristique on va dire) qui rend vraiment bien. L’utilisation des couleurs, du rendu de ces décors (les filtres selon « l’ambiance »), c’est quelque chose d’assez sympathique et agréable à regarder. Et pour ne rien gâcher, bien sûr et malgré les exubérances au niveau des ralentis, il faut reconnaitre que les combats ont un certain punch (sans mauvais jeu de mot).

Autant on ne pige pas toujours les tenants et aboutissants de ces scènes d’action surréalistes sorties d’on ne sait où ; autant – soyons honnête – on prend quand même pas mal son pied dans l’absolu. C’est dynamique, rythmé, correctement filmé (le Shaky cam-style de ces dernières années n’est pas trop prononcé) et certaines scènes sont même impressionnantes. On en redemanderait presque. Certes, on a du mal à croire à ce qu’il y a autour, mais on en prend plein les yeux, on se régale devant ce déluge assez bien maitrisé d’action granguignolesque et sexy.

Mais justement, ça ne rend le film que plus bancal… On aurait parfois aimé que ces passages « action » aient carrément un scénario, un film à eux seuls. On aurait aimé qu’ils soient moins « balancés » vite fait bien fait dans la trame générale histoire de remplir un éventuel cahier des charges hollywoodien. Là, je me suis plus souvent dit « tout ça pour ça ? »…

De plus, difficile de s’immerger dans un scénario complexe et possédant à côté des personnages insipides et sans réel charisme (le côté sexy, ça compte pas justement !). Ca gâche le truc à mes yeux, ça crée un décalage pas franchement agréable. On ne sait pas sur quel pied danser, on ne sait pas si le film veut se la jouer premier ou second degré (d’autant plus qu’il n’y a pas la moindre trace d’humour), s’il assume vraiment certains aspects.

Bref, une belle déception. Très esthétique, techniquement impeccable et le côté débridé de certaines scènes sont franchement plaisantes ; autant dès qu’on s’attaque à la structure, ça ne tient pas debout. On y croit pas une seule seconde, on se sent pas impliqué, on ne ressent rien envers les héroïnes et Snyder se paye le luxe de retomber dans ses mauvais travers. Le résultat n’est pas totalement mauvais mais difficile d’accrocher à quelque chose d’aussi bordélique que ma chambre avant son rangement annuel.

Finalement les chouettes, c’était peut être pas plus mal.

 

GHZ Awards: Bilan 2010

Histoire de continuer sur ma lancée avec celui de 2009 quand je tentais de (re)lancer définitivement mon blog; passage obligatoire par la case « Best-of », « bilan » ou ce que vous voulez pour conclure comme il se doit cette folle année qu’est 2010, avec une pseudo remise des prix très personnelle. Enfilez votre plus beau smoking, et passons en revue ce qui m’a plus ou moins marqué en 2010 ! (même si certains ne datent pas réellement de 2010, mais peu importe).

Rubrique
« Cinéma »

Catégorie  » La bande annonce m’a vendu du rêve, comme d’hab’, mais le résultat n’est aussi bon que prévu, hélas… « , je décerne l’Oscar à … The Expendables.

‘Ya pas à dire, retrouver dans un même film quelques grandes figures du cinéma d’action américain à la fois bourrin, débile et viril des années 80-90; ça a un fort potentiel de Win probablement bien au dessus de 9000. Hélas, l’ambition d’un tel projet ne pouvait satisfaire pleinement quelqu’un comme moi, tellement j’en attendais une grosse grosse tuerie.

D’une part parce que le casting ne semble pas vraiment correspondre à l’idée de base qu’on se faisait tous (à tort ?) du film: bien que je n’ai rien contre eux, retrouver Jet Lee, Dolph Lundgren, Steve Austin et les 2/3 du fond que j’ai oublié, ce n’est pas tellement ce que j’appellerais un casting de rêve. Je veux dire, soyons honnête 2 secondes: quand on nous met en personnage principal Stallone, épaulé de l’acteur qui joue dans Crank 1 et 2, tout en croisant Schwarzenegger (Foutu nom de barbare) et Bruce Willis… On VEUT retrouver ce petit groupe – et pas les autres, malgré les quelques bonnes scènes qu’ils peuvent apporter – à l’écran pendant 2 heures à flinguer du méchant pas beau comme à la bonne époque, en balançant des répliques concon/badass entrecoupé de scènes cultes.

Et puis, c’est un peu trop centré sur Stallone et son histoire d’amour à la con… Bref, un casting pas si bandant que ça et des caméos rigolo qu’on aurait volontiers échangé contre de vraies scènes. Allez, ça sera peut être la bonne pour le 2ème opus…

A deux doigts de l’Oscar : Scott Pilgrim, L’Agence tout risque, Inception.

Catégorie  » Par contre, lui, malgré que ça soit une suite d’une suite, m’a vendu du rêve par camion. Et j’en redemanderai volontiers ! « , je décerne l’Oscar à… Toy Story 3.

Toy Story et moi, ça a toujours été une longue histoire d’amour. A la manière de Jurassik Park, Toy Story premier du nom est le meilleur film d’animation de tous les temps, le genre de film que je regarderai encore dans 10 ans pour mon bon plaisir, voir même pour éduquer mes enfants, pendant que Maman finira la vaisselle.

Eh bien, rebelote comme on dit, Toy Story 3 persiste et signe et nous livre alors l’ultime épisode de la trilogie avec un brio que seul Pixar pouvait se targuer de posséder; malgré les déceptions de Là-Haut et Wall-E juste avant. Toujours drôle, sans être lourd, pensé intelligemment pour convenir à la fois aux enfants comme aux adultes en jouant énormément sur la nostalgie du premier épisode sorti il y a 15 ans de cela – quand même – (J’ai vraiment ressenti un coup de vieux en y repensant, c’était …étrange), avec son lot de scène vraiment mémorables dont je me souviendrais encore dans quelques années. C’était un moment MAGIQUE que j’ai passé au ciné, le genre de truc qui m’arrive presque jamais. Un véritable retour en enfance. La marque des grands films, assurément.

A deux doigts de l’Oscar : Rien. NEVER.

Rubrique
« Japanimation et Manga »

Catégorie  » J’avais d’énormes a priori dessus, mais c’est finalement tellement bon que je vais me flageller pour avoir douté  » : A ma grand surprise, je nomme… Soul Eater.

Largement plébiscité par une obscure personne aimant passer son temps sur des jeux un brin masochistes, Soul Eater fait partie de ces bonnes surprises alors que je m’attendais à un énième Shonen tout juste gerbant. Car avec l’âge, les shonens de baston, avec tous les clichés qu’on y retrouve (Pouvoir de l’amitié, les Power-up, le fanservice et j’en passe), ça me gonfle. Naruto est chiant à cause de ça, malgré la sympathie qu’il arrive à conserver et Bleach a fini à la poubelle à cause de ça. Merci Aizen.

Mais Soul Eater est malin, Soul Eater est un anime « intelligent ». Bon, on ne s’emballe pas: ça reste un shonen avant tout, un anime adapté du manga éponyme en 51 épisodes avec une fin, parait-il, un peu bâclée (je m’en rapproche, donc on verra bien). Mais à côté de ça,  il n’en reste pas moins une série bourré de qualité, qui arrive à prendre le genre dans le bon sens du terme et à en contourner habillement les clichés. Les personnages sont tous attachants, chacun à sensiblement le même « temps de parole » (finalement, l’héroïne n’est pas tant héroïne que ça et c’est pas plus mal), pas de dark-émo à la Sasuke, pas d’entrainement qui durent 10 plombes, beaucoup (beaucoup) d’humour même là où l’on ne s’y attend pas et du fanservice (dans le sens, éléments visuels capable de remplir le corps caverneux) pas trop envahissant, sans être déplaisant.

Et cerise sur le gâteau: la VF est de très bonne facture. On pourrait peut être faire un poil mieux, mais même sans connaître la VO, ça respire le travail bien fait: de bonnes voix, enjouées, drôles quand il le faut ; des répliques qui sonnent justes, bien adaptées avec une excellente synchro’ labiale et même les rares passages chantés sont réussis:

A sa manière (« Peu » d’épisodes, techniquement convaincant, excellent rythme, doublage béton et qualité narrative constante), ça me rappelle la première série FMA. Gage de qualité, assurément.

A deux doigts de l’Oscar : Higurashi (Ou Hinamizawa, le Village Maudit), même si on n’aura jamais la suite officiellement.

Catégorie  » A contrario, je m’attendais à du lourd et finalement… Sympa mais pas trop  » : J’appelle à la barre… Panty & Stocking, with Gaterbelt.

Quand on s’appelle Gainax, ça génère forcément du hype, une certaine impatience parce qu’on a vu des oeuvres assez unique de la part du studio comme Evangelion, ou Gurren Lagann, pour ne citer que ça. Alors quand en plus, on nous promet un style graphique très inspiré des Super nanas (entre autre) mais dans un registre trash/tendancieux/expérimental typiquement japonais, alors FORCEMENT, ça donne ENVIE.

Hélas, et c’est assez paradoxale de dire ça, mais c’est ce côté là qui est à la fois son plus gros défaut et sa plus grosse qualité. A trop vouloir en faire des tonnes en mélangeant des références typiquement occidentales avec une très légère trame scénaristique en toile de fond, mixés avec des changements de style graphique/d’animation d’un épisode à un autre; on en arrive à un résultat très aléatoire, telle une roulette russe chez les jaunes.

On ne sait jamais sur quel pied danser en fait. Parfois, le scénario veut se développer et le fait bien. On s’attend naturellement à la suite à l’épisode d’après pour finalement voir que Gainax s’en branle, et passe à autre chose. Pareil pour certains délires/clins d’oeil ultra plaisant au visionnage (et c’est ce qui fait quand même que l’anime reste bon, avec quelques passages vraiment mémorables, drôles et jouissifs), mais tellement qu’on aimerait que ça reste un peu, que ça dure quelques épisodes de plus… Pour, là encore, n’aboutir que sur du vent. C’est évidemment voulu, c’est le style Gainax qui veut ça mais… Au bout de 13 épisodes, on en viendrait presque à se demander « Tout ça pour ça? ». Et le comble, c’est que techniquement, c’est vraiment pas jolie jolie, la qualité du dessin et de l’animation est franchement trop variable pour convaincre…

Mais cela dit, je me la rematerai avec plaisir si elle débarque un jour en VF dans notre beau pays.

A deux doigts de l’Oscar : Scott Pilgrim, le comic… Oui bon, je savais pas trop où le caser, ça fera l’affaire ! Plus de détails ici.

Rubrique
« Jeux Vidéo »

Catégorie  » Parce que les jeux en solo resteront toujours ma priorité et que le Online, ça craint  » : je remercie gracieusement… Call of Duty: Modern Warfare 2 et sa campagne solo d’exception.

Déjà abordé dans mon Guide de Survie en multi pour sa partie multijoueurs franchement réussie (mais ça, c’est un secret pour personne), c’est dans sa partie solo que j’ai pu enfin découvrir la « seconde » partie du jeu. Et bon sang, quelle partie !

Infinite Ward a réussi le tour de force de corriger la majeure partie des défauts qui rendait COD4 si mauvais en solo: quasiment plus de respawn ennemis pour progresser, un jeu moins scripté globalement (mais toujours un peu, hein, on reste dans un FPS spectacle avant tout), une IA pas si conne que ça (minimum syndical, quoi), une mise en scène qui arrache, dynamique à souhait et immersive comme il se doit (Ah, le passage dans l’espace !) … le tout sans avoir le moindre soucis de rythme et de variété dans les décors, en enchaînant les passages cultes (SPOIL: Guile’s Theme !), tout en restant avant tout jouable et non une cinématique interactive façon Heavy Rain.

C’est désormais confirmé pour ma part: la qualité de MW2 n’est plus à prouver. C’est d’autant plus drôle, désormais, de voir les arguments des haters qui crachaient sur le jeu bien avant sa sortie (et encore à l’heure actuelle, dès qu’on prononce les mots « Call of Duty ») et de se rendre compte à quel point … le succès énerve. Haters gonna hate, comme on dit.

A deux doigts de l’Oscar : Sonic Colors, Goldeneye Wii, trèèèès loin d’un MW2 forcément, mais pas si mauvais que ça.

Catégorie  » Les trailers sont passés en boucle, l’univers m’attirait fortement… Et au final, c’est à se demander si j’aurais pas du m’arrêter là  » : je nomme forcément Naruto Shippuden: Ultimate Ninja Storm 2 et sa campagne solo … soporifique.

Je suis un peu méchant avec lui, mais je m’attendais pas à une campagne solo si poussive et ennuyeuse… En fait, tout part d’une bonne intention mais se solde par un cuisant échec. Il a suffit de changer un petit détail pour tout foutre en l’air, en gros. Au lieu de laisser la ville tout en 3D du premier épisode, ils ont changé pour… de la 2D. Un décor 2D, comme sur PS1. En pré-calculé quoi. WTF ?

Effectivement, c’est super joli, les décors sont vraiment magnifiques. Mais c’est tout. Fini la « vraie » exploration, bonjour la répétition ad nauseam des quêtes « Cherche XX objets dans toute la ville » dans des décors fixes, tout en faisant de bête aller-retour entre les différents écran de chargement, comme à la bonne époque de la PS1. Alors certes, dans le 1, ce n’était pas la panachée non plus, mais à choisir entre une ville 3D à explorer et jouer à un remake de FF7 avec un skin Naruto niveau possibilité, mon choix est fait.

Cela dit, à côté de ça, le jeu est quand même pas dégueux dans l’absolu: les combats sont assez punchy (même si rien ne remplacera les combats des Naruto sur GC), le jeu est globalement assez beau (même si avec l’aliasing et la rigidité de l’animation dans les phases d’explorations, on se croirait vraiment sur PS2) et la mise en scène des combats dans le mode histoire arrache tout ce qui s’est fait à ce jour avec la licence. Refaire avec une certaine fidélité (Il y a forcément des petits écarts pour rendre ça jouable, mais c’est pas plus mal) certains moments forts du manga, c’est quelque chose de bien jouissif. Basique, certes, mais putain de jouissif.

A deux doigts de l’Oscar : Epic Mickey, et peut être Brütal Legend que j’ai entamé et qui n’a pas très bonne réputation à cause de ses phases STR toute pourrie. Et du peu que j’en ai fait, c’est effectivement pas terrible terrible. On verra bien ce que ça donnera sur le long terme…

Catégorie  » C’est du dématérialisé, c’est pensé pour les pauvres, c’est un jeu flash dans le principe mais CA BUTE, je veux la même chose en boite  » : comment omettre Trial HD ?

Acheté au détour d’une promo surprise pour le Black Friday il y a un mois de cela, Trial HD est aussi bon, si ce n’est meilleur que prévu: un concept con comme la lune mais redoutablement efficace (Les version flash de ce concept ayant égayé ma dernière année scolaire, forcément, ça marque), une plastique séduisante et une difficulté relevée ont suffit à me conforter dans mon investissement.

Tout, dans ce jeu, respire la passion et le travail bien fait, encore une fois. On sent que tout est peaufiné, ou presque, dans les moindres détails: une durée de vie colossale avec beaucoup de niveaux dans le mode principal, des mini-jeux drôles et variés pour se changer les idées, un éditeur de niveau pour meubler efficacement un dimanche pluvieux et une difficulté particulièrement retorse afin d’éviter de boucler le jeu en une aprèm’.

Peut être trop, finalement. C’est un peu le seul défaut qu’on peut lui trouver (éventuellement une absence de multi, mais était-ce vraiment possible ?), le jeu se veut tellement hardcore au bout d’un moment que ça en devient un peu abrutissant, en recommençant 55 fois UN saut – compteur de « mort » à l’appui – qu’on finira par passer un peu par hasard, en bougeant d’un millimètre de plus que d’habitude, sans trop savoir pourquoi. Mais bon, globalement, ça reste plutôt abordable, donc pas de soucis à se faire à ce niveau là…

A deux doigts de l’Oscar : Super Meat Boy, Monday Night Combat, Scott Pilgrim VS The World.

Rubrique
«  J’ai pas envie de faire une rubrique pour un seul truc, donc je regroupe tout « 

Catégorie « Mon deuxième lien sur lequel je clique le plus après Facebook » : Twitter.

Découvert après tout le monde, Twitter est un outil fascinant. Cette facilité avec laquelle l’information et les conneries circulent à travers le Web en 2 clics me surprendra toujours. Car il faut bien se rendre à l’évidence: outre l’aspect Lulz du truc en partageant ses réactions à chaud (et c’est déjà pas mal dans le principe), Twitter est un très bon outil pour partager l’information à vitesse grand V, comme… la mise à jour de ce blog, par exemple. En 2 clics, c’est dans la timeline de vos contacts, qui feront tourner à leur tour le lien si ça leur plait.

C’est, pour faire simple, très loin de l’outil purement kikoolol que j’avais en tête avant de tenter pour pas mourir con.

A deux doigts de l’Oscar: Hum… Le Joueur du Grenier, comme l’an dernier ? Surtout que le monsieur est toujours aussi bon et possède désormais son propre site ouaib.

Catégorie « Concept fort sympathique. Mais en fait non, c’est chiant. » : Sens Critique.

Du hype comme s’il en pleuvait, tel un bukkake sur la toile, voilà comment résumer les premiers pas de Sens Critique sur le net. Débuté en bêta privée et petit à petit ouvert au public, Sens Critique est un site qui avait tout pour plaire, mais dont le concept tombe sévèrement à plat. En fait, c’est juste la porte ouverte à tout et n’importe quoi. Entre les critiques de 2 lignes + notes en dessus de 3/10 « juste » pour le lulz et/ou le plaisir de cracher sur le dernier gros truc à la mode et les critiques qui ne se résument qu’à un lien vers un blog/site externe, on n’en reviendrait presque à regretter que ça soit devenu public…

Au final, on y reste volontiers, ça coûte rien et ça fait passer le temps. On clique par ci par là en rajoutant X films à sa liste, on précise qu’on a fini un jeu et qu’on lui met 8+ parce qu’on a kiffé mais qu’on a la flemme de dire pourquoi dans une vraie critique… Et ainsi de suite. Au final, on en vient à se dire quand même que ça ne sert définitivement pas à grand chose dans le fond et que l’aspect « ouvert à tous » n’est pas si bénéfique que ça. Tant pis, c’était bien tenté.

A deux doigts de l’Oscar: Rien.

Bonus Track
« Résolution 2011: Pso in miracle world « 

Je me contenterais d’une seule résolution (les autres osef, c’est ma vie privée, nanméhaut !), sorte « d’article dans l’article » façon Inception : Maintenir un certain rythme sur ce blog.

J’ai déjà réussi le cap du redémarrage, puis du changement de design et d’hébergeur (Merci WordPress et va crever Overblog), reste maintenant qu’à garder ce rythme, voir l’améliorer. Certes, il faut toujours garder à l’esprit que bloguer doit être un plaisir, tout en faisant plaisir aux lecteurs, mais j’aimerai « plus ». Ne pas laisser passer une semaine sans écrire un truc, ça ne serait pas du luxe pour commencer, malgré le boulot/motivation et surtout l’inspiration que ça peut demander. Hélas, ce dernier point est mon gros point faible… Mais certains le font… donc, tel un guide, j’essayerai de suivre leur pas. Surtout étant « débutant/tout jeune » dans ce domaine.

Bien que ça soit naturel chez moi, j’ai toujours le dilemme en tête du « Faut-il bloguer tel ou tel média que je viens de mater/évènement auquel je viens de participer/whatever ? » qui m’empêche d’être, justement, très productif. Est-ce que ça va intéresser les gens, dans le fond, de faire un article complet sur une série qu’on vient juste de mater 3/4 ans après tout le monde, aussi bien écrit soit-il ? Faut-il chercher à tout prix l’originalité pour se démarquer de la masse ? (je fais référence aux vidéos que je tente de faire ces derniers temps, mais ça prend un temps fou et surtout une grosse motivation pour les réaliser, histoire de varier avec les articles plus « classiques »)

Parfois, peut être ai-je raison (J’aimerai quand même ne pas bloguer tout et n’importe quoi, genre un article « vide » (dans le sens: court, creux, inintéressant), histoire de montrer qu’on existe. Un peu comme certains blogs dont je tairais le nom, considérant ce genre de blog comme des « blogs-poubelles » – à juste titre – en l’étant soi-même), mais aussi tort si ça trouve (Comme quoi, quand on commence à avoir l’inspiration, vaudrait peut être mieux écrire ça tout de suite, sur le coup de la spontanéité au lieu de le reporter au lendemain, pour finir par l’oublier).

Tant de questions qui, espérons le, trouveront réponse en 2011. En attendant, comme il doit, je vous souhaite de passer un bon réveillon, faites attention à votre ligne parce que hein, c’est dur en ce moment et prenez aussi de bonnes résolutions pour 2011 et essayez de les tenir. Des pas trop dur pour commencer.

Edgar Wright m’a tuer.

Lui, je l’ai longtemps attendu.

Découvert par hasard au détours de sa toute première bonne annonce – et découvrant l’oeuvre à l’origine de tout par la même occasion – Scott Pilgrim Vs The World est rapidement devenu un de mes Most Wanted cinématographique de l’année 2010. Pas difficile dans le fond, quand regarde plus en détail cette bande annonce: de la baston avec des supers pouvoirs, de l’humour, des références typiquement pour Geeks, des onomatopées de comics en pleine baston, une musique qui déchire en fond et… Edgar Wright aux commandes.

Edgar Qui ?

Edgar Wright, le réalisateur du cultissime Shaun of The Dead et du moins bon, mais néanmoins fort sympathique Hot Fuzz. Donc, je pense que je pouvais légitimement en attendre que du bien. Malheureusement, l’avenir du film chez nous est plutôt sombre, même à l’heure actuelle où j’écris ce billet: le distributeur français ne semble pas quoi faire du film (Retardé sans cesse pour sortir seulement 5 mois après le reste du monde), avec un marketing proche du néant (Le distributeur ne savait pas que le comic était traduit en France) se concluant par une forte probabilité d’une sortie technique au cinéma (Comprendre par là: 10 salles en France grand max, et à Paris); le tout sans compter sur une bonne VF, au vu du premier et dernier trailer disponible. Triste.

Résultat de cette sortie en catastrophe ? Eh bien celle que tout le monde attendait, que l’on ne pouvait pas vraiment omettre malgré son caractère douteux et non optimale; si on voulait voir le film sans attendre encore 3/4 mois de plus pour une hypothétique sortie DVD dans l’anonymat le plus complet: la solution tipiak. Honte à moi, peut être, mais je ne regrette pas clairement pas ma décision et je me rattraperais volontiers s’il sort chez nous. Un jour.

L’histoire, pour résumer (parce que je l’ai déjà faite ici), c’est l’histoire d’un certain Scott Pilgrim, qui veut sortir avec Ramona Flowers. Mais pour ça, il doit affronter ses 7 ex-maléfiques. Voilà, c’est tout. Pour faire en gros. Pas de suspense, allons à l’essentiel: Oui, le film est une réussite. Pas totale, mais une franche réussite quand même.

Parce que, quand on connait le comic, c’est de voir avec quel talent Edgar a su l’adapter à merveille. Je ne vous apprendrais rien en disant que beaucoup de choses ont été supprimées et revues pour s’accommoder à son nouveau format. Mais c’est une adaptation intelligente, conciliant à la fois nouveau venu dans l’univers de Scott et fans du comic, histoire que tout le monde jouisse du spectacle.

Pour faire mon chieur, j’aurais aimé que certains pans de l’histoire de la BD soient présents, que certains personnages ne soient pas passé sous silence. Parce que, dans le fond,  ça aurait donné de l’épaisseur au scénario (J’y reviendrais) ou tout simplement, aurait été plaisant de voir ces passages « animés ». Tant pis, l’adaptation ciné restera dans ma tête. Et puis, avec le recul, ça manque terriblement de référence, pour un produit 100% pur Geek. Ce n’est pas en mettant 2/3 sons tirés de Zelda, Mario, Sonic et Street Fighter qu’on peut véritablement parler d’hommage.

Mais au delà de ça, l’adaptation est, et restera, surprenante de qualité et réussie le tour de force de rester fidèle à l’original malgré ses 2 heures bien remplies. On garde globalement un vrai bon rythme, l’action s’enchaîne – quasiment – sans temps mort, les petites tranches de vie sont toujours plaisantes à suivre, les répliques et les jeux de mots claquent bien comme il faut, nous laissant avec un bon gros sourire de plaisir sur les lèvres (Bien qu’une fois n’est pas coutume, le film est à voir en VOST… US. Même un sous titrage français ne peut pas retranscrire certaines excellentes vannes). Mieux encore, les nouveautés de scénario ou réarrangement de certains passages sont tout aussi bon – si ce n’est mieux  – que les originaux.

Car c’est aussi la grande force et à la fois faiblesse du film: à force d’avoir cherché à réadapter 6 tomes de 200 pages en un film de 2h, le film Scott Pilgrim est un film dense, tellement dense que le principal défaut du comic disparaîtrait presque sous nos yeux, lui permettant probablement de toucher un maximum de personnes, non initiés à la BD.

Pour rappel, ce qui m’avait gêné dans le comic, c’est ce scénario tellement farfelue qu’il en devenait rapidement – malheureusement – incompréhensible: peu voir pas d’explication sur les situations présentes, avec pleins de détails qui donnent l’impression qu’on va avoir un gros bout de scénario dans le tome suivant pour finalement aboutir sur… du vent. Comme si de rien n’était.

De ce fait, le film passe tellement vite sur les détails de l’histoire qu’on n’a absolument pas le temps de se concentrer dessus. Ca va tellement vite qu’on a à peine le temps de se dire « Oh wait, j’ai rien capté » qu’on est déjà passé à la scène suivante, sans que ça soit véritablement gênant, contrairement au comic. Mais ça, c’est un peu « l’avantage » du format Cinéma, on a le mérite de ne jamais s’emmerder vu le rythme imposé. Et quand on sait que certaines personnes n’avaient pas aimé le comic pour cette raison ô combien compréhensible, on se dit que c’est pas forcément un mal.

Mais là où c’est aussi une faiblesse, c’est que, fatalement, le scénario est extrêmement réduit, voir pauvre. On passe finalement à la trappe la profondeur des personnages, le développement de la relation entre Scott et Ramona et un paquet d’autres aspects pour laisser place …. à l’action pure et dure.  Fini – ou presque – la romance made in Toronto, et place à l’action virevoltante sous la supervision du très bon Edgar Wright.

Car la dessus, à défaut d’avoir un pur scénario et une vraie profondeur, on ne sera que difficilement déçu du spectacle visuel ô combien jouissif que le réalisateur nous offre. Action lisible et dynamique à souhait, clins d’oeil à la culture 8bits, effets visuels du meilleur effet, le tout accompagné d’une excellente bande-son, Wright nous délivre une réalisation véritablement efficace et soignée, sans fioriture. Et c’est sans compter sur de bons acteurs – bien que Michael Cera (Scott Pilgrim) semble un poil en retrait – ressemblant et franchement à l’aise dans leurs rôles respectifs (Ah, Wallace, un des meilleurs personnages du film, comme du comic !), pour compléter un si beau tableau.

Et à partir de ce constat là, le pari pour avoir réussi à adapter une telle oeuvre est amplement réussi. Pas ultime comme prévu – comme le comic en fait – mais terriblement grisant dans l’absolu. Que l’on soit fan ou non de la BD, voir que l’on ne la connaisse pas du tout, Scott Pilgrim est une oeuvre presque unique à voir absolument, au moins une fois.

Merci, Wright.

Kick-Ass, podcast, comic et bal masqué

Histoire de changer de registre pour ce troisième podcast, c’est au cinéma que je vais m’attaquer. Exercice bien plus difficile qu’il n’y parait (enfin, je trouve), mais dont je vais tenter l’essai, pour le meilleur comme pour le pire. D’autant plus quand je sais que l’on pourrait facilement s’étaler bien en longueur au vu du sujet… Mais j’ai essayé de ne pas partir dans le pavé auditif de fanboy, comme je pourrais le faire avec Watchmen… On ne se refait pas.

Kick Ass
, c’est le sujet de la semaine. Dans un premier temps, c’est donc un podcast sur la récente sortie du film en France, le 21 Avril dernier, pour ensuite, m’attaquer au monument qu’est le comic d’origine, dont le premier tome français est sorti au mois de Mars dernier (Merci Overblog de ne pas permettre aux utilisateurs de mettre au moins 2 catégories par article, c’est super pratique).

C’est parti pour la dissection d’une oeuvre singulière, marquante et surprenante.

Le podcast:

On remerciera Youtube au passage pour m’avoir empêché de poster ma vidéo là-bas avec les 2 anciennes, pour des raisons de « droits » concernant le film (par contre, pour retrouver tous les derniers animes en vost le lendemain de leur diffusion, il n’y a aucun problème). Dailymotion n’a pas encore tilté, je vais croiser les doigts…

N’hésitez pas à m’incendier (je sais, le micro est toujours aussi pourri), c’est comme ça que les choses avanceront ! (et que j’achèterais un nouveau micro)

Quant au comic, c’est, comme vous l’aurez compris et même deviné sans avoir écouté mon podcast, très au dessus du film. D’une part parce que c’est l’original dans cette affaire, mais aussi – surtout – parce qu’il jouit d’un support n’imposant, ou presque, aucune limite. Kick Ass est violent, cru et n’hésite pas à taper là où ça fait mal. Tout le contraire du film, qui semble s’être vu obligé de rabaisser ses exigences au niveau du grand public. Dommage.

Mais côté papier, Millar et Romita Jr s’en donnent à coeur joie, et ça se ressent à chaque page de comporte les 8 tomes US, ou les (futurs) 2 tomes français. Le
synopsis ne change pas d’un pouce dans sa version papier, c’est toujours l’histoire d’un ado mal dans sa peau qui cherche à se trouver une utilité dans le bas monde dans lequel il vit. Pas de bol, faire le super héros, ça ne marche et il en paye le prix fort: plusieurs mois à l’hosto, des plaques de métal partout dans le corps… et une envie encore plus forte de remettre les couverts dans sa tenue de plongée payée sur Ebay.

La différence principale avec le film, c’est donc d’ordre graphique: d’une part, pour faire bref, le design a meilleur goût que le film, avec des costumes qui restent « amateurs » dans l’esprit, tout en étant beaucoup moins kitsh. Je crois que je comprendrais jamais le changement de look pour le personnage de Red Mist, qui passe de simple héros masqué à emo gay en pleine crise d’adolescence. Et puis surtout, le comic est violent: ici ça gicle dans tous les sens, aucune concession n’est faite et personne n’est épargné, tous le monde en prend pour son grade et dans tous les sens du terme. Même si certains trouveront cet aspect gore un peu trop abusif, il aura eu un sacré effet positif sur moi: celui de rendre crédible ce scénario presque improbable en me permettant de bien se rendre compte de la violence de certaines situations (j’ai jamais eu autant mal psychologiquement en voyant un type se faire électrocuter les testicules) et montrer à quel point se prendre pour quelqu’un que l’on n’est pas, ça peut être fatal. La violence n’est jamais gratuite et sert toujours à merveille le scénario de Kick Ass, même si les scènes d’action en sont tout de même d’autant plus jubilatoire ainsi.

Le scénario du comic, c’est aussi, et surtout, ce qui le rend aussi génial que profond, bien au delà du film. Pour faire simple, sa force, ce sont les multiples niveaux de lecture, la façon dont peut peut appréhender l’histoire. On a d’un côté l’aspect teenager (bien plus prononcé dans le film d’ailleurs, sans doute pour compenser la violence amoindrie) en premier plan (avec de l’humour, des répliques qui font mouches (Ah, Hit Girl…) et des références à la pop culture vraiment plaisantes), pour aller progressivement vers quelque chose de plus sombre, où la psychologie des personnages se développe de plus en plus pour laisser place à quelque chose qui va à l’encontre de ce que l’on croise souvent dans les comics. Souvent, il m’était arrivé de penser que le scénario était sur le point de repartir vers quelque chose de trop manichéen, oubliant un peu sa nature violente et à contre sens…

Mais Millar oblige, chaque rebondissement a le tour de force de changer littéralement la façon dont on perçoit le scénario et les personnages, pour ne jamais (ou vraiment très rarement) sombrer dans la facilité. Big Daddy est sans doute l’un des exemples les plus flagrants à ce niveau, là où le film a rendu le personnage trop esquissé, trop superficiel. Finalement, le plus gros regret une fois la lecture de Kick Ass fini, c’est cette impression de n’avoir lu qu’une grosse introduction, un premier « arc scénaristique » où au final, malgré quelques moments (très) forts, tout va trop vite, où les enjeux sont finalement assez peu important. Il y a bien un épilogue qui appelle à une suite, et on l’aura bel et bien,
puisque prévue, mais en attendant – vu que l’histoire se « conclue » tout de même comme si tout était fini – on reste sur un sentiment de frustration. Une longue jouissance précédant la frustration, mais frustration quand même.

Concernant son passage en France, le comic jouit d’une traduction de très bonne qualité. Pas de tournure de phrase bizarre et de références qui sautent contrairement à un certain Scott Pilgrim, tout en conservant un bon langage cru; l’édition s’en retrouve soignée, avec la conservation des couvertures originales américaines en guise de page de transition de chapitre (Chaque « chapitre » d’un tome français correspondant en fait à un tome US, tome qui ne fait que 20 pages en général). Seul bémol à ce beau tableau, on aurait pu, vu le nombre de tome US au total, avoir directement un seul et unique bouquin, regroupant toute l’oeuvre (8 tomes, donc, vous suivez ?), puisque ne dépassant pas les 200 pages au total. Un peu comme l’édition française de Watchmen (même si certains pourront chier sur sa retraduction un peu bancale), qui regroupent les 12 tomes US en un bon gros pavé de 300 pages avec pleins de bonus pour… 15€.

Quoiqu’il en soit, Kick Ass est une excellente oeuvre, plus sombre qu’il n’y parait tout en alternant humour, référence geek et critique de notre société, donnant un nouveau visage aux super héros; tout en jouissant en plus d’une version française de qualité méritant clairement son achat. Rien de tel pour se lancer, si ce n’est pas déjà fait, dans l’univers des comics sans le moindre regret.

Avatar en 3D, MY EYES, THEY’RE BURNING

Je n’ai jamais vraiment attendu le film en soi. Le hype, de mon côté, ayant souvent été entretenu par les avalanches de news que m’envoyait une obscure personne qui me disait sans cesse que le film allait déchirer sa race. Soit. En plus, le film devait être en quelque sorte, la preuve concrète que la 3D déchire tout, que c’est l’avenir du cinéma dans un avenir proche, que ça sera une véritable expérience visuelle contrairement aux précédents films en 3D « vite fait bien fait ». Pourquoi pas, ça sera pour moi la première fois de visionner un tel film, parce que payer quelques euros en plus pour des lunettes qu’on doit rendre après la séance, ça me fait un peu mal au fondement. Donc c’est décidé, Avatar, ça sera en 3D dans la seule salle du coin, pour 5,90€. Ça va, j’ai limité le risque de regret.

Sauf qu’au final, je suis ressorti un peu déçu du film.

Alors dans le fond, autant le dire de suite, le film est bon. Le pari de Cameron n’est pas vraiment raté… Mais il est juste gâché par des défauts presque incompréhensibles quand on voit le passif du monsieur, après 15 ans de gestation.

Commençons par ce qui fâche, histoire de finir sur une note positive :
– L’histoire. En soit, le fond ne me gène pas. Le contexte se met très vite en place, on retrouve les grandes lignes du scénario en quelques minutes de film. Donc pourquoi pas, un scénario simple n’a jamais fait un mauvais film, bien sûr et ça permet de se mettre vite dans le bain. Sauf qu’il a fallu de pas grand-chose pour « gâcher » le film. Ce qui pose problème, ce n’est donc pas que l’histoire peut tenir sur un billet de train coupé en 2, mais c’est surtout la façon dont elle se déroule qui me gène.

Pour faire simple, Cameron a tout bêtement attendu 15 ans, si ce n’est plus, pour pondre un scénario dont on connaît déjà la fin, sans forcer. C’est tout simplement stéréotypé à un tel point que certaines scènes tombent à l’eau, puisqu’on sait 1) Soit comment ça va se passer 2) Soit les dialogues qui vont en découler. Je m’y attendais un peu dans le fond… mais finalement, des fois, j’ai eu du mal à « encaisser » les habituels clichés du genre sans le moindre second degré, sans jamais les prendre à contre pied pour justement, éviter de sombrer dans la facilité.

Pourquoi il a fallu que le scénario soit un bête copié collé du scénario de Pocahontas/Danse avec les Loups ou même le merdissime « Les Aventures de Zak et Crysta dans la forêt de FernGully » ? Pourquoi mettre 15 ans à faire un film visuellement somptueux, avec un scénario aussi creux ? Les humains sont les grands méchants sans foi ni loi (surtout le Badguy du film, prévisible dès le premier coup d’œil, avec son lot de répliques en carton) qui veulent tout détruire pour la survie de leur espèce, les Na’vi sont des gentils écolos pacifiques qui ne font qu’un avec la nature et dans tout ça, il y a un homme, seulement un, pour faire le lien entre les 2. Les scènes en elles-mêmes sont bien faites, bien filmées, pas de problème, Cameron assure. Mais c’est tellement prévisible, que ça annihile tout effet de surprise, de suspense. 15 ans pour ça, j’ai du mal à m’y faire. En fait, sincèrement, Avatar aurait du sortir, vis-à-vis du scénario, 20 ans plus tôt. Tant pis pour la technique…

Ce qui d’ailleurs, accentue un peu le fait que le film est un peu trop long. Au bout d’un moment, on sent une cassure avec la partie du film précédente. Une cassure pas déplaisante, mais qui tranche pas mal avec le reste. Ce qui est assez…étrange. Enfin, donne cette impression tout du moins.

– Moins important, mais petite déception quand même pour le bestiaire. Trop simpliste pour se venter d’être le nouveau Star Wars de ce millénaire. Il ne suffit pas de mettre 6 jambes à un cheval, ou 6 bras à un singe et la tête d’un requin marteau sur le corps d’un rhinocéros, voir même des plantes fluorescentes dans tous les sens, pour remplir le monde de Pandora de façon « convaincante ».

Ce n’est pas mauvais, raté pour autant, mais on sent que Cameron ne s’est pas foulé. Ou alors, il y a une pseudo explication derrière pour justifier ça, mais je n’y crois pas trop. Après, le design des na’vi ne m’attire pas plus que ça, mais je m’y suis habitué, c’est vraiment le reste qui déçoit. Encore que, les Na’vi auraient plus être un peu plus recherché que des humains de 3m peints en bleu, mais vu l’histoire d’amour entre les 2 espèces, difficile de s’imaginer la même chose si les Na’vi étaient un dérivé de Jabba dans Star Wars.

– Et puis… la 3D quoi. Je suis allé dans un ciné à l’autre bout de là où j’habite pour voir une 3D censé arracher la gueule, nous faire découvrir le cinéma de demain… mais en fait, non. Je ne sais pas si c’est partout pareil, mais la 3D telle que je l’ai vu, c’était franchement inutile. L’effet 3D était vraiment minimaliste. Il y a bien quelques effets à droite à gauche qui paraissent plus ou moins proche de nous (Et de ce côté-là, c’est bien foutu quand même, rien à redire là-dessus) mais en général, ça reste « plat ». Pour donner une approximation, je dirais de 90% du film paraissait plat, comme un film traditionnel avec une image bien nette. Donc 3D indispensable pour voir Avatar ? Pas si sûr, enfin si c’est partout comme ça, non merci, j’économiserais 2€ la prochaine fois.

MAIS QUAND MÊME
, le film reste bon !

Oui, oui, malgré l’immense pavé que j’ai pondu, il y a du bon dans tout ça et j’ai quand même aimé le film. Comme je l’ai quelque peu abordé plus haut, Cameron maîtrise néanmoins son sujet, la technique de son film jusqu’au bout. Ici, pas de caméra tremblantes, pas de problème de rythme particulier. Oui j’ai dit que le film semblait trop long, trop prévisible, mais dans les faits, il se passe quand même toujours quelque chose à l’écran pendant les 2h40 du film. La scène finale est une réussite, malgré le fond scénaristique qui en découle, mais on en prend pleins les yeux, pleins les oreilles, pour notre plus grand plaisir.

Pour faire simple, le film est sincèrement d’une beauté renversante, la technique n’est jamais prise en défauts, Cameron a au moins réussi ça : Avatar est un parcours technique sans faute. Jamais les animations faciales d’un personnage en CGI n’auront été aussi criantes de vérité avant Avatar. C’est vrai, comment peut-on lui reprocher d’être au top du top, après avoir mis 15 ans à sortir son film ?

L’univers du film est riche et donne, malgré les critiques que j’ai pu faire, lieu à des paysages vraiment magnifique, qui donneraient presque l’envie de s’y rendre, ne serait-ce que quelques instants, le tout dans un bon goût global des plus appréciables. Oui, Avatar est et reste quand même un bon film. C’est dépaysant, c’est beau, l’histoire ne sera peut être pas aussi dérangeante pour tous (et je m’en doute bien, donc avec cet énorme défaut en moins, il y a de quoi prendre son pied à fond) et les amateurs de belles scènes d’action seront servis. Juste que pour moi, le coup du scénario vraiment trop prévisible (au moins qu’à certaines scènes, je me disais en plaisantant qu’il se passera sans doute tel truc… pour me rendre compte j’avais raison), j’ai eu du mal à le gober d’une traite. Et vu le martelage médiatique que l’on a subit dixit «AVATAR LA REVOLUTION CINEMATOGRAPHIQUE», eh bien, on en est loin. Technique, ouais, ça marquera la prochaine évolution du cinéma à spectacle, mais au-delà de ça… Un peu trop conventionnel, je dirais.