A propos Pso

Batman, c'est un peu mon Avengers préféré.

Welcome to the Green Fantern Corps

Dans mon entourage proche, parmi ceux qui me suivent sur Twitter, beaucoup auront rapidement compris que – depuis ma découverte du monde des comics – j’aimais énormément l’univers de Green Lantern, la franchise toute verte en provenance de DC Comics. Au point d’en faire un article sur ce même blog afin de donner des pistes de lecture pour le lecteur débutant et curieux de découvrir cet univers singulier mais franchement passionnant.

Evidemment, facile de deviner aussi à quel point j’étais content en découvrant que DC Comics était en train de diffuser une série animée basée sur Green Lantern, inscrit dans la « gamme » des The Animated Series (Batman, Superman, ainsi que les dérivés Batman Beyond et Justice League) chers à Bruce Timm et même toujours produit par ce dernier. Mais aussi surpris. Rappelons le: malgré sa présence dans l’équipe principale de l’univers DC (Justice League), l’importance qu’a eu son univers dans la continuité principale des comics (Les sagas Emerald Twilight, Blackest Night/Brightest Day), c’est un perso/une licence qui ne plait pas tellement au grand public. Peut être est-ce dût à son contexte « cosmique » (Le grand public préférant sans doute quelque chose de plus terre à terre, littéralement), à son esthétique kitsh (mais souvent assumée) ou son concept trop perché (Lorsqu’un Green Lantern porte son anneau, il est habillé d’une tenue verte fluo et peut littéralement matérialiser tout ce qui lui vient à l’esprit par le pouvoir de la volonté).

Mais voilà, nous sommes en 2011, et Cartoon Network va prendre le risque en entamant la diffusion d’une série entièrement dédiée au héros fan de la Saint-Patrick, entièrement en CGI qui plus est, vu que c’est à la mode ces derniers temps (Le gros succès de The Clone Wars et ses 5 saisons expliquant sans doute cela) au sein de son programme « DC Nation » qui diffusa en parallèle la série Young Justice (entre autre), sorte de Justice League adolescent. Et nous revoilà en Mars 2013, la série s’est terminée depuis deux petites semaines au moment où j’écris ces lignes, après 26 épisodes et aucune seconde saison en vue faute de succès des jouets qui régissent la pérennité d’une série TV pour enfant aux US. Triste. Mais qu’importe, j’en suis ressorti totalement conquis pour ce qui est devenue une véritable et excellente surprise (Malgré mon attrait pour l’univers, j’y suis allé à reculons au départ, ne m’attendant pas à grand chose parce que lol série en CGI = caca). Forcément, il fallait que j’en parle.

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Pour rappel, Green Lantern: The Animated Series nous raconte directement l’histoire d’Hal Jordan, le « principal » Green Lantern qui s’occupe de la Terre et de ses environs, et faisant parti du Corps des Green Lantern, une « police de l’espace ».  Accompagné de son coéquipier Kilowog (Le grand gaillard à tête de bulldog), ils devront faire face à une nouvelle menace, la première apparition des Red Lantern, l’équivalent… rouge des Green Lantern. De plus en plus nombreux et qui sèment, comme tout bon gros méchant qui se respecte, la destruction sur leur passage, rêve de conquête et semble même chercher vengeance envers les Gardiens de l’Univers, les instances supérieurs aux GL.

S’en suit une sorte de road trip au sein de l’univers cosmique de DC Comics afin de comprendre les origines de cette menace et la façon de les contrer; auquel s’ajoutera deux personnages principaux: Razer, un Red Lantern qui cherche – sans l’avouer – la rédemption et Aya, une IA qui appartient aux GL et ayant pris forme humaine pour mieux accompagner nos héros. Et apporter une touche féminine, évidemment. Et c’est tout, voilà le roster de base.

Directement, parce la grande force première de la série, ce qui frappe d’entrée de jeu, c’est vraiment la facilité avec laquelle on rentre dans l’univers du Green Lantern de manière générale et par extension, de la série TV. Pas de pré-requis demandés tels qu’avoir lu quelques comics pour avoir la base ou tout simplement une série TV précédente qui aurait déjà expliqué le concept/personnage. Non, tout est fait pour accueillir le novice en grande douceur, présenter ce concept sous son meilleur jour et en solo, sans pour autant passer par ce passage particulièrement lourd des origines. Mais si, vous savez… la vie du héros avant la découverte des pouvoirs/objets magiques, ses premiers pas hésitants… Ici, fuck that shit. Hal Jordan est déjà un Green Lantern confirmé, il fait régulièrement des missions; on part de suite dans un univers qui a déjà des choses derrière lui de manière implicite, mais qui vous accompagne et vous propose de le découvrir les bras grands ouverts une bière à la main.

Ici, subtilement au détour de quelques dialogues savamment placés, on vous rappellera tout ce qu’il faut savoir sur le concept, les origines des pouvoirs du héros et son entourage cosmique. La série est un excellent point d’entrée qui n’oublie pas non plus le fan qui pourrait n’y voir qu’un produit dérivé facile et qui n’exploite pas la richesse de l’oeuvre originale (et Dieu seul sait qu’avec le passage du scénariste Geoff Johns sur le comics depuis 2004, cette richesse ne semble pas avoir de limite). Red Lantern, Blue Lantern, Star Sapphire, Sinestro, Mogo, Anti-Monitor, The Book of Oa; des noms qui ne diront rien à ceux qui découvre la licence, mais qui – au travers de l’intrigue principale, d’un simple épisode voir d’un petit clin d’oeil dans le décor – provoquent toujours cette petite étincelle dans les yeux du fan averti (que je suis rapidement devenu). Arriver à mettre en place des intrigues (voir personnages) inédites, tout en respectant avec amour l’original, pour satisfaire tout le monde (Les fans seront aux anges, les nouveaux découvriront un univers insoupçonné et passionnant) en 26 épisodes, un véritable tour de force.

D’autant plus qu’à côté, toujours pour continuer le parallèle avec le matériel originel, la série se paie le luxe d’avoir une très jolie esthétique malgré la 3D, et même un chara design plus séduisant que le comics ! Héritant directement du trait 3Difié de Bruce Timm – qui avait déjà rendu attractif l’univers de Batman (Voir Superman) contrairement à la sombre période des comics de super-héros dans les années 90 – le design affiche toujours cette simplicité dans les formes, ce côté épuré, mais devient en contre parti tellement plus agréable. Des personnages plus… agréable à l’oeil, qui dégagent bien plus de sympathie et d’attachement (Chaselon !), moins typés « comics mainstream » avec les défauts/clichés qui vont avec (Le côté « hyper musclé », trop sombre/torturé avec les tronches de constipés qui vont avec). Même les « nouveautés » de la série TV par rapport au comics (comme l’ajout du personnage de Razer, totalement inédit) sont particulièrement réussis et donneraient furieusement envie d’être intégrés plus officiellement aux comics pour les voir prospérer quelques années de plus.

Et surtout, l’animation dépote. L’ambiance « cosmique » est particulièrement bien retranscrite. Même si le tout pourra rebuter au départ pour quelqu’un de non habitué aux séries en CG et au genre super-héroïque (Lol, on dirait du sous-Pixar), le visuel gagne en efficacité à chaque épisode. Que ça soit dans le rendu de l’immensité de l’espace et de ce qui le compose, des combats spatiaux (et pas juste 2 vaisseaux qui se font piou-piou dessus, hein), des effets de lumières propres aux Green Lantern et de leurs potes de couleur; l’ensemble en jette réellement.

Couplé à une animation sans faille, avec des personnages qui ont de chouettes mimiques/sont expressifs comme jamais et à une mise en scène classieuse, on finit carrément par impressionné devant une telle maîtrise et débauche pour un simple dessin animé pour enfant. Et c’est là qu’on se dit que la 3D n’a pas un mauvais fond, surtout quand à côté, je regardais l’anime Jojo’s Bizarre Adventures, sympathique dans le fond, mais désastreux dans la forme avec un rythme particulièrement lent, et surtout techniquement bien défaillant avec une animation médiocre et des dessins irréguliers. Beaucoup de scènes de GLTAS auraient perdu de leur impact s’ils avaient eu le même traitement (il suffit de voir aussi Young Justice, tout en 2D, qui montre aussi vite ses limites).

Justement, parlons « impact », allons dans l’autre sens et parlons du fond cette fois-ci. Ce qui est épatant avec cette série, c’est définitivement sa qualité d’écriture. Bien sûr, certains me diront que ce n’est finalement pas si étonnant quand on appartient au Timmverse (Et c’est vrai, après tout), mais la force de GLTAS est aussi de se démarquer de ses cousins justement, en plus de la concurrence, avec une formule quelque peu… différente.

GLTAS arrive admirablement bien à conjuguer une série à destination des plus jeunes avec les « obligations » qui vont avec (Le côté édulcoré, pas de sang, etc.), tout en permettant au « plus vieux » de la regarder sans se sentir insultés/exclus par la façon dont sont traités les personnages et l’intrigue. Il y a cette simplicité dans la trame générale qui le rend accessible (mais de façon agréable, pour plaire à tous), mais dont de multiples petits détails (surtout dans les relations entre certains personnages, les conséquences de certaines actions) sont seulement compréhensibles qu’en ayant une certaine « maturité », un certain âge. Ça y est, le mot est lâché, « Maturité ».

Les personnages sont un minimum travaillé, leurs dialogues sont bien écrits et sonnent souvent justes, loin du ton parfois trop clichés/premier degré du genre. Les relations entre certains, l’évolution qui va avec, paraissent crédible et on y croit un minimum, sans trouver ça trop niais, trop artificiel ou trop en décalage avec le reste. La série sait alterner intelligemment l’humour, l’action over the top propre à la licence, le développement de l’histoire (Seulement deux arcs de 13 épisodes environ) et des personnages avec un rythme sans faille, sans que l’ennui s’installe. Et elle arrive même à surprendre avec des scènes qui prennent le spectateur à revers, tant on ne s’y attendait dans une telle production. Maturité, assurément.

C’est assez rare pour être souligné, mais du fait de cette écriture étonnamment maîtrisée et adulte pour un « vulgaire dessin animée pour enfant », je me suis terriblement attaché à cette poignée de personnages de fictions, au point d’en ressentir une certaine empathie pour certains, voir même, yep, de verser ma petite larme devant mon MKV. C’est vraiment une série dans laquelle on s’attache vite, on a envie de suivre les aventures de notre petit groupe de héros à travers l’espace pour repousser l’armée rouge.

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Car c’est aussi là sa différence avec les autres séries du Timmverse, voir des autres séries du genre: on ne dirait pas vraiment une série de super-héros. On ne retrouve pas l’aspect « solo » d’un Batman/Superman TAS, ni à contrario ce côté fourre-tout et encyclopédique d’un Justice League. C’est con à dire, je suis peut être le seul à le penser, mais à sa manière, j’ai eu l’impression de mater un anime, un shônen dans sa forme. On y suit un groupe de 4 personnages avec les relations qui se développent entre eux et qui ont une certaine importance au sein du récit principal; une aventure où ils vont « voyager », faire des rencontres, des amis, des ennemis. C’est vraiment une conception différente, mais une conception réussie du genre. Du coup, la série est pas mal complémentaire avec  Young Justice, plus classique, mais aussi très bonne dans sa branche. Un groupe plus restreint, auquel viendra éventuellement se greffer quelques personnages supplémentaires (Saint Walker !), mais jamais de façon définitive. L’attachement n’en est que meilleur. Et les drames que plus douloureux.

La série est loin d’être parfaite pour autant. Si la série est bien rythmée donc, il n’empêche que c’est une série qui met un certain temps à décoller, à montrer son potentiel, avec parfois pas mal d’épisodes « fillers » qui servent « juste » à développer l’univers, sans rapport direct avec le scénario. Pas qu’ils soient mauvais donc ! Plus précisément, je suis même quasiment sûr que certains auraient pris de l’importance si… la série avait marché, et donc continué. C’est encore plus flagrant (et frustrant) quand on connait le comics et qu’on voit des éléments mineurs à première vue, mais qui ont du sens pour le fan et le laissait entrevoir d’énormes possibilités de suite. Qui n’arriveront… jamais.

Il n’empêche que c’était globalement très bon. Une première partie « juste » sympathique mais une seconde qui met définitivement les bouchées doubles et finira même par vous faire rager envers Cartoon Network une fois le 25ème épisode fini. Une musique présente mais pas trop, qui fait bien son taff, une technique impeccable, des personnages attachants, de l’humour qui fait mouche, un univers respectueux de ses origines, qui a son propre style. Et un vrai boulot d’écriture derrière, ce qui est trop rare de nos jours pour la bouder. Même si elle est finie à tout jamais.

Allez, sait-on jamais: en Juillet, débarquera la nouvelle série Batman (oui, encore), Beware The Batman, une série elle aussi en 3D pour l’occasion. Peut être y verra-t-on un épisode où un Green Lantern débarquera à Gotham City aider Batman et ça sera… Hal Jordan, tout juste revenu sur Terre après l’épisode 25 de sa propre série. Yep, je rêve beaucoup. Je finis, et je repars me rouler par terre en pleurant pour avoir une vraie suite crédible. Damn you, CN.

Podcasters Assemble #3

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Avec un bon gros mois de retard dans ce que nous avions prévu, on commence quand même 2013 avec notre 3ème podcast en grande partie dédié à quelques lectures récentes chez Marvel, malgré une petite touche de Batman, parce qu’on aime tous un peu Batman. Toujours avec Gemini en co-pilote.

Au programme, dans ce podcast qui dure pas loin d’1h40 au total :

Et comme toujours, la version Youtube pour le streaming:

Découvrons DC Comics avec… The Dark Knight Returns

Pour être franc, je ressens toujours une certaine crainte envers une oeuvre « ancienne » qu’on aura tendance à plébisciter, comme une oeuvre « culte », « fondatrice », immanquable. Pourquoi ? Parce que qui dit « ancienne » dit surtout, pour moi, « j’arrive après la bataille » et que je redoute souvent de ne pas savoir apprécier l’oeuvre en question à sa juste valeur, de passer à côté du truc. Je ne remets donc pas en cause sa qualité propre, mais  bien ma capacité à l’apprécier X années plus tard. Dans les comics, dont c’est le sujet aujourd’hui, c’est assez flagrant dans la mesure où certaines choses propres au genre ont beaucoup évolué en quelques décennies, rendant de plus en plus difficile la lecture de vieux ouvrages. Narration, profondeur du scénario, découpage, dessin… J’en avais parlé il y a quelques temps avec ma lecture du DC Comics Anthologie sorti chez Urban et ses nombreux récits intéressants sur le papier, mais finalement assez plats et ayant réellement perdu de leur saveur, leur intérêt 30 à 50 ans après. Certes, il y a le contre exemple… qui confirme la règle.

Watchmen a été une bonne claque. Même si je l’ai lu – sans doute – sans réellement comprendre toute la profondeur du récit, son grand âge (1985) ne m’a finalement pas tant rebuté: le dessin est vieillot mais reste regardable et le scénario à base de déconstruction du mythe du super héros fonctionnait encore très bien aujourd’hui. Le découpage et la narration non « conventionnels » par rapport aux comics du genre « mainstream » (Le fameux « 9 cases ») aidant sans doute beaucoup, j’imagine. J’en viens donc naturellement à une autre oeuvre emblématique de la même décennie, un « immanquable » quand on aime le personnage m’a-t-on dit, de part sa grande qualité globale et son auto-suffisance vis à vis de son univers. Aujourd’hui, parlons de The Dark Knight Returns.

Nous sommes en 1986. Afin de clore une certaine époque dite « révolue » pour l’industrie des comics mainstream de super-héros, il fallait « passer à autre chose ». Il fallait faire monter le média à un stade supérieur, lui montrer qu’il pouvait développer une certaine richesse vis à vis des autres arts, montrer qu’on pouvait écrire quelque chose d’adulte avec des gars qui s’habillaient en slip pour sauver le monde. Et puis, d’une certaine manière, afin « d’accompagner » le reboot de l’univers DC de 1985 (Crisis on Infinite Earths, qui remettait à zéro 50 ans (déjà !) de continuité en annihilant un peu (mais pas pour longtemps) le concept casse gueule des terres parallèles); The Dark Knight Returns finissait à sa manière les 50 ans de Batman, avec une sorte de « chant du signe » du personnage, avant d’avoir son pseudo reboot quelques années après avec Batman Year One, qu’on peut définitivement prendre comme le nouveau point d’entrée dans cet univers. Evidemment, il est toujours utile de préciser que, au delà des acronymes identiques, Rises n’a strictement aucun rapport avec Returns.

Au commande, Frank Miller, autant dans le scénario, que dans le dessin. Ça vous dit forcément quelque chose… Artiste controversé pour ses avis politiques, il a réalisé quelques travaux plus connus du grand public grâce (Encore et toujours) aux adaptations cinés comme 300 par Zack Snyder ou l’excellent Sin City. Et plus récemment avec Terreur Sainte, comics de super-héros dans lequel un pseudo « clone » de Batman part affronter les méchants terroristes d’Al-Quaïda (Et dont ce faux Batman devait être le vrai à l’origine, mais DC Comics ayant refusé tout lien avec son héros fétiche pour ne pas salir son image). Autant dire de suite qu’on a droit à une patte graphique et scénaristique somme toute assez… particulière (Sombre, violente, barrée), pas toujours parfaite, mais tout de même maîtrisé et surtout très intéressante, dont on ne l’imaginait pas forcément applicable à Batman tel qu’on le connaît dans notre culture populaire.

Dans les grandes lignes, The Dark Knight Returns, c’est un Bruce Wayne qui approche doucement mais sûrement de la soixantaine et qui a abandonné le costume de Batman depuis 10 ans. D’un côté, malgré le contexte de la guerre froide, les super-héros n’ont officiellement plus le droit de continuer leurs activités et de l’autre, Bruce Wayne fût quelque peu brisé par la mort de Jason Todd, le second Robin dans la chronologie officielle. Pourtant, depuis quelques temps, Gotham City sombre jour après jour dans la criminalité, notamment avec l’apparition d’une bande de plus en plus imposante qui se font appeler « les Mutants » (Mais qui n’ont rien aucuns « pouvoirs »). Règlement de compte, agressions en pleine rue, voir meurtres totalement gratuits, la terreur prospère et la police locale se trouve rapidement impuissante, malgré la présence du charismatique mais vieillissant commissaire Gordon. Finalement lassé de s’être mis au placard, et pour quelques autres raisons, Bruce Wayne retrouve le goût de la justice et décide de reprendre le costume de Batman malgré son âge pour redresser Gotham et imposer sa loi. Hélas, ça ne sera pas au goût de tout le monde, notamment vis à vis des conséquences de ce grand retour sur la population, et certaines mesures seront prises pour stopper l’homme chauve souris.

The Dark Knight Returns est un récit adulte et sombre – comme on peut forcément l’attendre d’un Batman – mais sans fioritures, sans excentricités issues de l’Âge d’Argent; glauque et violent. Mais c’est surtout un récit qui tourne autour d’un Bruce Wayne – l’homme, et non le super-héros – vieillit, encore plus mentalement perturbé à la fois par la mort de ses parents dans les années 40 (dont la vision lui revient constamment et l’obsède) et de celle de Robin; qui se pose sans cesse des questions sur lui-même, le tout dans un Gotham crasseux et pourri jusqu’à la moelle. Si notre Batman aura ses quelques moments de gloire, de « classe » et trouvera un certain réconfort avec sa rencontre avec la jeune Carrie qui lui voue un culte; c’est avant tout un récit qui met le héros dans une position « délicate », où il n’est plus vraiment aimé, où il n’est plus tellement dans la course malgré sa soif de justice presque pathologique et se montre prêt à tout pour ses convictions… quitte à se retourner contre ses propres amis, ou à adopter la mentalité de ce qu’il combattait par la passé (On ne sait pas tellement si ce qu’il fait est vraiment bon dans le fond, vu que c’est régler « la violence par la violence »).

Miller oblige j’imagine, le récit va toujours plus loin dans la démesure au fil des chapitres et les quelques idées couillues (surtout en se remettant dans le contexte de 1986) sont plutôt surprenantes – mais réussies, apportant quelques choses au récit – pour une production qu’on imagine souvent pour les jeunes/superficielle (Ou mainstream, si on préfère). Il y a un certain « double sens » de lecture dût à ce contexte qui ne le rend pas si accessible de prime abord… Mais c’est un peu ça qui rend l’écriture très bonne, clairement au dessus du lot. Sa réputation n’est pas volée ! Les personnages sont suffisamment développés pour être intéressants (avec un Joker terrifiant), les réflexions intérieures de Bruce tout comme les dialogues sonnent souvent juste et l’histoire monte progressivement vers un final explosif – malgré quelques petits soucis de narration ici et là.

En effet, elle se fait parfois un peu trop verbeuse, cherchant peut être à « trop en faire » et fini même par desservir un peu l’histoire, avec quelques passages un brin longuet où l’on sent que l’on essaie de « gagner un peu de temps ». Peut être est-ce là encore le poids des années qui biaise mon jugement, avec ses 4 chapitres (seulement !) qui composent l’histoire, mais des chapitres excédant… les 40 pages, là où aujourd’hui, on tombe régulièrement à 20 (et que j’en ai fatalement pris l’habitude), il n’y a pas cette même « gestion du rythme ». Décalage temporel, tout ça.

Sombre toutefois, mais Batman n’oublie pas non plus « ses origines », son passé. Pas que j’ai envie de taper sur l’autre TDKR, mais ce Batman n’oublie pas qu’il est le Batman des comics, et n’oublie donc pas « l’univers » qui l’entoure, sous prétexte d’une histoire hors continuité et plus adulte que d’habitude. Ainsi, à ma grand surprise, il est fort appréciable de trouver la présence de plusieurs personnages emblématiques (En nombre limité tout de même) de son univers à la fois « propre » (Le Joker, Double Face) et partagé avec l’univers DC (Superman et autres références à la Ligue de Justice), afin qu’ils apportent chacun leur pierre à l’édifice d’un Batman vieillissant, l’accompagnant peu à peu dans sa déchéance. Le récit n’en restera pas moins centré sur Batman, mais ça permet de construire un background intéressant – puisque replacé en contexte de guerre froide – au sein d’un univers assez familier – mais tout de même auto-suffisant comme dit plus haut, tout à fait accessible pour le néophyte à 2/3 détails près.

Finalement, la plus grosse difficulté pour rentrer totalement dans le récit, c’est à mes yeux le dessin. Il n’est pas forcément devenu moche – certaines planches sont superbes (L’ambiance poisseuse de Gotham est presque palpable), il n’a pas « simplement » vieillit comme pourrait l’être celui de Watchmen, il est juste… spécial et irrégulier par nature. Certaines planches surprennent par leur sens du détail, quand d’autres ne semblent pas mériter des mêmes soins, souffrent d’un découpage un peu trop chargé (Les quelques passages « TV » par exemple, et leurs multiples petites cases) ou que l’action ne semble pas toujours très claire. Parfois, quelques cases bien placées supplémentaires auraient bien aidé la narration… Ce n’est pas systématique (et dramatique dans l’absolu), mais il faut savoir où est-ce que l’on met les pieds. 26 ans après, quand même.

Dans tous les cas, The Dark Knight Returns fût donc un très bon comics jusqu’au bout et une approche plutôt originale pour ma part du personnage. Peut être pas le chef d’oeuvre absolu auquel je pouvais m’attendre – faute peut être à mon jeune âge qui n’a pas pu en profiter à l’époque – mais qui conserve tout de même une certaine aura et un scénario toujours accrocheur et percutant malgré son âge (La Miller Touch, en somme) et ses quelques maladresses. Un immanquable quand même ? Absolument, je comprends mieux pourquoi il fait parti des « piliers » de l’histoire de Batou… malgré une édition française par Urban Comics de très grande classe – certes, rien à redire dans l’absolu – mais fatalement très onéreuse pour le moment (Seule la version avec le DVD/BR est disponible pour 28€, la version low-cost arrivera en Mars prochain).

Un petit mot pour parler aussi de l’adaptation animée, au passage:

Dans la même veine que la plupart des nombreuses adaptations de grands arcs de DC Comics, The Dark Knight Returns est plutôt réussi… dans sa première partie pour le moment. Pour une fois, l’histoire a été découpé en 2 films d’1h20 chacun, et seulement le premier est disponible à l’heure actuelle. Evidemment, précisons tout de même que si l’histoire suit celle du comics dans ses grandes lignes, la séparation en 2 films n’en fait pas une adaptation « copiée-collée » pour autant: l’essentiel est là, et les nombreux changements/rajouts sont plutôt bien vus dans l’ensemble et rattrapent même parfois les quelques « problèmes » de l’original (Les scènes d’action trop courtes et pas toujours limpide du comics passent particulièrement bien à l’écran).

Certes, on perd certains aspects intéressants en échange (les monologues de Bruce, qui développait énormément la psychologie du personnage; l’ensemble globalement « édulcoré ») et la réalisation – globalement bonne quand même – aurait pu mériter un peu plus de soin (une animation de qualité comme dans Batman/Superman Apokalypse aurait été un plus) pour qu’elle fasse un peu moins « épisode de série TV » … mais l’ensemble est tout même convaincant et annonce un final sous les meilleurs auspices, surtout quand on repense au comics, et sa seconde partie pas mal surprenante. D’autant plus que pour le coup, le design si spécial de Miller est plutôt bien respecté, contrairement à Batman Year One qui avait repris plutôt celui de la série TV des années 90 (Mais c’est bien aussi). Et comme souvent avec la Warner, la version française assure vraiment bien, avec un Batman limite plus charismatique en VF avec sa voix rocailleuse si particulière, mais si hypnotisante; et on retrouve à nouveau avec plaisir les comédiens de doublage habituel pour Gordon et Alfred. Banco !

Dessinateurs, rassemblement !

Aujourd’hui, on va parler toujours un peu plus de comics, mais attendez, ne partez pas ! Pas de reviews pour le coup (j’avoue être en panne d’inspiration, alors que les lectures s’entassent un peu trop dans un coin de ma piaule, bonjour le paradoxe) mais un petit coup de projecteur sur une poignée d’élu de l’industrie des hommes en slip concernant un des principaux composants du genre: le dessin, évidemment. Comme ça, sans raison, je vais vous parler de mes artistes préférés, sujet d’article Ô combien classique et un peu facile, mais toujours sympa quand c’est bien fait. Mais je suis mal placé pour me juger, hein.

Il n’y a pas totalement d’ordre (On parle d’une esthétique, d’un style, d’un talent; ça peut difficilement se graduer quand on dépasse les 3 choix), c’est un peu balancé « au pif »… même si le dernier cité est un peu mon artiste préféré. Bien évidemment, pour la petite précision: quand je fais la mini liste des « travaux » du dessinateur en question, elle n’est pas forcément exhaustive, c’est plus ou moins ce que j’ai lu, compte lire, me viennent à l’esprit… 

Terry Dodson

Pour commencer, on va parler d’un cas un peu « spécial ». Dans le sens où je ne l’ai pas découvert de façon « régulière », à longtemps travailler sur une série de comics. Soit parce que je l’ai prise « trop tard » en route (et donc loupé le début de son taff), soit parce que les lois du marché sont impénétrables et qu’il avait juste signé pour un ou deux chapitres avant de se rebarrer ailleurs, histoire sans doute d’arrondir les fins de mois. Rien de plus rageant que de baver à chaque page et se rendre compte qu’au chapitre suivant, sentir la débandade.

Terry Dodson a pourtant un style dont je suis très rapidement devenu fan. Style qui dégage une certaine légèreté, qui ne sonne pas « mainstream » selon les séries avec un design qui se démarque bien de la masse. C’est souvent classe, bien coloré et bien dessiné (malgré quelques petites baisses de régime par moment). Bon okay, difficile de passer sous silence sa principale « spécialité », qu’on devine rapidement en tapant son nom sous Google Image: le monsieur est un spécialiste de la demoiselle aux formes généreuses, même si les hommes ont aussi droit à son superbe coup de crayon.

Mais il faut avant tout reconnaître qu’il sait dessiner la gente féminine mieux que quiconque, avec un charme dévastateur. Et pas en référence à ce qu’on pense ! Mais il arrive à faire dégager quelque chose rien que par le sourire et le regard ravageurs de ses héroïnes, à la fois Marvel, DC ou totalement originales (Pour des affiches, ou BD européennes); comme ça tout le monde est content. Evidemment, je vous conseil chaudement de suivre son Deviantart, histoire de se rincer les yeux de temps en temps, ça n’a jamais tué personne.


Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

–  Comme je l’ai dis, personnellement, je n’ai pas lu quelque chose de « durable » de sa part, ni même en grande quantité du coup. mais j’ai pu l’apercevoir dans quelques chapitres de la série Uncanny X-men, ou plus récemment, la série (très moyenne au passage) Defenders, toujours chez Marvel. Sinon, on le voit quand même régulièrement faire des couvertures alternatives pour pas mal de comics Marvel/DC. On se contente de ce qu’il y a…
– Il a donc aussi pondu, en duo avec le français Denis Pierre Fillipi la BD européenne en 2 tomes Songes, qui me fait de l’oeil depuis quelques temps, justement pour le plaisir de parcourir du Terry Dodson en long, en large et en travers. Si seulement je n’avais pas autant de mal avec les prix pratiqués pour du « Franco-belge »…

Alex Ross

Changement radical de style cette fois-ci, encore moins conventionnel et moins centré sur mesdames – sans pour autant être moins agréable – que Dodson,  on ne peut rester indifférent devant l’immensité du talent d’Alex Ross. Ce qui peut « choquer », ne pas plaire à tous ? Son hyper réalisme, avec des personnages terriblement détaillés, vivants et qui semblent « proches » de nous. Encore plus quand on s’attaque au monde des super héros et cette impression permanente que ça pourrait parfois se passer « dans notre monde », où une certaine crédibilité se fait ressentir.

Ca peut être assez paradoxal dans un genre qui cherche avant tout à s’éloigner un peu de la réalité, d’être « dans son monde », qui ne se soucis pas d’avoir cette « crédibilité » physique dans ses personnages; mais le résultat est détonnant, quasi unique et fonctionne du tonnerre. Sentiment encore plus renforcé par la colorisation, véritable peinture au sein d’une « simple » bande dessinée de mecs en slips parés à sauver le monde. A vrai dire, ce style de colorisation me paraît totalement indissociable du personnage, je n’arrive pas à concevoir – et ne veux pas voir ! – l’art d’Alex Ross avec une colorisation « informatique », forcément plus « froide »… ou n’importe quel autre type de colorisation.

Pour chipoter, je dirais que l’inconvénient d’une telle technique, c’est que ce que l’on gagne en beauté « pure », on le perd en dynamisme. Le résultat est d’une beauté, on perdrait presque 5 minutes par page pour analyser le soucis du détail, mais l’action paraît plus « molle » que les standards plus « classique ».  Mais au final, les 2 « visions » de la chose peuvent-ils réellement cohabiter ? Vous avez 3h.

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

–  Bien qu’un poil moins bon d’espéré, je citerais avant tout (et c’est aussi parce que je n’ai lu que ça de lui, en travail « continu ») le très chouette Kingdom Come, dont j’avais chanté les louanges envers sa vision virile et classieuse de Superman dans mon article sur mes waïfu comics.
Marvels, que je n’ai pas lu, mais apparemment un indispensable, qui montrait déjà toute la puissance du bonhomme en 1994 !

 

Jim Lee

Comme je suis un débutant en terme de comics (mais ça commence à venir), je ne connaissais pas Jim Lee pas plus tard qu’il y a environ 6 mois, correspondant à la sortie du recueil VF de Justice League version 2011, où Jim Lee reprenait donc les rennes du titre relancé au numéro 1 lors de l’opération marketing « New 52 », pour relancer tout l’univers DC sur de nouvelles bases spécialement (ou presque) pour les débutants comme moi. Pour un titre aussi fort que Justice League (C’était le premier numéro à sortir sur les 52 au total, donc forcément…), il fallait absolument quelqu’un de talentueux derrière, quelqu’un qui pouvait faire du titre un fer de lance de cette nouvelle « collection ».

Et là, la claque. Une claque monumentale. Si on peut toujours reprocher 2/3 détails ici et là, c’est justement cette profusion de détail dans chaque case, cette richesse visuelle, ce dynamisme, cette perfection complètement dingue qui m’a mis sur le cul. Les premiers affrontements entre Batman et le Green Lantern, puis plus tard avec Superman sont toujours impressionnants et d’une beauté folle. Jim Lee arrive même à rendre Aquaman super badass ! Le genre de truc que je n’imaginais même pas il y a 6 mois. Le pire, c’est que le niveau ne faiblit pour le moment pas parmi les 6 chapitres qui compose ce tome 1 déjà d’anthologie, et que la suite a l’air du même acabit.

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

–  Pas grand chose pour ma part, si ce n’est évidemment Justice League des New 52, le seul travail régulier que j’ai pu lire de lui. Mais je m’en souviendrais pour une excellente première fois.

Chris Bachalo

Après un artiste talentueux, mais plus « classique » dans son approche, retour à un dessinateur bien barré, qui a un style bien à lui, Chris Bachalo. Là encore, son style peut déplaire: c’est tellement stylisé que certains personnages ne ressemblent plus tellement à ce que l’on croise habituellement.  Je veux dire: Les poses un peu excentriques, les proportions pas toujours très « réalistes » (Même si on parle de comic-book), ses personnages hyper expressifs (Son Wolverine est toujours fabuleux quand il s’énerve !), ses dessins très riches en détail, en dynamisme… Parfois un poil trop, on arrive même à perdre légèrement le fil !

Mais c’est justement là sa grande force (Malgré tout), c’est une vraie bouffée d’air frais dans la masse avec son style très « punchy » et pourtant si maîtrisé, à quelques exceptions près. J’aime bien les styles plus « classiques » (mais tout aussi bien dessinés) quand même, mais ça fait du bien de temps en temps. Un parfait complément, en somme. Evidemment, suivre son actu sur son site directement rend plus beau et assure la réussite sociale.

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

Wolverine and the X-men, son petit chef d’oeuvre actuel… quand il bosse dessus. Pas toujours régulier, mais il a su donner le coup d’envoi d’une excellente série jusque là et chaque chapitre estampillé Bachalo est un vrai régal.
– Quelques chapitres sur la série Avengers lors de Fear Itself; pas grand chose dans l’absolu, mais son dynamisme et son esthétique ont réussi à faire passer la pillule d’un arc mollasson.
– Prochainement sur la série Uncanny… quelque chose, on n’a pas encore le nom complet de la série en question, mais juste du teasing à base de « Uncanny », qui fait forcément penser à Uncanny X-men. Dans tous les cas, nouvelle série avec Chris Bachalo au dessin = vendu !  

Salvador Larocca

Il arrive souvent que l’on n’arrive vraiment pas à comprendre les critiques de certains, vis à vis de certaines choses. J’veux dire: ce qui est critiqué n’est sans doute pas parfait à vos yeux, mais vous y trouvez suffisamment de qualité pour en ressortir un sentiment positif. Et, sur certains points, on se dit qu’il est difficile d’en redire quelque chose, parce qu’il y a un « minimum objectif » à nos yeux. Et pourtant, ici et là, les critiques fusent, vous plongeant dans une incompréhension certaine. Pourquoi tant de haine ?

Salvador Larocca fait parti de ces artistes étrangement mal aimés à ce que je lis mais qui possède pourtant un style des plus agréables que je connaisse, un style bien personnel et reconnaissable entre mille. Un style quelque peu réaliste, très « net » (On sent bien sûr le côté dessin purement « informatisé »); souvent précis et bien dessiné, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Je n’ai lu que la série Invincible Iron Man (Sur laquelle il a officié de très nombreuses années accompagné du scénariste qui divise Matt Fraction), mais il m’a toujours laissé une bonne impression: peut être que ça passerait mal sur d’autres séries (imaginons, Thor par exemple, et son côté mystique/naturel), mais appliqué à un récit typé techno-thriller, avec tout ce que ça implique (Niveau technologique, j’entends), ça donne un résultat superbe. Des armures rutilantes, un Tony Stark à la fois charmeur, humain et tiraillé par ses démons intérieurs (Que serait un héros Marvel sans qu’il se fasse régulièrement pourrir ?); le tout accompagné par une coloration « pétante », donnant beaucoup de vie à l’ensemble, je tombe irrémédiablement sous le charme.

On pourra toujours chipoter sur le rendu des « sourires » des personnages à cause du style réaliste, mais ça reste mineur à mes yeux. En fait, là où ça peut réellement clocher, là où parfois les critiques sont justifiées, c’est à la fois dans l’abus de temps en temps de flou pour « représenter l’action » et que le coloriste entre en jeu et foire parfois ses aplats de couleurs. On se retrouve avec un ombrage un peu dégueulasse sur le visage des personnages, posé n’importe comment; et le côté « colorisation informatique » ressort un peu trop, du coup. Mais ça ne pèse pas lourd dans la balance..

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

Invincible Iron Man, dont le premier volume librairie du run de Fraction/Larocca est sorti récemment en VF aux éditions Panini Comics. Et 300 pages de Larocca, bordel, quel bonheur mes amis. On le retrouvera lors du reboot Marvel Now pour la série Cable & X-Force, et ça s’annonce techniquement plutôt pas mal, comme d’hab.
– Plus vieille, et que je n’ai pas lu, il est aussi connu pour son run sur X-Treme X-men. Si ça ressort un jour en librairie, je veux bien me laisser tenter rien que pour le plaisir de mater du Larocca…

John Romita Jr.

Alors lui, d’une certaine manière, c’est un peu « tout l’inverse ». John Romita Jr. est un « ancien », qui a un paquet d’année derrière lui (Sachant que le Senior faisait aussi du comics dans les années 60, c’est une affaire de famille) et certains diront qu’il a fait son temps. Peut être n’est-ce pas faux. Car son style peut rebuter, clairement. Il est très… particulier, et, sans doute dû à sa longue carrière, il est surtout irrégulier.

Particulier, parce que le style du Romita n’est pas fait pour être « beau ». Ca peut sembler bizarre comme argument alors que je parle de mes dessinateurs favoris dans l’industrie du comics, mais force est de constater que sa façon de dessiner ne peut pas donner quelque chose de vraiment « joli ». Ces personnages peuvent avoir de l’allure (j’y reviendrais), mais jamais je ne me suis dit « Tel personnage pue le charisme, la beauté (dans le cas d’une femme par exemple) sous les traits de Romita ». Jamais le trait n’est « parfait », jamais on ne restera bouche bée devant la beauté « pure » d’une planche tel qu’on peut l’être devant le travail d’un Alex Ross par exemple. Alors pourquoi ? Pourquoi j’apprécie son style ? Pourquoi je le défendrais toujours ? John Romita Jr. est un artiste qui arrive, malgré ses imperfections et son style bâtard, à insuffler à la fois beaucoup de dynamisme dans ses planches et à rendre certains passages « vivants ».

Je m’explique. Longtemps habitués aux mangas de ma jeunesse, le passage au comics a été « difficile »: l’action est souvent molle, très statique, de part l’habituelle absence de traits dynamiques qu’on retrouve dans l’école d’en face. A contrario, c’est souvent très beau, et/ou la coloration apporte de vrai plus dans l’ambiance dégagée par certaines histoires. A défaut d’être beau, le style de Romita arrive souvent à bien retranscrire la violence des coups lors d’actions musclées, à faire ressentir une certaine intensité, donner du mouvement à un type de production souvent « figé ». Mieux encore, accompagné d’un bon coloriste, il arrive à bien retranscrire l’aspect crade, sombre de certaines licences, cf son travail sur Kick Ass avec son aspect gore très représenté.

Malgré tout, pour en revenir au deuxième point que j’avais énoncé plus haut: c’est un artiste irrégulier. Beaucoup demandé dans cette industrie, on sent très clairement, parfois,  son absence de volonté, un manque de temps flagrant pour peaufiner proprement son travail. Les traits deviennent très hésitants, les détails manquent de page en page pour finir parfois dans une bouillie de coup de crayon presque génantes pour le lecteur. On sent qu’il est bon, on sent/sait qu’il a du talent, mais c’est toujours un peu triste de le voir de moins en moins arriver à suivre le rythme…

Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

Kick Ass 1 et 2, de Mark Millar (forcément) où l’on voit un peu plus sa capacité à fournir du travail de qualité quand on lui laisse du temps.
– Le run de Mark Millar (Encore !) sur Wolverine, dans la saga « Ennemi d’état« . Sorti récemment en VF, 300 pages pour 16€. Un régal, autant au niveau du scénario (Millar oblige) et un Romita au top (à quelques imperfections près), what else ?
World War Hulk, où comment symboliser au mieux ce que je tente de décrire juste avant: oui, c’est bourrin, c’est du Hulk, mais un Hulk qui a une patate monstre, une démesure totale… avec pourtant un vrai fond. Une belle réussite.
– Sur Captain America tout récemment, là encore pour le reboot Marvel Now. Et ça s’annonce aussi bien, avec une coloration au poil.

Olivier Coipel

Le top tier. Le divin chauve. Et français aussi ! C’est un peu le comble d’un tel classement que de choisir un dessinateur français bossant désormais dans l’industrie des comics. Mais c’est totalement mérité et on lui pardonnera sans mal de nous avoir un peu « quitté ». Parce qu’il faut l’admettre, l’univers Marvel n’a jamais aussi beau que sous son trait !

En fait, c’est bien simple, à très peu de chose près, son dessin est juste parfait. Mais j’insiste vraiment. Un dessin si juste et précis, un design qui ne sombre jamais dans le mauvais goût où n’importe quel personnage dégage une classe folle (Son Thor, imposant et majestueux), un charme irrésistible (La jeune Jean Grey dans All New X-men), du détail à profusion mais toujours lisible et appliqué (House of M et ses impressionnantes splash pages); c’est juste indécent tant il met une rouste à tous ses confrères US.

Evidemment, on comprendra qu’une telle beauté à un prix, avec un rythme de parution parfois long ou un changement de dessinateur en cours de route, le temps de quelques chapitres, avant de repartir de plus belle (Thor en 2007). Mais comme un bon comics se savoure toujours plus avec un dessin de qualité, l’attente est amplement justifiable. Et du coup, on comprend d’autant plus la quasi hystérie lorsqu’on nous annonce qu’Olivier sera sur tel projet ou simplement la joie de le voir dessiner une « simple » couverture, quelque soit la série en question. La French Touch, assurément.

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Série/Oeuvre dans laquelle on peut admirer son talent:

House of M parce que ça déchire en soit, et j’en avais parlé ici même. Pour faire simple, entre House of M (2004/5) et ses derniers travaux, on sent qu’il ne cesse de progresser et c’est franchement impressionnant à voir.
Thor, lors de son reboot en 2007 (Que je n’ai pas (encore) lu), ou quelques années plus tard en 2011 lors des premiers numéros de la nouvelle série The Mighty Thor (Matt Fraction au scénario) où, pardonnez moi l’expression, il continue toujours d’envoyer du pâté.
Avengers Vs X-men, qui commence ce mois-ci en VF, dans certains chapitres. J’attends de voir, mais je prépare déjà mes caleçons de rechange.
– Et Siege, que je n’ai pas lu non plus, mais qui me donne une envie supplémentaire de me procurer la ressortie récente en librairie en VF.

Ils auraient pu avoir leur place ici, à 7 choix près:
Steve McNiven, pour son excellent taff sur Civil War, avec son style réaliste mais impeccable.
Guillem March, qui a su donner la forme parfaite à la série controversée Catwoman de 2011.
Humberto Ramos, pour son style « jeune », frais, cartoon et terriblement dynamique sur la série The Amazing Spiderman.
– Joe Madureira
, pour une « variante » d’Humerto Ramos, dont on retrouve sensiblement les mêmes qualités, sur la série Avenging Spiderman en 2011.
Gabriele Dell’Otto, dans le même esprit qu’Alex Ross: un aspect très « peinture », souvent magnifique et font parfois passer certains comics pour un peu plus qu’une simple série mainstream de super héros (Cf Secret War chez Marvel).
Stuart Immonen, pour avoir en partie sauvé Fear Itself du naufrage.
– Et pour finir l’article, J. H. Williams III, qui en plus d’avoir un nom composé qui fait super classe, fait aussi un boulot d’enfer sur Batwoman et (parfois) Batman, cf l’image du dessus.

Craquage de veste

Personnellement, j’ai toujours trouvé qu’il y a avait une sorte « d’avant et un après » Twilight dans la culture populaire. Je m’explique: je n’ai jamais vu la série de films Twilight, je ne compte pas le faire (ou alors avec beaucoup de vodka dans le sang) et je compte encore moins lire les bouquins à l’origine du bousin; j’ai déjà trop d’œuvres majeures à lire avant. Mais malgré tout, il faut avoir vécu longtemps dans une grotte (La Normandie, ça compte pas) pour ne pas s’être rendu compte que ça a eu un certain impact dans la production audiovisuelle, que ça soit en bien (Où ça ?) ou en mal, avec l’influence qu’on lui connait.

En mal ? Twilight est souvent réputé pour avoir quelque peu maltraité le mythe des vampires et des loup garous à cause d’histoires parait-il particulièrement mal écrites en soit, avec comme « base » une idylle ridicule entre l’héroïne lycéenne (La non expressive Kristen Stewart) et le vampire très ténébreux qui brille au soleil (Robert Pattinson, qui avait apparemment déclaré de façon plus ou moins direct qu’il n’avait jamais vraiment aimé tourner dans ces films). Sujet à beaucoup de moquerie (Souvent résumé à une saga pour « midinette »), le succès de la licence est désormais incontestable; elle se porte même plutôt bien jusqu’à maintenant, comme l’atteste la sortie imminente du cinquième opus (le 4.2, même principe qu’avec Harry Potter 7).

Forcément, succès oblige, la concurrence s’est empressé de reprendre les grandes ficelles pour avoir sa part du gâteau. Dans mon cas, dans les productions « fortement influencées- mais pas forcément similaires », je m’étais regardé la série True Blood, qui met en scène une histoire d’amour impossibru entre une humaine et un vampire. Bien sûr, je sais que dans les 2 cas, tout est adapté (librement) de romans, on ne peut pas parler de « copie » à proprement parler mais dans la forme, au fur et à mesure des saisons de True Blood, j’ai personnellement sentie une certaine volonté de toucher le public Twilight, pour mieux les prendre à revers. Car True Blood tape dans un style un peu plus… subversif. Parce qu’on parle quand même d’une série produite par HBO, réputé pour faire des séries qui ne font pas toujours dans la finesse, autant niveau violence que du sexe (Game of Thrones, j’écris ton nom). Ca ne revient en rien la qualité des dites séries évidemment, mais c’est un style… particulier. Et ça marchait particulièrement bien sur True Blood, où certaines scènes faisaient comme une sorte de doigt d’honneur à ce qui a bouleversé le marché quelques temps auparavant.

Récemment, une obscure personne m’a parlé d’une autre série un peu plus mineure par rapport aux autres du même genre, mais parait-il bien plus sympa qu’il n’y paraît. Car elle reconnaissait sans mal que les apparences n’étaient pas en faveur de ce qu’elle proposait réellement aux spectateurs, et qu’on sentait là encore une volonté de surfer sur cette fameuse vague. On m’a donc parlé de Teen Wolf. Yep, je sais, rien que le titre ne donne pas spécialement envie. Je vais donc expliquer pourquoi il est facile de cracher sur cette série, mais aussi pourquoi il serait idiot de s’arrêter à là au risque de louper une bonne série, bien plus surprenante qu’il n’y parait.

Série estampillée MTV, Teen Wolf est une série réadaptant très librement (et oui, toujours pour cette histoire de vague) le film du même nom des années 80 avec Micheal J. Fox. Un reboot pur et dur comme on aime si bien le faire ces dernières années, actuellement à deux saisons, avec une troisième prévue pour 2013. Lancé en Juin 2011 aux USA, elle nous raconte l’histoire de Scott, jeune lycéen en pleine adolescence comme il en existe des dizaines. Puis au cours d’une nuit en forêt avec son ami Stiles, Scott va se faire mordre par un loup garou (Surprise !) mais y survivra et, peu de temps après, découvrira qu’il est devenu à son tour un des leurs. Accompagné de Stiles et finalement du loup garou qui l’a mordu (!), il devra apprendre à maîtriser la bête qui est en lui en l’accordant avec sa vie scolaire, comme sentimentale. Evidemment, ça ne sera pas aussi facile et des menaces externes viendront rapidement se greffer au récit. Et c’est parti pour au moins une saison de 12 épisodes.

Je le sous entendais quelques lignes plus haut, mais Teen Wolf est effectivement une série dans laquelle il est difficile de rentrer, de regarder « sans trop se poser de questions ». Si je devais résumer cette première saison – et malgré des qualités évidentes que j’énoncerais après – en un seul mot, ça serait bien « cliché ». Teen Wolf parait de prime abord une série affreusement mal écrite. C’est parfois tellement grossier que j’ai l’impression que la série tend volontairement le bâton pour se faire battre. Il est vraiment facile de fustiger cette série, de la rabaisser et de passer rapidement à autre chose tant, parfois, on hésite à enchaîner les facepalms devant tant de soucis d’écriture. Principalement, les personnages sont très stéréotypés (autant physiquement (Tout le monde est beau, tout le monde est parfait, et on n’oublie pas les plans large sur la musculature des héros pour mesdames ) qu’au niveau de la personnalité) et les situations particulièrement téléphonées (L’identité du père de l’héroïne, ou tout simplement la rencontre entre le héros et sa copine qui le deviendra en un clin d’oeil tellement abusé, tell me your secrets, Scott), ce qui a donc pour conséquence logique de rentre la quasi-totalité de la saison très prévisible.

On devine facilement qui va finir avec qui pour les histoires d’amour adolescentes; qui est méchant, qui l’est un peu, mais pas trop et surtout comment va se développer cette histoire de loup garous, et tout ce qui gravite autour. Et pour ne rien arranger, on sent un certain manque de budget, avec des FX assez cheap régulièrement, que ça soit dans les versions « loup garous » de certains personnages (le héros est encore plus moche que d’habitude, dingue !) que dans de « bêtes » moment, comme ces passages à bord d’une voiture avec un fond (qui donne donc l’impression de réellement rouler) terriblement mal incrusté, nous ramenant aux heures les plus sombres de la post-production.

Pourtant, l’histoire se suit presque sans déplaisir. Malgré les clichés et de grosses têtes à claque comme le héros ou son rival « Monsieur le beau gosse ténébreux façon Twilight » (Non, je ne suis pas jaloux), l’histoire est un minimum accrocheuse dans la façon dont elle raconte les choses, développe son univers. Si le héros n’est pas intéressant en lui même (un grand classique), le reste de « sa bande » est suffisamment développé pour y trouver son compte. Souvent apprécié des fans parait-il, je comprends un peu mieux le succès de Stiles, le BFF de Scott, qui sort régulièrement des répliques assez tordantes et cinglantes. Il le dit lui même et c’est ce qui le rend si attachant « Je suis petit, gringalet, alors les sarcasmes sont ma seule défense » et c’est ce qui donne toute la saveur au personnage, et en devient même une des raisons principales pour laquelle j’ai continué jusqu’à la fin de la première saison. Si, si, j’assume. Mais même en dehors de ça, il y a quelques petites pointes de bonnes volontés, quelques fulgurances dans le scénario/la mise en scène/les dialogues pour ne pas lâcher l’affaire, comme l’atteste cet épisode très « film d’horreur », où nos héros se retrouvent enfermés dans un lycée en pleine nuit avec un loup garou en liberté. Grosse ficelle j’en conviens, mais toujours efficace, surtout au vu de l’écriture globale.

Jusqu’au bout de la saison, Teen Wolf s’est montré irrégulier dans un premier temps, mais avec tout de même suffisamment de bonnes volontés pour se finir convenablement et donner envie de lancer la saison 2. Et si ça aurait pu s’arrêter là – ou continuer comme ça, strictement de la même façon – mais c’était sans compter sur cette seconde saison qui montre une facette réellement inattendue de la série, une sorte de virage à 180°, et se révèle surtout excellente en tout point, là où la première arrivait « juste » à sauver les meubles mais pas trop.

A vrai dire, une fois la saison 2 digérée, j’ai du mal à comprendre un tel écart qualitatif. Dans le fond, tant mieux ! Mais je ne comprends tout de même pas trop ce qu’il s’est passé en interne pour un tel revirement, une telle montée en puissance. Je l’ai dit, la première saison tendait le bâton régulièrement, plongeait souvent la tête la première dans les clichés sans le moindre second degré derrière pour compenser. La seconde saison ? C’est tout l’inverse. Comme si la première avait été volontairement bâclé pour mettre très (trop ?) rapidement les éléments scénaristiques en place pour un second essai totalement transformé. C’est un peu l’effet « Je veux écrire une histoire, mais les principales idées que j’ai en tête ne concerne que le milieu de mon récit » et qu’on a envie de torcher un peu le début pour rapidement mettre en place ces idées. La plupart des détails qui n’avaient pas trouvé de réponse au début prennent désormais du sens et accentue la séparation avec « l’effet Twilight » du scénario. Teen Wolf a enfin son propre univers, sa propre mythologie (Pour le moment, pas de vampire en vue !).

Mieux encore, l’écriture fait donc un bond: les dialogues sonnent plus justes, les personnages mieux écrits et surtout davantage développés (chaque personnage « principal », tournant autour du héros, a droit à sa petite scène « clé » qui le met vraiment en valeur) et du coup, l’interprétation n’en est que meilleur. On sentait ce potentiel dans la saison 1, mais un potentiel « bridé ». Et du coup, soulagement général ! La série joue désormais énormément avec les clichés du genre. 

Comprendre par là que les scénaristes aiment tourner le spectateur (et même les personnages de leur propre série) en bourrique, en leur faisant croire des choses qui paraissent tellement évidentes, qu’on verrait dans n’importe quelle autre série, par des lignes de dialogues, par une certaine « façon de filmer »… pour au final mieux s’en jouer, le tourner en dérision, s’en moquer simplement. Et finalement, cerise logique sur le gâteau, c’est une saison où… on ne sait jamais vraiment où on va, mais dans le bon sens du  terme ! J’ai été souvent surpris, j’ai retrouvé l’effet « encore un épisode et j’arrête pour ce soir… Wait, déjà cette heure là ? » et ça fait un bien fou après une première saison qui te prémâché constamment la trame générale. Il en va sans dire que j’attends assez impatiemment la saison 3 qui semble mettre une nouvelle fois les bouchées doubles, avec pas moins de 24 épisodes au programme, là où chaque saisons n’en faisait que 12~13. Et franchement, j’imaginais pas dire ça quand j’ai vu les quelques images (voir les premiers épisodes) de cette série quand on m’en a parlé !

Après, pour modérer un peu plus mes propos, il faut tout de même remettre les choses « dans son contexte »: aussi bonne soit-elle, Teen Wolf reste une série quand même typé « adolescent » dans ses codes… et ce n’est pas péjoratif ! Mais il faut être un peu sensible/pas rebuté à tout ce qui touche le milieu scolaire et de suivre des histoires qui tournent quand même souvent autour d’amourettes entre jeunes adultes (avec ces moments de tendresses un peu niais, les déceptions de voir l’être aimé se tourner vers quelqu’un d’autres), découvrant par la même occasion que la vie c’est pas si facile et que les parents, c’est vraiment des cons. Mais passé ce stade (mon côté sentimentale m’a bien aidé, j’avoue), j’ai vraiment passé un très bon moment. Peut être est-elle considérée comme une série de seconde zone (Une série de série B, ça se dit ?), mais une seconde zone de qualité et c’est bien tout ce qui compte.

Podcasters Assemble #2 : Spéciale New 52

Aujourd’hui, toujours avec Gemini et moi-même, podcast spécialement dédié à notre seconde vague personnelle de lecture des titres comics issus de la vaste opération marketing qu’est le New 52, ou le redémarrage de l’univers DC pour accueillir un tout nouveau public !

Au programme, dans ce podcast qui dure pas loin de 2h au complet :

Et comme toujours, la version Youtube pour le streaming:

Découvrons DC Comics avec… l’univers du Green Lantern

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un super héros de l’univers DC Comics qui ne m’a jamais vraiment attiré par le passé (Ce n’est pas le plus vendeur il faut dire), mais qui pourtant possède beaucoup de qualité, un univers particulièrement développé  et un très grand potentiel à de multiples niveaux : je parle bien sûr du Green Lantern, le héros tout de vert vêtu qui tient une place plutôt importante dans le DC Universe (moins aux yeux du grand public) au côté de ses potes Batman et Superman, et fait même parti de la Ligue de Justice. 

Je le concède, comme j’ai pu le dire, le héros n’est pas particulièrement vendeur et il est difficile d’en parler positivement sans subir des remarques sur son look un peu… particulier. C’est totalement le cas quand on y repense et qu’on prend un peu de recul. Clairement, Green Lantern et son univers, c’est quelque chose d’assez kitsh dans l’esprit, avec des couleurs parfois vives, limite fluos (les costumes des Green Lantern et leurs confrères d’autres couleurs) et aux designs parfois un peu folkloriques quand on commence à visiter les fins fonds de l’espace. Mais c’est en grande parti assumé.

Au travers de quelques lectures récentes, je vais vous expliquer par où commencer, pourquoi il faut lui donner sa chance, qu’il possède un grand potentiel et que cet univers mérite amplement sa place comme « pierre angulaire » de l’univers DC. Il faut savoir qu’il existe plusieurs Green Lantern « humains » qui travaillent sur la Terre – ils sont quatre, et on parfois chacun leurs séries de comics – et les récits qui vont suivre tourneront autour d’un seul, le principal Green Lantern de l’univers DC: Hal Jordan, qui est – historiquement – le 2ème Green Lantern, et le premier à avoir ce design qu’on connaît presque tous. Un peu perdu ? Voici un peu d’histoire:

Née en Septembre 1959, le Green Lantern version Hal Jordan fût crée pour relancer la franchise auprès des jeunes de l’époque, dans une période où les super héros n’avait plus franchement la cote. Afin de marquer davantage le coup, comme pour d’autre de ses héros comme Flash, DC Comics repart sur une base nouvelle et oublie (temporairement) la première vague de héros conçu dans les années 30 et 40. Ce Green lantern post seconde guerre mondiale n’a donc plus grand chose à voir avec le premier: ce dernier tirait ses pouvoirs de la magie, là où le second les tire d’une origine dite extraterrestre. 

Pour résumer, notre Hal Jordan, c’est un pilote de l’armée américaine, qui reçoit le pouvoir de l’anneau vert de la part d’un extraterrestre mourant (Abin Sur), un membre des Green Lantern, peu après son crash sur notre bonne vieille Terre. « Des » Green lantern ? Car Green Lantern n’est pas un nom de personnage, mais bien le nom représentant toute une corporation spatiale, chargée de veiller au bon fonctionnement de l’univers. Une police de l’espace, si vous préférez. Dirigés par des entités supérieures et immortelles, chaque secteur de l’univers est donc contrôlé par un ou plusieurs Green Lantern des différentes menaces qui arrivent un peu tous les jours, comics oblige. Me regardez pas comme ça, c’est du scénario des années 60, j’y peux rien ! Mais justement !

M’étant mis aux comics assez récemment, je n’avais qu’une vision assez limitée du personnage. Le côté « je cache mon identité avec un masque ridicule et riquiqui », sa couleur prédominante un peu criarde ou même l’apriori de base « Ohlala, il se bat avec une bague, qu’est-ce que c’est que cette idée ? C’est une gonzesse ou quoi ? »… Oui je sais, apriori, ça rime souvent avec connerie. Mais alors, vint un certain élément déclencheur… Comme pour beaucoup de licence en comics, mes premiers pas se font… au cinéma.

En 2011, sort l’adaptation de Green Lantern au cinéma et… ce n’était pas très bon. Bon, c’est sûr, on a connu mieux comme premier contact (même si le film n’est pas non plus catastrophique, c’est juste un film de super héros sans génie, sans saveur particulière), mais à défaut de m’avoir fait passer un excellent moment – n’est pas Joss Whedon qui veut – il m’aura au moins mis à jour concernant ce personnage si particulier de l’univers DC. Et il m’aura appris quelque chose, une chose que je ne voyais pas avant et qui m’a totalement donné envie de connaître le personnage: la nature de ses pouvoirs.

Elément important pour un super héros, le Green Lantern  possède probablement un des meilleurs pouvoirs que j’ai pu voir jusque là, et je pèse mes mots. Pour ainsi dire, il me vend du rêve ! Plus fort qu’une super vitesse, plus fort que le pouvoir de voler, plus fort qu’une bat carte de crédit; je parle bien sûr de son anneau tout vert, là, qui lui confère le pouvoir de la volonté. Ca paraît pompeux dit comme ça (Et encore, je vous épargne la liste des significations des autres couleurs), mais en pratique, c’est assez géant. En fait, il peut tout simplement matérialiser tout ce qui lui passe par l’esprit pour se battre, ou simplement l’aider dans sa tâche. Pour le fun, il pourra te faire apparaître une main géante pour arrêter un avion en plein vol. En combat singulier ? Si l’envie (et la volonté, on a compris) lui prends, un Green lantern peut faire apparaître une épée, une masse géante, voir même une bonne grosse machine gun des familles ! On peut reprocher pleins de chose au film, mais pas le fait d’avoir démontrer un minimum le potentiel du personnage, car ça donnait envie d’en savoir plus.

Hélas, comme souvent avec les grosses séries de comics, prendre le train en marche est assez ardu. Pas impossible non plus (sinon je n’écrirais pas cet article), mais il va falloir s’accrocher un peu, persévérer voir même, montrer un peu de … volonté ! Oui, elle était facile. Mais c’est vrai ! Et ça vaut clairement le coup, j’ai parfois lu des passages complètement dingues autant visuellement qu’au niveau de ce qu’il s’y passe, m’amenant à une certaine conclusion, pour ceux qui connaissent: parfois, l’univers du Green Lantern est presque l’équivalent d’un bon Gurren Lagann dans l’animation japonaise, avec cette culture de l’action démesurée, totalement over the top, qui semble toujours vouloir aller plus loin. Au moins, on ne peut pas lui reprocher de ne pas exploiter correctement le pouvoir de ses héros !

Pour se faire, voici une petite frise chronologique sous spoiler à ma sauce des quelques bouquins dispo en France (La publication a toujours été assez confidentielle chez nous, pas assez vendeur encore une fois) que j’ai pu lire (il en manque 2/3 mais négligeables à mes yeux et vous aurez ici ce que l’on risque souvent de vous conseiller); expliquant un peu comme aborder tout ça. Je vous donne mon avis (et explications si nécessaire) sur la plupart juste après.

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Tout d’abord, commençons par la dernière (et peut être la plus difficile à appréhender) publication concernant le Green Lantern chez Panini, Green Lantern Rebirth.

Dans les faits, Renaissance est une bonne histoire. Pour comprendre un peu son emplacement dans la chronologie DC Comics, il faut revenir en 1994 avec le crossover Zero Hour. Alors, je vais être très synthétique, allons à l’essentiel (parce que c’est déjà assez chaud à suivre comme ça, hein): Hal Jordan, possédé par une puissante entité maléfique, est devenu le grand méchant de l’univers DC (Il a même rasé sa ville natale dans sa folie, le ouf). Tout ceci se terminait par le sacrifice de notre héros (En se suicidant dans le soleil, parait-il), le faisant disparaître durant quelques années. Mais comme les mythes ne meurent jamais, mais se réinventent, il réapparu dans une pseudo forme … fantomatique, en 1999. Cherchez pas à comprendre, les comics, la drogue, toussa. « Renaissance » ou « Rebirth » en VO, est donc la saga censée ressusciter une bonne fois pour toute Hal Jordan et lui faire reprendre sa place de Green Lantern number one. Suite à cette résurrection – à cette saga – une nouvelle série Green lantern est alors crée, repartant au sacro saint numéro 1. Enfin, vous savez compris comment ça marchait là.

Vous y voyez plus claire ? Là où je veux en venir, c’est que cette saga, certes importante, certes bien faite… N’est pas la plus accessible. On peut quand même comprendre l’essentiel de ce qu’il s’y passe, mais il manque tout de même pas mal d’information, notamment concernant les nombreux personnages qui y apparaissent, leurs rôles et lien avec le héros, pour totalement la savourer. Car on se trouve réellement dans la fin d’un cycle, d’une époque… un cycle qui a mis un peu plus de 10 ans à se terminer, passant par 3 grandes étapes, avant de repartir de plus belle.

Après, ça n’empêche pas d’y trouver de grandes qualités pour les plus motivés: c’est déjà un récit bien construit (mais dense) avec une vraie montée en puissance dans son scénario et dans l’action. Passé un certain stade, l’histoire met littéralement la seconde, devient plus limpide pour le novice et le plaisir de lecture se fait terriblement sentir tant on découvre un super héros au potentiel jusque là insoupçonné, mais jubilatoire. Le dessin n’est d’ailleurs pas en reste, avec un trait précis, richement détaillé et une coloration superbe; mettant encore plus en avant les scènes de bravoure typique des comics de super héros.

Et le récit n’en manque pas, tout comme – malgré tout – des moments calmes pour se poser efficacement avant de repartir au combat: c’est du pur comics de super héros, mais c’est ce que l’on aime ici. Et puis, ça permet même de découvrir un petit peu plus l’univers DC, ce qu’il y a tout autour du Green Lantern, avec les apparitions de la Ligue de Justice, et de leurs relations avec Hal Jordan (dont un Batman peu sympathique envers ce dernier et un Green Arrow plus utile et badass qu’il n’y paraît.) Une lecture recommandée dans le fond… mais pas tout de suite. Ca reste quand même une étape importante, oui, mais allez-y avec un peu de bouteille Green Lanternesque quand même avant.

No Fear

Là, on rentre dans le « vif » du sujet, ce que je considère comme une valeur sûr et surtout le point d’entrée idéal, au cas où vous ne l’auriez pas compris via ma frise: Geoff Johns présente Green Lantern, « Sans Peur », de son petit nom en France aux éditions Urban Comics. Geoff Johns est un scénariste américain travaillant principalement pour DC Comics, qui a énormément contribué à l’univers DC de ces dernières années. Et dans notre cas, on lui a surtout demandé de reprendre en main la série Green Lantern, avec le parcours décrit plus haut en mettant en place la mini-série « Renaissance » suivi du redémarrage. C’est ici que notre aventure commence… Et je dois dire que ce fût une très agréable surprise.

Je dois reconnaître que c’est un redémarrage de grande classe, qui caresse réellement le novice dans le sens du poil et lui permet de découvrir cet univers sans aucun soucis. Tout est un minimum expliqué au lecteur (Même les origines nous sont rappelés en quelques pages !), on apprend rapidement qui est qui dans l’entourage d’Hal Jordan pour bien replacer le contexte, sans non plus passer plusieurs chapitres à poser les bases (un minimum quand même, mais pas trop), et à attendre patiemment qu’on passe à l’action. Alors oui, sachez-le, on ne fait pas totalement table rase du passé… Mais c’est suffisamment subtil pour ne pas avoir l’impression qu’on nous fout une pancarte « Eh, okay, on est dans le #1 là, mais n’oublie pas de lire ce qui s’est passé avant ! » en pleine milieu de la lecture (et les petites pages explicatives d’Urban sont un bonus très appréciable !).

C’est justement le point fort de ce premier tome: un excellent dosage de tout ce qu’il faut pour rentrer dans cet univers sans laisser le fan de longue date sur le carreau, et forcément un bon rythme de croisière. Alors oui, ça reste avant tout du comics « pur jus », avec les valeurs qui accompagnent naturellement ce genre de héros, des ennemis typique de ce genre de production, comme le terrifiant Homme Requin ! Ca ne vole pas extrêmement haut dans l’absolu, mais c’est franchement efficace. On alterne très vite entre les scènes d’actions où le Green Lantern laissera libre court à son imagination débordante, offrant quelques passages excellents, tout comme des moments qui développent suffisamment et intelligemment bien le scénario et les relations entre les personnages (Surtout pour Hal qui a du mal à se remettre dans la peau d’un Green Lantern), pour quand même faire avancer les choses.

Le seul bémol qui me vient à l’esprit, c’est la partie dessin. Un trait globalement bon, une bonne mise en page, mais l’irrégularité dans le trait de certains dessinateurs, voir même les changements de ces derniers effectués un peu en cours de route (malheureusement une habitude dans le milieu) gâchent un peu le plaisir de lecture (on est un peu perdant au change par moment). Rien de bien dramatique dans l’absolu, mais on aura aimé quelque chose de plus… homogène. Mais à part ça, ce premier tome signe un quasi sans faute pour peu qu’on aime le genre super héroïque « de base ». Et d’ailleurs, le second tome est sorti !

Green Lantern Showcase: War of The Green Lantern

Paf, bond dans le temps de quelques années, et nous voilà en 2010 du point de vue éditorial de DC Comics, avec le dernier crossover entre les séries Green Lantern, crossover qui mettra en place quelques conflits internes au sein des GL et de leurs supérieurs, sans oublier une pincée de menace ennemie qui va profiter de l’occasion pour s’incruster. Classique, mais toujours aussi efficace.

A défaut d’avoir énormément de choix, il peut constituer aussi un certain point d’entrée dans cet univers, néanmoins de manière un peu plus violente et direct, mais bordel, qu’est-ce que ça valait le coup ! Si certains points du scénario me paraissent toujours obscures à la relecture (malgré les nombreuses notes (encore et toujours) d’Urban qui nous permettent d’en apprendre beaucoup sur l’univers de GL), c’est véritablement l’arc qu’il vous faut pour vous convaincre du potentiel monstrueux de la licence en terme d’action débridée (Si le titre n’était pas assez explicite…), de passages totalement fous, faisant passer le bouquin précédent pour un gentil somnifère.

Certes, quelques idées de scénarios pourraient en faire tiquer certains, mais pour peu que le côté kitsh de la licence ne gêne pas trop et qu’on cherche – on va pas se voiler la face – un comics peut être mainstream et brainless, mais bourrés de testostérone propre au genre, ça fonctionne totalement (Et ça fait du bien de temps en temps). Oui parfois ça fait un peu sentaï sur les bords avec toutes ces transformations, ces couleurs un peu fluo, ces monstres belliqueux de partout dans l’espace, mais c’est ça qui est bon !

Une lecture chaudement recommandée, forcément.

Green Lantern – Sinestro (New 52)

Alors attention, si le récit est effectivement excellent à mes yeux (Un scénario très cool, de l’action très Green lanternesque et un dessin superbe, le combo des gagnants), il n’est pas si accessible qu’on pourrait le croire ! Comme je l’ai expliqué avant, DC Comics a effectué un reboot de son univers via l’opération « New 52« . Sauf que pour certaines séries du catalogue DC, c’est… légèrement passé à la trappe. Pourquoi ? Comment ? Qui sont-ils ? Quels sont leurs réseaux ? La raison m’est étrangère, mais il faut savoir que pour l’univers Green Lantern, pas grand chose n’a redémarré, surtout concernant la série principale Green Lantern, ici chroniqué.

Sinestro, nom du premier arc en 6 chapitres de cette série, prend place directement après la fin de la Guerre des Green Lantern, ni plus, ni moins. Alors oui, pour atténuer mon jugement, on peut comprendre assez facilement les grandes lignes de cet arc, un peu comme pour n’importe comics j’ai envie de dire. Mais on « perd quelque chose » au passage, on perd un peu de sens dans les relations entre les personnages et notamment entre le héros et son mentor et à la fois ennemi de toujours, Sinestro, l’homme à la magnifique moustache, avec qui il se voit contraint de faire équipe pour l’aider à faire une mission ingrate… et non sans risque.

A mes yeux, à défaut de lire le « Geoff Johns présente » comme la meilleure porte d’entrée, je ne saurais conseiller éventuellement la lecture conjointe des 2 Showcases comme « premiers pas musclés », puis d’enchainer avec le premier tome des nouvelles aventures d’Hal Jordan. Avec ça, tel un Passe-Partout, vous aurez désormais suffisamment de clés en main pour tenter l’aventure…

Et pour le moment, c’est une aventure que je ne regrette pas d’avoir entamé !

Michael Bay dans les cordes

Attendez ! Je sais ce que vous vous dites à l’instant où vous avez vu l’image du dessus, ou celle à côté de ces lignes si vous êtes sur l’index du blog. « Transformers« . Pour la plupart des gens qui ne connaissent pas tellement la licence, Transformers c’est surtout un dessin animé issu des années 80 au design désormais ringard et kitshos, et probablement sans intérêt scénaristiquement. C’est aussi, plus récemment, une trilogie filmique à l’intérêt assez discutable par Michael Bay. Donc on a connu mieux comme « bonne image de marque », surtout quand on n’est pas américain et que ça ne fait logiquement pas vraiment parti de notre « culture populaire », nous, français.

Plus personnellement, ça se limite à quelques vagues souvenirs du dessin animé le matin sur M6 avant de partir à l’école, et surtout (mais que sans doute tout le monde a oublié), la série Beast Wars, la version animalière (exit les camions de pompier, et bonjour aux transformations en tigre) de la licence en CG toute moche de l’époque. Et j’avais kiffé en plus. Mais on va éviter de regarder ça de nos jours, autant en garder quelques souvenirs positifs. Là où je veux en venir, c’est que je vais vous parler d’un jeu dont il ne faut pas se fier à l’emballage, pas forcément le plus sexy qu’il soit. Et pourtant ! Et pourtant je vais vous parler d’un jeu terriblement réussi dans son genre – voir même très sérieusement supérieur à certains pseudos « ténors du genre », surprenant à bien des égards alors que je ne suis même pas fan (ni même familier dans le fond) de la licence. Je vais donc vous parler de Transformers: Guerre pour Cybertron (GPC) et pourquoi il faut lui donner sa chance.

Comment donner un peu envie en partant d’un tel postulat ? Les jeux Transformers sur cette génération se cantonnaient à de simples adaptations des films sous forme de GTA-like sauce Hasbro et… ça ne leurs réussissait pas trop. L’intention était bonne, mais le reste sans saveur. Du coup, qu’est-ce qu’on pouvait attendre d’un nouveau jeu Transformers sortant en 2010, soit entre les films Transformers 2 et 3 ? Pas grand chose à vrai dire. J’avais même eu confirmation récemment que la licence était définitivement mal vue par le biais d’une obscure personne qui, en me voyant lancer la démo de la suite de GPC (La Chute de Cybertron), se demandait (l’air moqueur) si on jouait le rôle de Shia Le Beouf. Mais je ne lui en veux pas, je comprends même sa réaction dans le fond ! Et pourtant ! Et pourtant Transformers: Guerre pour Cybertron n’a (étrangement ?) strictement aucun lien avec les films.

Transformers: GPC se veut être une relecture vidéoludique « plus sombre », modernisée des premières aventures des robots-jouets tel qu’on les a connu dans les années 80, de l’origine du conflit entre les Autobots et les Decepticons, de ce qui les a amené à squatter la Terre pour continuer tranquillou leur petite gueguerre personnelle (On pourrait éventuellement s’amuser à les placer « avant » les films partant de ce postulat, mais le lien s’arrête là). La totalité du jeu se déroulera alors sur Cybertron (sans déc’?), la planète Mère des Transformers. Oui, oui, pas d’humains dans les parages, même pas un tas de pixel pour représenter Megan Fox dans le tas, on restera bien encré dans des décors très « métalliques » et rien que pour ça, j’avais déjà envie de sortir la carte bleue.

Et pourtant ! Et po… oui bon bref, ce qui fait tout le sel du jeu, ce qui le rend si « surprenant » c’est bien son gameplay qui tire enfin correctement parti de ce que la licence peut offrir, dans une forme assez irréprochable. Exit les mondes ouverts, et bon retour parmi les bonnes bases du jeu d’action moderne: le Third Person Shooter. Non, non, oubliez définitivement les possibilités de monde relativement vaste pour se balader avec son jouet favoris, et dite bonjour à du jeu à l’ancienne (mais pas trop), en couloir (parce que couloir > open world), à l’action survitaminée et sans temps mort.

Car c’est bien là que le jeu va surprendre (toute proportion gardée, on restera quand même dans du TPS à licence dans l’absolu), car on y trouvera finalement un jeu qui mélange intelligemment des éléments d’antan avec tout ce que la « technique moderne » peut apporter. Mieux encore, on pourrait résumer simplement par le fait qu’High Moon Studio – pour le compte d’Activision en plus (!) –  a pris un malin plaisir à faire un gentil doigt d’honneur à tout un pan de la production « TPS/FPS » actuelle sur de nombreux points, et n’en fait donc pas un « clone générique de [insérer nom de licence du moment] avec un skin Transformers ».

En vrac, on prend un grand plaisir à dessouder du robot parce que malgré les apparences, c’est un TPS hyper dynamique. Le système de « dash » (déplacement rapide dans une direction précise par la seule pression d’une touche) et surtout les transformations à la volée, en plein combats, apportent beaucoup au dynamisme des combats. Oh je sais, vous allez me dire que proposer des transformations en véhicules dans des… couloirs, c’est un choix étrange, là où l’open world semblait plus idéal. Et pourtant, malgré le fait qu’on aurait pu éventuellement avoir des zones de combat un peu plus grande, les transformations permettent avant tout de varier la façon d’appréhender les combats, sans perdre de vue l’essentiel de l’action. C’est tellement jouissif de débarquer dans une zone de combat en mode buggy pour finir par sauter dans la masse ennemie tout en se retransformant en robot bipède, et à commencer d’enchaîner les headshots… avant de repartir à nouveau en véhicule lors qu’un Transformers plus gros que soit débarque à son tour. Mieux encore, lorsqu’on contrôle un « transformers-avion » (avec la possibilité d’évoluer dans des niveaux un peu plus grand que d’habitude), le plaisir vient du fait de pouvoir, pour le fun, se transformer en Avion quand on veut et de survoler la zone ou de décamper à toute vitesse à coup de barrel-roll. Concept tout con, mais les gars derrière ce jeu ont compris ce que l’on cherchait en jouant à du Transformers. Et ça marche du tonnerre.

Mieux encore, le jeu aime donc aller à l’encontre de la concurrence. Une système de vie ? Pas commun, le jeu reprend le système de vie de… Resistance, le FPS sur PS3. On a connu mieux comme référence, mais c’est pourtant un des meilleurs système de santé qu’on a eu dans un TPS et pour preuve: la barre de vie est coupé en 4 morceaux, et cette même vie remontra seulement au maximum de la portion dans laquelle elle se trouve. En gros, au plus proche du game over, la vie remontera seulement à 25% maximum, la seule façon de « revenir à 100% » étant de dénicher les caisses de soin, comme à l’ancienne. Pourquoi n’a-t-on pas ce système de vie plus souvent ? Là encore, ça permet un gameplay plus dynamique, en évitant de rester dans son coin que toute la vie remonte, sans pour autant pénaliser le joueur qui aurait franchit un point de passage avec 3 points de vie et se retrouve bloqué à chaque chargement de sauvegarde dans un moment un peu chaud.

Un système de couverture ? Même pas ! Ca paraît peut être logique vu les colosses d’acier qu’on contrôle, mais il paraît que certains sites reprochent au jeu de ne pas en avoir. Pourquoi ? Ne pas avoir un tel système permet au contraire d’avoir un rythme de jeu toujours pêchu, puisqu’on ne peut pas se cacher constamment, à attendre minutieusement que l’ennemi lui aussi derrière son bloc sorte sa tête pour aligner le headshot. Le jeu pousse le joueur a aller dans la bataille, à bouger constamment, à utiliser ce qu’on lui offre et c’est, mine de rien, une bonne petite bouffée d’air frais vu la mouvance actuelle qui ont trop tendance à baser leur gameplay la dessus.

Ici, le combo « vie qui ne remonte pas » + pas de cover system + les transformations à la volée donnent une saveur particulière et assez grisante à un gameplay, dans l’absolu, assez traditionnel. On reste dans une progression linéaire, avec quelques scripts pour relancer la sauce, des caisses de munitions de temps en temps, des caisses de soins… tout en avançant vers « le point B » et ainsi de suite. Mais il le fait bien ! Et on ne peut décemment pas lui reprocher. C’est un peu l’équivalent mecha de RAGE, mon petit chouchou, en un peu moins bon quand même, mais dont la « simplicité » du gameplay/de la progression en deviens une force.  Et puis, comment ne pas remercier aussi les développeurs d’avoir pensé à intégrer des boss pour conclure chaque niveau ? Pas de QTE, une bonne vieille barre de vie à l’ancienne, une taille parfois immense et c’est parti pour trouver la méthode efficace pour lui gratter un peu de sa barre. Un plaisir simple, mais enfin retrouvé.

Toujours dans cette volonté de bien faire, le jeu se permet même de ne pas insister trop longuement sur le scénario avec finalement assez peu de cinématique (que ça soit en CG ou faites avec le moteur de jeu), la grande partie de la narration se fait en plein jeu, sans interruption (N’est-ce pas, Max ?). C’est pas forcément nouveau et/ou rare, mais c’est une preuve supplémentaire de la bonne volonté des développeurs de faire un jeu bien pensé, surtout qu’en soit le scénario n’est pas follement passionnant, mais si comme moi on découvre l’univers des Transformers et qu’on a quelques atomes crochus avec le genre « mecha », ça se suit plutôt bien et nous fait découvrir un background intéressant, chose presque insoupçonnée.

Je pense aussi, comme cerise sur le gâteau, de la direction artistique de grande qualité (et une partie graphique plus qu’honnête, avec un UE3 efficace sur du metal), avec une volonté (toujours) de varier un peu les décors alors que nous sommes pourtant sur une planète tout en métal (Donc, certes, avec une grande proportion de « gris » dans l’absolu). Entre la ville principale qui surprend parfois par son gigantisme et sa structure, au entrailles de la  planète et de sa faune local composé de limaces géantes mécaniques tout en passant par les prisons Decepticons voir même par… l’espace !, Transformers GPC surprend par sa variété alors que ça semblait plutôt mal barré. Le tout accompagné d’une mise en scène solide, parfois impressionnante (cf les boss) donnant lieu à des passages complètements épiques; on ressort parfois un peu avec les étoiles dans les yeux, à se dire « Not Bad » parce qu’autant de moyen mis en oeuvre, de « passion » (oui, j’ose) pour un bête jeu à licence sur des jouets tout pourrave, ça force le respect.

Bien sûr, tout n’est pas rose (ou gris) non plus dans le monde d’Optimus Prime. Des petites choses à reprocher dans le fond: le jeu est limite trop rythmé. A la manière d’un Vanquish qui tape lui aussi dans l’action à 200 à l’heure, le jeu en devient presque éprouvant. Pas forcément lassant, mais c’est tellement bourrin, l’action est tellement incessante malgré les petites subtilités de gameplay qu’une fois un niveau fini (une bonne heure par niveau, et il y en a 10), on a « besoin » de faire une pause, de souffler un peu. Pas un gros défaut, mais j’aurais peut être aimé un rythme un poil moins soutenu et un poil plus de variété, de passage un peu plus calme (à développer le background ?). Mais le support d’origine ne doit pas aider aussi…

Et l’autre défaut qui en ressort principalement, c’est la présence d’un coop. Je ne suis pas contre ! Mais à partir du moment où tu proposes du coop sans penser à le faire en local, c’est forcément pénalisant pour le joueur solo/offline, qui n’aura pas 36 alternatives. Ca se traduit par le fait que l’on est toujours accompagné de 2 bots quand on joue seul, et donc un coop jusqu’à 3. Les bots ne sont pas cons, ils font même bien leurs boulots. Le soucis ? Vu qu’ils sont immortels (et ce n’est pas plus mal), le principe des classes de personnages à choisir entre les joueurs avant chaque mission (Le trio habituel Soldat/Scientifique/Medic) devient… caduque. A quoi bon prendre soit même un gars qui peut soigner ses potes, créer un bouclier pour arrêter les balles temporairement, alors que les bots qui nous accompagnent n’ont rien à craindre ? Pire encore, même si ce n’est pas dramatique, les boss, aussi jouissif parfois soient-ils, sont pensés pour être affronté à 3 et du coup, la barre de vie est un peu…. longue en solo.

Je terminerai rapidement par un défaut « classique » de ce genre de jeu tout de même: le mode multi. En soit, il est fun, le côté « Battlefield » (Utilisation des véhicules en plein combat, système de classe, XP) est très accrocheur, le level design bien pensé pour tirer parti de chaque catégorie de Transformers… Non le soucis vient que j’arrive après la guerre, et que le passage des DLC (plutôt copieux en plus) ont légèrement flingué la communauté online, du moins sur 360. Pas qu’il n’y a plus personne, mais voir qu’on ne peut plus accéder à une grosse majorité des parties parce qu’on n’a pas les derniers DLC (qui rajoutent pas loin de 10 maps + 10 personnages), c’est un peu rageant. Hélas, La Chute de Cybertron n’y échappera pas avec des DLC dès la sortie du jeu, condamnant très probablement le multijoueurs sur le long terme.

Mais, malgré tout, ce n’est franchement 3 fois rien face au plaisir que j’ai éprouvé tout au long de la campagne solo, car c’est bien elle qui m’intéressait. L’ambiance est excellente (la VF est très réussie d’ailleurs), le background plus captivant qu’il n’y paraît, la progression est fluide, le gameplay particulièrement efficace et cette volonté de ne pas vouloir coller aux standards du genre le rend terriblement sympathique. Certains diront que j’en fais des tonnes pour un bête jeu à licence, mais il est tellement surprenant vis à vis de ces concurrents directs, fait du jeu vidéo sans trop de tares « modernes » qu’il fallait que j’en fasse un pavé ici même. Mission accomplie !

Podcasters Assemble #1

Après un premier essai un peu difficile, Gemini et moi retentons l’expérience du podcast audio entièrement dédié aux comics ! Cette fois-ci, pas mal de Batman (Mais on ne parle même pas du dernier film) et de super collants (très orienté DC Comics), mais pas que ! Dans l’épisode du jour, qui dure un peu plus d’un heure et 30 minutes au total, on va donc parler:

Et le podcast en version Youtube, avec quelques images pour agrémenter le tout:

 Il reste encore pas mal de boulot dans la forme (Toujours utile de mettre des petits jingles entre les sujets pour « souffler », mais manque de pot, on oublie toujours de bien faire oralement la transition), des hésitations, des répétitions (surtout pour moi, je le reconnais), mais on y travaille !

Découvrons DC Comics avec… le DC Comics Anthologie

Vous avez envie de lire des comics de super héros issus de l’univers DC Comics ? Vous êtes plus Batman qu’Iron Man ? Mais vous ne savez pas quoi lire, et/ou n’êtes d’office pas attirés par les récits trop vieux ? Je vais peut être pouvoir vous aider par cette série d’article qui leurs sont dédiés (Estampillés « Découvrons DC Comics avec… » suivi de l’œuvre/univers traitée) et qui devrait perdurer sur le long terme sur le blog (ça dépendra bêtement de ce que j’achète). Comprendre par là qu’en gros, dans le fond, ce seront simplement des articles sur mes dernières lectures dans le monde merveilleux des comics de l’univers DC Comics (que je découvre à peine), mais aussi conçus dans le but « d’aider » (toutes proportions gardées, je n’ai aucune prétention) des lecteurs de passages à y voir un peu plus clair dans les récentes parutions françaises (principalement Urban, puisqu’ils ont désormais les droits de publication de DC Comics, mais il y aura tout de même un petit peu de Panini dans le lot).

Outre une critique de (ou des) œuvre(s) en question, j’essaierais d’expliquer un minimum le contexte de la chose, ce qu’il faut savoir pour le prendre en main, son accessibilité quand on débute un peu comme moi, autour d’un thème ou personnage particulier. Evidemment, je ne parlerais que des sorties librairies et non du kiosque (Les magazines de « prépublications ») sauf cas contraire (il y en aura un peu, c’est vrai) et forcément en VF. Parce que bon, sinon, j’ai pas fini. Et oui, d’autres ont sans doute fait des choses similaires, mais laissez moi alimenter mon blog comme je peux.

Je commencerais par ce que j’estime être le meilleur point d’entrée, même s’il n’est pas… sans risque (mais plutôt « logique » aussi), le recueil DC Comics Anthologie. Par la suite, histoire de faire un peu de teasing, je reviendrais sur le « prologue » de la Renaissance DC (ou les New 52 en VO) Flashpoint, la première partie du run de Grant Morrison sur Batman, un tour d’horizon de quelques publications autour du Green Lantern ou même la fascinante et surprenante Batwoman. Enfin, une bonne partie de la production Urban, vu que je prends presque tout ce qui sort… La Passion !

Le DC Comics Anthologie, c’est un bon pavé de 288 pages contentant 16 récits sur les super-héros de la firme, de 1939 à 2011. Véritable voyage à travers le temps, parsemé d’anecdotes et d’explication sur l’évolution de la firme et du genre au fils des années, ce bouquin permettra à tous de se plonger dans tous ces univers qui ont permis de construire le genre.

…Bon, ca va, je crois que j’ai assez bien résumé la fiche produit trouvable sur n’importe quelle site.

J’avais une vraie envie de découvrir un peu toute cette histoire, parce que je n’y avais pas mis les pieds avant… 2011, de manière « sérieuse », « motivée » et « impliquée ». Les comics et moi, c’est vraiment tout récent et quand on regarde tout ça de loin, c’est quand même pas franchement évident de savoir par quoi commencer. Cette anthologie tombe plutôt bien du coup (Il est FAIT pour être accessible, c’est son but), et son prix le rend encore plus attractif, il n’en fallait pas plus pour me faire sortir la bat-carte de crédit ! Et je dois dire que… je suis assez partagé le concernant. Je dirais même plus, j’ai vraiment du mal à le juger convenablement. Je vous explique tout ça juste en dessous, mais je peux d’ors et déjà résumer la chose par « C’est un bouquin où il faut vraiment savoir dans quoi on mets les pieds ».

Alors en soit, intrinsèquement, c’est un très bon bouquin, difficile de remettre ça en cause. C’est complet, on a vraiment de bons « échantillons » de chaque période, afin de se faire une bonne idée de ce qu’il se faisait à chaque époque. L’aspect éditorial cher à Urban Comics (Principalement reconnu pour sa volonté de donner moult explications dans ses publications pour que le lecteur soit aussi à l’aise que possible, et le contrat est excellemment bien remplit à ce niveau) est toujours présent et on en apprend vraiment beaucoup sur la firme, comme de nombreuses mini-biographies des grands auteurs impliqués, scénaristes et dessinateurs qui ont travaillé sur chaque récits qui parsèment le livre. De plus, d’un point de vue purement matériel, le livre est superbe.

Outre l’excellente illustration du divin Alex Ross (mais qui peut déplaire par son hyper réalisme), on a surtout affaire à un livre très solide, au papier mat de qualité dosée; même si certains récits (surtout les plus récents) se savourent un peu plus sur du papier glacé (Je pense surtout au chapitre de Justice League « 2011 », plus terne en terme de couleur que le volume relié propre à cette série sorti plus tard). Et plus simplement, j’ai pris du plaisir à lire certaines histoires – surtout dans les plus récentes – me donnant une vision plus précise que j’avais de tel ou tel personnage. Je pense principalement à ce même Justice League, au récit dédié au Joker qui revient sur ses origines ou le travail d’Alan Moore (mais pas que) sur le Green Lantern dans les années 70, dont la mythologie moderne de cette même licence continue toujours de se baser dessus, ce qui force quand même un peu le respect.

Mais, de l’autre côté, il y a quand même un soucis un poil gênant. Ca peut sembler évident aux yeux de certains, mais une majorité des récits présents ont forcément… très mal vieilli. Alors ce n’est pas forcément le dessin qui cloche, il peut encore passer (ou être supportable, comme vous voulez) selon les récits malgré le coup de vieux évident, mais c’est vraiment le fond de l’histoire, la qualité du scénario et des dialogues qui ont souvent mal vécu le poids des années. Il faut quand même se rendre compte qu’à proprement parler, il faut au moins avoir lu la moitié des 16 récits proposés pour commencer – et seulement commencer – à lire quelque chose de vraiment « intéressant ». Bon je n’ai rien contre les vieux récits, surtout que la qualité ne vient pas forcément de façon chronologique, il y a aussi du lourd voir du mauvais dans les plus récents (Je pense à celui sur Wonderwoman, imbuvable et mal dessiné… et pourtant de 2005 !).

Je ne veux donc pas rabaisser des histoires qui ont 60 ans derrière elles, mais il faut quand même reconnaître que c’est très difficile à lire de nos jours, encore plus – justement – pour quelqu’un qui n’a pas eu de contact avec ce genre de production depuis longtemps voir jamais. La narration est particulièrement pénible, notamment avec cette omniprésence du narrateur dans chaque case pour expliquer ce qu’il s’y passe (Alors que de nos jours, tout se fait par le visuel, on prend le temps de montrer le personnage marcher un minimum et pas à le faire téléporter d’un décor à un autre d’une case à l’autre). Et puis il y a tout simplement ces scénarios très basiques qui empêchent de rentrer un peu dans le récit.

D’accord, aujourd’hui, on ne peut pas dire que les comics de super héros soient systématiquement profonds, bien écrits et intelligents; c’est même souvent assez manichéen (ou volontairement brainless). Mais ici, à l’époque pour la plupart, tout se boucle en une poignée de pages, voir même de cases, vu que le plus gros de l’action est… raconté par le narrateur lourdingue. Aujourd’hui, ça nous paraît tout simplement « expédié » dans tous les sens du terme alors que dans les récents comics, on prend un minimum le temps d’expliquer les choses, de s’étaler pour avoir un peu de consistance. Une histoire actuelle qui se développerait sur 4*20 pages (par exemple) serait facilement condensée en 30 pages (grand maximum !) dans les années 50.

C’est l’impression que j’ai eu quand j’ai lu le pourtant célèbre « Flash of Two Worlds « , le premier comics qui mettaient en place le principe des univers parallèles via la rencontre du Flash des comics des années 40 et celui fraîchement crée des années 60. Dans les faits, le récit n’est pas profond, pas suffisamment développé et surtout résumé à des combats contre des super vilains délirants typique de l’époque du Silver Age, mais qui passent toujours très mal aujourd’hui. De manière générale, même si une idée paraît « bonne » pour l’époque, on souffrira toujours de cette narration lourde, d’un scénario et de scènes idiotes (Toujours drôle de la voir la Justice League faire une fête dans sa base, et voir Wonderwoman faire le ménage juste avant) couplé à des dialogues pas toujours très inspirés mais à contrario très orientés, comme l’atteste un personnage parlant à Wonderwoman des USA, comme un des « derniers bastions de la démocratie et de la liberté de la femme » de façon totalement gratuite et inutile dans la conversation. Je ne dis pas que la propagande n’existe plus dans les comics, mais c’est un poil plus subtil maintenant, je pense.

Bref, on ne ressent pas grand chose pendant une grande partie de la lecture de ce livre. Tout du moins, pour être moins négatif, on ne peut plus prendre ces récits au premier degré, tel qu’ils l’avaient été pensé à l’époque. Si on lit ce livre, c’est vraiment pour le côté historique de la chose, constater par soit même que le genre a beaucoup évolué dans sa forme (certes, moins dans le fond, mais suffisamment pour lui donner une seconde jeunesse). Ca va peut être en hérisser certains, mais je vois le livre comme un très bon livre d’histoire de la bd américaine sous l’angle DC Comics, et non comme un pur recueil de comics. Ce n’est absolument pas péjoratif et c’est intéressant à lire malgré tout, afin de voir comment DC Comics à développer son immense univers remplit de collants. Mais oui, c’est bien un livre où il faut savoir exactement où on met les pieds.