Welcome to the Green Fantern Corps

Dans mon entourage proche, parmi ceux qui me suivent sur Twitter, beaucoup auront rapidement compris que – depuis ma découverte du monde des comics – j’aimais énormément l’univers de Green Lantern, la franchise toute verte en provenance de DC Comics. Au point d’en faire un article sur ce même blog afin de donner des pistes de lecture pour le lecteur débutant et curieux de découvrir cet univers singulier mais franchement passionnant.

Evidemment, facile de deviner aussi à quel point j’étais content en découvrant que DC Comics était en train de diffuser une série animée basée sur Green Lantern, inscrit dans la « gamme » des The Animated Series (Batman, Superman, ainsi que les dérivés Batman Beyond et Justice League) chers à Bruce Timm et même toujours produit par ce dernier. Mais aussi surpris. Rappelons le: malgré sa présence dans l’équipe principale de l’univers DC (Justice League), l’importance qu’a eu son univers dans la continuité principale des comics (Les sagas Emerald Twilight, Blackest Night/Brightest Day), c’est un perso/une licence qui ne plait pas tellement au grand public. Peut être est-ce dût à son contexte « cosmique » (Le grand public préférant sans doute quelque chose de plus terre à terre, littéralement), à son esthétique kitsh (mais souvent assumée) ou son concept trop perché (Lorsqu’un Green Lantern porte son anneau, il est habillé d’une tenue verte fluo et peut littéralement matérialiser tout ce qui lui vient à l’esprit par le pouvoir de la volonté).

Mais voilà, nous sommes en 2011, et Cartoon Network va prendre le risque en entamant la diffusion d’une série entièrement dédiée au héros fan de la Saint-Patrick, entièrement en CGI qui plus est, vu que c’est à la mode ces derniers temps (Le gros succès de The Clone Wars et ses 5 saisons expliquant sans doute cela) au sein de son programme « DC Nation » qui diffusa en parallèle la série Young Justice (entre autre), sorte de Justice League adolescent. Et nous revoilà en Mars 2013, la série s’est terminée depuis deux petites semaines au moment où j’écris ces lignes, après 26 épisodes et aucune seconde saison en vue faute de succès des jouets qui régissent la pérennité d’une série TV pour enfant aux US. Triste. Mais qu’importe, j’en suis ressorti totalement conquis pour ce qui est devenue une véritable et excellente surprise (Malgré mon attrait pour l’univers, j’y suis allé à reculons au départ, ne m’attendant pas à grand chose parce que lol série en CGI = caca). Forcément, il fallait que j’en parle.

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Pour rappel, Green Lantern: The Animated Series nous raconte directement l’histoire d’Hal Jordan, le « principal » Green Lantern qui s’occupe de la Terre et de ses environs, et faisant parti du Corps des Green Lantern, une « police de l’espace ».  Accompagné de son coéquipier Kilowog (Le grand gaillard à tête de bulldog), ils devront faire face à une nouvelle menace, la première apparition des Red Lantern, l’équivalent… rouge des Green Lantern. De plus en plus nombreux et qui sèment, comme tout bon gros méchant qui se respecte, la destruction sur leur passage, rêve de conquête et semble même chercher vengeance envers les Gardiens de l’Univers, les instances supérieurs aux GL.

S’en suit une sorte de road trip au sein de l’univers cosmique de DC Comics afin de comprendre les origines de cette menace et la façon de les contrer; auquel s’ajoutera deux personnages principaux: Razer, un Red Lantern qui cherche – sans l’avouer – la rédemption et Aya, une IA qui appartient aux GL et ayant pris forme humaine pour mieux accompagner nos héros. Et apporter une touche féminine, évidemment. Et c’est tout, voilà le roster de base.

Directement, parce la grande force première de la série, ce qui frappe d’entrée de jeu, c’est vraiment la facilité avec laquelle on rentre dans l’univers du Green Lantern de manière générale et par extension, de la série TV. Pas de pré-requis demandés tels qu’avoir lu quelques comics pour avoir la base ou tout simplement une série TV précédente qui aurait déjà expliqué le concept/personnage. Non, tout est fait pour accueillir le novice en grande douceur, présenter ce concept sous son meilleur jour et en solo, sans pour autant passer par ce passage particulièrement lourd des origines. Mais si, vous savez… la vie du héros avant la découverte des pouvoirs/objets magiques, ses premiers pas hésitants… Ici, fuck that shit. Hal Jordan est déjà un Green Lantern confirmé, il fait régulièrement des missions; on part de suite dans un univers qui a déjà des choses derrière lui de manière implicite, mais qui vous accompagne et vous propose de le découvrir les bras grands ouverts une bière à la main.

Ici, subtilement au détour de quelques dialogues savamment placés, on vous rappellera tout ce qu’il faut savoir sur le concept, les origines des pouvoirs du héros et son entourage cosmique. La série est un excellent point d’entrée qui n’oublie pas non plus le fan qui pourrait n’y voir qu’un produit dérivé facile et qui n’exploite pas la richesse de l’oeuvre originale (et Dieu seul sait qu’avec le passage du scénariste Geoff Johns sur le comics depuis 2004, cette richesse ne semble pas avoir de limite). Red Lantern, Blue Lantern, Star Sapphire, Sinestro, Mogo, Anti-Monitor, The Book of Oa; des noms qui ne diront rien à ceux qui découvre la licence, mais qui – au travers de l’intrigue principale, d’un simple épisode voir d’un petit clin d’oeil dans le décor – provoquent toujours cette petite étincelle dans les yeux du fan averti (que je suis rapidement devenu). Arriver à mettre en place des intrigues (voir personnages) inédites, tout en respectant avec amour l’original, pour satisfaire tout le monde (Les fans seront aux anges, les nouveaux découvriront un univers insoupçonné et passionnant) en 26 épisodes, un véritable tour de force.

D’autant plus qu’à côté, toujours pour continuer le parallèle avec le matériel originel, la série se paie le luxe d’avoir une très jolie esthétique malgré la 3D, et même un chara design plus séduisant que le comics ! Héritant directement du trait 3Difié de Bruce Timm – qui avait déjà rendu attractif l’univers de Batman (Voir Superman) contrairement à la sombre période des comics de super-héros dans les années 90 – le design affiche toujours cette simplicité dans les formes, ce côté épuré, mais devient en contre parti tellement plus agréable. Des personnages plus… agréable à l’oeil, qui dégagent bien plus de sympathie et d’attachement (Chaselon !), moins typés « comics mainstream » avec les défauts/clichés qui vont avec (Le côté « hyper musclé », trop sombre/torturé avec les tronches de constipés qui vont avec). Même les « nouveautés » de la série TV par rapport au comics (comme l’ajout du personnage de Razer, totalement inédit) sont particulièrement réussis et donneraient furieusement envie d’être intégrés plus officiellement aux comics pour les voir prospérer quelques années de plus.

Et surtout, l’animation dépote. L’ambiance « cosmique » est particulièrement bien retranscrite. Même si le tout pourra rebuter au départ pour quelqu’un de non habitué aux séries en CG et au genre super-héroïque (Lol, on dirait du sous-Pixar), le visuel gagne en efficacité à chaque épisode. Que ça soit dans le rendu de l’immensité de l’espace et de ce qui le compose, des combats spatiaux (et pas juste 2 vaisseaux qui se font piou-piou dessus, hein), des effets de lumières propres aux Green Lantern et de leurs potes de couleur; l’ensemble en jette réellement.

Couplé à une animation sans faille, avec des personnages qui ont de chouettes mimiques/sont expressifs comme jamais et à une mise en scène classieuse, on finit carrément par impressionné devant une telle maîtrise et débauche pour un simple dessin animé pour enfant. Et c’est là qu’on se dit que la 3D n’a pas un mauvais fond, surtout quand à côté, je regardais l’anime Jojo’s Bizarre Adventures, sympathique dans le fond, mais désastreux dans la forme avec un rythme particulièrement lent, et surtout techniquement bien défaillant avec une animation médiocre et des dessins irréguliers. Beaucoup de scènes de GLTAS auraient perdu de leur impact s’ils avaient eu le même traitement (il suffit de voir aussi Young Justice, tout en 2D, qui montre aussi vite ses limites).

Justement, parlons « impact », allons dans l’autre sens et parlons du fond cette fois-ci. Ce qui est épatant avec cette série, c’est définitivement sa qualité d’écriture. Bien sûr, certains me diront que ce n’est finalement pas si étonnant quand on appartient au Timmverse (Et c’est vrai, après tout), mais la force de GLTAS est aussi de se démarquer de ses cousins justement, en plus de la concurrence, avec une formule quelque peu… différente.

GLTAS arrive admirablement bien à conjuguer une série à destination des plus jeunes avec les « obligations » qui vont avec (Le côté édulcoré, pas de sang, etc.), tout en permettant au « plus vieux » de la regarder sans se sentir insultés/exclus par la façon dont sont traités les personnages et l’intrigue. Il y a cette simplicité dans la trame générale qui le rend accessible (mais de façon agréable, pour plaire à tous), mais dont de multiples petits détails (surtout dans les relations entre certains personnages, les conséquences de certaines actions) sont seulement compréhensibles qu’en ayant une certaine « maturité », un certain âge. Ça y est, le mot est lâché, « Maturité ».

Les personnages sont un minimum travaillé, leurs dialogues sont bien écrits et sonnent souvent justes, loin du ton parfois trop clichés/premier degré du genre. Les relations entre certains, l’évolution qui va avec, paraissent crédible et on y croit un minimum, sans trouver ça trop niais, trop artificiel ou trop en décalage avec le reste. La série sait alterner intelligemment l’humour, l’action over the top propre à la licence, le développement de l’histoire (Seulement deux arcs de 13 épisodes environ) et des personnages avec un rythme sans faille, sans que l’ennui s’installe. Et elle arrive même à surprendre avec des scènes qui prennent le spectateur à revers, tant on ne s’y attendait dans une telle production. Maturité, assurément.

C’est assez rare pour être souligné, mais du fait de cette écriture étonnamment maîtrisée et adulte pour un « vulgaire dessin animée pour enfant », je me suis terriblement attaché à cette poignée de personnages de fictions, au point d’en ressentir une certaine empathie pour certains, voir même, yep, de verser ma petite larme devant mon MKV. C’est vraiment une série dans laquelle on s’attache vite, on a envie de suivre les aventures de notre petit groupe de héros à travers l’espace pour repousser l’armée rouge.

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Car c’est aussi là sa différence avec les autres séries du Timmverse, voir des autres séries du genre: on ne dirait pas vraiment une série de super-héros. On ne retrouve pas l’aspect « solo » d’un Batman/Superman TAS, ni à contrario ce côté fourre-tout et encyclopédique d’un Justice League. C’est con à dire, je suis peut être le seul à le penser, mais à sa manière, j’ai eu l’impression de mater un anime, un shônen dans sa forme. On y suit un groupe de 4 personnages avec les relations qui se développent entre eux et qui ont une certaine importance au sein du récit principal; une aventure où ils vont « voyager », faire des rencontres, des amis, des ennemis. C’est vraiment une conception différente, mais une conception réussie du genre. Du coup, la série est pas mal complémentaire avec  Young Justice, plus classique, mais aussi très bonne dans sa branche. Un groupe plus restreint, auquel viendra éventuellement se greffer quelques personnages supplémentaires (Saint Walker !), mais jamais de façon définitive. L’attachement n’en est que meilleur. Et les drames que plus douloureux.

La série est loin d’être parfaite pour autant. Si la série est bien rythmée donc, il n’empêche que c’est une série qui met un certain temps à décoller, à montrer son potentiel, avec parfois pas mal d’épisodes « fillers » qui servent « juste » à développer l’univers, sans rapport direct avec le scénario. Pas qu’ils soient mauvais donc ! Plus précisément, je suis même quasiment sûr que certains auraient pris de l’importance si… la série avait marché, et donc continué. C’est encore plus flagrant (et frustrant) quand on connait le comics et qu’on voit des éléments mineurs à première vue, mais qui ont du sens pour le fan et le laissait entrevoir d’énormes possibilités de suite. Qui n’arriveront… jamais.

Il n’empêche que c’était globalement très bon. Une première partie « juste » sympathique mais une seconde qui met définitivement les bouchées doubles et finira même par vous faire rager envers Cartoon Network une fois le 25ème épisode fini. Une musique présente mais pas trop, qui fait bien son taff, une technique impeccable, des personnages attachants, de l’humour qui fait mouche, un univers respectueux de ses origines, qui a son propre style. Et un vrai boulot d’écriture derrière, ce qui est trop rare de nos jours pour la bouder. Même si elle est finie à tout jamais.

Allez, sait-on jamais: en Juillet, débarquera la nouvelle série Batman (oui, encore), Beware The Batman, une série elle aussi en 3D pour l’occasion. Peut être y verra-t-on un épisode où un Green Lantern débarquera à Gotham City aider Batman et ça sera… Hal Jordan, tout juste revenu sur Terre après l’épisode 25 de sa propre série. Yep, je rêve beaucoup. Je finis, et je repars me rouler par terre en pleurant pour avoir une vraie suite crédible. Damn you, CN.

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