Let’s read some Comics ! En route pour Fear Itself #5

Toujours à la bourre ! Avant dernière partie avant le grand final (qui ne laissera sans doute personne indifférent, mais pas dans le bon sens du terme) de l’event mou du genou de chez Marvel; en espérant que le suivant sera plus… rigoureux, contrôlé, avec un petit seau « Seal of Quality » dans un coin, car on l’aura bien remarqué au fil des mois: Fear Itself a tendance à méchamment se barrer en sucette, un peu dans tous les sens en exploitant pas vraiment comme il faut ses personnages, pourtant à fort potentiel. Allez, conclusion (sans doute rapide, même s’il y a masse de chose à redire sur ce crossover, je trancherai d’ici là) avant la mi Juin. Bonne lecture !

Commençons d’abord par la checklist du mois d’Avril:

– Fear Itself 6: Composé de Fear Itself #6 et la fin de la série de chapitre « The Home Front »
– Marvel ICONS 14: Composé de New Avengers #16 et Invincible Iron-Man #508 
– Marvel HEROES 14: Composé de Avengers #17 et Journey Into Mystery #627-#628 (Partie I)
– Marvel STARS 14: Composé de Thunderbolts #161 et #162 (Suite et fin)
– X-men 14: Composé du Uncanny X-men #543
– Marvel HEROES Extra 10: Composé de Avengers Academy #15 à #20


Petit diaporama des couvertures françaises – ma préféré étant celle de Fear Itself 6 (Immonen, forcément), et la plus moche celle de Marvel Heroes (le reste n’étant pas non plus d’un niveau extraordinaire):



Fear Itself 6: Faisons simple et court, vu que eh, le schéma de chaque chapitre est sensiblement le même: Un peu de bravoure et quelques répliques bien senties – surtout venant de Steve Rogers engueulant gentiment Odin, un affrontement final qui se prépare petit à petit où l’on voit un peu plus clairement les objectifs de Tony Stark; le tome se laisse suivre avec plaisir, annonce plein de bonnes choses mais se retrouve dans une impasse: comment conclure tout ça en 40 pages, pour le chapitre 7 ? Comme faire quelque chose d’épique – vis à vis  des combats qui s’annoncent sur de multiples fronts, rendre dignement hommage aux personnages tombés au combat et tout simplement faire une fin propre et concise pour passer à la suite ? C’est mathématiquement impossible, et en attendant un avis plus complet, je vous le dis en mille: le #7 confirme bien ce doute.

Ce qui n’aide pas à apprécier un peu plus ce tome pas foncièrement mauvais, c’est la fin des Home Front. Là où ce genre de récit pourrait raconter brièvement des choses intéressantes, en complément de ce que l’on croise à côté, c’est malheureusement l’occasion pour Marvel de faire de l’exploitation honteuse, du meublage pur jus (bon, vous allez me dire, ce n’est pas la première fois). Comprendre par là qu’on va y retrouver de courts récits sans grand intérêt, mettant en scène des personnages dont on n’a pas grand chose à cirer (Blue Marvel ? L’Aigle Américain ?) et dont on ne voit toujours pas le lien avec l’event. Seul le récit lié aux Vengeurs des Grands Lacs tire son épingle du jeu avec un peu d’autodérision (Quand un des personnages s’exclame « On se croirait presque dans un crossover Fear Itself ! » devant l’absurdité de la situation dans laquelle il se trouve), d’humour constant qui fait mouche; à défaut d’apporter grand chose, surtout en aussi peu de page. Ca fait maigre, mais on fait avec ce que l’on a.


New Avengers, poursuit et fini de façon sympathique l’arc Fear Itself. Pas forcément le meilleur du lot, il n’apporte pas grand chose dans le fond, mais il a le mérite de rester constant du début jusqu’à la fin – et ce n’est pas donné à tout le monde, qu’on se le dise. L’occasion pour les scénariste de profiter de ce vide scénaristique pour mettre en avant « pour le fun », un perso qu’on ne voit pas souvent: Daredevil. Je ne le connais pas des masses – je suis désormais sa série récente dans le Marvel Knight, et c’est pas trop mal – mais ce chapitre assure pas mal et rend honneur au charisme du personnage, avec principalement des combats bien mis en scène et jouissifs entre Daredevil et des nazis pour aller sauver les miches de Squirrel Girl (Et un Daredevil armé d’une machine-gun, moi je dis banco) et toujours un dessin redoutable d’efficacité dans l’action, de justesse dans son trait jusqu’au bout.

Iron Man traîne toujours un peu en longueur, et confirme l’impression du précédent: on sent que la série aimerait passer à autre chose (elle est pleine de potentiel et m’a fait passer de très bon moment par le passé, donc hâte de voir la suite des évènements), mais se doit de rester en parallèle à l’histoire principale. Du coup, oui, on en prend toujours pleins les yeux visuellement (une constante depuis que je lis la série et je vais pas m’en plaindre, le dessin est très bon, riche en détail malgré son aspect « informatisé à 200% » et la colorisation souvent au top malgré quelques ratés), c’est dans la forme bien rythmé et maîtrisé – le plaisir est donc toujours là – mais le fond du scénario s’étale encore et toujours trop. Je n’ai d’ailleurs pas encore lu le numéro de mai à l’heure actuelle, mais je sens d’ici le torchage pour boucler l’arc du côté de Stark…


Avengers s’enfonce toujours un peu plus. Pas aussi mauvais que le précédent dans le fond, mais par rapport aux premiers par Dieu Bachalo, on tombe de haut, fatalement. Raclage de fond de tiroir avec un Romita Jr à bout de souffle, le chapitre – qui oppose les Vengeurs une énième fois à Sin, sans la moindre impact sur la suite des évènements – est ponctuellement constitué de choses sympathiques mais sans jamais réellement convaincre. Certaines planches sont presque réussies et dégagent un petit quelque chose: Romita foire toujours autant les personnages dans le fond (surtout les femmes, hélas, tout le monde ne peut pas s’appeler Terry Dodson), mais reste agréable malgré tout par une coloration qui embellit parfois bien le dessin, et toujours cette notion de dynamisme propre au dessinateur qui lui donne un certain cachet. A côté de ça, on sent donc qu’on s’étale toujours autant parce que le scénario manque à l’appel, occasionnant quelques passages assez fun toutefois avec les armures d’Iron Man en mode pilotage automatique dans la tronche de Sin, mais ça ne suffit pas à se faire entièrement pardonner… Heureusement que c’est le dernier chapitre, à la fois estampillé Fear Itself et Romita Jr, d’ailleurs.

Journey Into Mystery semblait pourtant enfin partir dans la bonne direction, ça semblait bouger un peu, mais le temps du #627, un interlude en la compagnie de Mephisto, le soufflet retombe quelque peu et on s’ennuie ferme. En fait, le gros soucis, c’est que cet interlude intervient au « mauvais moment », à un moment où on aimerait que ça avance de bon et pas qu’on nous assène d’un blabla bien pompeux comme il se doit, multipliant les références à l’univers Marvel… que personne ne connaît, laissant donc un peu sur la touche le lecteur. En gros, ça n’a ni queue, ni tête.  Le #628 relève la barre (puisque la suite directe) mais Panini voulant à tout prix meubler son magazine à cause de la réduction de page des chapitres US (On passe de 24 à 20 pages) on se retrouve avec… la moitié du chapitre. Donc ça semble commencer bien, mais ça s’arrête sec en plein milieu. Gé-Nial.


Thunderbolts revient enfin aux sources ! Après un petit passage à vide, avec tout le côté « serious business » qui découle du crossover, les tribulations d’une des équipes Marvel que je préfère prennent un peu de distance avec l’event (et n’en a presque plus rien à voir d’ailleurs, c’est juste la transition avant de virer définitivement le macaron) pour repartir sur une base bien plus fun, décomplexé, comme à la bonne époque où je les ai connu. Une histoire volontairement oldschool, un scénario de comicbook pur jus en somme (mais qui n’est pas forcément un défaut en soi) où on y trouvera le méchant bien connu, Zemos Jr qui profite de la peur installée un peu partout pour balancer une bombe sur Chicago et qui enchaîne sur une étrange invasion de créatures aquatiques, dont les Thunderbolts devront repousser l’assaut. C’est assez « délirant » dans le concept vis à vis de ce que l’on a vu avant, mais c’est une véritable bouffée d’air frais, ça fait du bien de retourner à quelque chose de simple et qui va à l’essentiel, sans trop se prendre au sérieux. Ma foi, beau rattrapage, même si le dessin pèche toujours un peu (N’est pas Kev Walker qui veut).

Uncanny X-men persiste et signe et offre définitivement une bonne saga dans cet event. C’est d’ailleurs un de mes préférés finalement, et je ne pense pas que la fournée de Mai changera quelque chose. Collossus change donc d’apparence, et devient le « disciple » de Cittorak, l’ancien proprio du Fléau. Le chapitre met avant tout en avant les premiers pas de l’homme de métal avec sa nouvelle force (déjà qu’il était bien loti avant) en le faisant directement affronter le Fléau en mode Digne. Bien que le twist de fin soit prévisible et minable (la fuite des Dignes pour le combat final), ce fût un bon chapitre avec un Colossus à la force démesurée et montrant qu’il avait clairement le dessus sur son adversaire, tandis qu’Emma Frost tente de se débarrasser d’Hope avec en bonus l’intervention de Namor dans son légendaire slip de bain… le tout soutenu par un dessin toujours aussi bon, retranscrivant à merveille toute la puissance dégagée par ce combat de titan. Un vrai plaisir à lire.

Avengers Academy est une chouette série. J’ai tenté d’en parler dans le récent podcast que j’ai effectué, mais pour ceux qui l’auraient zappé: c’est plutôt bien écrit et intéressant à suivre, malgré son design un peu kitshos sur les bords, et un concept très proche des X-men: Durant la saga Siège, des ado avec des pouvoirs en quête d’identité avaient été enrolé par Norman Osborn, le grand méchant emblématique, dans le but d’en faire des « super méchants », dans l’idée. Une fois son « règne » fini, que faire de ces jeunes à l’esprit perverti, qui peuvent à tout moment passer dans le côté obscure de la force ? L’Avengers Academy est là. Malgré l’image mentale en pensant à la Star Ac’, c’est une série qui met en place ces jeunes dans une école de « redressement », dirigé par Quicksilver, Tigra et surtout Henry Pym, l’homme Fourmi – dans l’espoir d’en faire de bons vengeurs.

Pendant Fear Itself, l’école se fera grosso modo attaquer par un des Dignes d’un côté et ces nouveaux jeunes vengeurs se verront confrontés à l’impact d’une telle « guerre » sur la population (« On ne peut pas sauver tout le monde ») et des doutes qu’ils peuvent ressentir dans ces moments là (« On est surpuissant, mais on ne peut rien faire face à la situation » ou « C’est la première fois que je tue quelqu’un, je me sens mal »). Et c’est drôlement chouette en fait. On sent – certes – que certaines situations sont tirées par les cheveux pour étaler la sauce, mais c’est suffisamment bien construit, écrit (Ce n’est pas uniquement de la baston, mais on assiste à de bons développements de personnage), et rythmé pour que ça passe tout seul. Le dessin n’a jamais été extraordinaire, mais fait bien son boulot, sans ratage particulier. Et en plus, Panini a eu la bonne idée de publier tous les chapitres liés à cet event en un seul bouquin, parfait pour tout lire d’un traite malgré l’épaisseur du scénario.



Le mois prochain ? Suite et fin de Fear Itself forcément, Iron Man, Ghost Rider, Journey To Mystery, ainsi que l’arc complet dédié à l’event pour la série New Mutant; et les dernières miettes en terme de séries très secondaires dans le second Marvel Monster (Oui, malgré la qualité du premier), dont le sympathique sur le papier (même si je ne me fais pas trop d’illusion non plus) Hulk vs Dracula. De toute, ça peut pas être pire que le chapitre précédent dédié à ce même Dracula, complètement nullissime.

Podcasters Assemble !

Pour une fois, en dehors de mes habituelles vidéos (qui devraient revenir incessamment sous peu, quand l’inspiration me reviendra – je ne lâche pas l’affaire mais là je suis en panne sèche), je retente le coup du podcast audio avec cette fois-ci l’ami Gemini pour m’assister dans ce podcast numéro #0 sobrement appelé « Podcasters Assemble » (Pas sûr que le terme « podcasters » existe, mais ça sonne bien) dédié – surprise ! – à notre passion commune, les comics, et en particulier de Super-Héros. On ne sait pas s’il y aura suite, c’est surtout pour le fun qu’on l’a fait.

Bon, autant le dire tout de suite, nous avons eu des soucis de micros, des passages où l’on s’étalait un peu trop, je manque de rythme tellement j’ai pas l’habitude de parler sans mon prompteur habituel et une qualité sonore qui s’est faite hara-kiri sur à 30min de la fin (Why, Skype, Why); mais on ne voulait pas non plus jeter toute cette sueur et ces larmes à la poubelle malgré tout. Je ne dis pas non plus qu’il faut tout excuser, mais vous êtes prévenus.

Le lien pour télécharger le podcast complet qui dure un peu moins de 2h tout de même (On ne pensait pas faire aussi long, eh), ainsi que, pour les moins motivés:

Et concernant cette même section, je l’ai sub-divisé aussi, sait-on jamais:

Ainsi qu’une version vidéo dont la partie vidéo n’a évidemment aucun intérêt à proprement parler, c’est juste pour  profiter d’un streaming (avec de zolies images en fond quand même !).

La division selon Spiderman

Pas facile d’être mort dans l’univers des comics, en particulier Marvel dans mon cas. On le sait bien – ou on l’apprend très vite – mourir n’est étrangement pas une fatalité dans le joyeux monde des super héros et il n’est pas rare – au grand dam de nombreux fans, il est vrai – de voir la maison mère trouver un subtil twist scénaristique (pas souvent apprécié) pour faire revenir la personne concernée sur le devant de la scène. Parce que eh, ça serait idiot de tuer dans l’oeuf une série emblématique dans certains cas, en laissant mort son héros trop longtemps. L’argent ne rentre pas tout seul.

Ici, on parlera du cas Spiderman, dans l’univers « classique » de Marvel (Cette continuité qui est là depuis 70 ans, depuis les premières aventures de Captain America). Pas de Peter Parker en lui même (même si je suis sûr que c’est déjà arrivé) , mais un de ces proches. Souvenez-vous: Durant la période Civil War, Peter Parker avait fini par être favorable à la loi de recensement (Loi qui oblige les héros à révéler leur identité, pour être contrôlé et payé en conséquence) mise en place par le gouvernement américain et Tony Stark, alors lui-même représentant des super héros recensés. Ayant été convaincu par ce dernier, Spiderman dévoile donc son identité à tout le monde, ce qui n’est pas… sans conséquence.

Le Caïd, un des méchants emblématiques du héros, croupit en prison, mais apprend toute fois la nouvelle. Dès lors, avec son habituel « réseau », ses contacts auprès de la pègre local, il tente de profiter de l’occasion offerte par cette révélation pour tenter d’abattre une bonne fois pour toute son ennemi juré. La routine, donc. Mais là où ça devient intéressant, c’est que cette tentative, via un tireur embusqué, se soldera par une semi réussite… en touchant de plein fouet Tante May, au lieu de Peter Parker. Et c’est ici que Civil War se termine pour Spiderman, mais c’est là que commence son aventure One More Day qui, une fois n’est pas coutume, bouleversera réellement sa vie. Pour la bonne cause ? En tout cas, c’est une saga qui a divisé bien des fans… Et qui en a gagné un de plus.

Tante May est donc entre la vie et la mort, puisque mortellement touchée, son grand âge n’aidant pas (Eh, en ayant au moins 80 ans depuis les années 60, elle ne doit plus être bien fraîche). Voici en quelques mots ce qui constituera l’unique fil rouge de One More Day, mais un fil rouge particulièrement éprouvant pour Spiderman. Aidé de sa compagne actuelle (Mary Jane bien sûr, marié et tout, et tout), ils vont tenter de la sauver coûte que coûte (Normal, surtout pour sa tante qui est plus proche d’une mère qu’autre chose) malgré une situation qui semble empirer d’heure en heure.

Et c’est là la grande force du récit, c’est de monter progressivement dans le désespoir de Spiderman face à l’urgence de la situation, en passant par les grandes étapes de ce genre de drame familial. Peter ne veut pas abandonner, il ne peut pas abandonner, ça lui semble tout simplement impensable de voir sa tante périr et vivre avec ça sur la conscience, surtout via une balle qui ne lui été pas destinée. Ca a toujours été un héros « torturé », qui a son lot de problème et c’est même une de des principales raisons qui a mené à sa création dans les années 60. C’est un héros qui souffre régulièrement, et cette aventure montre jusqu’où il peut aller pour tenter d’oublier cette douleur.

Une soif de vengeance qui le poussera à réutiliser son fameux costume noir – qu’il cachait soigneusement dans un coin – pour mener sa propre vendetta contre les auteurs de ce crime en devenir. Une soif qui le mènera à un violent combat contre le Caïd, rapidement impuissant contre un Spidey hors de contrôle. Une soif qui le mènera au désespoir, en le mettant au pied du mur, à supplier certains de ses vieux amis de l’aider par tous les moyens, même les plus obscures, le rendant parfois bien pathétique. Spiderman n’abandonne jamais ! Et pourtant, le constat semble sans appel: Tante May semble belle et bien condamnée à mourir. Que pourrait faire notre homme ? Accepter la fatalité ? Trop facile pour l’univers Marvel.

Ne dit-on pas, dans certains cas (aussi cliché que ça puisse être)  » je vendrais mon âme pour avoir/faire/être xxx !  » ? Au fur et à mesure de la lecture, on aura beau trouver le scénario de plus en plus tiré par les cheveux (pas en terme de « complexité », mais dans la voie dans laquelle il s’engouffre), il m’a semblé complètement naturel d’en arriver à là. Et pourquoi pas ? Nous sommes dans l’univers Marvel « principal », un univers qui n’a – hélas, car ce n’est pas souvent une bonne chose – aucune logique, aucune cohérence dans le fond. Du coup, paradoxalement, cette dernière partie, cette partie décisive, m’a paru… cohérente. Toujours bien orchestrée, bien construite, cette partie reste dans la logique de l’univers Marvel en exploitant la « suite logique » des évènements et en devient « crédible » vu sous cet angle. On est bien dans un univers où l’on peut devenir un super (anti) héros en vendant son âme pour sauver son père d’un cancer, alors pourquoi pas sa tante ? D’autant que la rançon en échange du dit service occasionne un cruel dilemme pour le héros, et sans doute très intéressant pour la suite (aussi radical soit-il, je le concède qu’ils y sont allé fort). En tout cas, la scène qui en résulte était poignante.

D’autant plus que l’oeuvre en rajoute une ultime couche dans cette descente aux Enfers par son dessin de très bonne facture, malgré les différents dessinateurs que son Joe Quesada, Joseph Michael Straczynski et Ron Garney. Je ne les connais pas spécialement et ce n’est pas mon style favori de manière générale, mais il faut reconnaître une vraie maîtrise globalement, avec un excellent découpage/rythme (Le combat contre le Caïd par exemple), un dessin qui offre planches parfois superbes – souvent réussi dans tous les cas – autant dans ces passages avec un Peter enragée, près à franchir la ligne de non retour dans son éthique de toujours (ne pas tuer), ainsi que ce Parker complètement désemparé par la situation – surtout sa conclusion – offrant un réel moment d’émotion qu’on ne retrouve pas souvent dans les comics de super héros. Et je ne vais pas m’en plaindre, vu que l’objectif fût réussi.

One More Day, ici dans sa version « Deluxe » française – celle qui raconte juste l’ascension de l’araignée dans cette quête désespérée et non les conséquences directes de ce « reboot final » –  n’en reste donc pas moins un récit passionnant, et admirablement bien construit. Je suis tout à fait conscient du fond de l’idée principale, de son côté « trop facile », « sans couille » et « débile » qu’on pourrait lui reprocher et qu’on aurait sans doute pu faire de grande chose avec le nouveau statue quo occasionné par la mort de Tante May, de son impact sur la vie du tisseur, sans oublier les évènements liés à Civil War. Mais peu importe, j’ai pris cette histoire pour ce qu’elle propose et non ce qu’elle aurait dû proposer aux yeux des fans et j’en suis ressorti franchement conquis.

Alors peut être que j’apprécie davantage cette histoire parce que je n’ai pas suivi grand chose (voir rien du tout) des histoires du Tisseur par le passé, et que je n’ai pas lu sa suite directe à l’époque de la sortie kiosque (Donc à attendre chaque mois pour finalement n’avoir que des aventures sans saveur qui repartent sur du neuf « forcé » )… Et je peux comprendre la déception que ça a pu entraîner. Mais de mon point de vue, ça n’empêche pas le récit présent d’être prenant à sa manière… et l’est d’autant plus qu’il m’a permis de faire le lien entre Civil War et la période Brand New Day (Cette période qui elle, m’a permise de me mettre aux kiosques du coup), qui refait partir Peter sur de nouvelles bases – à nouveau – mais des bases terriblement prometteuses pour l’avenir (Nouveaux amis, nouveau job et… puis j’en avais marre de Mary Jane, un peu de sang neuf dans le lit de l’araignée, que diable !). Et je dois reconnaître que pour le moment, ça fonctionne plutôt bien, en attendant le futur crossover (VF), Spider Island.

Dans tous les cas, à mes yeux, One More Day est une lecture indispensable.