Let’s read some Comics ! En route pour Fear Itself #4

Malheureusement, un peu comme prévu, Fear Itself n’est pas un grand crossover pour le moment, et ne risque pas de le devenir d’ici sa fin le mois prochain à l’heure où j’écris ses lignes – et malgré le fait que je parle du mois de Mars. Comme tenu de sa qualité assez aléatoire de manière globale, le fait que l’histoire principale et son développement sont parfois très lent, et que ça impacte forcément d’une façon ou d’une autre les séries annexes (j’y reviendrais le moment venu, mais c’est assez frappant passé un certain cap), je vais changer momentanément (probablement jusqu’à la fin de l’event) la façon de présenter l’article. J’avais tendance à vouloir en écrire un « minimum » pour éviter les critique en 3 lignes (même si certains le mériteraient) parce que je n’aime pas faire des articles « trop court » (C’est con, mais c’est comme ça) mais j’en viens à un point où il m’est définitivement impossible de pondre mes pavés habituels ! Bon, dans un sens, c’est pas plus mal, l’article du mois dernier était terriblement long, je l’avoue. Disons que cette série d’article me permettra de trouver la meilleure forme pour parler de ce genre de chose à l’avenir, même si ça ne sera pas systématiquement fait, ça dépendra… de ce qu’on aura en face, si ça vaut le coup (Et Avengers VS X-men semble mal parti, tant pis). Bonne lecture !

Alors, qu’a-t-on en ce mois de Mars (à la bourre, I know) ? Voici la checklist:

Fear Itself 5: Composé de Fear Itself #5 et la suite (Et fin) de la petite série de chapitre « The Worthy »
Marvel ICONS 14: Composé de New Avengers #15 et Invincible Iron-Man #507 
Marvel HEROES 14: Composé de Avengers #16 et Journey Into Mystery #626
Marvel STARS 14: Composé de Hulk #38 (Suite et Fin) et Thunderbolts #159 et #160 
Spiderman 146: Composé de Fear Itself : Spiderman #3 (Suite et Fin)
Deadpool 10: Composé de Fear Itself: Deadpool #2 et #3 (Suite et fin)
X-men 14: Composé du Uncanny X-men #542
Marvel KNIGHT 1: Composé de Ghost Riders #1


Petit diaporama des couvertures françaises, dont l’affreuse (alors que le reste est globalement sympa) du magazine Heroes et la génialissime du Deadpool, tellement référentielle que t’en chiales.


Commençons donc par Fear Itself 5: Que dire si ce n’est que ce ne sera une surprise pour personne si je souligne à nouveau la rythme terriblement mou du genou de l’histoire. Encore et toujours, il n’y a que 3/4 pages qui font réellement avancer les choses et le reste pour meubler. Et pourtant, quel meublage ! Rattrapant quelque peu le numéro précédent qui laissait un peu sur sa faim (sans faire forcément de miracle, eh), ce chapitre a le mérite d’être bien divertissant comme il faut, à défaut d’être particulièrement profond dans sa trame. On y admire un Immonen toujours aussi talentueux en mettant en scène de fort belle manière les combats de chocs entre Thor et les Dignes que sont la Chose et Hulk, Captain America et Sin ainsi que l’arrivée de la Forteresse volante du Serpent. On sent que tout s’accélère (trop tard, certes) mais c’est vraiment plaisant à lire et on aurait bêtement souhaité au moins ça pendant 7 tomes ! Du coup, on se demande comment Fraccion va boucler ça en 2 tomes… Pas grand chose de plus à signaler au niveau des « bonus », qui continue de nous raconter en bref l’histoire des Dignes restants, c’est toujours sympathique sans être inoubliable non plus, faute un concept limité qui manque d’intérêt sur le long terme aux côtés d’un récit assez creux.


Concernant New Avengers, il reste dans la bonne lignée de son prédécesseur ! C’est à dire qu’on sent que la série n’a pas grand chose à apporter au récit principal (et ça se comprend) mais compense par un esprit oldschool vraiment pas déplaisant, surtout en compagnie de Squirrel Girl ! C’est un personnage que je ne connais pas beaucoup, qui a ses fans, mais que j’aime quand même, rien que pour son côté décalé entre le « contexte » actuel et son design terriblement oldschool (Comprendre par là, le fait d’avoir donné une crédibilité, une histoire et un rôle (ici nounou pour les New Avengers !) à un personnage qui semble être plus un « personnage pour la déconne », vestige des années 90, qu’autre chose), design qui n’a pas tant évolué que ça finalement. C’est un personnage funky, qui trouve dans ce chapitre l’occasion de se battre contre Wolverine pour prouver que ce n’est pas une faible femme (Et c’est déjà un bon point !) et surtout, montrer toute sa dextérité et sa détermination en période de crise nazi. Ca fonctionne bien, c’est fun et rythmé, et c’est assez bien dessiné (Toujours Mike Deodato Jr au dessin): je valide !

Pour mon second chouchou Iron Man, on ressent un petit début de faiblesse, qui ne s’arrangera pas pour la suite, hélas. Si d’un côté, la suite des aventures de Rescue à Paris contre la Gargouille Grise reste toujours mouvementée et intéressante à suivre, et qu’on a envie de voir ce que Stark va nous pondre chez les Nordiques; on sent de manière générale qu’on cherche à gagner du temps pour coller temporellement le récit sur la saga principale à côté. Comprendre par là que le scénario s’étire pour ne pas trop avancer rapidement à coup de dialogues un peu redondant/répétitif/je tourne autour du pot, et d’un méchant temporaire surprise envers Iron-Man (Vu que ce dernier est sur le point de finir la construction des armes Asgardiennes et donc de finir la guerre, faut bien trouver un moyen de tenir encore 2 chapitres après celui là !) dont on sait qu’il ne fera pas long feu, mais ça permet de grappiller quelques pages… Histoire que la partie F.I d’Invincible Iron Man se termine en même temps que le dernier numéro de la saga en elle même. Dure loi du marketing…


Avengers aussi tombe dans une mauvaise période, mais en pire. Là où les précédents chapitres oscillaient entre le bon et l’excellent, on baisse d’un sacré cran cette fois-ci. C’est un argument qui reviendra beaucoup parti comme c’est, mais sur cette série, il n’y a plus rien à raconter concernant le Serpent et ses potes et ça se sent. Dans le fond, j’y ai passé un moment agréable, mais on sent très clairement du pur remplissage vis à vis de l’enjeu actuel. Une sombre histoire de base secrète nazi liée à Sin, pourquoi pas, mais dans les faits, on cherche encore le rapport et surtout l’intérêt de placer Steve Rogers au coeur d’un tel récit un peu HS, alors qu’il reste « au centre » dans la saga principale… Ce qui fait qu’on a du mal à placer celui ci, chronologiquement. Et Romita Jr est toujours aussi irrégulier, livrant un travail encore moins bon que d’habitude, avec des visages parfois affreux. Sérieux, il rematte un peu ses dessins avant de valider ?

Journey Into Mystery reste toujours aussi beau (même si j’ai une nette préférence pour un style plus « net et précis » dans ses traits) mais j’ai toujours autant de mal à accrocher à cette série si particulière, si… distante de l’univers Marvel (C’est tout un pan de cet univers que je découvre (Divinité, l’Enfer et ce qui l’entoure, etc.), donc j’ai un peu de mal à cerner tout ce beau monde) et mon avis ne risque pas de changer d’ici là. On retrouve un chapitre très bavard, lourd en dialogues à la tournure bien léchée pour donner ce style « hautain » propre à un peuple de divinité, tout en restant un brin obscure dans son « but », son objectif vis à vis des évènements annexes. Néanmoins, sur la fin, ce même scénario commence enfin à prendre réellement forme (il aura pris son temps…) et à devenir limpide, et annonce quelque chose de concret – pour une fois, car c’était bien là le soucis avec cette série ! Et si ça part dans cette direction souhaité, ça pourrait devenir intéressant. Patience, encore une fois…


Entre le dernier article et celui ci, j’ai rattrapé mon retard avec d’anciens chapitres de la séries Hulk (et Incredible Hulk en parrallèle) et je dois reconnaître que ce sont des séries assez sympathiques dans ce que j’ai lu (grosso modo, la période Fall of the Hulks/World War Hulks), même si je ne porte pas bien haut dans mon coeur les personnages principaux. Mais comme on le dit si bien, « tout dépend du scénariste », la qualité/appréciation d’une série dépend avant tout de son écriture (et de son dessin quand même), rien n’est figé. Hélas, comme toujours dans les comics, les dessinateurs/scénaristes changent souvent d’un arc à un autre. Et ce que j’avais repéré le mois dernier s’est confirmé en relisant une grosse poignée de chapitre à la suite: Hulk est une série pas si mal, mais rapidement lourde lors qu’elle se penche sur les… méchants. C’est assez bizarre comme constatation, mais le récit devient pénible quand eux, ils se mettent à parler en termes scientifiques, de machinations au niveau mondial, des puissances supérieures, à quel point ils sont intelligents – alors que le fond de leur pensée, c’est juste « on va péter la gueule à Rulk« . Du coup, 2 chapitres seulement pour F.I, mais 2 chapitres centrés sur un MODOK, qui parle, encore et toujours, en fait des tonnes… ce qui alourdit le récit, malgré quelques jolies pages. Et pour une fois, ce n’est pas vraiment lié au crossover, c’est juste que depuis le changement de scénariste (Chapitre #27), on a perdu le côté « simple et bourrin » des précédents. Triste.

Triste, c’est aussi le terme qui me vient à l’esprit en repensant aux Thunderbolts, en les voyant eux aussi touchés par cette période de faiblesse scénaristique, leur faisant (momentanément j’espère) perdre le côté décompléxé de leurs aventures depuis que je les suis avec le chapitre #144 (Soit le Marvel STARS 1). Alors ce n’est pas mauvais dans le fond, mais là encore, le syndrome « je m’étale, car on m’a payé pour tenir encore 3 mois le temps que F.I se termine » prédomine. On a donc la suite et fin du très long chapitre 159 qui permettait d’avoir plusieurs points de vue sur le même évènement (Le RAFT est tout cassé, voyons comment ça se passe à l’intérieur) au sein de l’équipe des Thunderbolts (Pas hyper intéressant à première vue, ça posera sans doute quelques bases pour l’après F.I) et surtout le #160 dédié à la tentative de notre équipe d’anti-héros pour stopper le Fléau. Une tentative qui se soldera toujours par un échec, mais suffisamment bien rythmée pour être sympathique à lire, notamment via la trouvaille « graphique » de fin de chapitre, originale et bien trouvée. Fort heureusement, le chapitre suivant relève la barre et on commence à voir la lumière au bout du tunnel. Enfin !


Uncanny X-men continue son bonhomme de chemin et fait doucement mais sûrement avancer les choses, ce qui est plutôt une bonne chose vu la stagnation générale. C’est très sympa de voir les X-men donner tout ce qu’ils ont pour arrêter le Fléau, en passant par moults plans parfois sans queue ni tête (Bonjour je suis Magnéto et j’envoie un porte avion dans la gueule du Fléau, pour voir si ça le stoppe) mais qui foirent toujours lamentablement, les poussant finalement à passer au stade au dessus – et c’est là que ça devient intéressant. Car c’est avant tout cette partie du chapitre qui va impacter un personnage sur le long terme et conclut fort bien ce bon chapitre: la transformation de Colossus en Fléau. Pour stopper le Fléau originel, pas 36 solutions: ce dernier tirant ses pouvoirs à la base par Cittorak, un démon, Colossus et d’autres X-men vont donc… le voir en personne (tant qu’à faire) pour lui demander de changer d’hôte (vu que tout annuler est impossible). Et c’est Colossus qui va prendre le relais en obtenant ses pouvoirs (et son casque), afin de priver l’original d’une partie de sa force… Prometteur, en somme.

Deadpool, quant à lui, fini sur une bonne lancée, malgré un premier chapitre qui pouvait laisser un peu sur sa faim. Disons qu’une fois dans le bain, dans l’ambiance « délirante » de cette mini-série, on y passe un bon petit moment, bien fendard. Okay, ça n’apporte absolument rien au récit – pas de surprise – mais c’est fun et drôle. Des clins d’oeils amusants, autant visuellement (La rancoeur qu’à Deadpool envers Cable) qu’au niveau des dialogues (Les Beatles quand même ! Et même un peu de Claude François dans la VF, qualitay !), un Deadpool toujours aussi drôle et débile à la fois et surtout un dessin qui arrive définitivement à convaincre par sa qualité, plus qu’honorable. Trois chapitre, ça ne paye pas de mine, mais j’y ai pris pas mal de plaisir en fin de compte, aussi dispensable soit-il (Dans le sens où ça se lit bien, même sans avoir suivit grand chose à côté, bon point dans le fond !).


Spiderman aussi fini bien ! Je dirais même, il fini franchement bien. Suite logique et bien huilée de ce qui a été mis en place avant, ce chapitre oppose un Spiderman qui a à la fois la rage et la boule au ventre contre une Chose qui ne répond qu’à la folie destructrice du Serpent, s’attaquant cette fois-ci à un hôpital. Un chapitre bien mouvementé (Toujours cette dramatisation un peu exagérée pour symboliser la peur, mais qui fait toujours effet), avec un Spiderman qui continue de « souffrir pour mieux rebondir à coup de torgnole dans la gueule » comme on l’aime chez lui, mais cette fois-ci un peu plus au « coeur du sujet ». Ca fonctionne toujours aussi bien, même si on sent quand même qu’il ne fallait pas en faire un de plus, car aussi bon était cette mini-série, on en avait définitivement fait le tour… Comme quoi, faire des mini-séries, ça a définitivement du bon.

Et pour finir, j’aurai aimé apprécier Ghost Rider en passant à « l’original », surtout après une série de films catastrophiques comme « premier contact » avec son univers, mais les premiers chapitres de sa nouvelle série partent sur une piste bancale. En fait, on retrouve un peu les mêmes défauts que dans le 2ème film: une esthétique/technique pas si dégueulasse que ça, mais surtout un fond pas franchement passionnant. Cette nouvelle série commençait par un chapitre #0 (Hors F.I, mais dans le même magazine) sympathique, car partant dans une optique « second degré » (De l’humour, notamment à base d’auto-dérision envers le Ghost Rider et le monde des Super Héros), et c’était prometteur. Puis par la suite, case crossover oblige, on retombe dans un scénario qui se prend trop au sérieux, qui part de nouveau en sucette avec l’histoire du changement du protagoniste principal (on passe à une femme Ghost Rider !) avec un énième trip mystique un peu lourd. Bon, c’est pas aussi mauvais que les films, mais je comprends limite un peu mieux – si ça continue dans cette voie là par la suite – pourquoi la série s’est arrêtée après même pas 10 numéros aux US dans mes souvenirs.



L’étau se resserre ! On sent clairement que la fin se rapproche à grand pas et qu’une bonne partie des séries termine donc leur cycle: en conséquence, le mois prochain sera encore plus calme – En dehors des 3 magazines principaux (Heroes/Stars et Icons), on a quasiment fait le tour des ties-ins – ce qui n’est pas forcément un mal. Certes, on sent aussi par la même occasion les limites du concept et si l’ensemble se veut plus « homogène » que le mois précédent (Ouf !), il y a forcément moins de « coup d’éclat » dans le lot. J’avais déjà eu un petit avant goût de ce que pouvait donner un crossover dans son ensemble avec Civil War avec ses nombreux ties-in à la qualité variable mais globalement corrects, mais quand on part ici d’une base encore plus creuse, ça ne fait décidément pas de miracle dans ses à-cotés…

Sur la piste de l’adaptation réussie

Comme pour beaucoup – je suppose – de gens de mon âge (si ce n’est plus), le Marsupilami fait indéniablement parti de mon patrimoine culturel concernant la bande dessinée franco-belge, aux côtés des Spirou, Astérix, Gaston, les Tuniques Bleues et j’en passe. Quand on a un père extrêmement fan d’une bonne partie de la production du genre, où ses étagères dédiées à la BD sont constamment pleine à craquer, rien de plus logique de s’être laissé tenter étant mino. Après, j’avoue ne pas avoir de très grands souvenirs du Marsupilami (Eh, je préférais Spirou). Des personnages ici, quelques situations par là: j’ai beau connaître un petit peu l’univers, je suis limite comme vierge, comme un débutant devant la vision du film. Et je suis très hésitant quant à relire les tomes, j’ai quand même peur que ça ait mal vieillit comme d’autre BD de mon enfance… Mais soit, pour le moment, parlons cinéma.

Alain Chabat, c’est un peu la personne qu’on doit remercier pour avoir pondu la meilleure adaptation de BD franco-belge humoristique à ce jour, voir adaptation de BD au sens large, toute nationalité confondu, tout court. Il est un des rares à avoir compris comme adapter une BD telle qu’Asterix: prendre suffisamment de distance avec le matériau d’origine pour mieux l’adapter à son nouveau format. Ne pas chercher à bêtement singer l’original, sans le trahir non plus. Asterix et Obelix: Mission Cléopâtre donne donc une vraie leçon de cinéma, en terme d’adaptation: un film tout public, mais pas enfantin pour autant, avec un certain « double sens de lecture » via ses très nombreuses références « pour adulte » (Comment s’appelaient-ils déjà ? Highkix et JournalduX?), une vraie touche personnelle (Très « Cité de la peur » justement), tout en restant fidèle à la BD dans les grandes lignes. Son principal défaut est qu’il restera surtout condamné à rester bloqué dans une certaine époque, justement, avec ses références à gogo. Mais peu importe, c’est bien le résultat qui compte, fallait être né plus tôt, eh.

C’est donc le Marsupilami qui passe dans sa propre moulinette. Les premières images faisaient peur (Le Marsu avait – et a toujours – une tête particulière) et comme Chabat n’avait pas spécialement enchaîné les tueries cinématographiques depuis (Son Rrrrrr qui a plutôt fini en Pfff), ça n’inspirait pas forcément confiance (et ça se comprend). Surtout quand on repense en plus aux autres tentatives d’adaptations de BD franco-belges sur grand écran, comme Lucky Luke ou plus récemment Ducobu… Et même prochainement Boule et Bill (oui, fallait que je le case, vu la vague d’indignation relevée sur la toile). Et pourtant ! Force est de constater que le résultat est… rassurant. Pas totalement réussi, pas aussi bon qu’on pouvait l’espérer d’un Chabat, mais quand même très loin du désastre annoncé.

Sur la piste du Marsupilami est un film qui, dans le fond, déborde de bonnes intentions et garde une bonne humeur communicative du début jusqu’à la fin. Si l’adaptation d’une telle BD est casse gueule (comme n’importe laquelle d’ailleurs, BD, roman ou jeu de société), on sent malgré tout que notre Alain national se fait plaisir jusqu’au bout. On a beau parfois constater quelques vannes/passages un peu loupés (J’y reviendrais), Chabat arrive régulièrement à garder le cap et à nous faire sourire de bon coeur. Qu’on aime ou pas Jamel Debouze par exemple (pourtant indéniablement à l’aise dans son rôle, il m’a bien fait rire), il y a toujours une petite vanne, un autre personnage qui fera mouche, parce qu’on sent indéniablement la patte de réalisateur, on retrouve un peu ici et là ce qui a fait son succès d’antan (à partir du moment où l’on me fait repenser à la série des « Avez vous déjà vu… » dans certains gags, c’est le Seal of Qualitay direct). Peut être pas au sommet de sa forme comme à l’époque, mais suffisamment pour nous dire « Ouf, l’adaptation est sauvée ! » et « Je passe quand même un bon moment ». Et c’est sans doute en grande partie par son casting, où chacun y trouvera – je pense – son compte, parmi globalement des acteurs qui ont la pêche et qui semblent s’amuser dans leurs rôles; qu’on doit cet esprit bon enfant, toujours agréable. On repensera notamment à un Lambert Wilson qui semble avoir trouvé le rôle de sa vie, ou un Fred Testot des plus sympathiques (J’avoue que je ne suis pas un grand fan du SAV de Canal +) en scientifique fou ridicule.

Malgré tout, si on peut lui reprocher quelque chose quand même, c’est bien les « limites » de cet humour. Pas qu’il soit mauvais ou mal employé, juste qu’il ne vise pas… le même public qu’un Mission Cléopâtre. Ici, très peu de références à la pop culture moderne (Même si ça fait plaisir quand on en découvre, sinon ça ne serait pas du Chabat), mais bien plus de gags « visuels », basé sur une gestuelle, un comique de situation, typiquement pour… plaire aux enfants. On sent bien plus l’envie de ratisser plus large vis à vis du public avec davantage de gags où les personnages font parfois l’idiot sans trop de raison, se cassent la figure accidentellement ou prennent des voix « rigolotes »; bref, des gags « faciles » (mais non mauvais pour autant) pour plaire à tous, surtout pour les plus jeunes. Du coup, ça m’a moins convaincu à plusieurs reprises parce que je sentais bien que je n’étais pas la cible. Certains gags vont peut être un peu « loin » dans l’absurdité (Ah, la Femme d’Or), dans le type d’humour que je recherche, que ça m’a un peu laissé sur ma faim. Certes, Chabat n’a pas toujours fait dans la finesse, mais j’y ai trouvé une plus grande proportion de ce genre de gags qu’accoutumé. Ou j’ai alors vraiment la mémoire qui flanche. Mais cela dit, dans tous les cas…

Voyons les choses de l’autre côté, dans l’autre sens, et ce n’est pas forcément un mal: pouvait-on faire d’une BD telle que le Marsupilami une adaptation/oeuvre aussi référentielle que Mission Cléopâtre ? Au vu du protagoniste de la BD – le Marsupilami bien sûr – pouvait-on faire autre chose qu’un film principalement tourné vers les enfants ? La perche était bien plus grande vis à vis d’un Astérix et ça se comprend totalement ! Le coeur de cible me paraît totalement légitime, cohérent, mais si ça m’a parfois laissé sur la touche. Après, au risque de me répéter, il y a toujours une scène qui en rattrapera une éventuellement pas aussi bonne escomptée, toujours ce bon esprit, ces gags parfois très bien trouvés, ce qui fait qu’on ne s’y ennui que très peu (allez, le début est un poil poussif, mais ça passe).

Alors oui, sinon, la grande question vis à vis de cette adaptation: Oui, la version 3D de l’animal n’est pas toujours une grande réussite question design (quoique, la encore, j’ai du mal à imaginer un autre design « réaliste » – pouvait-on faire « mieux » ?) mais son animation fait parfaitement son boulot, son rendu est plus agréable qu’il n’y paraît et passe bien à l’écran (Si ça peut en rassurer certains: oui, on le voit pêcher du Piranha !)… et quand bien même, la créature est parfois trop meugnonne sur certains plans, notamment dans le plan final que mes faibles souvenirs de gosses réclamaient. Faut simplement prendre le temps de s’y habituer, et ça passe finalement bien.

Le pari me semble donc amplement réussi à ce stade et les plus jeunes ont l’air d’adorer. Dans le fond, je les comprends. Ah, que j’aurais aimé avoir 15 ans de moins (merde, je me sens déjà vieux) pour voir ce film et le savourer pleinement ! En attendant de trouver une formule miracle, il n’en reste pas moins un bon petit film et qui arrive surtout à prouver qu’on peut toujours adapter l’inadaptable. Ou presque. Curieux de voir Boule et Bill.

House of M, ou la journée Porte Ouverte chez Magnéto

Après m’être adressé à un public de niche très très restreint (Normal que je ne truste pas les stats, eh) en commentant tous les mois l’actualité du crossover de 2011 en France qu’est Fear Itself, on va passer à quelque chose de nettement plus abordable. Oui, toi, lecteur de comics débutant en Marvel ou ayant même un peu de bouteille (ou m’ayant même emprunté mes bouquins, n’oublie pas de me les rendre), cet article s’adresse à toi ! Ne pars pas tout de suite ! Je vais te parler d’un comics Marvel que j’affectionne tout particulièrement, tout en l’ayant découvert très tard (Merci la réédition de janvier 2012), House of M, le mega crossover comme on dit dans le milieu des super-héros qui date, déjà, de 2005.

House of M, de quoi ça parle, et de quoi ai-je besoin de savoir pour me lancer ?

Dans la grande famille des Vengeurs, la grande équipe de super-héros chez Marvel, il y a Wanda Maximoff, alias la Sorcière Rouge. Puissante mutante, une des plus puissantes même, elle est surtout la fille de Magnéto, le maître du magnétisme, et soeur de Pietro Maximoff, l’autre enfant de Magnéto, aussi connu sous le nom de Quicksilver. Lors du crossover précédent, Avengers Dissassembled (Dont la réédition « seule » est prévue en France pour fin 2012, et déjà disponible dans le Deluxe New Avengers 1), pour diverses raisons qui m’échappent encore, Wanda pète littéralement un câble et tue de nombreuses personnes, dont certains Vengeurs, comme Oeil de Faucon… Même si on sait tous (ou du moins, on l’apprend vite) que la mort chez Marvel n’est qu’une étape sans importance dans la vie d’un personnage, aussi important soit-il.

Suite, à cet évènement, c’est ici que commence House of M. Une fois la situation calmée, il n’en reste pas moins que les conséquences, et une grande réunion chez les Vengeurs, accompagné d’une partie des représentants des X-men, se met rapidement en place: que faut-il faire de la Sorcière Rouge ? Peut-on encore accepter d’avoir une bombe humaine dans les parages, capable de tout raser juste en ayant ses règles en un claquement de doigts, vu sa puissance ? Pour eux, les Vengeurs, la décision était prise: il faut tenter de la raisonner, voir… s’en débarrasser dans le cas échéant. Et voilà donc parti une troupe de super-héros vers Génosha, une ville abandonnée où se trouve actuellement Magnéto et ses 2 enfants, pour tenter de faire avancer les choses… Jusqu’à qu’une lumière blanche envahisse l’endroit. Le résultat ?

Encore un jour se lève sur la Planète Mutante…

Les mutants sont devenus l’espèce dominante sur Terre, les humains (Appelés « Sapiens », en opposition aux Mutants) sont méprisés et la vie de certains super-héros semble totalement changées: par exemple, Miss Marvel n’est plus la super-héroïne de seconde zone, mais est devenue « Captain Marvel »; Peter Parker vit tranquillement avec sa femme Gwen Stacy, son enfant accompagné de Tante May et de son oncle Ben; Steve Rogers n’est pas sous l’emprise du sérum du Super-Soldat et vieillit normalement et j’en passe: Pas de doute possible, nous sommes dans une réalité alternative, où les mutants ont pris le dessus et les rêves de certains super héros semblent avoir été… exaucés. Et on devine rapidement qui en est l’auteur. Et c’est Wolverine qui prend conscience en premier qu’il n’est pas dans son monde (et c’est définitivement le héros de cette histoire par la même occasion) et va rapidement décider de s’attaquer à la source du problème, tout en essayant de s’accommoder à ce nouveau monde radicalement différent.

A la fois la grande force de ce crossover et aussi son principal point faible, c’est la profondeur de son scénario. A ma grande surprise, donc, le titre est extrêmement accessible pour le novice que je suis. Ou du moins, « j’étais » à l’époque de sa sortie (en janvier !), car j’ai bien bossé depuis et je commence à y voir plus clair maintenant dans ce gros bordel qu’est l’univers Marvel. Ici, tout est fait pour d’une part, ne pas trop se sentir largué par les nombreux personnages (On nous résume régulièrement l’essentiel de ce qu’il faut savoir, c’est sympa de leur part) et surtout, par l’absence des chapitres « annexes ».

Pour rappel, lors d’un crossover, il y a l’histoire principal qui tourne selon certains personnages (Ici « House of M »), puis les chapitres annexes qui approfondissent l’histoire en multipliant les points de vue, sans pour autant être indispensable. Juste du gros bonus en somme, toujours agréable à lire quand c’est bien fait. Alors oui, quand même, on sent bien à un certain moment (Dès le deuxième chapitre) un « espace promotionnel », un chapitre qui en plus de poser le contexte et la base de ce qui suivra, nous fera très subtilement du teasing nous incitant (à l’époque, car ce n’est plus le cas « officiellement » de nos jours, les rééditions ne s’occupent que de l’histoire principale) à acheter ces fameux chapitres « annexes ». Donc rien de plus normal que d’enchaîner, parfois, quelques pages qui semblent être là un peu pour meubler, parce que concrètement, elles n’apportent rien, si ce n’est pour arriver aux 20 pages habituelles par chapitre. Mais qu’importe ! Une fois l’intrigue mise en place à coup de panneau publicitaire (ce n’est pas gênant, on peut faire sans, malgré tout, on se sent pas trop frustré contrairement à Fear Itself qui nous tease gentiment et régulièrement la gueule sur les annexes), la machine est lancée, la montée en puissance peut désormais se faire !

Car c’est bien là la grande force de House of M, ce qui fait que j’y ai pris un énorme plaisir: la simplicité de son intrigue, qui ne laisse du coup pas le temps à l’intrigue de s’étirer en longueur, bien au contraire. Certains y voit un défaut, car ça se résume très facilement (tout court) à une bonne grosse baston avec un Wolverine vénère aux commandes… Et c’est vrai. Mais ça en devient une force, car on sait où l’on va, on sait à quoi s’en tenir. Car, hélas, plus je lis de comics de super-héros ces 6 derniers mois, plus je me rends compte que – parfois – les histoires se complexifient inutilement. On part dans un gros délire qui met en place des voyages dans le temps, des délires scientifiques tarabiscotés (Tant de mots incompréhensibles, c’est tellement cool), des personnages sortis d’une pochette surprise après 20 ans d’absence parce qu’il fallait remplir un quota ou que le scénariste manquait d’inspiration, à l’histoire superficiellement complexe (Je suis ton père, mais en fait non c’était mon identité secrète après avoir fusionné avec le Namek qui est le père de ta soeur) et j’en passe.

Parce que House of M, c’est justement tout le contraire. A l’image de son héros – Wolverine – House of M est un crossover très « bourrin », au fond assez simple, mais qui en devient du coup vraiment grisant au fur et à mesure de sa lecture. Wolverine n’a qu’un but: en finir avec la Sorcière Rouge et « retourner » dans son monde. Alors oui, le scénario est prévisible, on devine rapidement son schéma, là où ça veut en venir, mais au moins, pas de mauvaises surprise. On a « juste » ce que l’on veut au vu du postulat de base, et on y prend beaucoup de plaisir: un héros face à un monde illusoire et plus hostile qu’il n’y parait tout en réunissant d’autres super-héros (qui avaient pourtant pris goût à cette nouvelle vie, mais le retour à la réalité pour certains fait très mal) pour mener à bien sa « mission ». J’utilise souvent (trop) cette expression, je le reconnais, mais effectivement, parler de « montée en puissance » n’a jamais été aussi approprié ! Alors certes, on y prend un peu plus de plaisir quand on connaît un minimum les personnages concernant leurs « doubles vies », en voyant la différence entre la « vraie » et celle fantasmée; mais disons que ça donne une sorte de double sens de lecture pour le lecteur débutant: il jouira dans tous les cas d’un récit bien construit et efficace jusqu’au bout, et il le redécouvrira toujours avec plaisir une fois qu’il aura acquis un peu plus de culture Marvel et qu’il pourra y déceler les subtilités du scénario. Que demander de mieux ?

En complément, justement, pour ceux qui ont un peu plus cette culture Marvel, pour prolonger un peu cet univers, la récente réédition de Panini comporte un chapitre bonus sous forme… d’un faux journal papier – « The Pulse, édition spéciale » – qui raconte sous cette forme ce qui se passe en parallèle à notre histoire dans ce monde imaginaire. Ragot, potin, informations people sur les grands de ce monde, rubrique Sport et compagnie; c’est la (grosse) cerise sur cet excellent gâteau, même s’il est du coup un peu moins accessible au vu des personnages/situations abordés.

Et c’était sans compter sur le talent du dessinateur français Olivier Coipel au commande de l’intégralité du récit. Je ne le connaissais pas très bien il y a peu, et je comprends désormais son excellente réputation actuelle, et pourquoi tout le monde se réjouit de sa venue sur Avengers versus X-men: c’est probablement l’un des dessinateurs de comics de super-héros les plus talentueux que j’ai pu voir à ce jour, aux côtés de mon petit chouchou Chris Bachalo, ou même de Kev Walker (un jour, je ferais un Top 7 de mes artistes préférés, le top commence à se dessiner à force). Son trait est d’une telle justesse tout au long du récit (c’est, mine de rien, pas donné à tout le monde d’être parfaitement constant), ses dessins tellement riches en détail (La moindre parcelle de case reste toujours détaillée contrairement à d’autres… comme un certain Romita) et son style tellement reconnaissable et agréable (surtout) qu’il rend tout simplement certains passages… épiques. Je déteste ce mot sur-utilisé, mais je dois reconnaître qu’il est le seul à retranscrire ce que j’ai pu ressentir devant certaines planches tellement elles sont belles à en pleurer et mettent merveilleusement bien en avant certaines scènes d’actions mémorables, frisson à l’appui. Le plus amusant dans tout ça, mais c’est plus personnel, est de constater son progrès entre House of M et, par exemple, la mini-série Avengers: Children’s Crusade (Publiée actuellement dans la revue de pré-publication Avengers chez Panini), où son trait – déjà monstrueux à l’époque – gagne encore en finesse actuellement (les personnages sont mieux proportionnés désormais) et reste encore et toujours un bonheur oculaire à chaque case.

En bref, House of M fût une excellente surprise à tous les niveaux, et m’apparaît d’office comme un indispensable Marvel (Mais eh, je n’apprends rien à personne, hein ?), surtout au vu des conséquences terribles qu’il a eu sur la continuité, encore (et toujours plus) de nos jours, à l’heure où Avengers Versus X-Men entame son cycle. Je ne dirais pas que c’est le point d’entrée parfait pour Marvel (Existe-t-il vraiment ?), mais la base de son scénario est tellement simple et accessible qu’il en devient facile à lire pour tous et donne – justement – très volontiers l’envie d’en savoir plus sur l’univers Marvel. Et ça, c’est la meilleure entrée en la matière qu’on pouvait faire.