Evangelion: Let the mindfuck begin…

Eh non ! Toi, visiteur paumé sur cet énième blog, qui pensait sans doute trouver via le titre de cet article un énième billet ventant – ou non – les mérites du remake Rebuild of Evangelion, encore tout frais dans les esprits des fans avec la sortie du 2ème film dans sa version 2.22, tu te trompes ! (Mais ça sera quand même référencé dans les moteurs de recherche, ça m’arrange. Et je vais même en profiter pour rajouter « Hentai Rei Ayanami », parce que vous n’imaginez même pas ce que peuvent taper les gens sur Google).

Etant particulièrement à la ramasse en ce qui concerne la Japanim’, je n’avais donc jamais vu – du moins de manière sérieuse et pas 2/3 épisodes « comme ça vite fait en zappant » – Evangelion, la série originelle, celle qui dure 26 épisodes.

15 ans ! C’est le temps qu’il m’aura fallu pour rattraper mon retard. Mais qu’importe, c’est l’un des piliers du genre qui manquait principalement à ma culture Otak’, en plus des films Gundam 0079, visionné il y a un an de cela. 15 ans, c’est que ça tomberait relativement bien en plus, vu que l’histoire d’Evangelion commence du côté de Shinji, 15 ans après le terrible évènement, le Second Impact. Curieux parallèle involontaire, faut croire que, à défaut de m’appeler Manu, c’était peut être mon destin.

A vrai dire, j’ai du mal à savoir par quoi je vais commencer.

Je ne vais pas m’emmerder à faire l’habituel paragraphe « Mais de quoi ça parle, au cas où je n’aurais, moi lecteur, jamais entendu parler d’Eva ? », cet article sera potentiellement bardé de spoiler plus ou moins important (même si je ne vais pas m’amuser à retranscrire textuellement chaque épisode non plus), afin d’essayer de comprendre un peu pourquoi Evangelion a effectivement ce statut d’œuvre culte, c’est incontestable, et pourquoi le rush de fin m’aura fait enfiler un tube complet d’aspirine en une soirée. Tant pis si ça ne permet pas à certaines personnes de lire l’article, mais fallait que ça sorte, même si ça sera peut être un peu décousu, tellement il y a MASSE de chose à dire.

La première impression que laisse Evangelion quand on la débute (soit ~13 épisodes), c’est l’impression de voir autre chose que ce que les fans ont essayé de nous vendre. Evangelion est un anime de mecha qui débute de façon classique, loin de l’idée qu’on peut s’en faire. L’histoire est somme toute assez simple à suivre (mais très plaisante), les personnages sont plus ou moins développés (Shinji n’est pas si pleurnichard que ça d’ailleurs, ça m’étonne grandement vu sa « réputation » et Asuka est une grosse pute, c’est dit) et les phases d’action, bien qu’assez rare, jouissent d’une mise en scène maîtrisée, encore potable techniquement même aujourd’hui, malgré la réutilisation presque obligatoire de certains plans de temps en temps. Mais le fond reste léger.

Je m’attendais directement à une histoire très complexe, avec un background très riche, plein de passage gavé en émotion comme le laissait transparaitre les pavés de fanboy qu’on trouve sur la toile pour au final se retrouver avec… presque l’opposé.

Et pourtant ! Cette partie commence fichtrement bien quand même. J’ai trouvé l’univers intéressant, toujours à se demander qui sont ces foutus anges; j’ai bavé devant le physique de Misato, la qualité du design des mecha (je dois être le seul à avoir acheté à l’époque des figurines Evangelion sans même avoir vu la série, juste parce que le design pue la classe), du charisme et de la violence que l’EVA 01 dégage une fois entrée en mode Berserker . Et j’ai même constamment jubilé à chaque scène d’action – d’autant qu’assez rare en général – parfaitement orchestré par la Gainax, avec une bonne animation, une mise en scène abouti et une musique parfaitement adapté (Ah, le premier combat de l’EVA-01 ou le passage en « Mode Synchro » entre Asuka et Shinji, miam).

Bref, de quoi commencer sur les chapeaux de roue, comme on dit, pour se préparer en douceur à la suite. Mais ce n’est justement rien en comparaison avec cette suite. « Faute » à un scénario classique dans le fond, un développement scénaristique très long (sans que ça en devienne désagréable non plus, bien au contraire, mais certains épisodes font un peu « bouche trou », ou filler comme on dit dans le milieu) et un côté Sentaï « Oh, un ange débarque, vite, filons dans nos robots lui botter le cul ! » assumé (et plaisant, j’aime les sentaïs) mais surprenant par rapport à l’idée que je me faisais de la série.

Donc oui, rien à voir avec la suite, qui prend une toute autre tournure. Plus violente, plus sombre, bardé de référence, un scénario qui décolle enfin… Une tournure intéressante, partiellement excellente mais difficile à suivre.

Achtung, nazi en vue !

Ah les références religieuses ! Gros trip complètement intégré à la série; la Bible et autres références au Créateur arrivent en masse par la suite – même si quelque peu esquissé au début – et ce, jusqu’à la fin. L’entité Lilith retenue dans la NERV, les « Anges », le nom Evangelion en rapport avec Eve/l’évangile, les explosions en forme de croix funéraire, la Lance de Longin… C’est intéressant, le parallèle avec les histoires d’Adam, de Dieu et j’en passe sont parfois bien trouvées, mais dans le fond, j’ai eu l’impression (je veux bien croire le contraire) que c’était plus pour donner un pseudo double sens de lecture bonus que d’être un véritable élément scénaristique (Après, comprendre les références avec Wikipédia sous le coude entre 2 épisodes, c’est sympa aussi).

Cette surabondance de référence biblique accompagne aussi le développement du scénario, qui prend énormément d’ampleur, d’épaisseur (plus ou moins « acceptable », ça dépend de chacun), des retournements de situations, des complots à toutes les sauces (le groupe SEELE, j’ai pas tout capté…), des morts en pagaille (Ah, Kaji, je t’aimais bien) pour arriver à des moments prenant. Même si parfois, on sent qu’ils n’ont pas eu les couilles d’aller jusqu’au bout…

Un petit exemple : l’épisode 18 est absolument brillant… Jusqu’à que les dix dernières secondes gâchent un peu tout. On nous dévoile que le Fourth Children est Tôji, un ami de Shinji. Celui-ci ne le sait pas encore. Tôji prend contrôle de l’EVA-03, mais en perd rapidement le contrôle, puisque possédée par un Ange. S’en suit alors un combat particulièrement violent, sanglant où Shinji, se retenant de tuer un EVA pilotée par un humain, assiste par la suite impuissant à son massacre lorsque l’EVA-01 est de nouveau contrôlée par une IA possédant la personnalité de Rei, la Dummy Plug. Le combat s’achève sur la destruction de l’Entry Plug, de la propre main de l’EVA-01, ne laissant que très peu de chance à son pilote de survivre… Et il a fallu qu’il ait cette chance !

Ce n’est pas grand-chose, mais faire un Shinji partiellement coupable de la mort de son ami sans qu’il le sache, ça aurait été très fort émotionnellement, et aurait bien perturbé notre héros. Au lieu de ça, il a fallu que ça finisse un peu mieux que ça, avec un Tôji quasi flambant neuf, mais un Shinji quand même traumatisé. Dommage, car c’est malgré tout un des meilleurs épisodes de la série.

Et puis en dehors de ça, comment ne pas aborder la, tant redoutée, fin de la série, en particulier ses 2 derniers épisodes sous acide. Je crois que je ne suis jamais autant resté perplexe devant la fin d’une série. 2h après l’épisode 26 bouclé, j’étais encore en train de repenser à ça, à essayer de comprendre ce que j’ai vu. Je crois que c’est peine perdu.

Si à partir de l’épisode 21, l’histoire se complique donc davantage comme dit précédemment (Le plan de Gendô, les révélations/flashbacks à propos de la NERV, le groupe SEELE et son apparence assez… particulière (SOUND ONLY) ), elle n’en reste pas moins encore un tant soi peu compréhensible. Les grandes lignes, quoi.

Mais à partir de l’épisode 24, avec l’apparition éclaire de Kaoru le dernier Ange, tout s’enchaine. Le plan secret de Gendô s’active et là, c’est la débandade. Le passage le plus étrange de la série. Celui où l’on ne comprend plus grand-chose, où tout s’enchaîne sans laisser au spectateur le temps de tout réorganiser dans sa tête, devenu un lendemain d’Hiroshima en quelques instants. Succession d’image fixe, dessins crayonnés, interrogatoire des personnages principaux de la série par on ne sait qui, sans comprendre la raison de ce passage, des flashbacks, des hallucinations à base de « What if » décrivant des univers parallèles…

C’était trop pour moi. Je n’ai pas spécialement apprécié, accroché à ces épisodes, très – trop – denses (enfin, le dernier tiers de la série est globalement très dense en info/développement scénaristique) et passablement longuets/répétitifs. Et puis surtout, le problème principal, c’est que cette fin est frustrante. Parce que ça finit « sans prévenir », sans vraiment répondre à nos questions, sans vraiment terminer l’histoire et parce que ça finit sur une scène tellement hallucinante qu’elle parait complètement hors sujet, en décalage total avec le reste de nos attentes. Certains diront que c’est une force.

Je ne dis pas que j’aurais absolument voulu un vulgaire combat comme n’importe quel Shônen de baston, genre Eva VS Réincarnation de Dieu (Quoique, soyons fou, pour le fun, façon Gurren Lagann), mais un truc un peu plus terre à terre sans être trop simpliste aurait fait l’affaire.

Un mal de crâne ?

Après, tant pis pour les réponses. Je sais que pour la plupart des questions, je n’aurais jamais la réponse (Bon okay, je vais sans doute aller voir quelques théories de fan, pour le fun) et que dans le fond, je m’en tamponne légèrement. Disons que je prends la série telle qu’elle est, sans chercher à la disséquer, à débattre sur la portée psychologique du bousin. Ce genre de truc me passe au dessus du crâne.

Et je sais qu’End of Evangelion n’arrangera rien (même si le visionnage est prévu) et que les Rebuild ne sont qu’un reboot (Visionnage prévu aussi, mais là, j’ai d’autres raisons qui me poussent à les regarder).

Oh, tout ça pour dire que ça n’en reste pas moins une excellente série. Bien qu’imparfaite par ci par là, j’ai globalement pris mon pied, le scénario est quand même sacrément bien construit (tant pis pour ce qui restera flou) et les personnages, tout comme les mechas, ont un sacré charisme à revendre, ce qui n’est pas donné dans le domaine de l’animation japonaise.

Mais bon sang, cette fin…

There Will Be Brawl, ou le fanboïsme à son meilleur

Podcast un peu spécial cette fois-ci, puisque consacré à There Will Be Brawl.

(Les extraits en 4/3 viennent des épisodes 1 et 2, le 16/9
n’est apparu qu’à partir de l’épisode 3)
Et pour les réfractaires du coin, la vidéo est aussi sous Daily ici même.

Kézako ?

En un lien : http://therewillbebrawl.com

En un pavé : C’est une très sympathique série amateur, diffusé uniquement sur le net (et bientôt en DVD, vivement les rips) basé sur l’univers de Super Smash Bros. Brawl avec de vrais morceaux d’acteurs dedans. Non, pas de CG perrave pour certains personnages, tout est fait avec les moyens du bord (et parfois, c’est vraiment très bien foutu), malgré des concessions un peu… obligatoire pour d’autres personnages, avec un côté « cheap » pleinement assumé dans ces cas là (Vous avez dit Pokémon ?).

Mais cela est à mon goût pleinement compensé par un scénario étonnant, un dénouement final surprenant et une profonde passion qui s’en dégage à chaque seconde. Le sens du détail, les répliques percutantes, les références savamment distillés (Show me your moves !), l’humour, cette ambiance lugubre… Tant de chose qui font que There Will Be Brawl est un vrai plaisir à regarder.

Manque plus qu’un sous titrage français et tout serait… parfait.

(Et c’est pas faute d’avoir envie de le faire, mais sans le « script » de chaque épisodes, c’est plutôt difficile de tout retranscrire avec seulement l’oral comme support…)

Et bien sûr, vos avis, bons, comme mauvais, sont la bienvenue !