Avatar en 3D, MY EYES, THEY’RE BURNING

Je n’ai jamais vraiment attendu le film en soi. Le hype, de mon côté, ayant souvent été entretenu par les avalanches de news que m’envoyait une obscure personne qui me disait sans cesse que le film allait déchirer sa race. Soit. En plus, le film devait être en quelque sorte, la preuve concrète que la 3D déchire tout, que c’est l’avenir du cinéma dans un avenir proche, que ça sera une véritable expérience visuelle contrairement aux précédents films en 3D « vite fait bien fait ». Pourquoi pas, ça sera pour moi la première fois de visionner un tel film, parce que payer quelques euros en plus pour des lunettes qu’on doit rendre après la séance, ça me fait un peu mal au fondement. Donc c’est décidé, Avatar, ça sera en 3D dans la seule salle du coin, pour 5,90€. Ça va, j’ai limité le risque de regret.

Sauf qu’au final, je suis ressorti un peu déçu du film.

Alors dans le fond, autant le dire de suite, le film est bon. Le pari de Cameron n’est pas vraiment raté… Mais il est juste gâché par des défauts presque incompréhensibles quand on voit le passif du monsieur, après 15 ans de gestation.

Commençons par ce qui fâche, histoire de finir sur une note positive :
– L’histoire. En soit, le fond ne me gène pas. Le contexte se met très vite en place, on retrouve les grandes lignes du scénario en quelques minutes de film. Donc pourquoi pas, un scénario simple n’a jamais fait un mauvais film, bien sûr et ça permet de se mettre vite dans le bain. Sauf qu’il a fallu de pas grand-chose pour « gâcher » le film. Ce qui pose problème, ce n’est donc pas que l’histoire peut tenir sur un billet de train coupé en 2, mais c’est surtout la façon dont elle se déroule qui me gène.

Pour faire simple, Cameron a tout bêtement attendu 15 ans, si ce n’est plus, pour pondre un scénario dont on connaît déjà la fin, sans forcer. C’est tout simplement stéréotypé à un tel point que certaines scènes tombent à l’eau, puisqu’on sait 1) Soit comment ça va se passer 2) Soit les dialogues qui vont en découler. Je m’y attendais un peu dans le fond… mais finalement, des fois, j’ai eu du mal à « encaisser » les habituels clichés du genre sans le moindre second degré, sans jamais les prendre à contre pied pour justement, éviter de sombrer dans la facilité.

Pourquoi il a fallu que le scénario soit un bête copié collé du scénario de Pocahontas/Danse avec les Loups ou même le merdissime « Les Aventures de Zak et Crysta dans la forêt de FernGully » ? Pourquoi mettre 15 ans à faire un film visuellement somptueux, avec un scénario aussi creux ? Les humains sont les grands méchants sans foi ni loi (surtout le Badguy du film, prévisible dès le premier coup d’œil, avec son lot de répliques en carton) qui veulent tout détruire pour la survie de leur espèce, les Na’vi sont des gentils écolos pacifiques qui ne font qu’un avec la nature et dans tout ça, il y a un homme, seulement un, pour faire le lien entre les 2. Les scènes en elles-mêmes sont bien faites, bien filmées, pas de problème, Cameron assure. Mais c’est tellement prévisible, que ça annihile tout effet de surprise, de suspense. 15 ans pour ça, j’ai du mal à m’y faire. En fait, sincèrement, Avatar aurait du sortir, vis-à-vis du scénario, 20 ans plus tôt. Tant pis pour la technique…

Ce qui d’ailleurs, accentue un peu le fait que le film est un peu trop long. Au bout d’un moment, on sent une cassure avec la partie du film précédente. Une cassure pas déplaisante, mais qui tranche pas mal avec le reste. Ce qui est assez…étrange. Enfin, donne cette impression tout du moins.

– Moins important, mais petite déception quand même pour le bestiaire. Trop simpliste pour se venter d’être le nouveau Star Wars de ce millénaire. Il ne suffit pas de mettre 6 jambes à un cheval, ou 6 bras à un singe et la tête d’un requin marteau sur le corps d’un rhinocéros, voir même des plantes fluorescentes dans tous les sens, pour remplir le monde de Pandora de façon « convaincante ».

Ce n’est pas mauvais, raté pour autant, mais on sent que Cameron ne s’est pas foulé. Ou alors, il y a une pseudo explication derrière pour justifier ça, mais je n’y crois pas trop. Après, le design des na’vi ne m’attire pas plus que ça, mais je m’y suis habitué, c’est vraiment le reste qui déçoit. Encore que, les Na’vi auraient plus être un peu plus recherché que des humains de 3m peints en bleu, mais vu l’histoire d’amour entre les 2 espèces, difficile de s’imaginer la même chose si les Na’vi étaient un dérivé de Jabba dans Star Wars.

– Et puis… la 3D quoi. Je suis allé dans un ciné à l’autre bout de là où j’habite pour voir une 3D censé arracher la gueule, nous faire découvrir le cinéma de demain… mais en fait, non. Je ne sais pas si c’est partout pareil, mais la 3D telle que je l’ai vu, c’était franchement inutile. L’effet 3D était vraiment minimaliste. Il y a bien quelques effets à droite à gauche qui paraissent plus ou moins proche de nous (Et de ce côté-là, c’est bien foutu quand même, rien à redire là-dessus) mais en général, ça reste « plat ». Pour donner une approximation, je dirais de 90% du film paraissait plat, comme un film traditionnel avec une image bien nette. Donc 3D indispensable pour voir Avatar ? Pas si sûr, enfin si c’est partout comme ça, non merci, j’économiserais 2€ la prochaine fois.

MAIS QUAND MÊME
, le film reste bon !

Oui, oui, malgré l’immense pavé que j’ai pondu, il y a du bon dans tout ça et j’ai quand même aimé le film. Comme je l’ai quelque peu abordé plus haut, Cameron maîtrise néanmoins son sujet, la technique de son film jusqu’au bout. Ici, pas de caméra tremblantes, pas de problème de rythme particulier. Oui j’ai dit que le film semblait trop long, trop prévisible, mais dans les faits, il se passe quand même toujours quelque chose à l’écran pendant les 2h40 du film. La scène finale est une réussite, malgré le fond scénaristique qui en découle, mais on en prend pleins les yeux, pleins les oreilles, pour notre plus grand plaisir.

Pour faire simple, le film est sincèrement d’une beauté renversante, la technique n’est jamais prise en défauts, Cameron a au moins réussi ça : Avatar est un parcours technique sans faute. Jamais les animations faciales d’un personnage en CGI n’auront été aussi criantes de vérité avant Avatar. C’est vrai, comment peut-on lui reprocher d’être au top du top, après avoir mis 15 ans à sortir son film ?

L’univers du film est riche et donne, malgré les critiques que j’ai pu faire, lieu à des paysages vraiment magnifique, qui donneraient presque l’envie de s’y rendre, ne serait-ce que quelques instants, le tout dans un bon goût global des plus appréciables. Oui, Avatar est et reste quand même un bon film. C’est dépaysant, c’est beau, l’histoire ne sera peut être pas aussi dérangeante pour tous (et je m’en doute bien, donc avec cet énorme défaut en moins, il y a de quoi prendre son pied à fond) et les amateurs de belles scènes d’action seront servis. Juste que pour moi, le coup du scénario vraiment trop prévisible (au moins qu’à certaines scènes, je me disais en plaisantant qu’il se passera sans doute tel truc… pour me rendre compte j’avais raison), j’ai eu du mal à le gober d’une traite. Et vu le martelage médiatique que l’on a subit dixit «AVATAR LA REVOLUTION CINEMATOGRAPHIQUE», eh bien, on en est loin. Technique, ouais, ça marquera la prochaine évolution du cinéma à spectacle, mais au-delà de ça… Un peu trop conventionnel, je dirais.

Oh mein Gott, ein Artikel über die Nazis!

Que ça soit dans le trio infernal (pour généraliser légèrement) qu’est le Manga/Les Jeux vidéo et le cinéma (et tout ce que ça peut englober), il y a toujours eu cette source presque inépuisable, celle dont on s’inspire souvent sans vergogne, malgré ses origines franchement douteuses : les Nazis.

Grand fléau de notre siècle précédent, les nazis ont pourtant tellement marqué les esprits qu’ils sont devenus – en dehors de l’aspect historique – la représentation quasi symbolique du mal absolu, au même côté de l’Enfer, dans un sens. Mettre en scène les nazis, c’est toujours dans le but de représenter le « grand méchant » de l’histoire, et jamais l’inverse (sauf, éventuellement, dans les productions pro-nazis, mais là, c’est un autre registre…). Et c’est alors qu’en exploitant cette triste période de notre histoire qu’on a «crée» (enfin, développé à notre sauce) un univers, un background assez… fascinant je dois dire. C’est assez difficile à expliquer, mais même en tenant compte des atrocités faites à droite à gauche pendant la WW2, les nazis sont une source infinie d’idées en tout genre. Et je dois admettre que j’adore ça. Les exemples ne manquent pas en plus.

D’un côté, on a l’aspect légèrement satirique, caricatural du « mythe » qui est exploité à droite à gauche : il suffit de voir la représentation d’Hitler dans Inglorious Bastards, sorte de pitre à la moustache carrée, pour s’en convaincre. On abandonne le côté réaliste/historique pour se tourner vers une farce mettant en scène des super héros improvisés contre le grand méchant à moustache et son empire. On le vulgarise, on le ridiculise. Dans le même genre d’idée, même si je ne l’ai pas vu, il y a Dead Snow, avec des norvégiens qui passent des vacances à la montagne et qui se retrouvent nez à nez avec des nazis zombies. Le film doit être…amusant. Enfin, c’est une preuve qu’on exploite le mythe avec un second degré déconcertant.

De l’autre, et c’est ce qui me fascine le plus dans cette « exploitation », c’est (et surtout celui là) ce côté « mystique ». On le sait malheureusement bien, mais le côté « secte » des nazis ; couplé aux expériences parfois horrible qu’ils ont commis sur les êtres humains et les animaux, ça donne forcément un paquet d’idée à tous le monde. Qui ne se souvient pas d’un des boss de Wolfensein qui n’était ni plus ni moins qu’Hitler dans une super armure équipée de Gatling ? Pire encore, les créatures et armes crées par les nazis dans les opus suivant (Return to Castle Wolfenstein et Wolfenstein tout court sur PC/PS360) : le Tesla Gun, l’arme crachant de l’électricité ; l’amulette qui permet de voyager entre les dimensions, les invocations de démons, squelettes, fantômes sous les ordres du 3ème Reich. Un peu comme le manga Hellsing (et son adaptation en Anime, Hellsing Ultimate) qui met en scène la montée du 4ème Reich (ou renaissance du 3ème, si on veut) par un des derniers Nazis, 50 ans après la fin de la WW2. 50 ans qui lui ont permis de se créer une armée de zombies, de goules, de vampires, de loups garous à ses bottes. Sans compter le fait qu’il n’est lui-même plus un être humain, grâce au talent d’un de ses subalternes !

Dans ce même registre, on y trouve aussi Iron Sky, film à moitié amateur pas encore sortie, qui met en scène le retour des Nazis 60 ans après la guerre … en provenance de la Lune ! Et comment ne pas oublier les Nazis d’Indiana Jones, à la recherche du Graal…

Ce côté « Conquête du monde par les moyens les plus fous », c’est ce que j’aime.

Alors oui, le sujet est parfois sensible (Godwin am here) et je ne me lasse pas des confusions entre le symbole nazi avec celui d’origine, la Svastika (On se souviendra des longs débats sur les forums d’otaku sur la justification de ce symbole sur certains personnages de manga comme Naruto (Neiji), One Pièce (Portas D. Ace) et Bleach par exemple (la technique du « Bankai », qui en Japonais, s’écrit en partie avec le symbole de la Svastika, l’opposé de la croix gammée, vous suivez ?)) mais Dieu que c’est bon. Je crois qu’avec les zombies et les extraterrestres, on a la meilleure source d’inspiration pour faire l’ennemi numéro 1.

D’une manière générale, c’est aussi cette façon de revisiter l’histoire qui me fascine (histoire que ceux qui lisent ça ne pensent pas que je suis moi-même nazi …), un peu comme dans Watchmen qui revisite la guerre froide (Oui Watchmen, j’y tiens. D’ailleurs vivement le remake avec Rorschach le juif à la cagoule contre l’armée d’Hitler !). J’ai toujours un faible pour les médias qui mettent en scène un scénario « alternatif », un « Et si ça s’était passé comme ça…». D’ailleurs, j’avais bien aimé le scénario de Command and Conquer : Alerte Rouge ; où les gentils avaient crée une machine à remonter le temps pour retourner dans le passé et tuer Hitler. C’estd’ailleurs pour ça que je garde un œil sur le sympathique – à première vue d’après les retours des joueurs – The Saboteur dans lequel on joue un Irlandais parti se venger des Nazis, pendant la WW2, dans notre belle France façon caricaturale et en noir et blanc style Sin City. Classe.

Ce qui me fait penser que le « mythe » va probablement durer encore un bon bout de temps : je ne serai alors pas étonné de retrouver dans une vingtaine d’année, des films (nouveau ou remake) mettant en scène des nazis (D’ailleurs, ça manque de scénario « Nazis dans le futur »…) dans toutes sortes de situations, alors que la WW2 ne sera qu’un lointain passé, les survivants actuels de cette guerre alors tous décédés depuis longtemps et que les jours fériés liés à cette guerre auront probablement disparu. Et moi, je serais toujours là pour les savourer.