Stage Part II: la grande traversée du désert

Faire un stage, c’est très lucratif, très enrichissant pour sa vie professionnelle. Au contact avec l’entreprise, avec ses dirigeants, ses employés, rien de tel pour découvrir l’envers du décor qui nous entoure tous les jours selon les domaines. Comprendre comment ça marche, comment ça se déroule, comment on parvient à régler tel problème pour telle situation, c’est vraiment quelque chose d’intéressant. Et pour entrer dans la vie active juste après (le but principal quand même), ce n’est pas du luxe.

Du moins, sur le papier.

Septembre dernier se déroulait la rentrée de ma très probable dernière année scolaire, rien que ça. On ne dirait pas comme ça, mais ce genre de détail à une certaine importance pour moi. Bah ouais, fini de glander tous les soirs d’été en attendant l’année suivante, il faudra bientôt partir au front, chercher le boulot qui voudra bien de nous quelques temps pour pouvoir enfin partir de chez soi (même si ça a un charme indéniable dont il est quelque peu difficile de s’en détacher…).
Mais bon, ceci est une autre histoire…

Pour en revenir à nos moutons, Septembre est le début de ma dernière année scolaire. Ayant passé, à un poil de cul près, l’épreuve du BTS (j’ai encore du mal à l’heure actuelle à croire que j’ai pu réussir ça !), je tente, avec un peu de scepticisme, il est vrai, une troisième année. Pas un « BAC + 3 » mais l’équivalent. C’est clair que ça se vaudra peut être pas pour le futur patron qui m’embauchera (si tu me lis, « bisou ») mais « ça fera l’affaire ». N’étant pas forcément une flèche dans ce que je fais à l’origine, je me contenterai de ça. Ca ne veut pas forcément dire que ce choix est mauvais, mais il est au moins adapté à ce que je souhaite, ce que je cherche avant tout comme étude pour mon niveau.

Oui, en gros, j’avais peur de bosser tout de suite, donc j’ai repoussé l’échéance comme je pouvais.

Mais ce qui m’a surtout décidé à me lancer la dedans, c’est bien le stage. Ayant quelque doute à l’idée de se lancer dès Septembre dans la vie active (surtout que c’est un peu tard), j’ai préféré y aller « en douceur », en choisissant une année où on y retrouvera des cours, pour ne pas me dépayser et un stage en entreprise, pour m’insérer dans la vie active avec une couche de lubrifiant pour éviter la douleur.

Tout commençait très bien. La recherche de stage se fît quelques semaines après les résultats du BTS fraîchement obtenu, et la réponse positive dans un amas de vent et de réponses négatives toutes faite arriva juste avant la rentrée. As keikaku, donc. Là encore, tout roule comme sur des roulettes avec un entretien qui se déroule sans accroc.
Tuteur très cool : Check
Entretien dans une entreprise relativement connu avec plus de 50 employés : Check
Proximité de l’entreprise (histoire de pas se taper 1h d’aller/1h retour chaque jour, en priant pour éviter les bouchons) : Check
Et surtout :
Stage rémunéré : Triple Check

Bingo ! Tout est trop beau pour être vrai, mais c’est bien la réalité, je suis pris, rendez vous fin Septembre. Une paie, une formation et un billet potentiel pour se lancer plus tard, what else ?

Malheureusement, ça s’arrête là pour le bon côté des choses. Si je n’avais pas oublié un simple détail dans cette équation, le résultat aurait pu être positif. Ce détail ? La crise.

Au début, je me suis dit que ça ne changerait pas grand-chose à mon futur boulot de stagiaire (éventuellement un peu moins de travail, mais rien de bien grave), mais en fait, c’est encore pire que tout ce que je pouvais imaginer. L’effet est simple dans le cas de l’entreprise qui m’a embauché : moins d’activité de manière global, l’obligation d’avoir une journée de « Non-travail » forcée (et rémunéré, quand même), mais qui pousse tout de même certains secteurs à bosser l’équivalent de 5 jours de travail en 4, et ce, presque toutes les semaines. Peut être est-ce courant, mais moi je découvre un peu…

Au début, on se dit que ce n’est pas trop grave de ne pas trop bosser la première semaine : le tuteur nous a expliqué qu’il ne serait pas toujours présent pour nous, étant occupé à droite à gauche et même loin de l’entreprise. Pourquoi pas, autant commencer en douceur… Sauf qu’en fait, ça se complique légèrement, mais rapidement.

Un PC pour travailler ? Pas de soucis, j’ai le mien sous le bras ! Sauf que non, il faut utiliser un pc de chez eux pour bosser, avec leurs propres logiciels, son propre compte utilisateur et avoir une connexion au net. Attention, pas internet, mais un accès à un réseau intranet de l’entreprise, histoire de s’envoyer joyeusement des mails sous la pluie, Normandie oblige. Soit, je vais attendre. Disons qu’en plus de ça, je n’ai pas vraiment la possibilité de bosser : il me faut certains logiciels sur le fameux pc de l’entreprise, puis il faut m’entretenir avec un membre bien précis du bureau où je suis. Sauf que là encore, crise oblige apparemment, la personne est débordée. Impossibilité de se libérer ne serait-ce qu’une heure ou deux, tout le temps en réunion, parti on ne sait où, ou parti dans une autre ville de France, pour affaire. Et « I want you » et uniquement « you ».

Pas d’autre personnes qualifié pour, c’est la seule qui peut me faire avancer. Alors on a beau demander de nous réserver un peu de temps, il trouve toujours quelque chose pour retarder l’échéance chaque jour. Je le crois, bien sûr, et c’est normal. Mais ça ne m’arrange pas. Alors pendant facile 3/4 semaines (car pour enfoncer le clou, la commande de « mon » PC a mis plus de temps que prévu pour être validé, me retardant un peu plus.), on cherche à s’occuper comme on peut. Donc on attend, on mendia un peu de boulot à droite, à gauche (même récurer les chiottes
m’aurait suffit, car j’ai quand même gardé en tête que… c’était rémunéré) mais sans succès.

Mais voyons le bon côté des choses : ayant mon propre PC sous la main, c’était l’occasion de rattraper le temps perdu dans divers domaines tout en étant payé, rien que ça. Le résultat est bien là : J’ai pu mater la fin de la saison 1 de Haruhi Suzumiya, entamer la série américaine Flashforward, continuer un projet de scantrad, rejouer des années après à l’Odyssée d’Abe, taper des articles pour relancer ce blog, me replonger dans les épisodes du sympathique Keroro Gunso, tenter de redessiner un peu, et occasionnellement, on tape son rapport de stage, qui risque d’être fort bien rempli… Tout pleins de chose, pas forcément en rapport avec ce que je faisais, mais au moins, c’était payé. Et être payé pour traduire un manga qui raconte l’histoire d’un mec qui se branle, ça n’a pas de prix. Enfin, si, mais c’est classe quand même.

Et à côté de ça, quand on obtient enfin l’aide de la personne en question, sans savoir pourquoi, il finit par nous donner autre chose, comme si on avait trop traîné avant, sans avoir la possibilité de commencer quoi que ce soit. On repart sur de nouvelles bases sans avoir terminé ou entamer le précédent, la vitesse à laquelle on m’a filé les restes du boulot des autres empêchent surtout de comprendre quoique ce soit : on sent que tout le monde est pressé, n’a pas toujours le temps de nous accorder quelques précieuses explications, pourquoi pas forcément inutile. On peut avancer, mais sans trop savoir où ça mène…

Soit, en gros, l’opposé d’un stage, où le tuteur (ou au moins quelqu’un d’autre) nous encadre un peu, nous aide, nous montre comment ça marche, nous… montre un peu comment rentrer dans la vie active. On est loin de la réalité finalement. J’ai du me tromper de pilule en fait…

Ah, et mon tuteur dans tout ça, alors ? Pas là. Mais pas qu’un peu. S’il avait bien précisé qu’il ne serait pas toujours, j’étais loin de penser que, parfois, je le voyais seulement 2 fois en 2 semaines, par tranches de 10 min. Je comprends qu’il soit surchargé de boulot et qu’il devait parfois partir à l’autre bout du monde (quelle a été ma surprise quand, un matin, je demande où il se trouvait… pour avoir comme réponse qu’il était parti une semaine en Inde pour le boulot !), mais alors, pourquoi m’avoir pris ?

Avait-il besoin de remplir un quelconque quota de stagiaire par an pour l’entreprise ? Avait-il pitié de moi en me disait que je serai en entreprise, donc que je pouvais continuer mes études ? N’aurait-il pas été possible d’assigner quelqu’un d’autre à ma personne, au lieu de me laisser moisir dans un coin, à attendre la fin de chaque journée ?

La logique de ce tuteur m’échappe toujours un peu, même 7 semaines après.

C’est un peu comme la fois où, grâce au jour férié du 11 Novembre, la quasi-totalité de l’entreprise en avait « profité » pour faire le pont, histoire de bosser le Lundi et le Mardi précédent le 11 Novembre, pour reprendre le Lundi d’après. Sympa, surtout quand on voit que tous les autres stagiaires profitent bien évidemment du pont, soit parce que tout leur service fait le pont, ou que tout bêtement, comme l’indique la loi, le tuteur n’est pas là donc le stagiaire fait de même. Donc pour moi, j’avais les yeux qui brillaient à l’idée de se retrouver en Week end de 5 jours (quitte à rien foutre, autant le faire chez soi).

Sauf que, dans un premier temps, mon tuteur m’annonce l’horrible nouvelle : « Moi [Le tuteur, donc] je ne bosse pas Jeudi et Vendredi de toute façon, je suis en congé, mais toi tu viens quand même ! ».
OK.

Heureusement que j’ai eu l’éclair de génie de me renseigner ailleurs, pour me rendre compte de l’abus de pouvoir dont mon tuteur profitait, sans forcément s’en rendre compte sur moi. Erreur de sa part rapidement corrigé par les personnes qui s’occupent de la gestion des stagiaires de l’entreprise, j’ai pu repartir chez moi soulagé. Mais avec du recul, ce tuteur n’avait décidément aucun sens.

C’est un peu comme ça que je résumerai ce stage, jusqu’à aujourd’hui : un foutoir pas possible où rien n’a de sens, aucune logique. Un encadrement inexistant, une organisation désastreuse pour une absence de travail concret, voilà de quoi remplir efficacement mon CV, et mon futur rapport de stage de fin d’année. Joie !

A l’heure où j’écris ses lignes, je serai mort d’ennui sur le point de finir ce stage, avant de retourner en cours. L’affaire n’est pas close, puisqu’on reprend les mêmes et on recommence en Mai prochain. Mais d’ici là, l’entreprise aura le temps de se remettre sur pied et de retrouver la motivation de s’occuper d’un stagiaire. Au moins un de plus.

Tu es déjà bloggué, mais tu ne le sais pas encore…

Ken, ken, survivant de l’enfer,

Ken, ken, souvent croise le fer

Ken, ken, dans le Chaos des esprits

Ken, ken, contre les fous les bandits.

ATATATATATATAH !

Tu es déjà mort, mais tu ne le sais pas encore.


Tu me le paieras Raoul !
– Tu me feras un prix ?

Ou voilà en quelques lignes les premières choses qui me viennent à l’esprit quand je parle, quand j’entends parler de Hokuto no Ken, ou Ken le survivant au pays de Montélimar. Qui n’a jamais entendu parler de cette série, ne serait-ce que via son sublime doublage français qu’on parlera sans doute encore pendant des dizaines d’années, même quand Philippe nous quittera ?

Cela dit, je n’ai jamais vu la série. Sans doute un poil trop jeune à l’époque et trop occupé par DBZ pour s’y intéresser. Il faut dire qu’aussi, la série date méchamment, et la regarder des années après n’est pas forcément pour mes pauvres yeux de geek. C’est un fait, la série TV est absolument immonde techniquement avec le poids des années. Le dessin est atroce, s’éloigne énormément du manga et, comme les animes de l’époque, était souvent animé avec les pieds, et sans doute d’autre parties du corps vu l’ampleur du désastre. J’exagère, mais c’est impossible pour moi de tenir un épisode – ou presque – devant une telle antiquité. Pire encore, la 2ème série jamais sortie chez nous sauf en exclu sur Megaupload, la sobrement nommé Hokuto No Ken 2 (qui a inspiré un beat them all culte malgré lui), est tout aussi infâme, même en étant plus récente. Reste néanmoins que la première série dispose d’un des meilleurs génériques d’anime que j’ai pu entendre, avec un thème dynamique, qui donne la pêche comme jamais. La version française aussi, dans un autre registre. Les paroles ont au moins le mérite – pour une fois ! – de coller avec l’histoire et l’esprit du manga d’origine et c’est déjà pas si mal.

C’est donc avec le manga que j’ai décidé de rattraper ce retard, histoire d’approfondir mes connaissances Otakuesques dans les origines de ce qui font le Shonen de maintenant, tout en gardant mes yeux saint et sauf. Forcément, difficile de juger correctement une œuvre qui a au moins 20 ans (flemme de vérifier), en ajoutant le fait que le shonen est un genre que je commence à repousser de plus en plus, les tonnes de clichés et les débilités du scénario me rebutant peu à peu. Et mine de rien, à ce niveau, on est servit (je m’y attendais), même si c’est quelque peu différent de la soupe actuelle.

Dans l’idée, et je ne suis pas le seul qui le pense de manière générale, encore une fois, les premières impressions qu’on a quand on lit Hokuto no Ken, c’est ce sentiment, pas forcément désagréable au départ, de se retrouver face à l’équivalent japonais du film d’action US moyen, ceux qui fleurissaient en masse pendant les années 80 (inspiration probable?) et 90. Les nanars, comme on aime, parfois, si bien les nommer. On y retrouve dans les 2 cas un scénario extra light, notre héros étant un tank humain contre une armée de méchant pas beau (Ken fait fort dans le domaine d’ailleurs), les défonce avec une facilité déconcertante et sort des répliques à 2 balles tous les 2 pas, tout en prenant la pose quand il le faut, sans oublier ce petit soupçon de dialogues débiles/primaires/risible, (au choix). Ça a son charme.

Au début, ça passe bien. C’est finalement un peu éloigné de ce qu’on peut lire actuellement dans le Shonen, même si on y retrouve certains points communs, forcément. Mais pas au même niveau : les flashbacks, bien que présent, ne sont pas très développé et on passera rapidement à autre chose. Malgré quelques pavés pas toujours bien placés, on évite régulièrement (ou du moins, elles sont atténuées) les grosses explications typiques du shonen pour soit décrire l’action, soit décrire un évènement passé, toutes les 2 pages. Toujours cet esprit nanar des années 80, qui veut aller à l’essentiel. La baston ! Tout tourne autour de la baston. Kenshiro n’est aimé de personne, ou presque, et trouvera toujours un sbire prêt à se faire défoncer puis son chef, un peu plus fort et finalement le big boss du coin. Et on recommence, avec un bout de scénario et des personnages en plus pour accompagner.

D’ailleurs, c’est après avoir lu le manga dans sa totalité que je me demande bien comment ils ont fait pour s’en sortir avec l’anime, et plus tard avec Hokuto no Ken Fighting sur PS2 et Arcade, pour retranscrire les attaques des personnages du manga, tant ceux-ci ne se prête finalement pas trop à de la pure baston, même si le fameux « ATATATAH » de Ken en aura marqué plus d’un.

Les combats dans Hokuto no Ken se résument souvent à des « combats de vent », où les 2 gars (rarement plus) qui se battent donnent des coups pas franchement impressionnant visuellement et se causent des dommages de façon « invisible », avec les inévitables « J’ai frappé à côté de ta tête, mais ma force est telle que, je te cause des dégâts quand même ! » et les fameux « touchers presque rectales » qui tuent de l’intérieur. C’est bien évidemment justifié d’un point de vue scénaristique, et ce n’est bien sûr pas ce que je reproche au manga. Juste que, avec de tel combat, j’ai souvent été confronté a quelques problèmes de lisibilité. Les combats sont parfois surchargé en effet de vitesse, de « puissance », sans que pour autant il se passe quelque chose de concret. Et au final, on ne pige pas forcément du premier coup tout ce qu’il s’y passe, un brin frustrant.

Car en dehors de ça, et c’est dommage d’avoir gâché quelque peu cet aspect, le dessin dans le manga (et pas dans l’anime, vous suivez ?) est assez monstrueux en général. Que l’on adhère ou pas au chara design (pour ma part, ça passe assez bien), force est de constater que le dessin de Tetsuo Hara est souvent magnifique. Quand on a surtout connu l’anime, c’est une vrai mandale dans la tronche qu’on se prend, et ce, dès les premières pages. Le dessin est très (trop ?) riche (A tel point que même les OAV récents n’arrivent toujours pas à la cheville du manga question design, sans doute trop fouillé pour être animé), fourmille souvent de détail, en particulier les personnages « importants ».

C’est sûr qu’il faut aimer le fait de voir souvent des hommes très (trop, encore une fois ?) virils, souvent à moitié torse nue, avec 90% de muscles surdéveloppés, les veines prêtes à péter. Mais le résultat est là, et c’est souvent superbe. Même si avec le temps, on voit que le chara design se répète un peu (plus ou moins volontaires via quelques ristournes scénaristiques bidons), la plupart des personnages sont classe (surtout dans la première partie), y compris les filles, assez étonnant pour être signalé.

Si on est surpris par le dessin et amusé par les tenants et aboutissant d’un scénario terriblement plat malgré tout, il faut reconnaître que tout ça tourne beaucoup trop en rond, pendant 27 tomes, pour au final lasser le lecteur dans un tourbillon de virilité indigeste. A vrai dire, je vais être franc : j’ai eu la désagréable impression d’être dans une boucle temporelle et de voir la même chose à chaque arc narratif. Pour faire simple, on retrouve toujours la même progression, le même développement scénaristique. Kenshiro déchire les sbires en bougeant à peine le petit doigt, retrousse légèrement ses manches contre ceux du dessus. Pour « les boss », c’est souvent ridicule la façon dont ceux-ci sont humilié par Kenshiro : pour faire simple, quand Kenshiro n’est pas là, ils ont l’air puissant, inattaquables, invincible, avec des techniques redoutables… Jusqu’à que Kenshiro arrive. Et sans savoir pourquoi, dès que le combat commence, ils n’arrivent plus à se battre. Les coups portés sur Kenshiro deviennent subitement inoffensifs (alors qu’une pichenette sur un perso lambda le fera éclater en 1000 morceaux de viande), ils semblent presque retenir leurs coups par peur de se faire tabasser. Même les plus puissants ennemis comme Raoh, deviennent presque pitoyable une fois le dernier combat engagé.

C’est sans compter, malheureusement, sur le côté Shonen qui se développe de plus en plus. Plus on avance, plus on souffre de ces clichés lourdingues: les combats semblent parfois volontairement illisible, histoire que les auteurs se sentent obligé de faire un personnage « spectateur » qui décrira le combat dans les moindres détails. Ça casse le rythme, ça alourdit le récit avec des dialogues complètement nase. Entre les descriptions d’un personnage en plein combat (Plus belle sa vie, en gros), les trouzemilles explications des techniques de combat plus ou moins secrètes totalement bidon, tentant déspérément d’épaissir le background du manga… Celui-ci finit en quelque sorte par se renfermer sur lui même. On revient donc à la théorie de la boucle décrite plus haut.

Malheureusement, le scénario ne rattrape pas grand-chose. Bien que le contexte soit original pour un manga, celui ci se déroule toujours de la même façon et peine à captiver le lecteur qui a déjà fort à faire avec le ridicule de certains combats. Au final, les arcs se ressemblent tous, si ce n’est qu’ils ajoutent des tonnes de personnages pas franchement intéressant ou sous exploité (cf. la partie « 2 » du manga en particulier, ou le fait que Kenshiro soit un autiste qui soit n’a pas d’expression, soit chiale comme une gonzesse) pour essayer de varier. Mais ça ne prend toujours pas, on sait toujours comment ça va se dérouler, on sait qui va mourir à la fin, sans le moindre suspense. C’est tellement cliché qu’au bout du compte, que je me suis parfois demandé si les auteurs ne s’auto-parodiaient pas.

Je comprends le fait qu’il soit culte (Et les parodies & clin d’oeil par ci par là font toujours plaisir à voir) mais c’est avec de tels piliers du genre que je me rends compte que je suis désormais « trop vieux pour ces conneries« …

Pot pourri cinématographique, le retour

De nouveau en vacances, il est temps de rattraper un petit peu plus, chaque jours, sa culture cinématographique. Bon, la pioche du jour n’est pas extraordinaire, mais il faut bien voir de temps en temps des films mauvais/moyens pour d’une part complèter sa culture et d’autre part, forger son esprit critique en se disant que parfois, par rapport à certains films, on fait bien pire. Et ça aide à relativiser, donc c’est une bonne chose en soit.


Tempête de boulettes géantes

Bof.

L’idée à l’origine du bousin est sympathique, rigolote dans le fond. J’aime bien manger et se retrouver dans un univers léger et gentillet à base de nuages qui crachent de la bouffe, ça me donne bien la dalle et j’aime ça. Ah, si un Filet-O-Fish et un kébab pouvait pleuvoir dans mon jardin, ça m’arrangerait… Donc ça partait plutôt bien: on a un univers « appétissant » tout public, un design pas trop mauvais qui surfe sur la vague Pixar et son « Là-Haut » donc, pourquoi pas… Mais, à l’instar d’un « Là-Haut« , le format « film pour gosse » plombe le truc.

Bon, soyons honnête, on sourit parfois de bon coeur, certains passages sont agréables, ya du rythme, on ne s’ennuit pas vraiment dans le fond, et c’est l’essentiel ! Mais quand même, c’est regrettable de faire un truc 100% pour gosse, avec les énièmes ficelles du genre comme la moral du père qui fera ouvrir les yeux du héros, l’histoire d’amour qui finit bien, l’acte de bravoure qui semble parti comme un suicide mais qu’en fait, non, le personnage n’a rien. Et j’en passe, bien sûr.

Certains me diront « Thx Captain Obvious !« , que c’est un peu le but du film, de n’être fait que pour les gosses, mais ce à quoi je répondrai qu’on sait aussi faire, de nos jours, des films d’animations pour tous, sans prendre les adultes (même jeune, comme moi) pour des demeurés. Un peu d’originalité, que diable ! Je ne demande pas de la violence, du sexe, de la drogue et du rock’n’roll pour nos plaire, mais juste un peu plus « d’audace », d’humour à double sens de lecture par exemple, quand le genre s’y prête bien.

Est-ce trop demandé ?


Clones

Bof Reloaded.

Bruce Willis ! Un acteur que j’apprécie énormément. Rien qu’avec les 4 épisodes de Die Hard, c’est un des acteurs US qui j’aime le plus. Il a la classe malgré son âge et il est toujours aussi bon acteur avec le poids des années, what else ? Je veux être comme lui quand je serai vieux.

Forcément, quand on me sort qu’il va faire un film de SF, il y a de quoi me réjouir quelque peu. Même si le titre US ne me dit pas grand chose (merci la France d’avoir bêtement traduit ça par Clones), j’ai envie d’y croire. Malheureusement, le résultat n’arrive pas à me satisfaire, il manque quelque chose. De l’ambition sans doute.

Surrogates est un film de SF incroyablement banal. L’histoire reste un tant soi peu accrocheuse, mais nous rappelle trop souvent un sentiment de déjà vu. Combien de fois je me suis dit « ça, ça me rappelle tel film » ou « tiens, on dirait tel film ». Après, et c’est ça qui est vraiment dommage, le reste tient finalement assez bien la route, il n’y a pas tant de défauts que ça qui sautent aux yeux (les acteurs sont bons, surtout Willis, les FX sont corrects, le scénario se développe bien, sans trop de longueur, on reste « captivé » par le déroulement du film…) mais c’est tellement vu et revu que ça flingue tout.

On y retrouve un énième univers futuriste où l’humanité se retrouve confronté à l’omniprésence des machines dans la population, les groupes de rebelles qui n’en veulent pas et j’en passe, pour finir avec un énième complot qui se cache derrière tout ça, sans trop spoiler. Mouais, j’ai déjà vu ça un paquet de fois, donc ça a fini par me lasser, sans doute. La forme est bonne, c’est « carré », mais en fait, non.

Ni bon, ni mauvais, un film de transition donc.


Le terminal

Bof Revolution.

Tout comme Tempête de boulettes géantes, j’aime bien l’idée de base, le point de départ de l’histoire d’un immigré coincé dans un aéroport pour un temps indéterminé. Le voir se débrouiller tout seul pour se nourrir, se laver, se changer alors qu’il n’a pas un sous sur lui, c’est fun, et ça rend le film pas mauvais dans l’absolu. Mais c’est finalement ce que j’aurai voulu voir pendant 1h30.

Mais pourquoi, Ô Dieu pourquoi, il a fallu mettre une histoire d’amour de merde dans le tas ? Pourquoi fallait-il qu’en plus de problèmes de rythme liés à l’histoire principale, le réalisateur s’est senti forcé d’inclure une bonasse avec qui le héros va essayer de sortir ? Ça faisait plus « film » que de laisser le contexte de base ? C’était pas assez vendeur ? C’est cliché, c’est mièvre et même si ça ne finit pas en un pur Happy End, cet élément scénaristique ne sert pas à grand chose dans le fond (la scène de la fontaine, mon dieu !).

En dehors de ça, justement, le délire ne va pas assez loin, l’idée n’est qu’à peine développée, on arrive à la fin et on se dit « Merde, déjà ? C’est tout ? ». Sans non plus tourner au navet, à la daube, au lucky luke, je suis resté sur ma faim. Je n’ai pas passé un mauvais moment non plus (ça reste agréable de suivre les péripéties de Tom Hanks, qui joue à merveille son rôle d’étranger exilé), mais le film respire trop le conventionnalisme. Un peu trop formaté, un peu trop banal, en somme.

Dommage, j’aime bien Tom Hanks, mais là, ça passe moyennement.


Lucky Luke

Mauvais.

Bon, je dois admettre que l’univers de Lucky Luke ne m’a jamais passionné. Il fait parti de ces BD que je n’apprécie pas spécialement, ceux avec un design pas franchement attirant, un fond particulièrement creux et un humour au ras des pâquerettes. Et c’est pourtant pas faute d’avoir vu les dessins animés et lu les BD pour s’en assurer, surtout avec le poids des années qui me fait ouvrir à chaque fois les yeux sur les choses que j’avais apprécié durant ma jeunesse. Y a pas à dire, on aime vraiment tout et n’importe quoi durant cette période…

Déjà, en partant de cet état de fait (même si certains aiment, chacun fait ce qu’il veut), ça sentait le roussi. La bande-annonce annonçait clairement le résultat aussi, avec un univers qui semblait trop sérieux, un manque d’humour et un Jean Dujardin qui ne semble pas trop en adéquation avec le héros de la BD. Mais soit, j’ai quand même tenté le coup, en me disant secrètement qu’on aura peut être un « Astérix: Mission Cléopatre« , l’excellent film avec Alain Chabat et sa bande, dans une comédie qui arrive à dépoussiérer l’univers du Gaulois has-been de fort belle manière, avec un tas de clin d’oeil à notre époque. On y croit.

Evidemment, le résultat en est loin. Très loin. A vrai dire, il n’y a pas grand chose à sauver, le film accumule à peu près tout ce qui me rebute dans un film. Une histoire lourde, lente, qui met un temps fou à démarrer. L’idée de base n’est pas mauvaise (donner un peu d’épaisseur au personnage de Lucky Luke) mais, aller savoir, ya un truc qui m’a gêné. Ce n’est pas crédible une seule seconde, ça se prend finalement trop au sérieux (Les 2/3 touches d’humour ne font pas assez mouche pour nous maintenir en éveil, n’est pas Chabat qui veut), on a du mal à se mettre dans le bain.

Même si stéréotypé, les personnages sont insupportables. Il faut reconnaître que Dujardin n’est pas mauvais, même si ce n’est pas un acteur que j’aime beaucoup. Mais alors le reste… Entre ceux qui sont naturellement insupportable (Mickeal Young, imbattable dans cette catégorie pour son rôle de Billy The Kid, tout aussi insupportable que dans la BD), le personnage de Jesse James et sa manie de sortir des répliques des grands hommes de l’histoire (c’est aussi le cas dans la BD, mais à l’écran, ça ne sert qu’à rendre le personnage particulièrement stupide, malgré sa « classe » vestimentaire) ou le jeu d’acteur global du reste de la troupe (Ah, Alexandra Lamy…). La French Touch, probablement.

Bref, tout un tas de petite chose qui rendent le film mauvais. Décidément, Lucky Luke n’a pas vraiment de chance au cinéma, même si cet opus est le meilleur de tout ce qui est sortie à ce jour.

C’est dire le niveau.