Watchmen: the good game was nigh

Qu’il est bon d’être un fanboy. Surtout pour l’industrie. Depuis que Rorchach a touché les plis de mon pantalon de son doigt divin, Watchmen a su monter dans la stratosphère de mes univers cultes, au côté de l’intouchable Sonic. Véritable mandale dans la gueule, les aventures de Rorchach au pays des super héros low cost ne m’auront pas laissé indifférent. Forcément, quand on aime, on ne compte pas. Et c’est sans forcément être super emballé par les démo des 2 épisodes que j’ai craqué quand même pour la version boîte du jeu (enfin, compil’), dispo en même temps que la version tronquée du DVD.

Bah dans le fond, je l’aime bien ! Je n’arrive pas à le détester, malgré les apparences. Je l’ai apprécié un tant soi peu, même si c’est quand même hallucinant de voir autant de défauts aussi gros que ça dans un beat’em all. Dans le fond, on sent que les développeurs se sont quand même appliqués sur certaines choses, qu’ils ont voulu respecter l’univers d’Alan Moore. Mais en contre partie… Je suis quand même bien dégouté quant au fait qu’ils ont été (sans doute, ça se sent ce genre de chose) pris de court à cause de la sortie du film (épisode 1) et du DVD du film (épisode 2) quelques mois après seulement, pour peaufiner leur bousin. Ils étaient quand même pas mal parti, dans le fond.

L’aspect graphique est probablement le point le plus soigné de tous, celui où l’on dit que pour un jeu du XBLA (= jeu à petit budget) c’est quand même pas dégueux. J’y retrouve bien l’esthétique de l’univers Watchmen, que ça soit en 3D ou avec les cinématiques façon « comic animée » (même si parfois, animée maladroitement). Concrètement, j’apprécie beaucoup le travail sur les lumières, plutôt convaincant, la modélisation de nos 2 héros (Ils ont fait quand même l’effort de faire la distinction mouillé/sec pour les vêtements de Rorschach, je respecte !) et surtout des animations globalement bien foutu.

Voir Rorschach marcher tranquillou sous la pluie avec son manteau mouillé, les mains dans les poches puis quelques secondes après en plein combat, le voir finir ses ennemis avec des Finish moves classieux où il pétera le bras d’un junkie, l’enverra valser avec une grosse mandale dans la gueule ou finira ses ennemis avec un bon coup de batte de base-ball bien placé, c’est vraiment excellent et sincèrement bien fichu (Bon, le Hibou n’est pas en reste, mais vous aurez compris que j’ai une préférence pour Rorschach…) !

Après, c’est quand même dommage de voir que les développeurs n’ont pas eu ce temps nécessaire pour une solide optimisation (fluidité, tearing, le grand mal de cette génération) ou un certain manque d’ambition (bien que les lieux soient variés, c’est quand même pas terrible de voir une armée de clone débarquer sous nos yeux…). Ah, le marketing, quand tu nous tiens…

Quant au gameplay, c’est surtout là que ça se corse et que le navire sombre quelque peu. La base est bonne pourtant, c’est défoulant ! C’est un Beat à l’ancienne, donc pas masse de coup, mais suffisamment pour varier un peu et le système de contre est simple à utiliser en étant plutôt jouissif. Facile à prendre en main et rapidement maitrisable, pas forcément une mauvaise chose. Le déroulement me fait fortement penser à du Street of Rage (mais vraiment) en plus lent (en plus scénarisé, si on veut). Dans l’absolu, ça ne me gène pas.

Pour le scénario, ça s’intègre bien au comic, surtout l’épisode 2, on comprend enfin pourquoi Le Hibou a une photo de la méchante Dame du Crépuscule dans sa piole ! Après, c’est du scénario de Beat’em all, mais j’ai bien apprécie de le fait de se replonger dans l’univers de Watchmen, les répliques étant toujours aussi savoureuses…
« Never compromise ! ». Tu sais parler aux hommes, Rorschach.

Le plus gros défauts à mes yeux, c’est la facilité du jeu. Aucune réelle difficulté à progresser, aucun mode de difficulté planqué quelque part (même en torchant le jeu), qu’est-ce qui s’est passé dans la tête des développeurs ? Encore un manque de temps pour respecter les délais qui les ont empêché d’implémenter une difficulté ?

Je m’explique:
D’un part, c’est tout con, mais se jouant tout le temps en coop (avec un bot ou un ami), la difficulté s’en retrouve déjà réduite, forcément. Mais surtout, les ennemis n’ont quasiment pas d’IA. Ils restent plantés (ou presque) devant nous, à nous regarder, le temps qu’on vienne leur foutre une mandale pour les réveiller. Le plus aberrant, c’est quand on réalise un Contre ou un finish move, ils arrêtent purement et simplement leurs actions en cours, et se mettent à nous regarder (alors qu’il aurait été intéressant d’être « stoppé » pendant qu’on finit quelqu’un). Même quand ils sont une dizaine autour de nous, ils hésiteraient presque à nous attaquer, par peur qu’on réplique sans doute…

Autre point qui confirme cet état de fait, le système de contre. Dans l’absolu, il est simple à prendre en main, et il est fun: on enchaine plusieurs ennemis, un des leurs arrive derrière nous, essaie de nous frapper… un bon réflexe, et hop, un contre dans sa face, une mandale bien placé dans la gueule avant de le tabasser à terre, rien de plus simple. Ca s’enchaine bien avec l’action, en gros. Mais en fait, un peu trop… Le contre est trop facile à sortir puisqu’une fois le timing (très tolérant) mémorisé, on sort un contre quasiment tout le temps. Donc si en plus on a des ennemis débiles et qui se font contrer au moindre coup qu’ils portent, comment peut-on nous stopper ?

Pire encore ! Nos 2 héros sont de véritable monstres, avec des techniques complètement cheatées qui, malgré le plaisir à les utiliser, réduisent encore plus à néant la difficulté. La rage de niveau 2 (sur 3) de Rorschach, d’une simple pression sur la gâchette une fois la jauge de « furie » remplit, nous rend invincible pendant un temps et fait les contres à notre place ! Et au niveau 3, la console joue toute seule pour nous ? Côté Hibou, même constat, il dispose d’une attaque qui envoie des éclairs autour de lui, pour repousser l’ennemi. Chose Ô combien abusé qui empêche de se retrouver encerclé… Donc imaginez le combo Rorchach + Hibou et on obtient un truc qui flingue la difficulté du titre (surtout que je joue en Solo… donc avec un 2ème joueur, qui ne sera pas con comme le bot qui est avec moi, j’imagine pas le carnage…).

Pour en rajouter une couche, la vie remonte toute seule aussi… Aberrant. Complètement con, comme si c’était pas déjà aussi simple que ça… Surtout qu’un mode de difficulté « au dessus » avec des ennemis plus agressif, pas de vie qui remonte, une jauge de furie qui monte plus lentement… Bah rien que ça, ça aurait doublé l’intérêt et le plaisir de jeu. Après, moins important à mes yeux, je critiquerai aussi la progression mollassonne avec quand même des baisses de rythmes par moment (!), des Boss nulle à chier et un gameplay qui montre trop vite ses limites (l’intéraction avec le décor est inexistante, un comble pour un beat’em all oldschool…).

Donc voilà, je sais que ça le descend beaucoup, mais j’ai aimé, un peu quand même… Disons qu’il y a ce côté défoulant comme les vieux Beat’em all, le tout couplé à l’univers de Watchmen, toujours aussi accrocheur, et le fait de pouvoir jouer à 2 en local (Hallelujah, c’est déjà ça quand cette génération ne vit que par le Online) qui sauvent un peu le truc.

Un presque bon jeu, gâché par un tas d’aberration à droite à gauche. Très moyen on va dire (difficile d’être objectif, vous en tirerez les conclusions que vous voulez), mais pas totalement mauvais (je veux quand même bien en voir plus souvent des mauvais jeu comme ça). Un épisode 3, sans contrainte de temps, ça pourrait le faire si les développeurs savent se remettre en question. Et ça, c’est pas gagné.

Bayonetta, ou la preuve que les lunettes 3D, ça fait de l’effet.

Récemment disponible sur PS3 et 360 (celle-ci pour ma part), la démo de Bayonetta ne m’aura pas laissé indifférent. Et pas qu’un peu d’ailleurs. Évidemment, elle avait tout pour plaire cette cochonne de Bayonetta ! Puisant au fin fond des pulsions masculines, le studio Platinium Games, sous la botte de maître SEGA, a su trouver le détail qui tue, l’élément novateur, celui qui va mettre tout le monde d’accord quant au fait que leur jeu est une tuerie: contrôler une biatch à lunette qui prend des poses aguicheuses toutes les 5 minutes.

Soyons sérieux 2 secondes. Malgré ce que l’on peut en penser, ça passe bien, très bien même. Je ne dis pas ça parce qu’ils ont touché une corde sensible dans mon fort intérieur. Mais finalement, quitte à faire de l’héroïne sexy, autant y aller à fond sans tomber dans la vulgarité et sans oublier d’essayer de faire passer ça correctement avec le reste du jeu sans que ça fasse tâche. En fait, c’est bien simple, l’héroïne est à l’image de l’ambiance qui ressort du jeu (du moins, de la démo), c’est à dire: déjanté.

Le charme a fonctionné tout de suite sur moi, il est vrai. Disons qu’en gros, comment résister à une héroïne armée de pistolets sur les talons, de flingues ou de sabre dans les mains, qui pulvérise ses ennemis en invocant une guillotine, une tombe ou un monstre géant tout en se déshabillant subtilement sous nos yeux pendant qu’on smashe le bouton X pour booster la puissance de l’attaque ?

Comment résister au fait que seule Bayonetta arrive à battre des ennemis en effectuant un Pole Dance du plus bel effet autour de la lance récupéré sur son adversaire ?

Comment résister à cette héroïne qui, en faisant une provocation, bouge son popotin en disant un très charmant « Do you want to touch me » ?

Platinium Games sont des génies, qu’on se le dise.

C’est ça qui bute dans Bayonetta, c’est cet aspect décomplexé, sans limite (vivement que je teste les passages en moto où Bayo’ allume la sienne en faisant un doigt d’honneur !) qui m’a plongé dans un gros défouloir sorti de nulle part, vu que j’en attendai pas grand chose. Parce qu’à la base, je suis resté méfiant. God of War 2 sur PS2 m’a gonflé, pour diverses raisons. DMC 4, plus récemment, m’a aussi gonflé (merci la 2ème partie du jeu) même si c’était mon premier DMC. Donc… Pour un beat’em all de ce calibre, j’avais quelque doute (et j’en ai toujours un peu) mais la démo m’a bien rassuré. Surtout qu’elle a confirmé ce que j’espérais secrètement depuis le début: Bayonetta est LE God Hand HD.

God Hand fût un gros coup de coeur dans la génération précédente, même si ce n’est pas un jeu forcément très connu. Mais seul les vrais connaissent. C’était hyper complet en terme de gameplay, l’univers était accrocheur, c’était long, difficile avec une bonne dose d’humour. Sans forcément retrouver tout ça à l’identique chez Bayo’ (c’est un trip légèrement différent), j’ai ressenti tout simplement le plaisir d’un God Hand. Celui qui me fait penser que je suis en train de jouer à un bon jeu fun, complet et donc jamais lassant, avec une ambiance qui me plait vraiment, contrairement aux autres beat cités plus tôt.

Trancher de l’anges maléfiques est absolument jubilatoire, d’autant plus que les combos sont nombreux, je n’ai pas cessé de tester les tonnes de combo tout aussi dévastateur et varié que propose le jeu ! Même si on peut toujours agir de la même façon (il n’y a que le mode Normal de dispo dans la démo (je ne compte volontairement pas le mode Facile Auto, forcément…), donc rien de bien Hardcore pour l’instant) en bourrinant, on peut quand même se faire plaisir en variant sa façon de combattre, surtout avec les médailles à décrocher à la fin.

Au chapitre des regrets, c’est pas forcément une claque graphique. Pas moche, ça tourne au poil, ça aliase pas des masses mais on est loin des gros standards du genre. Les japs, encore une fois, à la rue sur cette génération… J’exagère, mais c’est presque ça, surtout quand on voit la qualité du portage PS3 fait par SEGA de Bayonetta. Enfin osef, je prendrai direct la version 360.

Autre petite zone d’ombre: la clarté de l’action. Si le niveau de la ville pseudo fantôme reste relativement lisible, le niveau « Falling Clock Tower » est un bordel sans nom. Impressionnant visuellement parce qu’il y a du monde, ça pète de partout et tout et tout, mais… là où ça cloche, c’est que c’est tellement le bordel qu’on a du mal à s’y repérer. On voit vaguement le cul de l’héroïne dans cette orgie sanglante, entouré de 4/5 Anges qui nous attaquent, d’un serpent géant qui vole au dessus de nous et les différents éléments du décors qui changent au fur et à mesure qu’on avance dans le niveau. On verra bien, mais ça pourrait peut être gâcher un peu le plaisir si ça se répand sur tout le jeu.

Non, non, non, ce n’est pas possible ! Ils ne peuvent pas le foirer !

Tout est globalement trop bon pour rater un tel bijou, en compagnie de la plus ravissante des héroïnes de JV (rien que ça), donc je veux y croire. De toute, comme on le dit dans le milieu: Day One dans mes fesses.