This summer, we work in Hell !

Je savais que cette histoire ne sentait pas bon. Je savais que j’allais en chier. Je savais que malgré la paie en fin de mois, j’allais avoir l’envie régulière de tout plaquer. J’en suis revenu, en entier, mais je peux désormais l’annoncer officiellement: travailler dans une blanchisserie d’hôpital,c’est vraiment le Worst Boulot Ever.

This is merda

On me l’avait bien dit que pour travailler la dedans, il fallait avoir le coeur solide. Et je confirme aussi. Jamais, en 21 ans, je n’ai vu autant de linges sales aussi … crade, dégueulasse, presque vomitif; à trier pour les biens fait des hôpitaux voisins. Evidemment, j’étais au courant que j’allais voir du popo, de l’urine et j’en passe, mais en vrai, devant soi, avec l’odeur qui remonte par les narines (merci la blanchisserie de ne pas fournir de masque), ça nous fait comprendre qu’on était loin de s’attendre à tout ça, à ce point là.

Suffit de s’imaginer qu’on commence à déplier un grand drap, pour être surpris par une forte odeur, suivi de la découverte presque macabre d’une énorme tâche de merde à l’intérieur; pour s’en rendre compte. Pire encore, le bout d’excrèment qui se colle au tapis roulant, pour finir étalé sur 2m, puisque le tapis tourne sur lui même. Tout simplement abominable sur le coup, traumatisant les jours suivants.

Bien évidemment, on ne compte plus, à force de persuation et en les jettant directement dès qu’ils dégagent une trop forte odeur, les trouzemilles blouses soit disantes blanches à la base, qui arrivent à moitié jaune pisse, ou rouge sang (comme dans Pokémon, faut tous les collectionner), les vestes de pyjamas recouvertes de merde (Eh, mais faut leur dire que quand ya plus de papier, faut pas utiliser ses vêtements !), sans compter les différents objets qu’on peut trouver à l’intérieur.

Couches encore sale, bout de seringue, paquet de cigarettes, ciseaux, couteaux, montre, stylo, bout de pain, tout y passe. Parfois, on flippe en se disant qu’on va finir par ce couper et chopper une saloperie. Plus souvent, on essaie de ne pas y penser et ça passe tout seul, ou presque. Heureusement, les gens de là bas sont plutôt sympa dans l’ensemble, car on sent bien qu’ils s’y font chier, mais qu’ils n’ont pas d’autre solution. Alors on s’y habitue, on plaisante, on discute… Et ça fait 40 ans que ça dure pour certains. Terrifiant. Ok, on s’y habitue et ça passe, mais de là à faire ça toute sa vie, non. Passer 8h par jour à trier du linges plein de merde, limite à compter les minutes pour faire passer le temps, c’est vraiment pas possible.

En plus, le comble dans tout ça, c’est qu’en dehors du linge sale, tout le reste est aussi crade. Poussières. Et pas qu’un peu. Jamais vu autant de poussière au m². Le pire, c’est que ça s’entasse partout, même là où ça devrait pas… Comme dans le ventilateur. Pratique… Le pire étant les jours où il faut nettoyer et virer le max de poussière, où comment le gland qui s’occupe du dépoussièrage avec un tuyau à air, en fout tellement partout qu’on se croirais en hiver, avec la neige qui tombe… Sauf que c’est pas de la neige, et c’est nettement moins agréable. Ne parlons pas non plus des toilettes dans un état lamentable, où quand le besoin se fait sentir, il faut traverser tout l’établissement et aller dans les toilettes de l’autre sexe pour avoir un endroit décent.

Pas assez fort mon fils

Mais le tri, ce n’est pas tout ce qu’il y avait à faire. Parfois, il y avait aussi le déchargement des sacs de mer… linges sales par camion, de façon régulière. Moins pénible point de vue olfactif (merci l’extérieur et les sacs fermés en général), mais très nettement plus physique. Porter, à bout de bras ou presque, des sacs qui pèsent pas loin de 10kg, c’est loin d’être parfaitement évident aux premiers abords. Dès les premiers jours, à 7h du mat’, c’est assez violent comme méthode de réveil. On a constemment l’impression que nos bras vont tomber, s’arracher sous le poids du sac. Et pourtant, il faut bien le faire, et pendant, parfois, très longtemps, tellement l’organisation au sein de la blanchisserie est bordélique et que les retards dans le planning se font nombreux.

Pire encore, quand il faut se déplacer sur place, dans les hôpitaux pour aller chercher les sacs, les charger dans le camion, repartir à la blanchisserie et les décharger à nouveau. Sauf que rien que le chargement sur place est une horreur : entre les salles où sont conditionnés les sacs de linges sont extrêmement bien chauffé, à tel point qu’on croirait rentrer dans un sona. Puis c’est sans compter les scas qui s’ouvrent en chemin, nous faisant perdre un temps précieux, les salles surchargés de sacs, obligeant à faire de multiple aller-retour pour tout vider. Au bout de 2 semaines à transporter des sacs, on se sent tout cassé de partout, souffrant affreusement un peu partout par les efforts qu’on a fait.

Mais les faits sont là, tout est enfin fini. Fini le ramassage de sac qui aurait de toute manière finit en ramassage de bras; finit le triage de caca dans la poussière en regardant l’heure, le chèque est encaissé, l’endroit est quitté. On abandonne sa tenue, celle que l’on change uniquement le lundi (merci pour l’hygiène au bout de 3/4 jours) et ses gants pourris par 4 semaines d’utilisation (pas assez de budgets pour changer régulièrement ?), on repart tranquillement chez soi et on passe à autre chose…

AdopteUnPigeon, mode d’emploi

Depuis le très connu – mais absolument hors de prix pour les mâles – Meetic et ses abonnements à 30€ par mois pour un simple site de rencontre (!!), nombreux ont été ses « concurrents », tentant inlassablement de nous attirer, avec des sommes plus modestes, un concept un peu différent et blablabla.

Allergiques aux couleurs typées roses bonbons presque gerbant, passez votre
chemin…


Adopteunmec.com
fait son apparaition. Le principe, toujours le même… Rencontre d’un soir, d’un jour, d’une semaine, d’un mois voir plus, si affinité, et tout le bordel… La principale différence avec ses ancêtres, et c’est principalement son seul point fort… Sa gratuité ! Au moins un site qui a compris qu’on ne doit pas faire payer ce genre de service.

Forcément, aussi naïf sommes nous – les mâles – il fallait bien une compensation pour offrir un tel service, vu le succès qu’il rencontre, à tout ce beau monde. En fait, c’est simple, Adopteunmec donne l’avantage aux femmes. Quoi, c’est déjà le cas ailleurs ? C’est pas faux… Plus précisément, comme le nom du site l’indique, c’est un gigantesque « marché » aux hommes, où chaque femme est libre de choisir avec qui elle va rentrer en contact. Les hommes dans tout ça ? Ils servent d’objets en attendant qu’on s’intéresse à eux. Entre l’impossibilité d’envoyer un mail sans « l’autorisation » de la demoiselle (en gros, c’est elle qui doit faire le premier pas, nous, nous devons juste « envoyer un signal » pour leur montrer qu’on existe et attendre un retour positif…), et l’impossibilité d’aller sur le site entre 17h et 1h00 (le site impose une limite de ratio homme/femme => Il faut obligatoirement + de 50% de femmes sur le site en permanence, sinon on est envoyé en file d’attente… sauf que pendant la période de pointe, on attend facilement 5h avant d’avoir de la place !). Deux défauts, mais 2 défauts qu’on supportent tant bien que mal, parce que c’est gratuit.


Noooooooon, pourquoi j’y suis pas allé plus tôt ? A dans 5 heures :x:

Une fois ces détails surmontés, on se lance enfin. Remplissage de fiche assez long et lourd (cmb), postage de photo de préférence pour augmenter son potentiel de vente et voilà la phase finale, la recherche. Et là, on est sûr, ou presque de trouver son bonheur. Ou pas. Tout y passe. Entre la pseudo gothique extrême, la bimbo qui pose à moitié nue pour appâter le premier venu, des fakes presque crédible, le travelo (!), la fille qui confond photo de soi même et photo de son cul, d’autres qui confondent photos réussis et photos prises au pif; et j’en passe.

On peut aussi attendre. Attendre que l’on viennent nous chercher… Malheureusement, il y a des moments où on aurait aimé qu’on nous laisse tranquille. Faut vraiment pas s’étonner de voir des mails du genre « salu sa va » à toute les sauces (fautes d’orthographes comprises) pour tenter d’établir le contact. Pitié, faite un effort, c’est pas comme ça qu’on va donner envie… Résultat, on fout un vent. Non content de venir nous parler en écrivant avec le moins de lettre possible, ne donnant pas la moindre envie, il faudrait qu’on réponde maintenant ? Heureusement, quelques « perles » subsistent, et prennent contact avec un bon gros pavé des familles, qui fait bien plaisir et donne irrémédiablement envie de répondre… Dommage que ça soit si rare.

En même temps, avec un site comme ça, difficile de dénicher le vrai du faux, le sérieux du « je suis là pour déconner en fait, tant pis si je ruine tes espoirs ! », au delà des apparences. Enfin, comme dans tout sites de ce genre, il faut se préparer à être déçu, se préparer à subir le grand jeu de la roulette russe. Conseil perso, toujours faire très attention, et toujours bien se renseigner sur la personne avant de la voir, histoire de ne pas tomber de trop haut… Entre les personnes qui sont là pour déconner (alors que vous, non), d’autres qui viennent vous contacter, motivées, mais qui 10 plombes après, vous avouent qu’elles sont déjà prises mais que pour X raisons (totalement bidon), elles sont sur le site, vous contactent alors qu’elles sont à l’autre bout du monde ou bien le désormais classicus « dans 2 mois je me barre à 400 km d’ici lol ».

De quoi être rapidement dégoutés de ce genre de service… Vous imaginez subir ça, tout en payant 30€ par mois à côté ? Ya des limites à la pigeonnerie hein. Donc voilà en quelques mots l’essentiel à savoir sur ce site très à la mode. On attend longtemps pour rien, les possibilités sont bien restreintes, mais comme des glandus qui attendent un geste divin, on reste, on patiente des heures pour voir qu’on va recevoir un putain de mail de merde dont on en a rien à foutre, ou voir qu’après mise en contact avec quelqu’un, on envoie un mail digne d’un CV pour avoir matière à discuter, on vous fout finalement un vent magistral dans la gueule.

Est-ce que ça vaut le coup de tenter l’expérience ? Oui et non. Faut pas être très exigeant pour ce qui est du niveau de pratique du site (attentes interminables, site hautement instable, bourrés de pub pour compenser le côté gratos etc), mais le contenu est bien là, quelque soit ce que l’on cherche. Après tout, si on a la patience, et qu’on est prêt à encaisser quelques échecs/déceptions cuisantes, pourquoi pas.